[Lu ailleurs] : Restaurons le Parlement !

Dans une tribune publiée par Libération, la future candidate à la députation Quitterie de Villepin appelle à restaurer les pouvoirs du Parlement.

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Pour Quitterie de Villepin, la campagne présidentielle phagocyte l’autre évènement démocratique de 2022 : les élections législatives. Ces dernières se retrouvent à la fois prisonnières du résultat du scrutin présidentiel et des alliances politiciennes, parachutages et ralliements qui empêchent de leur donner une réelle fonction démocratique.

D’après elle, les parlementaires font le douloureux constat que leur fonction « semble ne servir à rien » et dresse un portrait inquiétant de l’action parlementaire : « Examen de 300 lois par an dans des délais intenables, marges de manœuvre insignifiantes, procédures accélérées devenues la norme, articles de lois pléthoriques et parfois illisibles, peu de contrôle du gouvernement et d’évaluation des lois par manque de temps et de moyens… »

Les parlementaires se retrouvent à la fois méprisés par le corps électoral qui leur reproche leur inaction et par le gouvernement qui profite de cette situation de faiblesse pour mener les débats législatifs.

« Être parlementaire, aussi incroyable que cela puisse paraître, ne fait donc plus rêver personne (…) et beaucoup de députées et députés ne veulent pas se représenter. »

Quitterie de Villepin appelle à réhabiliter le rôle du parlementaire, à lui rendre les moyens d’exercer son rôle de législateur, indispensable à l’équilibre des pouvoirs.

Elle plaide également pour l’invention de nouvelles pratiques parlementaires afin de répondre à une demande croissante de démocratie participative et de pallier le manque d’attache locale des parlementaires accru par la loi de non-cumul des mandats.

« Il est de notre responsabilité de réhabiliter l’Assemblée nationale. Il y va de la survie de notre démocratie. »

Un constat tout à fait partagé par GenerationLibre. Selon nous cependant, réhabiliter le rôle du Parlement ne représente qu’un des aspects des réformes institutionnelles à adopter : si le Parlement, par des lois ordinaires ou organiques, doit effectivement acquérir davantage de moyens pour mener ses missions, l’équilibre du couple exécutif Président-Premier ministre doit aussi être revu, probablement en menant à bien une réforme constitutionnelle.

Le Président devrait devenir un arbitre, garant de l’unité de la nation et laisser la gestion des affaires courantes au Premier ministre afin d’en finir avec l’omnipotence monarchique du locataire de l’Élysée. Afin de rendre son importance au Parlement, nous proposons de décorréler les calendriers législatifs et présidentiels, par exemple en allongeant la durée du mandat présidentiel. GenerationLibre travaille sur ces sujets : affaire à suivre.


Pour retrouver l’article de Libération « 2022, l’autre bataille : réhabiliter l’Assemblée nationale », cliquer ICI.

Pour retrouver notre Lu ailleurs « Supprimer l’élection présidentielle », cliquer ICI.

 

Publié le 14/01/2022.

« Le revenu universel permet de se tenir debout et actif » – Marc de Basquiat

Dans Atlantico, Marc de Basquiat préconise le revenu universel comme solution pour assurer les besoins essentiels définis par la pyramide de Maslow. L’enjeu : mettre fin à l’extrême insécurité financière qui compromet l’égalité des chances.

 

Tout le monde connaît la pyramide de Maslow qui hiérarchise les besoins de l’homme en partant du plus essentiel (boire, dormir, manger…) au plus prestigieux (gloire). Le revenu universel permet de scinder les cinq niveaux de besoins en deux camps : ceux que l’Etat a le devoir d’assurer (l’égalité des chances) et ceux pour lesquels une compétition peut avoir lieu. Marc fait siens la pensée de John Rawls, qui défend que « les inégalités économiques et sociales doivent être […] attachées à des positions et à des fonctions ouvertes à tous ». Pour Marc, les besoins de base constituent un socle nécessaire pour que chacun « puisse se tenir debout, prêt à partir chaque matin au travail avec un esprit paisible et disponible ».

« Une personne qui se lève le matin sans savoir si elle pourra se nourrir pendant la journée ne cherche pas un travail, mais de la nourriture » Lionel Stoléru

Les dernières avancées neurologiques démontrent une baisse des fonctions cognitives dans le cas d’un stress lié à une insécurité financière, ce qui est influe sur la productivité dans le travail. Dans la lutte contre la pauvreté, que Lionel Stoléru juge peut-être la seule clef pour renouer avec la croissance, le revenu universel s’impose comme une solution sanitaire en plus d’être économique.

« Il ne serait pas pertinent que le revenu universel soit d’un montant proche du SMIC, car cela signifierait que les efforts que chacun déploie pour se former, se faire accepter et assurer correctement ses missions n’ont aucune valeur. » Marc de Basquiat

Si le revenu universel se rapproche du RSA de par son montant, il en comble les failles dénoncées dans le dernier rapport de la Cour des comptes, qui pointe les 30 % de non-recours. Il ne faut pas le voir comme un outil qui incite à la paresse, bien au contraire : c’est justement parce que chacun a un filet de sécurité garanti qu’il est plus à même d’aller travailler « avec un esprit paisible et disponible ». Suivant la proposition de GenerationLibre, l’actuel niveau du RSA soit environ 500 euros suffit à subvenir aux besoins de base de chacun, en maintenant un certain écart avec le SMIC pour éviter le risque de trappe à inactivité.


Pour lire l’article dans Atlantico, cliquer ICI.

Pour comprendre le « socle citoyen » – Un revenu universel pour 2021, cliquer ICI.

Pour lire notre rapport « Liber : un revenu de liberté pour tous », cliquer ICI.

Pour lire notre rapport « Liber : une proposition réaliste », cliquer ICI.

 

Publié le 12/01/2022.

« Passer de la société du salariat à celle du travail » – Emmanuelle Barbara

Pour un article de Liaisons sociales, Emmanuelle Barbara analyse le changement de paradigme en matière d’embauche et étaie la proposition de redéfinition du contrat de travail formulée en 2017 dans un rapport pour GenerationLibre.

 

Le phénomène s’est intensifié avec la Covid-19 et la percée du télétravail : les jeunes sont en quête de liberté et de flexibilité au moment de choisir leur emploi. Si le CDI reste hégémonique (88 % des salariés hors intérim), parmi les nouvelles embauches, le CDD est passé de 76 % en 1993 à 87 % en 2017.

« Les grandes entreprises auront toujours besoin de salariés pour construire des fusées mais il y a sûrement des nouveaux modèles de travail à réfléchir, avec des modèles de vie différents et une mobilité professionnelle plus importante. » Emmanuelle Barbara

Dans notre rapport « Redéfinir le contrat de travail à l’ère du numérique » publié en 2017, Emmanuelle propose une révolution juridique : substituer le statut de travailleur au statut de salarié. Concrètement, on supprimerait le lien de subordination au profit d’une relation de coopération, au sein de laquelle l’employeur offrirait une « expérience salariée apprenante » au travailleur, avec un apprentissage continu. L’accent mis sur la nécessité de se former aujourd’hui prendrait tout son sens si la mobilité était mise au centre de la finalité du contrat de travail.

« L’attrait pour les start-up et l’entreprenariat peut faire changer les règles qui sont les nôtres aujourd’hui, il est peut-être nécessaire d’imaginer la suite, en termes de contrat, de collectif de travail, de culture d’entreprise, de dialogue social pour trouver des modalités plus conformes à notre vie sociale individualisée, rapide et qui a tout de même besoin de sécurité. » Emmanuelle Barbara

Pour accompagner cette redéfinition juridique, Emmanuelle Barbara a imaginé une protection sociale adaptée sous le nom de « compte personnel des protections ». Sur le modèle du compte personnel d’activité (CPA), il regrouperait « protection sociale, formation, retraite, compte épargne temps, épargne salariale, chômage et accès au crédit ». Elle ajoute que la situation des prestataires serait alignée sur celle des salariés actuels. Quoi de plus simple qu’un statut harmonisé de « travailleur » ?


Pour lire l’article de Liaisons sociales, cliquer ICI.

Pour consulter notre rapport « Redéfinir le contrat de travail à l’ère du numérique », cliquer ICI.

 

Publié le 11/01/2022.

Emmerder n’est pas gouverner – Gaspard Koenig

Invité sur le plateau de C ce soir, Gaspard Koenig s’insurge contre les propos polémiques d’Emmanuel Macron sur les non-vaccinés.

 

Gaspard se montre très critique vis-à-vis des propos « monarchiques » d’Emmanuel Macron, qui a déclaré « [avoir] très envie d’emmerder les non vaccinés » qui « ne sont pas des citoyens » car « irresponsables ». Pour Gaspard, ce n’est pas là le rôle d’un président que de caractériser moralement les citoyens. D’autant plus que s’il est lui-même vacciné et favorable à la vaccination, Gaspard rappelle qu’il n’existe pas actuellement d’obligation vaccinale. Par conséquent, ne pas être vacciné est légal et il n’est selon lui pas acceptable de dénigrer et de discriminer des citoyens qui respectent la loi. Comme Mathieu Slama, également invité sur le plateau, il insiste sur le caractère indiscutable du statut de citoyen : d’après eux, si les droits humains sont naturels, les devoirs eux sont création sociale et arrivent après l’instauration d’un contrat social. Il n’est donc pas possible de mettre droits et devoirs sur un même plan, et plus encore de retirer ses droits à un citoyen si d’aventure il manquait à ses devoirs.

« Il faut être choqué par le paternalisme du gouvernement. »

Ce sont deux conceptions de la loi qui s’opposent sur le plateau. D’après Gaspard, la loi doit être « majestueuse » et non pas « symbolique » comme le conçoit le Gouvernement – représenté par la député Coralie Dubost : autrement dit, si une loi est édictée, alors elle doit être appliquée. Il constate a contrario un glissement du législatif vers le « nudge » dans lequel la loi doit « inciter » en intégrant une dimension morale inappropriée. Sans y être nécessairement favorable, Gaspard Koenig préfère une obligation vaccinale au système des passes – sanitaire ou vaccinal – si la situation vaccinale l’exigeait. Moins hypocrite, une telle mesure permettrait également de réaffirmer que c’est à l’État de contrôler l’application de la loi et non pas à la société elle-même de se surveiller.

Gaspard s’inquiète par ailleurs de la banalisation d’une manière autoritaire de gouverner justifiée par les crises (sanitaires, sécuritaires). Il remarque que de grandes démocraties comme le Royaume-Uni et l’Allemagne réussissent à faire face à l’épidémie en conservant un travail parlementaire et une pleine démocratie.

Finalement, Gaspard se demande si l’ensemble des mesures prises par le Gouvernement (masques en extérieur, interdiction de s’hydrater dans les transports, passe vaccinal, etc.) ont pour objectif d’emmerder les Français ou d’assurer leur santé. Quoiqu’il en soit, ce sont nos libertés individuelles qui sont sacrifiées.


Pour retrouver le passage de Gaspard Koenig dans C ce soir, cliquer ICI.

Pour retrouver notre note d’analyse coûts-bénéfices sur les confinements, cliquer ICI.

Pour retrouver notre note d’analyse « La proportionnalité du passe sanitaire en question », cliquer ICI.

Pour retrouver notre Observatoire des Libertés Confinées, cliquer ICI.

 

Publié le 06/01/2022.

Europe : les restrictions de libertés, fonction de la situation sanitaire ?

Interrogé par l’AFP, Raul Magni-Berton livre les conclusions de son étude sur les restrictions de libertés sous la pandémie de Covid-19. Il constate des gestions de crise variables à travers l’Europe, dont la sévérité ne dépend pas forcément de la gravité épidémique.

 

L’étude, menée sur les 32 pays de la zone économique européenne depuis juin 2020, collecte les lois, décrets, ordonnances et mesure leur niveau d’application. Elle révèle plusieurs conclusions non évidentes.

Les chercheurs du laboratoire auquel appartient Raul ont observé que le niveau de sévérité des mesures n’est pas d’abord relié au niveau de gravité de la crise, ni à l’idéologie du parti au pouvoir.

« La sévérité des mesures sanitaires n’est pas corrélée à la gravité épidémique. »

Au contraire, ils ont observé que plus le pays est stable démocratiquement, plus ses contre-pouvoirs sont importants, plus les citoyens ont confiance dans leurs institutions et moins les mesures attentatoires aux libertés sont sévères.

Les pays avec un passé démocratique ininterrompu depuis plus d’un siècle, comme le Royaume-Uni et la Suisse sont donc également ceux qui ont le mieux respecté les libertés pendant cette pandémie, ainsi que ceux dont les pouvoirs sont, comme en Allemagne, davantage décentralisés ou soumis à des contrepouvoirs.

« Les pays les moins stables démocratiquement prennent les mesures les plus sévères. »

Raul remarque également qu’il existe moins d’outils pour mesurer le risque des restrictions de liberté que d’outils pour mesurer le niveau épidémique. Or, ce déséquilibre influe sur les décisions politiques : celles-ci tiennent davantage compte des problèmes dont le risque est le mieux chiffré.


Pour retrouver la dépêche AFP, cliquer ICI.

Pour retrouver le podcast d’In-PACTE avec Raul Magni-Berton, cliquer ICI.

Pour retrouver notre note d’analyse coûts-bénéfices sur les confinements, cliquer ICI.

Pour retrouver notre note d’analyse « La proportionnalité du passe sanitaire en question », cliquer ICI.

Pour retrouver notre Observatoire des Libertés Confinées, cliquer ICI.

 

Publié le 06/01/2022.

[Lu ailleurs] « L’immigration contribue à réduire les inégalités » – Ekrame Boubtane

Dans un entretien pour La vie des idées, Ekrame Boubtane, docteur en sciences économiques de l’Université Paris 1, explique en quoi l’immigration a des retombées positives sur l’économie et l’emploi en France.

 

Face au climat anxiogène autour de l’immigration, Ekrame Boubtane dresse un portrait factuel de ses conséquences sur l’économie française, qui d’après ses recherches depuis plus de de dix ans sont très positives. Concrètement, notre immigration se compose de personnes en moyenne moins qualifiées que les natifs mais qui occupent des postes complémentaires, et ne les « remplacent » en aucun cas.

« Au-delà du marché du travail, l’immigration a des effets sur la distribution des revenus dans les pays d’accueil. Elle augmente la part de revenus de la classe moyenne (les 40% « du milieu ») et réduit la part de revenus des 10% les plus riches. »

Mieux, l’immigration favorise le niveau de vie des classes populaires et de la classe moyenne en relevant le niveau d’emploi qu’occupent les natifs, et de fait leur salaire. Contrairement aux idées reçues, l’immigration semble avoir un effet positif sur les salaires les plus faibles et négatif chez ceux des plus riches.

« Il y a en France, comme dans les principaux pays de l’OCDE, des besoins de main-d’œuvre non satisfaits, qui coexistent pour certains pays européens avec un chômage relativement élevé. »

L’immigration constitue aussi un réservoir d’actifs pour les pays occidentaux confrontés à un vieillissement de la population inquiétant dans la mesure où la natalité décroissante ne suffit plus à soutenir le système social. Données à l’appui, Ekrame Boubtane constate que l’immigration familiale est stable depuis vingt ans quand l’immigration de travail a plus que triplé sur la même période.


Pour retrouver l’entretien d’Ekrame Boubtane, cliquer ICI.

 

Publié le 04/01/2022.

[Lu ailleurs] Propriété des data : Frank McCourt sur la ligne de GenerationLibre

Dans un article du Wall Street Journal traduit par l’Opinion, Patience Haggin relate l’activisme de Frank McCourt sur les données personnelles. Le propriétaire de l’Olympique de Marseille s’engage à rendre le pouvoir de décision aux utilisateurs des plateformes numériques.

 

À l’instar du gouverneur de la Californie et de l’ancien candidat à la primaire démocrate Andrew Yang, Frank McCourt plaide pour que les internautes aient un pouvoir de décision sur leurs données numériques. Il fustige le modèle actuel qui prive les utilisateurs des 455 milliards de dollars générés par la publicité assise sur la valeur des données. En septembre dernier, il investissait 250 millions dans Project Liberty, pour « faire du Web une infrastructure détenue par le grand public ».

« Rien n’a jamais créé plus de valeur ajoutée que nos données. Pourtant, il y a une déconnexion totale entre cette création de valeur et ceux qui en bénéficient. » Frank McCourt

Un partenaire financier de Frank McCourt défend que ce projet permettrait aux utilisateurs de gagner quelques centaines de dollars par an si les plateformes les rémunéraient pour leurs données. Cette vision se rapproche de la proposition défendue par GenerationLibre d’une patrimonialité sur les données personnelles. Dans ce système, chacun déciderait de l’utilisation qu’il fait de ses data, et pourrait choisir soit d’être rémunéré par la plateforme s’il lui cède la libre utilisation de ses données, soit de la payer s’il en refuse l’utilisation à des fins commerciales.

« Du gouverneur de Californie Gavin Newsom à l’ancien candidat à la présidentielle Andrew Yang, un certain nombre de responsables politiques ont estimé que les consommateurs devaient être rémunérés pour l’utilisation de leurs données. » Patience Haggin

Aux États-Unis, le mouvement pour un choix entre confidentialité et fructification des données s’accélère avec de nombreuses initiatives de start-up. Depuis 2017, le navigateur Brave rémunère entre 5 et 10 dollars par mois ses utilisateurs via « des jetons qu’ils peuvent échanger contre de l’argent ou donner à leurs sites préférés sous forme de pourboire ». Dernièrement, Foursquare Labs et Tapestri ont lancé des applications qui rémunèrent les utilisateurs qui partagent leur localisation.

En France, GenerationLibre s’emploie à défendre le droit de propriété dans le débat public avec deux rapports publiés depuis 2018 et des interventions régulières de nos experts dans les médias.


Pour lire l’article, cliquer ICI.

Pour lire le premier rapport « Mes data sont à moi. », cliquer ICI.

Pour lire le second rapport « Aux data, citoyens ! », cliquer ICI.

 

Publié le 17/12/2021.

« Il faut lever le passe sanitaire ! » – Kevin Brookes, Nicolas Gardères et Henri Leleu

Sur Zoom, devant 50 personnes dont le sénateur Loïc Hervé, GenerationLibre présente sa nouvelle note qui examine la proportionnalité du passe sanitaire. À l’appui d’arguments philosophiques, juridiques et sanitaires, nos experts appellent à y mettre fin.

 

Kevin Brookes, docteur en science politique, se réfère au biopouvoir théorisé par Michel Foucault pour définir la situation actuelle : le souverain a un contrôle sur tous les corps avec un outil inédit à l’échelle de l’histoire. Afin de restaurer sa crédibilité fragilisée par ses maladresses dans la gestion de l’épidémie, son excessive centralisation des décisions ainsi que son mépris indifférencié pour les oppositions, le Gouvernement doit maintenant avoir le courage de lever le passe sanitaire. Une démocratie mature fait confiance aux citoyens.

Pour Nicolas Gardères, docteur en droit, le passe sanitaire s’attaque frontalement à notre État de droit. Ce dernier ne relève pas seulement du respect des textes de loi mais implique le respect de l’ensemble des « attitudes institutionnelles » aujourd’hui délabrées et considérées par l’exécutif comme des « obstacles au salut sanitaire ».

« Une vraie guerre a une fin, un armistice. Le problème avec l’état d’urgence sanitaire ou terroriste, c’est qu’il n’y a pas de fin. À quel moment rétablit-on les libertés fondamentales ? » Nicolas Gardères

Il faut sortir du paradigme de l’état d’urgence permanent qui restreint les libertés à la hache et nie l’utilité des institutions comme le Parlement, le Conseil constitutionnel et le Conseil d’État.

Pour Henri Leleu, docteur en économie de la santé, si le passe sanitaire semble incontestablement expliquer les bons taux de vaccination, son impact sur la circulation épidémique n’est pas prouvé. Nicolas Gardères souligne que le Gouvernement a menti par omission : il se targue aujourd’hui d’avoir incité à la vaccination grâce au passe sanitaire alors qu’il a expliqué en juillet l’instaurer pour freiner la circulation et non pour obliger à la vaccination.

« La société de contrôle dans laquelle nous fait basculer le passe sanitaire constitue une atteinte à la liberté individuelle qui peut devenir irréversible de manière aussi rapide qu’imperceptible. » Christophe Seltzer

Parmi les 17 mesures de restrictions de libertés toujours en vigueur et surveillées par notre juriste Vincent Delhomme, le passe constitue la plus forte atteinte à la liberté de circulation. Comme le rappelle Christophe Seltzer, directeur de GenerationLibre, cette note s’inscrit dans le travail du think tank avec son Observatoire des Libertés Confinées mis en place dès le mois de mai 2020, au titre duquel une note évaluant les coûts-bénéfices des confinements sur l’espérance de vie des Français a été publiée en mai 2021.

Il apparaît que le passe sanitaire constitue autant une menace sur notre liberté individuelle que sur l’État de droit et son efficacité sur l’évolution de l’épidémie n’est pas prouvée. Autant de raisons pour y mettre un terme immédiatement.


Pour lire la note « La proportionnalité du passe sanitaire en question », cliquer ICI.

Découvrez ICI notre note d’analyse « Années de vie gagnées, années de vie perdues ; Une analyse coûts-bénéfices des confinements Covid-19 » (mai 2021).

Découvrez ICI notre Observatoire des Libertés Confinées (depuis mai 2020).

 

Publié le 16/12/2021.

Sapins de Noël : « Arrêtons le massacre ! » – Gaspard Koenig

Dans Les Échos, Gaspard Koenig plaide en faveur d’un droit pour les arbres. À l’approche des fêtes, il questionne la tradition païenne du sapin de Noël et appelle, au nom de la modernité comme des traditions, à célébrer les écosystèmes.

 

À l’instar de la personnalité juridique pour les entreprises, Gaspard propose d’accorder des droits aux arbres, qui subissent chaque mois de décembre un « massacre » lorsque 6 millions d’entre eux sont coupés puis jetés. Pour Gaspard, cette tradition païenne relève d’un consumérisme à outrance tant elle ne profite que quelques jours par an aux hommes, au prix de la destruction d’une part de notre biodiversité.

« La définition des droits reflète […] la manière dont une société humaine se conçoit elle-même. En l’occurrence, un droit des arbres traduirait une forme de respect minimal pour notre environnement. »

Gaspard invoque le spécialiste d’éthique environnementale Christopher Stone, qui était en 1972 à l’avant-garde du combat pour la protection de la biodiversité, en proposant de reconnaître des droits aux arbres. Montaigne en son temps parlait de « devoir d’humanité […] aux arbres et même aux plantes ». Ce droit ne mènerait pas à une interdiction de leur coupe mais permettrait de limiter la quantité de tronçonnages, « à l’heure où chacun se pique de conscience écologique ». Pour Gaspard, cela pourrait libérer jusqu’à 5 000 hectares aujourd’hui réservés à la culture de nos sapins.

« Si l’on remonte aux origines de [cette tradition], on trouvera que tous les mythes fondateurs du sapin de Noël mettent en valeur la vie, qui continue malgré l’hiver. »

Dans le respect de la tradition et du fameux chant « O Tannenbaum », Gaspard rappelle que s’il y a bien quelque chose à célébrer à Noël, c’est la vie, y compris donc celles des arbres. Un droit accordé aux arbres s’inscrit dans la lignée du statut juridique offrant aux animaux « un droit à ne pas souffrir », proposé par le Parti animaliste et également défendu par Gaspard depuis plusieurs années.


Pour lire la chronique de Gaspard, cliquer ICI.

Pour lire la précédente chronique de Gaspard qui évoque les droits des animaux, cliquer ICI.

 

Publié le 15/12/2021.

GenerationLibre, jeune garde du libéralisme !

« La jeune garde du libéralisme » : GenerationLibre occupe plusieurs colonnes d’une double page publiée par le journaliste Antoine Schwartz dans Le Monde diplomatique. Il y décrit avec acuité notre structure, nos idées et la figure de notre fondateur.

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Antoine Schwartz cartographie le libéralisme français, et en premier lieu sa représentation politique : aucune vraie offre libérale n’existe sur la scène politique nationale depuis l’échec de la candidature d’Alain Madelin en 2002. Si Emmanuel Macron portait avant son élection les espoirs de nombreux libéraux, son quinquennat résonne aujourd’hui comme une promesse déçue.

Cela n’empêche pas la vivacité intellectuelle du libéralisme qui profite d’une profusion d’intellectuels, d’associations et de think-tanks – le mouvement étudiant Les Affranchis, l’association historique Aleps, les Instituts Coppet, Molinari et Montaigne, le média en ligne Contrepoints, etc. – pour diffuser ses idées dans la société. Antoine Schwartz considère même que l’idéologie libérale a, sous leur impulsion, triomphé en France même si ce propos est largement contestable du fait du niveau actuel de dépenses publiques et des intrusions récurrentes des appareils d’État dans les choix individuels. Aujourd’hui, GenerationLibre et son fondateur Gaspard Koenig sont, d’après le journaliste, les fers de lance d’une nouvelle génération de libéraux.

« Dans cette vaste famille, Génération libre se voudrait une sorte d’électron libre capable de revivifier le combat libéral. (…) En quelques années, la structure a pris son essor, les rapports se succédant, les interventions dans les médias aussi. »

L’article se penche également sur les spécificités de la structure de GenerationLibre – budget, équipes, retombées médiatiques, etc – et revient sur les parcours de notre directeur Christophe Seltzer et de notre fondateur Gaspard Koenig, avant de présenter dans le détail les idées et la philosophie du think-tank. GenerationLibre a construit sa doctrine au fil des années : notre dernier ouvrage au PUF « Esquisse d’un libéralisme soutenable » rédigé par l’universitaire et économiste Claude Gamel, grand oublié de l’article, tente d’en synthétiser et d’en développer l’esprit.

Comme le souligne Antoine Schwartz, notre libéralisme englobe tout autant les questions économiques que les thèmes sociétaux, politiques et humanistes. Pour GenerationLibre, l’État a un rôle à jouer, a minima afin de protéger les droits individuels, la propriété et la libre-concurrence, mais également pour permettre aux individus d’accéder à une liberté réelle et non pas formelle. En bons libéraux, nous conservons tout de même une méfiance envers un pouvoir par essence centralisateur et autoritaire. À partir de ces principes, nous déclinons un « libéralisme soutenable », dispersion maximale du pouvoir politique comme économique, dans de multiples publications qui apportent au débat analyses et propositions de politique publique :

– afin de favoriser l’autonomie de l’individu dans ses choix de vie, nous militons pour l’instauration d’un mécanisme de revenu universel pensé et chiffré par notre expert Marc de Basquiat (1) sur un modèle d’impôt négatif friedmanien, couplé avec une proposition de système de retraites rénové, qui intègre un principe de solidarité intragénérationnel (2).

– afin de protéger les libertés individuelles, nous nous montrons actif dans leur défense – avec la création de notre Observatoire des libertés confinées (3), en remettant en question le passe sanitaire (4), les politiques de confinement ainsi que l’utilisation de la reconnaissance faciale avec l’IA.

– afin de protéger l’individu face aux géants du numérique, nous proposons la propriété sur les données (5).

– afin d’assurer aux individus une liberté de mœurs, nous luttons entre autres, pour la légalisation du cannabis (6) et de la GPA (7).

– afin de protéger l’environnement sans nuire à la liberté d’entreprendre, indispensable au progrès, nous sommes favorables à mettre un prix sur les externalités négatives comme les émissions de carbone.

– afin d’assurer à chaque citoyen un droit à la formation et à l’éducation, nous sommes favorables à une réforme en profondeur de l’enseignement public supérieur, aujourd’hui en crise, qui attribuerait davantage d’autonomie (économique, pédagogique, organisationnelle, etc.) aux établissements (8).

– afin de réformer l’État, nous proposons plusieurs mécanismes pour faire évoluer le statut de la fonction publique, parmi lesquels nous préférons le modèle « suisse » : une suppression totale du statut avec remplacement des postes de fonctionnaires par des emplois contractuels (9).

– afin de permettre à chaque territoire d’adopter une politique adaptée à ses besoins et dans un souci de rendre la démocratie plus directe, nous militons pour une décentralisation « par le bas » selon le principe de subsidiarité ascendante pensée par notre expert Raul Magni-Berton (10).

« Le laboratoire d’idées entend identifier des mesures susceptibles de constituer des points de bascule afin d’engager un changement de système de valeurs, des évolutions en profondeur des politiques publiques. »

Antoine Schwartz livre un travail très précieux de lecture et d’analyse qui ne l’empêche pas toutefois de mal cerner dans sa critique les réticences de Gaspard Koenig face à un certain « néolibéralisme » ou de restreindre nos idées à une idéologie libertarienne.

En particulier, prétendre que nous promouvons une liberté « en mode Uber » relève à tout le moins d’une facilité rhétorique, sinon de mauvaise foi. Si nous nous félicitons d’une évolution du monde du travail qui irait vers plus d’autonomie et de flexibilité pour les individus, dans le sens de ce qu’a permis le statut de l’auto-entrepreneur – dernière grande victoire de la droite libérale et porté par Hervé Novelli et François Hurel, nous prônons dans le même temps l’instauration d’un revenu universel, des systèmes de retraite et de sécurité sociale repensés afin d’offrir une protection adaptée à de nouveaux modes de vie, qui ne se satisfont plus du modèle pensé en 1945 par le Conseil National de la Résistance.

De plus, contrairement à ce que présente l’article, la nature de nos propositions, le sens de notre philosophie et les sensibilités et affinités de nos experts (allant du libertaire bouffeur de curés au discret catholique respectueux de la diversité des modes de vie) rendent à l’évidence impossible tout classement du think-tank au sein de « la droite ». Le journaliste omet par ailleurs de rappeler l’héritage libéral des Guizot, Bastiat etc, qui siégeaient à gauche dans l’hémicycle au XIXème siècle et qui ont permis de grandes avancées sociales comme l’instauration du droit de manifester, de se syndiquer et de la création de l’école primaire publique en 1833. À l’inverse, on peut s’inquiéter avec lui que nous soyons aussi seuls parmi les gardiens de la liberté, comme il l’indique en fin d’article.

Au final, Antoine Schwartz reste lucide sur nos idées et en saisi l’essence : un volonté de simplification sous toutes ses formes et qui transcende tous nos combats. C’est le thème qu’a choisi de porter Gaspard Koenig dans l’arène politique à travers son mouvement SIMPLE. Fondamentalement libéral, créateur de sa propre doctrine, Generationlibre se situe nettement au-dessus des clivages partisans et conservera son indépendance quelque soit le succès politique de son fondateur. Nous préparons déjà de nouveaux rapports pour peser sur le débat public en 2022 et dans les décennies à venir. Voulez-vous rejoindre l’aventure ?


Pour lire l’article parue dans Le Monde Diplomatique, cliquer ICI.

Pour consulter l’intégralité de nos rapports et notes d’analyse, cliquer ICI.

 

(1) Pour retrouver nos travaux sur le revenu universel, cliquer ICI.

(2) Pour retrouver nos travaux sur les retraites, cliquer ICI.

(3) Pour retrouver notre Observatoire des libertés confinées, cliquer ICI.

(4) Pour retrouver nos travaux sur le passe sanitaire, cliquer ICI.

(5) Pour retrouver nos travaux sur les data, cliquer ICI et ICI.

(6) Pour retrouver nos travaux en faveur d’une légalisation du cannabis, cliquer ICI.

(7) Pour retrouver nos travaux sur la GPA, cliquer ICI.

(8) Pour retrouver nos travaux sur l’enseignement public supérieur, cliquer ICI et ICI.

(9) Pour retrouver nos travaux sur fonction publique, cliquer ICI.

(10) Pour retrouver nos travaux sur la décentralisation, cliquer ICI.

 

Publié le 14/12/2021.