Tribune – Le passe vaccinal en question

Dans le prolongement de sa note d’analyse sur la proportionnalité du passe sanitaire, GenerationLibre publie dans Le Figaro une tribune pour dénoncer l’instauration du passe vaccinal et appeler à l’ouverture d’un débat démocratique sur l’obligation vaccinale. Un texte signé entre autres par les parlementaires Loïc Hervé (sénateur centriste) et Aurelien Taché (député EELV).

 

Nos experts reprochent au Gouvernement de s’enfermer dans un « quoi qu’il en coûte sanitaire » : les mesures qu’il met en place ne sont pas pensées pour être proportionnelles au risque ; elles se substituent à d’autres elles-mêmes non évaluées – comme le rappelle la CNIL ; elles banalisent un outrepassement de plus en plus fréquent des libertés fondamentales au profit d’enjeux sécuritaires. Croire dans la démocratie et dans l’État de droit, n’est-ce pas justement y croire même dans l’orage, respecter ses principes même dans la crise ?

« La transformation du passe sanitaire en passe vaccinal s’inscrit dans la droite lignée de la direction prise par l’exécutif depuis le début de la pandémie, celle d’un « quoi qu’il en coûte sanitaire ». »

Le passe, qu’il soit sanitaire ou vaccinal engendre une forme de carcérisation de l’espace public. Les citoyens sont discriminés selon leur statut médical, à la vue de tous, alors même que la loi n’impose pas la vaccination. Il s’agit là d’une régression historique vers une forme de « biopouvoir » tel que théorisé par Foucault.

« Il ne s’agit plus de protéger qui que ce soit de la contamination au SARS-CoV-2 mais bien d’exclure de la vie sociale et de l’espace public ceux qui résistent encore à la vaccination. »

Notre tribune, co-signée par des parlementaires, juristes, médecins et politistes appelle à l’ouverture d’un débat démocratique et parlementaire sur l’obligation vaccinale. Si la situation sanitaire l’exige et sur la base d’éléments scientifiques et politiques examinés par le Parlement lui-même, il faut assumer formellement cette obligation dans la loi. La transparence et l’État de droit doivent toujours prévaloir sur l’ostracisme et la vindicte publique.

Signataires : Marie-Caroline Arreto (directrice du Master Affaires publiques, Institut catholique de Paris – Faculté de sciences sociales et économiques), Yves Bourdillon (journaliste et écrivain), Kevin Brookes (docteur en science politique), Vincent Delhomme (doctorant en droit), Victor Fouquet (doctorant en droit), Nicolas Gardères (docteur en droit), Loïc Hervé (sénateur UC de la Haute-Savoie), Henri Leleu (médecin expert en santé publique), Christophe Seltzer (directeur du think tank GenerationLibre), Aurélien Taché (député EELV du Val-d’Oise).


Pour retrouver notre tribune dans Le Figaro, cliquer ICI.

Pour retrouver notre note d’analyse « La proportionnalité du passe sanitaire en question », cliquer ICI.

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Publié le 21/01/2022.

Université : supprimons les frais d’inscription !

Notre expert Erwan Le Noan décrypte dans l’Opinion les échecs de l’État dans plusieurs secteurs alors que l’Éducation nationale connaît un mouvement de grève. Il mentionne le rapport de GenerationLibre qu’il a co-signé appelant à plus d’autonomie pour les universités.

 

Chiffres à l’appui, Erwan constate que l’État français n’a, contrairement aux idées reçues, pas adopté une politique d’austérité. Les niveaux de déficit et de dette publics ne cessent de croître et ont connu un pic conjoncturel en 2020, atteignant respectivement 200 milliards et 116 % du PIB. En réalité, la majorité mène une politique keynésienne dans les actes et rejette le thatchérisme dans les discours.

« GenerationLibre et le Conseil d’analyse économique ont récemment souligné combien l’université a besoin d’une profonde réforme. » Erwan Le Noan

Alors que la France n’a jamais autant investi dans les budgets de l’éducation, le taux d’échec à l’université en première année dépasse les 50 % et la précarité étudiante continue de croître. Il y a bien un paradoxe inquiétant entre des moyens financiers publics élevés, un défaut d’organisation dans les structures et un manque de résultats. Aussi, il est temps de mener à bien des réformes structurelles dans ce secteur. GenerationLibre en a formulé certaines dans deux publications. La dernière en date a justement été co-écrite par Erwan et Florent Bayle, plaidant pour accorder plus d’autonomie aux universités en matière de recrutement, de financement, de gouvernance et de pédagogie.

« Avec sa réforme des frais d’inscription, GenerationLibre défend en même temps l’égalité des chances, la diminution de la dépense publique, et l’augmentation des moyens pour les universités. » Christophe Seltzer

Alors que le président de la République a souligné à raison le problème de financement public et le manque de professionnalisation de l’université publique, nous estimons qu’il se trompe lorsqu’il esquisse l’idée d’une augmentation des frais d’inscription. Dans une note signée Raul Magni-Berton, GenerationLibre propose que les étudiants accèdent gratuitement (sans frais initiaux) à l’enseignement supérieur, en échange de l’obligation de verser un pourcentage de leur revenu futur sur une certaine durée. L’objectif est double : maintenir une justice pour tous les étudiants en leur offrant une formation gratuite et doper l’excellence des universités qui ajusteront leurs formations selon les secteurs porteurs sur le marché du travail. Surtout, c’est le moyen d’alléger le financement public qui pèse sur le contribuable tout en augmentant à terme les moyens financiers des universités.


Pour lire l’article dans l’Opinion, cliquer ICI.

Pour lire notre rapport « Libérer l’université », cliquer ICI.

Pour lire notre rapport « Révolutionner les frais d’inscription », cliquer ICI.

 

Publié le 20/01/2022.

« Le revenu universel permet de se tenir debout et actif » – Marc de Basquiat

Dans Atlantico, Marc de Basquiat préconise le revenu universel comme solution pour assurer les besoins essentiels définis par la pyramide de Maslow. L’enjeu : mettre fin à l’extrême insécurité financière qui compromet l’égalité des chances.

 

Tout le monde connaît la pyramide de Maslow qui hiérarchise les besoins de l’homme en partant du plus essentiel (boire, dormir, manger…) au plus prestigieux (gloire). Le revenu universel permet de scinder les cinq niveaux de besoins en deux camps : ceux que l’Etat a le devoir d’assurer (l’égalité des chances) et ceux pour lesquels une compétition peut avoir lieu. Marc fait siens la pensée de John Rawls, qui défend que « les inégalités économiques et sociales doivent être […] attachées à des positions et à des fonctions ouvertes à tous ». Pour Marc, les besoins de base constituent un socle nécessaire pour que chacun « puisse se tenir debout, prêt à partir chaque matin au travail avec un esprit paisible et disponible ».

« Une personne qui se lève le matin sans savoir si elle pourra se nourrir pendant la journée ne cherche pas un travail, mais de la nourriture » Lionel Stoléru

Les dernières avancées neurologiques démontrent une baisse des fonctions cognitives dans le cas d’un stress lié à une insécurité financière, ce qui est influe sur la productivité dans le travail. Dans la lutte contre la pauvreté, que Lionel Stoléru juge peut-être la seule clef pour renouer avec la croissance, le revenu universel s’impose comme une solution sanitaire en plus d’être économique.

« Il ne serait pas pertinent que le revenu universel soit d’un montant proche du SMIC, car cela signifierait que les efforts que chacun déploie pour se former, se faire accepter et assurer correctement ses missions n’ont aucune valeur. » Marc de Basquiat

Si le revenu universel se rapproche du RSA de par son montant, il en comble les failles dénoncées dans le dernier rapport de la Cour des comptes, qui pointe les 30 % de non-recours. Il ne faut pas le voir comme un outil qui incite à la paresse, bien au contraire : c’est justement parce que chacun a un filet de sécurité garanti qu’il est plus à même d’aller travailler « avec un esprit paisible et disponible ». Suivant la proposition de GenerationLibre, l’actuel niveau du RSA soit environ 500 euros suffit à subvenir aux besoins de base de chacun, en maintenant un certain écart avec le SMIC pour éviter le risque de trappe à inactivité.


Pour lire l’article dans Atlantico, cliquer ICI.

Pour comprendre le « socle citoyen » – Un revenu universel pour 2021, cliquer ICI.

Pour lire notre rapport « Liber : un revenu de liberté pour tous », cliquer ICI.

Pour lire notre rapport « Liber : une proposition réaliste », cliquer ICI.

 

Publié le 12/01/2022.

« Passer de la société du salariat à celle du travail » – Emmanuelle Barbara

Pour un article de Liaisons sociales, Emmanuelle Barbara analyse le changement de paradigme en matière d’embauche et étaie la proposition de redéfinition du contrat de travail formulée en 2017 dans un rapport pour GenerationLibre.

 

Le phénomène s’est intensifié avec la Covid-19 et la percée du télétravail : les jeunes sont en quête de liberté et de flexibilité au moment de choisir leur emploi. Si le CDI reste hégémonique (88 % des salariés hors intérim), parmi les nouvelles embauches, le CDD est passé de 76 % en 1993 à 87 % en 2017.

« Les grandes entreprises auront toujours besoin de salariés pour construire des fusées mais il y a sûrement des nouveaux modèles de travail à réfléchir, avec des modèles de vie différents et une mobilité professionnelle plus importante. » Emmanuelle Barbara

Dans notre rapport « Redéfinir le contrat de travail à l’ère du numérique » publié en 2017, Emmanuelle propose une révolution juridique : substituer le statut de travailleur au statut de salarié. Concrètement, on supprimerait le lien de subordination au profit d’une relation de coopération, au sein de laquelle l’employeur offrirait une « expérience salariée apprenante » au travailleur, avec un apprentissage continu. L’accent mis sur la nécessité de se former aujourd’hui prendrait tout son sens si la mobilité était mise au centre de la finalité du contrat de travail.

« L’attrait pour les start-up et l’entreprenariat peut faire changer les règles qui sont les nôtres aujourd’hui, il est peut-être nécessaire d’imaginer la suite, en termes de contrat, de collectif de travail, de culture d’entreprise, de dialogue social pour trouver des modalités plus conformes à notre vie sociale individualisée, rapide et qui a tout de même besoin de sécurité. » Emmanuelle Barbara

Pour accompagner cette redéfinition juridique, Emmanuelle Barbara a imaginé une protection sociale adaptée sous le nom de « compte personnel des protections ». Sur le modèle du compte personnel d’activité (CPA), il regrouperait « protection sociale, formation, retraite, compte épargne temps, épargne salariale, chômage et accès au crédit ». Elle ajoute que la situation des prestataires serait alignée sur celle des salariés actuels. Quoi de plus simple qu’un statut harmonisé de « travailleur » ?


Pour lire l’article de Liaisons sociales, cliquer ICI.

Pour consulter notre rapport « Redéfinir le contrat de travail à l’ère du numérique », cliquer ICI.

 

Publié le 11/01/2022.

Emmerder n’est pas gouverner – Gaspard Koenig

Invité sur le plateau de C ce soir, Gaspard Koenig s’insurge contre les propos polémiques d’Emmanuel Macron sur les non-vaccinés.

 

Gaspard se montre très critique vis-à-vis des propos « monarchiques » d’Emmanuel Macron, qui a déclaré « [avoir] très envie d’emmerder les non vaccinés » qui « ne sont pas des citoyens » car « irresponsables ». Pour Gaspard, ce n’est pas là le rôle d’un président que de caractériser moralement les citoyens. D’autant plus que s’il est lui-même vacciné et favorable à la vaccination, Gaspard rappelle qu’il n’existe pas actuellement d’obligation vaccinale. Par conséquent, ne pas être vacciné est légal et il n’est selon lui pas acceptable de dénigrer et de discriminer des citoyens qui respectent la loi. Comme Mathieu Slama, également invité sur le plateau, il insiste sur le caractère indiscutable du statut de citoyen : d’après eux, si les droits humains sont naturels, les devoirs eux sont création sociale et arrivent après l’instauration d’un contrat social. Il n’est donc pas possible de mettre droits et devoirs sur un même plan, et plus encore de retirer ses droits à un citoyen si d’aventure il manquait à ses devoirs.

« Il faut être choqué par le paternalisme du gouvernement. »

Ce sont deux conceptions de la loi qui s’opposent sur le plateau. D’après Gaspard, la loi doit être « majestueuse » et non pas « symbolique » comme le conçoit le Gouvernement – représenté par la député Coralie Dubost : autrement dit, si une loi est édictée, alors elle doit être appliquée. Il constate a contrario un glissement du législatif vers le « nudge » dans lequel la loi doit « inciter » en intégrant une dimension morale inappropriée. Sans y être nécessairement favorable, Gaspard Koenig préfère une obligation vaccinale au système des passes – sanitaire ou vaccinal – si la situation vaccinale l’exigeait. Moins hypocrite, une telle mesure permettrait également de réaffirmer que c’est à l’État de contrôler l’application de la loi et non pas à la société elle-même de se surveiller.

Gaspard s’inquiète par ailleurs de la banalisation d’une manière autoritaire de gouverner justifiée par les crises (sanitaires, sécuritaires). Il remarque que de grandes démocraties comme le Royaume-Uni et l’Allemagne réussissent à faire face à l’épidémie en conservant un travail parlementaire et une pleine démocratie.

Finalement, Gaspard se demande si l’ensemble des mesures prises par le Gouvernement (masques en extérieur, interdiction de s’hydrater dans les transports, passe vaccinal, etc.) ont pour objectif d’emmerder les Français ou d’assurer leur santé. Quoiqu’il en soit, ce sont nos libertés individuelles qui sont sacrifiées.


Pour retrouver le passage de Gaspard Koenig dans C ce soir, cliquer ICI.

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Publié le 06/01/2022.

Europe : les restrictions de libertés, fonction de la situation sanitaire ?

Interrogé par l’AFP, Raul Magni-Berton livre les conclusions de son étude sur les restrictions de libertés sous la pandémie de Covid-19. Il constate des gestions de crise variables à travers l’Europe, dont la sévérité ne dépend pas forcément de la gravité épidémique.

 

L’étude, menée sur les 32 pays de la zone économique européenne depuis juin 2020, collecte les lois, décrets, ordonnances et mesure leur niveau d’application. Elle révèle plusieurs conclusions non évidentes.

Les chercheurs du laboratoire auquel appartient Raul ont observé que le niveau de sévérité des mesures n’est pas d’abord relié au niveau de gravité de la crise, ni à l’idéologie du parti au pouvoir.

« La sévérité des mesures sanitaires n’est pas corrélée à la gravité épidémique. »

Au contraire, ils ont observé que plus le pays est stable démocratiquement, plus ses contre-pouvoirs sont importants, plus les citoyens ont confiance dans leurs institutions et moins les mesures attentatoires aux libertés sont sévères.

Les pays avec un passé démocratique ininterrompu depuis plus d’un siècle, comme le Royaume-Uni et la Suisse sont donc également ceux qui ont le mieux respecté les libertés pendant cette pandémie, ainsi que ceux dont les pouvoirs sont, comme en Allemagne, davantage décentralisés ou soumis à des contrepouvoirs.

« Les pays les moins stables démocratiquement prennent les mesures les plus sévères. »

Raul remarque également qu’il existe moins d’outils pour mesurer le risque des restrictions de liberté que d’outils pour mesurer le niveau épidémique. Or, ce déséquilibre influe sur les décisions politiques : celles-ci tiennent davantage compte des problèmes dont le risque est le mieux chiffré.


Pour retrouver la dépêche AFP, cliquer ICI.

Pour retrouver le podcast d’In-PACTE avec Raul Magni-Berton, cliquer ICI.

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Publié le 06/01/2022.

« Désobéissons aux micro-emmerdements » – Gaspard Koenig

Dans Les Echos, Gaspard Koenig exprime son ras-le-bol face au retour de mesures individuelles coercitives imposées par le Gouvernement pour lutter contre la pandémie.

 

Le retour des mesures contraignantes, comme le port du masque en centre ville ou l’interdiction de consommer un verre debout dans un bar, est d’après Gaspard la conséquence d’une « épidémie de zèle technocratique » d’une « machine normative » préexistante à la pandémie et qui pèse chaque jour davantage sur le quotidien des Français. Seule une réforme en profondeur des pratiques politiques et législatives permettrait de changer ce paradigme, au profit d’un principe de liberté-responsabilité des individus. Ce qui n’est pas prêt d’arriver : aucun « candidat.e (ne) promet de mettre au pas » la machine.

Avec la pandémie, le Gouvernement se retrouve pris au piège de sa propre stratégie d’hypernormalisation et d’infantilisation des citoyens. Alors même qu’il a accompli sa mission en permettant à chaque citoyen volontaire d’accéder à un vaccin efficace et gratuit, il est, d’après Gaspard, obligé de faire les preuves de son action : « il lui fallait agir pour agir mais sans vraiment agir », pressé en ce sens par des citoyens qu’il a lui même mis sous sa dépendance.

« La notion la plus élémentaire de la dignité humaine interdit de respecter ou de faire semblant de respecter des consignes si évidemment contraires au bon sens. Je ne porterai pas le masque dans une rue déserte, et j’encourage chacun à faire de même. »

Résultat : le Gouvernement multiplie les mesurettes absurdes, inapplicables et inappliquées, auxquelles chacun tente de se soustraire et dont l’importante prolifération ne parviendra pourtant jamais à couvrir l’intégralité des situations et des comportements.

Ces mesures sont d’autant plus absurdes qu’elles ont une efficacité sanitaire qu’il est possible de remettre en question, comme l’ont montrée nos analyses sur le rapport coûts-bénéfices des confinements et la proportionnalité du passe sanitaire. Violentes socialement, entraves à nos libertés, elles ne sont pourtant pas nécessairement justifiables d’un point de vue sanitaire.

« On aurait tort de croire que ces micro-emmerdements, comme dirait Pompidou, sont bénins. »

Celles-ci ne sont pourtant pas sans conséquence : elles fragilisent l’État de droit, elles divisent et aggravent le climat anxiogène qui règne dans la société, elles privent les individus des indispensables non essentiels comme les fêtes et les embrassades. Plus grave encore, les privations de liberté qu’elles entrainent pourraient bien ne pas être temporaires : le risque « d’effet-cliquet » – retrait temporaire de libertés en temps de crise qui se transforme en retrait pérenne – est bien réel. L’Observatoire des Libertés Confinées mis en place par GenerationLibre cherche à surveiller ce phénomène.

Ces interdits sont donc loin d’être anecdotiques et justifiées. Contraire à toute dignité humaine et au bon sens le plus élémentaire, Gaspard Koenig appelle, sur les pas de Thoreau, à désobéir aux plus absurdes, et en premier lieu à ne pas porter son masque dans une rue déserte …


Pour retrouver la chronique de Gaspard Koenig, cliquer ICI.

Pour retrouver notre note d’analyse coûts-bénéfices sur les confinements, cliquer ICI.

Pour retrouver notre note d’analyse « La proportionnalité du passe sanitaire en question », cliquer ICI.

Pour retrouver notre Observatoire des Libertés Confinées, cliquer ICI.

 

Publié le 05/01/2022.

« Il faut lever le passe sanitaire ! » – Kevin Brookes, Nicolas Gardères et Henri Leleu

Sur Zoom, devant 50 personnes dont le sénateur Loïc Hervé, GenerationLibre présente sa nouvelle note qui examine la proportionnalité du passe sanitaire. À l’appui d’arguments philosophiques, juridiques et sanitaires, nos experts appellent à y mettre fin.

 

Kevin Brookes, docteur en science politique, se réfère au biopouvoir théorisé par Michel Foucault pour définir la situation actuelle : le souverain a un contrôle sur tous les corps avec un outil inédit à l’échelle de l’histoire. Afin de restaurer sa crédibilité fragilisée par ses maladresses dans la gestion de l’épidémie, son excessive centralisation des décisions ainsi que son mépris indifférencié pour les oppositions, le Gouvernement doit maintenant avoir le courage de lever le passe sanitaire. Une démocratie mature fait confiance aux citoyens.

Pour Nicolas Gardères, docteur en droit, le passe sanitaire s’attaque frontalement à notre État de droit. Ce dernier ne relève pas seulement du respect des textes de loi mais implique le respect de l’ensemble des « attitudes institutionnelles » aujourd’hui délabrées et considérées par l’exécutif comme des « obstacles au salut sanitaire ».

« Une vraie guerre a une fin, un armistice. Le problème avec l’état d’urgence sanitaire ou terroriste, c’est qu’il n’y a pas de fin. À quel moment rétablit-on les libertés fondamentales ? » Nicolas Gardères

Il faut sortir du paradigme de l’état d’urgence permanent qui restreint les libertés à la hache et nie l’utilité des institutions comme le Parlement, le Conseil constitutionnel et le Conseil d’État.

Pour Henri Leleu, docteur en économie de la santé, si le passe sanitaire semble incontestablement expliquer les bons taux de vaccination, son impact sur la circulation épidémique n’est pas prouvé. Nicolas Gardères souligne que le Gouvernement a menti par omission : il se targue aujourd’hui d’avoir incité à la vaccination grâce au passe sanitaire alors qu’il a expliqué en juillet l’instaurer pour freiner la circulation et non pour obliger à la vaccination.

« La société de contrôle dans laquelle nous fait basculer le passe sanitaire constitue une atteinte à la liberté individuelle qui peut devenir irréversible de manière aussi rapide qu’imperceptible. » Christophe Seltzer

Parmi les 17 mesures de restrictions de libertés toujours en vigueur et surveillées par notre juriste Vincent Delhomme, le passe constitue la plus forte atteinte à la liberté de circulation. Comme le rappelle Christophe Seltzer, directeur de GenerationLibre, cette note s’inscrit dans le travail du think tank avec son Observatoire des Libertés Confinées mis en place dès le mois de mai 2020, au titre duquel une note évaluant les coûts-bénéfices des confinements sur l’espérance de vie des Français a été publiée en mai 2021.

Il apparaît que le passe sanitaire constitue autant une menace sur notre liberté individuelle que sur l’État de droit et son efficacité sur l’évolution de l’épidémie n’est pas prouvée. Autant de raisons pour y mettre un terme immédiatement.


Pour lire la note « La proportionnalité du passe sanitaire en question », cliquer ICI.

Découvrez ICI notre note d’analyse « Années de vie gagnées, années de vie perdues ; Une analyse coûts-bénéfices des confinements Covid-19 » (mai 2021).

Découvrez ICI notre Observatoire des Libertés Confinées (depuis mai 2020).

 

Publié le 16/12/2021.

Sapins de Noël : « Arrêtons le massacre ! » – Gaspard Koenig

Dans Les Échos, Gaspard Koenig plaide en faveur d’un droit pour les arbres. À l’approche des fêtes, il questionne la tradition païenne du sapin de Noël et appelle, au nom de la modernité comme des traditions, à célébrer les écosystèmes.

 

À l’instar de la personnalité juridique pour les entreprises, Gaspard propose d’accorder des droits aux arbres, qui subissent chaque mois de décembre un « massacre » lorsque 6 millions d’entre eux sont coupés puis jetés. Pour Gaspard, cette tradition païenne relève d’un consumérisme à outrance tant elle ne profite que quelques jours par an aux hommes, au prix de la destruction d’une part de notre biodiversité.

« La définition des droits reflète […] la manière dont une société humaine se conçoit elle-même. En l’occurrence, un droit des arbres traduirait une forme de respect minimal pour notre environnement. »

Gaspard invoque le spécialiste d’éthique environnementale Christopher Stone, qui était en 1972 à l’avant-garde du combat pour la protection de la biodiversité, en proposant de reconnaître des droits aux arbres. Montaigne en son temps parlait de « devoir d’humanité […] aux arbres et même aux plantes ». Ce droit ne mènerait pas à une interdiction de leur coupe mais permettrait de limiter la quantité de tronçonnages, « à l’heure où chacun se pique de conscience écologique ». Pour Gaspard, cela pourrait libérer jusqu’à 5 000 hectares aujourd’hui réservés à la culture de nos sapins.

« Si l’on remonte aux origines de [cette tradition], on trouvera que tous les mythes fondateurs du sapin de Noël mettent en valeur la vie, qui continue malgré l’hiver. »

Dans le respect de la tradition et du fameux chant « O Tannenbaum », Gaspard rappelle que s’il y a bien quelque chose à célébrer à Noël, c’est la vie, y compris donc celles des arbres. Un droit accordé aux arbres s’inscrit dans la lignée du statut juridique offrant aux animaux « un droit à ne pas souffrir », proposé par le Parti animaliste et également défendu par Gaspard depuis plusieurs années.


Pour lire la chronique de Gaspard, cliquer ICI.

Pour lire la précédente chronique de Gaspard qui évoque les droits des animaux, cliquer ICI.

 

Publié le 15/12/2021.

Légalisation du cannabis : après l’Allemagne, la France ?

Dans Atlantico et face au Pr. Jean Costentin, notre expert Édouard Hesse appelle à suivre les pas de l’Allemagne et du Luxembourg pour légaliser le cannabis en France. Un enjeu sécuritaire, économique et de santé publique.

 

Après le Luxembourg en octobre, la nouvelle coalition emmenée par Olaf Scholz en Allemagne a annoncé vouloir légaliser le cannabis. Aux yeux d’Édouard, la pression pour la légalisation va s’accroître en France, dans les années à venir, avec des trafics incontrôlables entre des pays producteurs et l’hexagone, premier pays consommateur en Europe.

« Si le marché licite offre des produits plus chers, de moindre qualité ou diversité, ou encore s’ils sont moins accessibles que sur le marché noir, les consommateurs ne feront pas la transition et la légalisation risque d’échouer. »

Au modèle de « vente de cannabis exclusivement dans des magasins contrôlés » qui devrait voir le jour en Allemagne, Édouard préfère la proposition de « marché libre avec forte concurrence » qu’il a lui-même développée dans un rapport de GenerationLibre en 2021 (un projet de traduction est en cours avec le European Liberal Forum). L’exemple du Colorado déconstruit l’argument selon lequel une légalisation n’aura qu’un effet marginal sur le marché noir : un modèle aux normes peu contraignantes a permis à l’offre légale du cannabis d’atteindre près de 70 % du marché en moins de 5 ans.

« La légalisation du cannabis dans une économie développée majeure où résident 83 millions de personne est un signal extrêmement fort pour le reste du monde. »

La légalisation est tout autant un enjeu sécuritaire (réduction des vols et viols de plus de 20 %, en comparant l’État de Washington avec d’autres) qu’économique (passage de l’économie souterraine à l’économie officielle). Surtout, c’est un défi de santé publique : si le Pr. Jean Costentin dénonce à raison les conséquences néfastes de la substance sur notre cerveau, Édouard défend que la qualité et le dosage seront désormais contrôlés et les consommateurs sensibilisés.

Pour Édouard, la légalisation du cannabis par l’Allemagne est un bond en avant pour l’instauration d’une telle politique dans les pays européens, après les succès outre-Atlantique. Qu’attend la France pour suivre ?


Pour lire l’article d’Édouard dans Atlantico, cliquer ICI.

Pour lire notre rapport « Cannabis : Pourquoi et comment légaliser », cliquer ICI.

Pour lire notre rapport « Pour un marché libre du cannabis en France », cliquer ICI.

 

Publié le 09/12/2021.

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