Muriel Fabre-Magnan, professeur en droit privé, démontre dans le Figaro Vox comment l’utilitarisme érode l’État de droit et la démocratie dans nos sociétés. Un phénomène accentué par la pandémie : notre Observatoire des Libertés Confinées recense toujours 18 mesures de restrictions de liberté encore en vigueur.
Pour Muriel Fabre-Magnan, l’État de droit est l’inverse de l’arbitraire : c’est le socle de valeurs essentielles sur lequel s’appuie notre démocratie. Or aujourd’hui, une pensée utilitariste du monde dissimulée sous couvert de pragmatisme voit dans l’État de droit un obstacle à l’efficacité des politiques, voire « la source de tous les maux contemporains ». Au yeux de la chercheuse, l’utilitarisme est incapable de saisir ce qui est essentiel – car n’ayant pas de prix, que protège justement notre État de droit.
« Certains se diront que tout cela n’a pas d’importance, que nous vivons dans une démocratie et qu’il n’y a donc rien à craindre, ou encore qu’il est nécessaire d’en passer par là pour se débarrasser du virus. »
Un renversement État de droit / utilitarisme accéléré par la pandémie que nous traversons : le pouvoir exécutif détenu par le président de la République, homme providentiel, a éclipsé le pouvoir du Parlement ; « tétanisés » devant le risque sanitaire, le Conseil constitutionnel, le Conseil d’État et la Cour de cassation n’ont pas protesté et ont validé l’essentiel des textes de l’exécutif ; ces derniers ont été justifiés par le Conseil scientifique et le Comité d’éthique en lien direct de l’exécutif. Tout ceci sans tenir compte d’une quelconque proportionnalité et en faisant fi de nos libertés individuelles.
D’après la chercheuse, notre époque se caractérise par un « effondrement éthique » et par la baisse de nos exigences morales : « les esprits sont désormais tellement habitués à l’utilitarisme et à l’importation des raisonnements marchands dans tous les domaines de la vie, qu’on ne comprend plus ce que Kant appelait la dignité de la personne humaine ».
« S’il est une chose certaine en régime démocratique, c’est que la liberté est le principe et les atteintes à la liberté l’exception. »
Muriel Fabre-Magnan nous invite à nous interroger sur l’importance capitale de notre État de droit. Présomption d’innocence, proportionnalité des mesures, séparation des pouvoirs, non discrimination des citoyens : bravés sur autant de sujet, notre État de droit et nos institutions sont délégitimés et vacillent. « Faut-il expliquer ce qu’il advient d’une société où le droit n’est plus légitime ? »
Pour retrouver la tribune de Muriel Fabre-Magnan, cliquer ICI.
Pour retrouver notre note d’analyse « La proportionnalité du passe sanitaire en question », cliquer ICI.
Pour retrouver notre note d’analyse coûts-bénéfices sur les confinements, cliquer ICI.
Pour retrouver notre Observatoire des Libertés Confinées, cliquer ICI.
Publié le 4/01/2022.
Dans l’Opinion, Monique Canto-Sperber critique le centralisme séculaire de l’Éducation nationale. Dans la dernière ligne droite d’un rapport substantiel qu’elle va publier avec GenerationLibre sur la question, la philosophe prône davantage d’autonomie pour les écoles.
Monique Canto-Sperber revient sur les principes de l’école républicaine (obligatoire, laïque et gratuite) et explique sa mission première d’émanciper les jeunes générations sur une promesse d’égalité. Seulement, les derniers classements internationaux, PISA en tête, montrent que les résultats des élèves français en mathématiques et en lecture ne cessent de baisser.
« L’initiative pédagogique, l’expérimentation ou l’autonomie dans les méthodes et les moyens d’enseignement sont considérées comme autant de risques de fragmentation scolaire. »
Monique Canto-Sperber se réfère à Thomas Hobbes, pour lequel une société n’est libre que lorsque l’État agit efficacement dans son domaine et n’en déborde pas. Au cours de son histoire, l’État français a contrevenu à cette règle tacite à plusieurs reprises, d’abord avec l’Université impériale fondée par Napoléon en 1806, « corps regroupant tous les niveaux, de l’école primaire à l’université, et unique pour tout le pays », puis dans les années 1970 avec une phase de bureaucratisation pourtant en décalage avec la volonté des professeurs d’université.
« L’égalité n’est pas toujours produite par un traitement uniforme, la prise en compte des particularités ou la diversité dans les moyens permettent l’efficacité, première condition de l’égalité. »
Pour Monique Canto-Sperber, la puissance publique doit séparer l’objectif national de la stratégie à mettre en œuvre s’agissant de la formation des jeunes. Elle explique que l’égalité ne passe pas par l’uniformisation des méthodes et moyens d’enseignement mais par plus de liberté pour les directeurs d’école et enseignants. Tout cela dans le but d’assurer une plus grande efficacité par une meilleure prise en compte des particularismes.
Après l’autonomie des universités publiques en septembre 2021, GenerationLibre travaille avec Monique Canto-Sperber sur un rapport substantiel en faveur de l’autonomie des écoles primaires, à paraître avant le printemps 2022.
Pour lire la chronique, cliquer ICI.
Pour parcourir notre rapport « Libérer l’université », cliquer ICI.
Pour parcourir notre note « Révolutionner les frais d’inscription », cliquer ICI.
Publié le 03/02/2022.
Le débat sur la taxation de l’héritage s’invite dans la campagne présidentielle. Notre expert Marc de Basquiat propose d’en transférer la totalité sur la taxe foncière. De son côté, Gaspard Koenig reprend notre idée de supprimer la réserve héréditaire pour faire circuler davantage le capital.
Du triplement de l’ISF pour le candidat du PCF à la suppression des droits de succession pour 95% des Français pour la candidate LR, les propositions concernant l’héritage restent convenues.
« Supprimer totalement la fiscalité sur les successions et les transactions immobilières, en les remplaçant par une taxe foncière rénovée et efficace serait un programme de centre-droit ambitieux et clivant. » Marc de Basquiat
Dans un article pour Atlantico, Marc de Basquiat se désole des propositions de la candidate LR et prône un transfert intégral sur une taxe foncière rénovée « au taux unique 0,5 % ou 0,6 % par an ». Cette proposition rappelle la logique formulée par notre expert François-Xavier Oliveau dans le rapport « Le logement pour tous » qui estime efficace d’accroître la pression sur le foncier tout en supprimant la taxe d’habitation, la taxe sur les loyers et les droits de mutation. La recette de la nouvelle taxe foncière proposée par Marc de Basquiat estimée à plusieurs dizaines de milliards compense la suppression totale de la fiscalité sur les successions et les transactions immobilières qu’il considère nocive pour le dynamisme économique de notre pays.
« Il faut commencer par supprimer la réserve héréditaire. Cela permettrait de léguer tout ou partie de son patrimoine aux personnes de son choix, sans nécessairement prendre en considération le lien biologique. » Gaspard Koenig
Contrairement à la plupart des pays anglo-saxons, la France va jusqu’à obliger ses citoyens défunts à donner une part de leur patrimoine à leurs enfants : au minimum la moitié dans le cas d’un enfant, deux tiers pour deux enfants et trois quarts pour trois enfants ou plus. Cette réserve héréditaire, défendue par Mirabeau à l’Assemblée quelques jours avant sa mort, favorise à nos yeux la reproduction sociale et freine la culture philanthropique. Reprenant la proposition de GenerationLibre issue d’une note publiée au mois de mars 2019, le candidat à la présidentielle Gaspard Koenig défend la suppression de la réserve héréditaire. L’âge moyen à l’héritage en France étant aux alentours de 50 ans, il propose de favoriser la donation au cours de la vie via un bonus-malus en fonction de l’âge du donataire. En parallèle, il suggère de taxer exclusivement le récipiendaire à hauteur de 10 % seulement au-delà de 500 000 euros reçus tout au long de sa vie.
« Par sa vocation de conservation de la fortune dans la famille, la réserve héréditaire est une manière de favoriser l’endogamie et de perpétuer les inégalités de patrimoine. » GenerationLibre
Co-écrit par nos experts Maxime Sbaihi et Benoît Morel, la note « Supprimer la réserve héréditaire » propose, comme son nom l’indique, une révolution du droit pour favoriser la libre disposition de son patrimoine pour chaque individu. L’enjeu ? Permettre d’un côté de sortir de cette société d’héritiers et de rentiers et de l’autre de libérer la culture philanthropique. Comme GenerationLibre, Gaspard Koenig considère que « la liberté qu’offre cette réforme entraînera une redistribution spontanée que la contrainte n’obtiendra jamais ».
Pour parcourir notre note « Supprimer la réserve héréditaire », cliquer ICI.
Pour parcourir notre rapport « Le logement pour tous », cliquer ICI.
Pour lire la tribune de Gaspard Koenig dans Le Figaro, cliquer ICI.
Pour lire l’article de Marc de Basquiat dans Atlantico, cliquer ICI.
Publié le 02/02/2022.
Sur CNEWS, notre directeur Christophe Seltzer se joint aux autres invités pour apporter son soutien à Ophélie Meunier au nom de la liberté d’expression et de la liberté de la presse. Échange néanmoins tendu avec Jonas Haddad (LR) et Alexandra Masson (RN) lorsqu’il déconstruit le mythe d’un ensauvagement général de la société et défend l’approfondissement de l’État de droit contre les mesures d’exception.
Liberté de la presse : il faut défendre Ophélie Meunier
Interrogé sur les menaces de mort que subit la journaliste Ophélie Meunier depuis la diffusion d’un reportage sur la menace islamiste à Roubaix, Christophe salue la proposition de l’avocat Richard Malka qui appelle à diffuser cette émission sur les chaînes concurrentes pour ne rien céder sur la liberté de la presse. Il s’inquiète de la cécité ou démagogie de certains députés LFI sur l’islamisme tout en appelant à ne pas tomber dans le piège de la barbarie, à l’image d’Éric Ciotti qui propose un « Guantánamo à la française » qui nous ferait sortir de l’État de droit.
« C’est une très bonne idée que de diffuser le documentaire présenté par Ophélie Meunier sur tous les médias au nom de la liberté d’expression et de la liberté de la presse. »
Islamisme : la fin ne justifie pas les moyens
Christophe alerte sur les mesures liberticides prises au nom des valeurs républicaines dans le cadre de la lutte contre l’islamisme. Il dénonce entre autres la restriction de l’enseignement à domicile, pourtant liberté fondamentale, mise en œuvre avec la loi du 24 août 2021 confortant le respect des principes de la République. Plutôt que de continuer à rogner sur l’Etat de droit, attelons nous à rendre efficaces les services de police et de justice. Pour lutter efficacement contre les taux de récidive en France et la radicalisation en prison, GenerationLibre invite à développer le modèle dit des « prisons ouvertes » qui a fait ses preuves dans les démocraties nordiques.
Insécurité : zoom sur les chiffres plutôt que sur les images
Si les tentatives d’homicide ont triplé en dix ans, Christophe rappelle que le taux d’homicide est à peu près stable sur la même période et qu’il a surtout été divisé par deux depuis les années 80. Sur un sujet aussi inflammable, les chiffres doivent être traités à froid. Christophe explique d’un côté que nous vivons dans un monde qui n’a jamais été aussi peu violent et de l’autre que le niveau de tolérance face à la mort est plus élevé aujourd’hui. Dans le détail, les vols à main armée ont baissé et la délinquance juvénile est stable. Le décompte des escroqueries sur internet et des violences sexuelles a augmenté.
« Depuis les années 80, on a à peu près divisé par deux le nombre d’homicides en France. En 1988, on était à 2,79 homicides pour 100 000 habitants ; et en 2019, on n’était plus qu’à 1,36. »
Pour voir l’émission, cliquer ICI.
Pour lire notre billet « Pour une laïcité libérale » de Jean Baubérot, cliquer ICI.
Pour lire l’article « Délinquance et insécurité: la réalité des chiffres » d’Olivier Galland, cliquer ICI.
Pour parcourir notre rapport « Pour le développement des prisons ouvertes », cliquer ICI.
Publié le 01/02/2022.
Le CEVIPOF – Centre de recherches politiques de Sciences Po – vient de publier son dernier baromètre de la confiance politique qui analyse notamment la confiance des citoyens dans les institutions.
D’après les données de l’étude du CEVIPOF, les Français ont majoritairement confiance dans les échelons locaux : conseil municipal (63%), conseil départemental (56%), conseil régional (54%). Cette confiance est au contraire significativement plus faible dans les échelons nationaux : Sénat et Assemblée nationale (38%), gouvernement (35%). Cette différence se remarque plus clairement encore dans la part de sondés hostiles (« pas du tout confiance ») à ces mêmes institutions : environ 28% en moyenne pour les échelons nationaux, contre 12% pour les échelons locaux.
Le maire est l’élu le plus apprécié par les citoyens (65% de taux de confiance), loin devant les ministres et parlementaires. À noter également, 57% des français sondés pensent que la démocratie fonctionne mal, une tendance en hausse de 8 points par rapport au précédent sondage réalisé en février 2021.

Extrait de l’étude du CEVIPOF
Les informations proposées par le sondage ne sont pour autant pas surprenantes : elles suivent une tendance continue depuis une décennie
Ces données nous invitent à questionner le fonctionnement de nos institutions : comment expliquer une telle défiance des citoyens envers leurs institutions et leurs élus ? Quelles conséquences tirer du fort taux de popularité des élus locaux et a contrario du faible taux de confiance dans les élus nationaux ?
« Les données du CEVIPOF nous invitent à questionner le fonctionnement de nos institutions : comment expliquer une telle défiance des citoyens envers leurs institutions et leurs élus ? Nous pensons qu’il est grand temps d’engager des réformes institutionnelles afin de modifier en profondeur le fonctionnement de l’État français. »
Nous pensons qu’il est grand temps d’engager des réformes institutionnelles afin de modifier en profondeur le fonctionnement de l’État français :
– Pour en finir avec une France jacobine, ultra-centralisée, nous proposons de libérer les territoires en appliquant le projet de subsidiarité ascendante proposé par notre expert Raul Magni-Berton. Concrètement, cela signifie que c’est à l’échelon le plus petit, le plus proche des Français, de décider des compétences qu’il souhaite s’attribuer et de celles qu’il choisit de déléguer aux échelons supérieurs. Les Français préfèrent leur maire : donnons à ces derniers plus de possibilité d’action.
– Pour rétablir un équilibre entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif aujourd’hui sous dépendance du premier, nous allons formuler des propositions pour donner plus de moyens aux parlementaires et pour déprésidentialiser l’exécutif.
« Sans décentraliser et dé-présidentialiser nos institutions, je ne vois pas comment reprocher aux Français lassitude, colère ou abstention. Décentralisons en laissant les collectivités territoriales se saisir de compétences et lever l’impôt ; et dé-présidentialisons la gouvernance nationale, par exemple en élisant nos députés à la proportionnelle et en renforçant un Gouvernement reposant sur des coalitions. » Christophe Seltzer
Toute une série de propositions sur lesquelles nous nous penchons en ce moment même avec nos experts.
Pour retrouver les derniers baromètres du Cevipof dont celui de janvier 2022, cliquer ICI.
Pour retrouver notre rapport « Le pouvoir aux communes », cliquer ICI.
Pour retrouver notre [Lu ailleurs] « Restaurons le Parlement ! », cliquer ICI.
Pour retrouver notre [Lu ailleurs] « Supprimer l’élection présidentielle », cliquer ICI.
Publié le 28/01/2022.
Devant les administrateurs d’UFC Que Choisir, notre directeur Christophe Seltzer présente le think tank GenerationLibre et ses travaux en lien avec l’évolution de la consommation. L’occasion de développer nos propositions en faveur d’un revenu universel, de la patrimonialité des données personnelles et d’un prix carbone européen.
Pour comprendre notre proposition de revenu universel, cliquer ICI.
Pour lire notre rapport « Aux data, citoyens !« , cliquer ICI.
Pour comprendre nos idées autour d’un prix carbone, cliquer ICI.
Publié le 27/01/2022.
Dans le prolongement de sa note d’analyse sur la proportionnalité du passe sanitaire, GenerationLibre publie dans Le Figaro une tribune pour dénoncer l’instauration du passe vaccinal et appeler à l’ouverture d’un débat démocratique sur l’obligation vaccinale. Un texte signé entre autres par les parlementaires Loïc Hervé (sénateur centriste) et Aurelien Taché (député EELV).
Nos experts reprochent au Gouvernement de s’enfermer dans un « quoi qu’il en coûte sanitaire » : les mesures qu’il met en place ne sont pas pensées pour être proportionnelles au risque ; elles se substituent à d’autres elles-mêmes non évaluées – comme le rappelle la CNIL ; elles banalisent un outrepassement de plus en plus fréquent des libertés fondamentales au profit d’enjeux sécuritaires. Croire dans la démocratie et dans l’État de droit, n’est-ce pas justement y croire même dans l’orage, respecter ses principes même dans la crise ?
« La transformation du passe sanitaire en passe vaccinal s’inscrit dans la droite lignée de la direction prise par l’exécutif depuis le début de la pandémie, celle d’un « quoi qu’il en coûte sanitaire ». »
Le passe, qu’il soit sanitaire ou vaccinal engendre une forme de carcérisation de l’espace public. Les citoyens sont discriminés selon leur statut médical, à la vue de tous, alors même que la loi n’impose pas la vaccination. Il s’agit là d’une régression historique vers une forme de « biopouvoir » tel que théorisé par Foucault.
« Il ne s’agit plus de protéger qui que ce soit de la contamination au SARS-CoV-2 mais bien d’exclure de la vie sociale et de l’espace public ceux qui résistent encore à la vaccination. »
Notre tribune, co-signée par des parlementaires, juristes, médecins et politistes appelle à l’ouverture d’un débat démocratique et parlementaire sur l’obligation vaccinale. Si la situation sanitaire l’exige et sur la base d’éléments scientifiques et politiques examinés par le Parlement lui-même, il faut assumer formellement cette obligation dans la loi. La transparence et l’État de droit doivent toujours prévaloir sur l’ostracisme et la vindicte publique.
Signataires : Marie-Caroline Arreto (directrice du Master Affaires publiques, Institut catholique de Paris – Faculté de sciences sociales et économiques), Yves Bourdillon (journaliste et écrivain), Kevin Brookes (docteur en science politique), Vincent Delhomme (doctorant en droit), Victor Fouquet (doctorant en droit), Nicolas Gardères (docteur en droit), Loïc Hervé (sénateur UC de la Haute-Savoie), Henri Leleu (médecin expert en santé publique), Christophe Seltzer (directeur du think tank GenerationLibre), Aurélien Taché (député EELV du Val-d’Oise).
Pour retrouver notre tribune dans Le Figaro, cliquer ICI.
Pour retrouver notre note d’analyse « La proportionnalité du passe sanitaire en question », cliquer ICI.
Pour retrouver notre note d’analyse coûts-bénéfices sur les confinements, cliquer ICI.
Pour retrouver notre Observatoire des Libertés Confinées, cliquer ICI.
Publié le 21/01/2022.
Notre expert Erwan Le Noan décrypte dans l’Opinion les échecs de l’État dans plusieurs secteurs alors que l’Éducation nationale connaît un mouvement de grève. Il mentionne le rapport de GenerationLibre qu’il a co-signé appelant à plus d’autonomie pour les universités.
Chiffres à l’appui, Erwan constate que l’État français n’a, contrairement aux idées reçues, pas adopté une politique d’austérité. Les niveaux de déficit et de dette publics ne cessent de croître et ont connu un pic conjoncturel en 2020, atteignant respectivement 200 milliards et 116 % du PIB. En réalité, la majorité mène une politique keynésienne dans les actes et rejette le thatchérisme dans les discours.
« GenerationLibre et le Conseil d’analyse économique ont récemment souligné combien l’université a besoin d’une profonde réforme. » Erwan Le Noan
Alors que la France n’a jamais autant investi dans les budgets de l’éducation, le taux d’échec à l’université en première année dépasse les 50 % et la précarité étudiante continue de croître. Il y a bien un paradoxe inquiétant entre des moyens financiers publics élevés, un défaut d’organisation dans les structures et un manque de résultats. Aussi, il est temps de mener à bien des réformes structurelles dans ce secteur. GenerationLibre en a formulé certaines dans deux publications. La dernière en date a justement été co-écrite par Erwan et Florent Bayle, plaidant pour accorder plus d’autonomie aux universités en matière de recrutement, de financement, de gouvernance et de pédagogie.
« Avec sa réforme des frais d’inscription, GenerationLibre défend en même temps l’égalité des chances, la diminution de la dépense publique, et l’augmentation des moyens pour les universités. » Christophe Seltzer
Alors que le président de la République a souligné à raison le problème de financement public et le manque de professionnalisation de l’université publique, nous estimons qu’il se trompe lorsqu’il esquisse l’idée d’une augmentation des frais d’inscription. Dans une note signée Raul Magni-Berton, GenerationLibre propose que les étudiants accèdent gratuitement (sans frais initiaux) à l’enseignement supérieur, en échange de l’obligation de verser un pourcentage de leur revenu futur sur une certaine durée. L’objectif est double : maintenir une justice pour tous les étudiants en leur offrant une formation gratuite et doper l’excellence des universités qui ajusteront leurs formations selon les secteurs porteurs sur le marché du travail. Surtout, c’est le moyen d’alléger le financement public qui pèse sur le contribuable tout en augmentant à terme les moyens financiers des universités.
Pour lire l’article dans l’Opinion, cliquer ICI.
Pour lire notre rapport « Libérer l’université », cliquer ICI.
Pour lire notre rapport « Révolutionner les frais d’inscription », cliquer ICI.
Publié le 20/01/2022.
Sur CNEWS, notre directeur Christophe Seltzer défend l’autonomie des établissements scolaires et notre opposition aux passes, sanitaire comme vaccinal. Il voit dans l’Union européenne l’échelon pertinent pour un droit de propriété sur les data et un prix carbone.
Jean-Michel Blanquer parti mixer à Ibiza ?
Interrogé sur la polémique qui touche Jean-Michel Blanquer à Ibiza, Christophe redirige le débat sur le centralisme des mesures sanitaires prises pour les écoles. Plutôt que des protocoles complexes et nationaux, il faut redonner de l’autonomie aux établissements scolaires. Pour sortir du ping-pong entre collectivités territoriales et État qui se renvoient la responsabilité de l’installation des capteurs de CO2, et si on donnait aux établissements les moyens de s’en occuper eux-mêmes ?
« Il faudrait donner beaucoup plus d’autonomie à chaque établissement pour qu’il puisse édicter lui-même ses règles et ainsi sortir de ces grands protocoles nationaux trop centralisés. »
Passe d’armes sur le passe vaccinal
Echange tendu entre la chroniqueuse TPMP Laurence Sailliet et Christophe sur le passe vaccinal, que ce dernier considère comme disproportionné du point de vue du droit et discutable d’un point de vue sanitaire. Début décembre, GenerationLibre appelait à suspendre sans délai le passe sanitaire à l’appui d’une note rédigée par ses experts Henri Leleu, Nicolas Gardères et Kevin Brookes. Avec ce nouveau passe vaccinal, on introduit une nouvelle discrimination à l’égard de citoyens qui, à date, sont dans leur droit de ne pas être vaccinés. Aussi, Christophe considère qu’il est préférable d’ouvrir un débat sur l’obligation vaccinale plutôt que de poursuivre une politique qui fragilise l’État de droit.
« Avec le passe vaccinal, on introduit une discrimination entre citoyens que la loi n’oblige pas à se faire vacciner. »
Carburant : concilier fin de mois et « fin du monde »
Si la hausse du prix des carburants est un sujet inflammable qui a contribué au mouvement des gilets jaunes, Christophe estime que les taxes ont un intérêt écologique. Rejoint par le fondateur d’Atlantico Jean-Sébastien Ferjou, Christophe explique qu’il est préférable que l’État trouve les moyens de renforcer le principe pollueur-payeur en limitant la baisse de pouvoir d’achat pour les plus modestes. On pourrait imaginer transformer et généraliser le « chèque inflation », par exemple en dividende carbone comme le suggère notre expert François-Xavier Oliveau, pour redistribuer directement aux Français la recette des ces taxes. Une solution qui laisserait aux Français une liberté d’arbitrage tout en suscitant par le mécanisme de marché qu’est le prix une transformation verte de notre économie.
« Mettons un prix sur le carbone pour faire payer l’externalité négative, et réfléchissons à la redistribuer directement au consommateur. »
UE : l’identité nationale est un récit politique
Pour Christophe, comme le montre les volte-face de Marine Le Pen, le débat autour de l’Union européenne est une question de valeurs et il faut voir celle-ci comme un échelon pertinent face aux défis climatique et numérique. L’Union européenne constitue un cadre idéal pour mettre en œuvre nos propositions d’une propriété privée sur les données personnelles et d’un marché du carbone efficace. Face au frexiteur Charles-Henri Gallois, Christophe explique que l’identité nationale est un récit politique qui s’est construit en même temps ou après l’affirmation de l’Etat français. Il invite à construire de la même façon une identité nationale européenne.
« L’identité nationale française est très récente, c’est quelque chose qui a été construit par un récit politique. Construisons une souveraineté et une nationalité européennes ! »
Pour voir l’émission, cliquer ICI.
Pour relire notre billet « Et si l’Europe mettait un prix sur les émissions carbone ? », cliquer ICI.
Pour parcourir notre note « La proportionnalité du passe sanitaire en question », cliquer ICI.
Pour parcourir notre recueil « Europa : dépasser le nationalisme », cliquer ICI.
Publié le 19/01/2022.
Interrogés par L’Express, les économistes libéraux David Thesmar et Augustin Landier analysent le décalage entre les conclusions de leur discipline et les aspirations populaires.
Dans leur dernier ouvrage, les deux chercheurs David Thesmar et Augustin Landier analysent les discours des économistes qui se focalisent uniquement sur l’efficacité de mesures – reflétée par le PIB – comme indice de réussite : dans ce paradigme, les politiques favorisant le commerce, l’immigration et le libre-échange sont bénéfiques, et ce malgré l’opposition qu’elles suscitent dans une partie de la population. Ils mettent ainsi de côté les sentiments moraux des individus. Or, d‘après les chercheurs, les citoyens ne réalisent pas uniquement leurs arbitrages en fonction des données économiques, mais également selon des critères économiquement aberrants : les valeurs. Celles-ci conditionnent la grille de lecture justifiant par exemple le Brexit ou encore le mouvement des Gilets Jaunes. C’est la non prise en compte des valeurs par les économistes qui, selon eux, provoque une fracture.
« Durant les Trente Glorieuses, les préoccupations majeures, c’était encore des problèmes de survie. Il fallait relancer le pays. Mais aujourd’hui dominent d’autres questions, plus morales, comme celles de l’environnement ou des migrants. »
Les deux chercheurs reconnaissent également que leur profession est biaisée par une idéologie « plutôt de centre-gauche », profondément universaliste, par conséquent non représentative de l’ensemble de la population. Ce qui aggrave les divergences entre universitaires et citoyens. Cette incompréhension engendre une certaine forme de condescendance à l’égard des citoyens : « il faut passer en force contre l’opinion », « les aider contre eux-mêmes » afin d’imposer les bons choix, économiquement parlant.
« Chez les économistes, il y a des tabous idéologiques. (…) Notre déontologie devrait être de ne pas faire la morale aux gens. »
Les économistes sont pour autant indispensables à la société car ils renseignent la population sur le coût économique de chaque décision. C’est, d’après David Thesmar et Augustin Landier leur unique mission : libre ensuite aux citoyens avertis d’arbitrer à leur gré entre coût économique et valeurs. Les deux chercheurs invitent donc les économistes à prendre en considération ces valeurs et à réadapter leurs modèles pour mieux appréhender les aspirations des populations.
« Les économistes qui répètent que le protectionnisme plombe la croissance sont à côté de la plaque. Ce n’est pas le sujet. »
Un entretien qui n’est pas sans rappeler une récente chronique de Gaspard Koenig qui appelait à décorréler réussite et niveau du PIB et troquer un peu de notre productivité contre davantage d’épanouissement personnel. Au sujet de l’IA, Gaspard appelle l’Europe, face au modèle asiatique, à défendre la liberté fut-ce au prix, d’un point de vue utilitariste, d’une perte d’efficacité économique.
Pour retrouver l’entretien de David Thesmar et d’Augustin Landier dans L’Express, cliquer ICI.
Pour retrouver la chronique « La tyrannie du toujours plus » de Gaspard Koenig, cliquer ICI.
Publié le 17/01/2022.
