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« L’insécurité ne me fait pas aussi peur que les discours sécuritaires. » Gaspard Koenig

« L’insécurité ne me fait pas aussi peur que les discours sécuritaires. » Gaspard Koenig

Dans Les Echos, Gaspard Koenig déplore la propagation du discours sécuritaire et des images de violence dans notre société.

 

Gaspard s’étonne qu’une augmentation de la violence soit communément constatée, y compris au sommet de l’État. À l’appui de Steven Pinker, Gaspard souligne au contraire un mouvement de déclin de la violence. En témoigne les chiffres publiés par l’Observatoire scientifique du crime et de la justice qui constate aussi une tendance à la baisse depuis des années. Nous sommes donc loin des récits de La Fontaine et Stendhal dans lesquels la violence en France est commune à leurs époques.

« Il est évident que chaque crime est un scandale et incontestable, que la violence revêt des formes nouvelles et inquiétantes (…) Pour autant, le meilleur moyen de traiter ces problèmes sérieux est d’observer les moyennes, sans céder à la panique. »

Gaspard reprend les écrits de Stephen J. Dubner et Steven Levitt sur les attaques de requins en Floride avant le 11 septembre 2001 pour illustrer un biais psychologique à l’oeuvre dans les médias. Le « biais de disponibilité » désigne un mode de raisonnement fondé sur des informations ou des images immédiatement disponibles pour notre mémoire. Ces images brouillent la rationalité des chiffres et crée de fait une récurrence dans notre perception de l’actualité.

Exemple : pour un évènement donné qui a eu telle conséquence, on aura tendance à penser qu’un évènement du même type aura toujours la même conséquence. En 2001, l’opinion publique américaine s’affolait d’une augmentation soudaine des attaques de requins. Pourtant, les chiffres montrent qu’il y a eu autant d’attaques que les autres années.

« On sait d’avance quelles seront les premières victimes du biais de disponibilité : nos libertés. »

Alors que les enjeux sécuritaires ne manqueront pas d’être au centre du débat public lors de l’élection présidentielle, Gaspard appelle à ne pas céder à la panique. Les chiffres sont bien plus pertinents que les images. Cet emballement pour la sécurité risque de porter à nouveau préjudice à nos libertés.


Pour lire la chronique, cliquer ICI.

 

Publié le 19/05/2021.

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