Trop de lois tuent la loi

Dans Les Echos, Gaspard Koenig constate que la gestion de crise de la France est fidèle à notre culture bureaucratique. En découlent la déresponsabilisation des citoyens et le non-respect de la loi.

 

Face à la Covid-19, le confinement a été universellement appliqué. Toutefois, ses modalités ont varié d’un pays à l’autre. Si la Suède s’est appuyée sur la responsabilité individuelle, la France, comme toujours, s’en est remis à son administration.

Cela a conduit à la multiplication de règles uniformes appliquées sans discernement sur tout le territoire. Le flou qui caractérise la définition de ces textes favorise à la fois une interprétation laxiste de la loi et des abus de pouvoirs.

« Là où la crise sanitaire aurait pu déclencher une vague de civisme, la gestion policière du confinement n’a fait que renforcer le cercle vicieux de l’infantilisation et de la rébellion. » Gaspard Koenig

Montaigne et Tocqueville constataient déjà les effets pervers de la boulimie normative propre à la culture politique française. Pour Gaspard, cette passion normative aboutit à un paradoxe : plus la loi est précise, moins elle est adaptée à la réalité.

Conséquence de cette frénésie régulatrice : les Français ne respectent pas la loi. Il faut donc sortir de ce contrat social malsain qui a montré ses limites pendant la crise. L’extension du pouvoir administratif couplée à la surveillance technologique vont rendre la désobéissance de plus en plus compliquée. Le pouvoir doit donc guérir de son obsession du contrôle pour cesser d’infantiliser les citoyens.

En 2017, GenerationLibre proposait dans une note rédigée par Jean-Ludovic Silicani, ancien commissaire à la réforme de l’État, de réduire de 90% la quantité des dispositions législatives et réglementaires actuellement en vigueur.


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Pour lire notre note « Pour une révolution normative. Sortir de l’enfer réglementaire. », cliquer ICI.

 

Publié le 27/05/2020.

Nos propositions pour le renouveau du libéralisme

Dans un entretien pour L’Express, Gaspard Koenig regrette que la France se sorte toujours des crises par davantage d’État, et invite les libéraux à se réinventer. Chez GenerationLibre, nous développons des propositions concrètes en ce sens.

 

Dans l’après-guerre, la France a misé sur la planification et les nationalisations pour se reconstruire. L’Allemagne a fait un choix opposé en appliquant les principes de l’ordolibéralisme. Gaspard constate, à l’instar de Tocqueville, que quels que soient les régimes, la culture française consiste à s’en remettre à l’État dans les moments difficiles.

Nous déplorons que ces nouveaux pouvoirs de l’État, acquis en période de crise, tendent à se maintenir une fois la situation rétablie. L’état d’urgence sur le terrorisme est désormais inscrit dans le droit commun. Il faut veiller à ce que la suppression des libertés pour faire face à l’épidémie de Covid-19 ne survive pas au virus. C’est pour répondre à cette nécessité que nous avons lancé notre Observatoire des Libertés Confinées.

« Je vois beaucoup de personnes inquiètes qui réagissent et nous rejoignent aujourd’hui dans la défense des libertés. » Gaspard Koenig

Ce recours constant à l’État trouve aussi sa source dans les institutions centralisatrices du régime présidentiel. Gaspard souligne le penchant délétère à vouloir appliquer une solution unique à un territoire vaste et divers. Cela provoque inévitablement une rigidité administrative dont nous avons pu observer les limites pendant la crise.

C’est pourquoi nous appelons à lancer une véritable décentralisation, notamment à travers la subsidiarité ascendante. Cela permettrait de lutter contre le présidentialisme, qui déchaîne les passions et pollue le débat public en le polarisant. Gaspard appelle a raviver la démocratie locale afin de donner plus de responsabilités aux citoyens. La crise nous a montré qu’il était temps de mettre fin à l’infantilisation des Français et de leur faire confiance.

« Les Français sont comme tous les êtres humains : plus on leur donne de responsabilités, plus ils deviennent intelligents. Si tout est dirigé de manière abstraite et centrale, le mouvement naturel est de se rebeller. » Gaspard Koenig

Le libéralisme doit se renouveler pour faire face aux enjeux de notre époque. L’instauration d’un revenu universel serait un moyen de donner davantage de pouvoir aux individus. Cela permettrait également, dans un monde d’incertitude où le salariat se raréfie, de mettre en place un filet de sécurité.

Le revenu universel que nous proposons n’a pas l’ambition de réduire les inégalités, mais de lutter contre la pauvreté. Dans la lignée de la pensée de Thomas Paine, ce système réconcilie Locke et Rousseau. Il permet de donner une réalité matérielle à l’égalité des chances, tout en responsabilisant l’individu, rappelant que la production de valeur par le travail est tout à fait légitime.

« Le revenu universel donnerait à tous le pouvoir de dire non : non à l’employeur, non à la famille, non à sa communauté. Pour les métiers les plus pénibles, il redonnerait aux salariés du pouvoir de négociation. » Gaspard Koenig

C’est pourquoi, chez GenerationLibre, nous pensons que l’instauration d’un revenu universel peut être une première étape pour adapter la doctrine libérale au XXIe siècle. C’est en suivant cette même logique que nous militons en faveur de la patrimonialité des données. Pour Gaspard, les objections adressées à l’application StopCovid devraient en premier lieu concerner les géants du numérique. Il est temps que les individus puissent décider de l’utilisation qui est faite des données qu’ils produisent.


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Notre appel pour un socle citoyen, cliquer ICI.

Pour lire notre rapport « Liber : un revenu de liberté pour tous », cliquer ICI.

Pour lire notre rapport « Aux data, citoyens ! », cliquer ICI.

Pour lire notre rapport « Décentraliser par la subsidiarité ascendante », cliquer ICI.

 

 

Publié le 19/05/2020.

La France de la débrouille

Dans l’Opinion, Maxime Sbaihi loue la France débrouillarde, ces « héros anonymes » qui, à l’abri des polémiques et des incantations sur le monde d’après, pourraient bien être les principaux acteurs de la reconstruction.

 

Depuis le début de la crise, des initiatives individuelles sont venues par milliers porter soutien à des pouvoirs publics souvent dépassés. Au moment où la pénurie de masques menaçait de briser le front formé par les premiers de cordée, des ateliers de couture ont fleuri un peu partout aux quatre coins du pays.

Les Français ont su s’organiser dans ce moment d’incertitude. Des étudiants ont prêté main forte dans les EHPAD, et des masques de plongée Décathlon ont été transformés en masques d’appareils respiratoires.

« La débrouille nous a permis de développer une force de résilience par des chaînes de solidarité aussi instinctives qu’agiles, palliant ainsi les lourdeurs et défaillances de l’administration. » Maxime Sbaihi

Pour Maxime, cette France du « système D », de la débrouille, a refusé l’immobilisme et a fait primer l’action sur la peur. Elle montre que le « génie français » n’est pas seulement une mystique abstraite, mais s’incarne dans le « volontarisme concret et éparpillé de ses citoyens ».

Il serait bienvenu de s’inspirer, dans le futur, de ce qui a fait notre force pendant le confinement. Il faut laisser respirer une société civile trop souvent étouffée par un centralisme infantilisant. Il faut que les politiques et les pouvoirs publics apprennent à faire confiance à ces milliers de « petites mains invisibles ». Plus que des médailles ou des primes, ce signe de reconnaissance serait le meilleur moyen de leur rendre hommage.


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Publié le 19/05/2020.

Déconfinons nos libertés

Vincent Delhomme s’est entretenu avec Sébastien Le Fol du magazine Le Point à propos de notre Observatoire des Libertés Confinées. Il revient sur les raisons qui nous ont poussés à lancer cette plateforme, et sur les fondements philosophiques de cet outil civique et participatif.

 

La plateforme recense les mesures attentatoires aux libertés mises en place pour lutter contre l’épidémie de Covid-19. Elle offre aux citoyens un suivi hebdomadaire des mesures afin de s’assurer que chacune des libertés perdues pendant la crise soit recouvrée.

GenerationLibre ne conteste pas l’idée selon laquelle certains droits et libertés puissent connaître des restrictions temporaires en temps de crise majeure. Notre propos n’est nullement scientifique, et nous nous gardons de porter quelque jugement sur la gestion politique de la crise. Nous nous assurons seulement que les mesures prises soient proportionnées à la situation.

« Avec cet outil, nous voulons nous assurer que toutes les libertés finissent par être déconfinées. » Vincent Delhomme

Pour Vincent Delhomme, les libertés les plus élémentaires seront rétablies dès que possible. Cependant, c’est sur les libertés moins visibles pour l’opinion que nous nous devons d’être le plus vigilant. Citons seulement les mesures relatives à l’utilisation de nos données personnelles, sur lesquelles GenerationLibre a fait entendre sa voix à plusieurs reprises.

« La France est un pays paradoxal : la contestation de ceux au pouvoir ne cesse jamais, mais le pouvoir, lui, n’est jamais questionné. » Vincent Delhomme

La crise actuelle a le mérite de poser la question de notre rapport au risque. Il faut avoir le courage d’interroger la légitimité du confinement à la lumière de son impact économique et social : la régulation des risques implique la mise en balance d’intérêts parfois contraires, et donc de choix de nature politique.


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Publié le 18/05/2020.

Loi Avia : les algorithmes, nouveaux juges du XXIème siècle ?

À partir du 1er juillet 2020, la loi Avia imposera aux réseaux sociaux de retirer les contenus « manifestement » homophobes, racistes ou sexistes dans un délai de vingt-quatre heures suivant le signalement par un utilisateur. Pour Rubin Sfadj, avocat et soutien de GenerationLibre, cette loi est un nouvel assaut de la bien-pensance contre la liberté d’expression.

 

Les réseaux-sociaux qui ne respecteront pas cette nouvelle règle se verront infliger une amende allant jusqu’à 4% de leur chiffre d’affaires mondial. Pour Rubin, les plateformes prendront le moins de risque possible et useront des algorithmes pour supprimer un maximum de contenus pouvant tomber sous le coup de la loi.

Si on peut admettre que la propagation de la haine en ligne appelle de nouveaux moyens d’action, remettre la liberté d’expression entre les mains d’une justice aussi privée qu’expéditive ne va pas de soi. Rubin Sfadj

 


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Publié le 15/05/2020.

Un nouveau libéralisme en germe

Gaspard Koenig a donné deux longs entretiens pour le magazine Valeurs actuelles et le journal La Semaine, dans lesquels il revient sur l’attitude de nos sociétés contemporaines face à la crise sanitaire, et livre ses réflexions sur le nécessaire renouveau du libéralisme.

 

L’épidémie et notre attitude « hyper angoissée » face au virus ont mis en lumière le peu de tolérance actuelle des sociétés occidentales face à la mort. Cette évolution mentale nous empêche de lire la crise avec clairvoyance et d’y apporter des solutions adaptées.

« Nous ne supportons plus la perspective de la mort, alors même qu’elle est notre seule certitude, et ce déni nous prépare à tous les renoncements. » Gaspard Koenig

Si la gauche se fourvoie dans le moralisme, la droite ne fait pas mieux en se réfugiant dans ses vieux réflexes conservateurs. Pourtant, ceux qui s’appuient sur l’héritage du gaullisme pour légitimer des discours nostalgiques feraient mieux de relire les mémoires du Général, qui faisait preuve d’un véritable appétit de modernité.

Il ne faut pas confondre le progrès, produit inattendu et spontané du génie humain, et l’optimisation, obsession du bien-être qui mène vers l’écueil de l’utilitarisme. Or, pour Gaspard, ce progrès reste le « chemin de l’humanité ». Personne n’abandonnerait de gaieté de cœur le confort de nos sociétés occidentales et la sécurité relative que procure l’État de droit.

« A-t-on vraiment envie, au nom de l’authenticité, que reviennent les famines et les massacres ? » Gaspard Koenig

Enfin, le libéralisme n’est pas une famille de pensée rigide. Gaspard invite à remettre en question les dogmes de l’École de Chicago. La belle histoire multiséculaire de la pensée libérale ne doit pas être confondue avec les quelques décennies de néolibéralisme. Avant tout, le libéralisme est motivé  par la défense de l’individu contre les rentes économiques, les oppressions politiques et les fanatismes religieux.

« Au cours de leur longue histoire, les libéraux ont toujours défendu les marginaux et les rebelles. » Gaspard Koenig

Il faut donc redéfinir la liberté comme une relation intime à soi dont l’objectif serait de faire émerger une personnalité singulière. C’est ce qui doit guider l’ingénierie de politiques publiques originales et adaptées à notre époque. C’est ce à quoi nous nous attelons chez GenerationLibre. Avec le revenu universel, nous souhaitons donner une base concrète aux libertés formelles. Avec la patrimonialité des données, nous offrons à chaque individu la liberté de rester anonyme et de refuser l’exploitation des données qu’il produit.

L’attention particulière portée à la sauvegarde des droits des individus ne revient pas à nier le collectif. Au contraire, on peut tout à fait être individualiste et altruiste, ou collectiviste et égoïste. Il est donc temps que le libéralisme se débarrasse du réflexe qui consiste à placer l’économie au-dessus des autres sciences humaines, le calcul utilitariste au-dessus de la délibération collective.

« J’ai constaté au cours de mes voyages que la liberté rendait les gens plus responsables, plus matures, plus généreux aussi. […] Vous savez, la solidarité c’est comme le sexe, plus on en parle, moins on la fait. Pour moi, elle relève essentiellement d’un choix privé. » Gaspard Koenig


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Publié le 15/05/2020.

Et si l’Europe mettait un prix sur les émissions carbone ?

Maxime Sbaihi et Eric Chaney, économiste auprès de l’Institut Montaigne, co-signent une tribune dans L’Express en faveur de l’instauration d’un prix carbone dans l’espace européen.

 

La crise sanitaire que nous traversons pourrait bien retarder (encore) la lutte de nos sociétés contre le réchauffement climatique. Si le « plan vert » de la Commission européenne – chiffré à 1000 milliards d’euros – apparaissait comme ambitieux avant l’épidémie, la crise économique actuelle pourrait bien signer son arrêt de mort.

Cependant, Eric Chaney et Maxime Sbaihi considèrent qu’il n’existe pas de contradiction entre la lutte contre le réchauffement climatique et la sauvegarde de nos économies. Pour ce faire, il est nécessaire de valoriser le carbone à la hauteur des dommages qu’il cause à l’environnement. S’il est vrai que l’instauration d’un prix carbone est un sujet politiquement et socialement sensible, la baisse du prix du pétrole ouvre une fenêtre d’opportunité que nos dirigeants seraient bien inspirés de saisir.

« L’Europe doit profiter de la crise sanitaire pour concilier l’aide à la reprise économique et une stratégie verte grâce à un système de prix pour prendre en compte l’impact écologique des gaz à effet de serre. » Eric Chaney & Maxime Sbaihi

Pour que le prix carbone soit efficace, il doit être instauré au niveau européen. Il faut également confier à une agence indépendante le soin d’établir une trajectoire du prix de la tonne de CO2 compatible avec les objectifs que nous nous fixerons. Enfin, une taxe à la frontière de l’Europe proportionnelle au coût écologique des biens importés semble indispensable pour sauvegarder la compétitivité de nos entreprises.

En ce qui concerne les modalités d’imposition du prix carbone et l’utilisation des revenus générés, Maxime Sbaihi et Eric Chaney invitent à la décentralisation. Les dividendes de cette taxe pourraient être utilisés pour financer des aides aux investissements décarbonants. Le marché intérieur européen est suffisamment grand pour inciter d’autres pays à suivre cette tendance. Ce système d’incitation pourrait se matérialiser, par exemple, par une exemption de taxe à la frontière de l’Union européenne pour les pays qui imposent déjà un prix carbone sur leur propre marché.


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Publié le 14/05/2020.

De Gaulle serait-il encore gaulliste aujourd’hui ?

Dans Les Echos, Gaspard Koenig confie s’être plongé dans les mémoires du Général De Gaulle. Il en a tiré trois leçons pour penser la France post-Covid-19.

 

Les vertus de l’intransigeance, tout d’abord. Cette intransigeance qui a conduit ce Général sans armée ni légitimité à défendre sans relâche les intérêts d’un pays qui l’avait renié. Les défenseurs de la liberté, si minoritaires en ces temps sécuritaires seraient bien inspirés de faire de même.

La seconde leçon est que l’action n’est rien sans doctrine. C’est cette primauté des idées qui a contribué à fonder la conception « gaulliste » des institutions de la Vème République. Le pragmatisme nécessite d’abord de se constituer une colonne vertébrale intellectuelle.

« Peut-être la crise actuelle serait-elle l’occasion, en utilisant contre son héritage sa propre méthode, de remettre en cause les institutions léguées par De Gaulle. » Gaspard Koenig

Enfin, De Gaulle nous apprend l’importance de résister à la tentation de la nostalgie. Il faut savoir dépasser ses réticences personnelles pour accepter et accompagner les évolutions de notre temps. Cette nécessité de faire prévaloir une pensée de l’action et de l’adaptation sur les conceptions de principe est peut-être l’héritage premier par lequel nous pouvons interroger notre modèle actuel, y compris les institutions léguées par le Général.

Aron et Revel, déjà, regrettaient l’héritage du régime présidentiel de la Vème République. Pour Gaspard, le pouvoir personnel et centralisé se traduit par un dirigisme économique néfaste et bloque l’adaptation du pays à une société de plus en plus ouverte et diverse. Il est temps désormais de remettre en question cette tradition, au nom même de la philosophie de l’action illustrée par le Général.


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Publié le 13/05/2020.

Osons le socle citoyen ! L’appel de GenerationLibre et de quarante-cinq parlementaires

GenerationLibre publie dans l’Obs un appel au Gouvernement pour lancer le chantier d’un « socle citoyen », doublé d’une pétition en faveur d’un revenu universel. 

 

Dans la perspective du projet de loi de finances 2021 et dans la continuité de la réforme du prélèvement à la source, il est temps de mettre en oeuvre un véritable revenu universel. À l’initiative de Valérie Petit, députée apparentée LREM du Nord, Gaspard Koenig et l’économiste et expert GL Marc de Basquiat, la tribune a recueilli le soutien de quarante-cinq parlementaires, divers élus politiques, chefs d’entreprises, universitaires, journalistes et responsables associatifs.

La crise sanitaire que nous traversons nous convainc de la nécessité de l’instauration d’un socle citoyen. Ce mécanisme de revenu universel intégré à l’impôt sur le revenu aurait permis, dès le premier mois du confinement, de donner à chaque Français un soutien financier immédiat et proportionné.

Pour être à la hauteur des immenses défis que nous aurons – collectivement – à relever, il est plus que jamais temps de réaliser cette réforme majeure du prélèvement à la source. Comme le montrent les modélisations de Marc de Basquiat dans nos deux rapports, une telle proposition peut être mise en œuvre sans créer de choc sur les finances publiques ou sur le niveau des transferts sociaux.

L’administration fiscale pourrait calculer chaque mois la différence entre un crédit d’impôt individuel et un prélèvement uniforme. Cette combinaison d’un crédit d’impôt fixe et d’un impôt proportionnel au premier euro faciliterait drastiquement le système socio-fiscal français. Surtout, ce mécanisme universel et permanent offrirait une capacité de résilience que ne possède pas notre système actuel, en garantissant une adaptation parfaite et immédiate à la situation économique des individus et des familles.

« L’administration fiscale pourrait calculer chaque mois la différence entre un crédit d’impôt individuel et un prélèvement uniforme pour tous afin de garantir un socle de revenu. » Valérie Petit, Gaspard Koenig, Marc de Basquiat

Cette idée de socle citoyen est transpartisane. Elle est revendiquée aussi bien par les socialistes que par les libéraux. Par les premiers au nom d’une solidarité bien pensée, et par les seconds pour donner un fondement matériel aux libertés individuelles.

La crise du Covid-19 a fait prendre une tournure concrète à une théorie qui, depuis Thomas Paine en 1976, n’a cessé d’être étudiée, débattue et expérimentée. La mise en place d’un filet de sécurité universel se justifie autour de trois points : l’automaticité, car beaucoup se sont exposés à une chute brutale de leurs revenus, l’universalité, parce qu’une majorité d’entre nous se trouve dans l’impossibilité de travailler mais que seuls les salariés bénéficient du chômage partiel, et la réalité de nos besoins de bases.

 

 

Ainsi, le socle citoyen ne généralise pas l’aumône, il préserve la dignité des plus démunis. Il n’encourage pas l’assistanat, il favorise la prise de risque. Il ne récompense pas l’oisiveté, il supprime les « trappes à pauvreté » tout en s’assurant que le travail paye toujours. Il ne consacre pas le règne de l’individualisme, il tire profit de la singularité de tous les citoyens. Enfin, cette révolution conceptuelle de l’activité ne fait pas table rase de l’État Providence, mais complète les dispositifs universels par un filet de sécurité moderne et réactif.

Partout dans le monde, des pays s’apprêtent à sauter le pas. Il est temps de mettre en œuvre cette réforme d’union nationale, qui n’est ni de gauche ni de droite, mais du côté de ceux qui croient en l’homme. Ayons le courage de faire l’une des réformes fiscales et sociales les plus ambitieuses et justes que notre pays ait connues.

Le lundi 4 mai,  Mathilde Broquet-Courboillet a développé notre proposition face à Jean-Luc Gleyze, président du département de la Gironde, lors d’un atelier animé par la députée Valérie Petit sur la plateforme Le Jour d’après.

 


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Pour lire notre rapport « Liber : un revenu de liberté pour tous », cliquer ICI.

Pour lire notre rapport « Liber : une proposition réaliste », cliquer ICI.

 

Publié le 04/05/2020.

Gaspard Koenig dénonce le cercle vicieux de « l’État nounou »

Selon Gaspard Koenig dans sa chronique pour Les Echos, l’exemple de la nicotine et de ses potentielles vertus contre le Covid-19 remet en question les velléités de surprotection de l’individu par l’État et nous invite à repenser notre rapport au risque.

 

Selon l’hypothèse du neurobiologiste Jean-Pierre Changeux, la nicotine protégerait du Covid en empêchant le virus de se fixer sur les récepteurs des cellules. Elle pourrait donc retrouver sa fonction thérapeutique originale.

Pour Gaspard, cette situation met en évidence l’absurdité de toutes les mesures de contrôle sur le comportement. L’État devrait se contenter de donner aux citoyens toute l’information nécessaire sur les risques connus de telle ou telle pratique. Mais il devrait s’abstenir de juger nos choix, la science et notre connaissance des maladies étant trop aléatoires pour faire l’objet de consignes définitives.

« Au-delà de la question du tabac, médicalement incertaine, la grave crise sanitaire que nous traversons devrait logiquement mettre un frein à la vertigineuse progression de l’État nounou. » Gaspard Koenig

Il apparaît que l’État central a failli dans divers aspects de la gestion de crise : gestion du stock de masques, mise en place trop tardive d’une stratégie de dépistage efficace, communication erratique… Ce n’est pas tant la faute d’un gouvernement incompétent, que de cette mauvaise habitude du pouvoir central à « micromanager nos vies ». Tocqueville, déjà, expliquait ce cercle vicieux d’un « État nounou » qui tire sa justification du désir croissant de protection chez ses citoyens.


Pour lire sa chronique, cliquer ICI.

 

Publié le 29/04/2020.

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