Réinventer la société au XXIème siècle

« Qu’est-ce qu’une société juste ? » se demande le dernier numéro de Philosophie Magazine. Revenu universel, éducation et démocratie participative : Gaspard Koenig, fondateur de GenerationLibre, débat avec Sandra Laugier, professeure spécialiste de la philosophie américaine et de la théorie du « care » (à retrouver ICI)

 

Tous deux défendent le revenu universel, mais pas pour les mêmes raisons. Quand Sandra Laugier, soutien de Benoît Hamon à la présidentielle, évoque la justice sociale, Gaspard parle de liberté réelle. Dans un monde qui change, où la valeur travail est une des plus touchées, il est nécessaire de trouver des solutions. Le revenu universel en fait partie, nommé LIBER dans notre rapport à retrouver ICI. Gaspard suit la justification de Thomas Paine : « peu importe que certains deviennent riches si personne ne devient pauvre en conséquence ». Sandra Laugier lui répond avec la théorie du « care » et notamment « l’indifférence des privilégiés » face aux plus défavorisés. Quelque chose qui « ressort de la morale personnelle, pas du législateur » corrige Gaspard.

La discussion se porte ensuite sur l’éducation, essentielle pour réduire les inégalités à la base. Gaspard défend le modèle britannique des « free schools », écoles financées par l’Etat mais dont les méthodes d’enseignement sont libres et où « chacun peut trouver le modèle qui convient le mieux à ses enfants ». L’éducation d’Etat, dont le statu quo semble défendu par Sandra Laugier, favorise à l’inverse, aux yeux de Gaspard, les inégalités et la reproduction d’inégalités à cause de l’homogénéité de l’enseignement.

La démocratie est menacée, Sandra Laugier et Gaspard s’accordent sur ce point. Nous avons besoin de plus de démocratie participative et « les collectivités territoriales sont le bon échelon pour réapprendre la démocratie dans un régime présidentiel » affirme Gaspard. C’est ce que défend GenerationLibre dans son rapport « Oser le pacte Girondin », à lire ICI.


Pour lire l’interview de Gaspard Koenig dans Philosophie Magazine, cliquer ICI.

Une GPA responsable est possible

Dans un récent entretien pour Marianne, notre expert Daniel Borrillo, auteur de l’ouvrage La famille par contrat dans notre collection aux PUF, revient sur les propos de Marie-Anne Frison-Roche, qui estime qu’une GPA (gestation pour auturi) éthique est juridiquement impossible.

 

La GPA était pratiquée en France jusqu’à la fin des années 1980, avant d’être interdite sur des fondements plus moraux que légaux. Elle est reconnue comme une technique de procréation médicalement assistée, et pratiquée dans de nombreuses démocraties comme le Royaume-Uni, le Portugal, les Etats-Unis, le Canada ou l’Inde. Des couples français se rendent donc à l’étranger pour y avoir recours, avant d’obtenir un acte de naissance en France. Il est important de noter que la délivrance de cet acte de naissance rend effectif la convention de GPA, malgré son interdiction.

La légalisation de la GPA serait un moyen d’assurer le droit au respect de vie privée de chacun, de la liberté reproductive et surtout de la libre disposition de son corps. Elle pourrait également être un moyen de repenser notre conception traditionnelle de la famille. Il faut bien entendu se prémunir des possibles dérives de la GPA, comme par exemple l’exploitation des femmes vulnérables que nous voyons en Inde.

Pour Daniel Borrillo, le débat doit aujourd’hui se recentrer sur les conditions qui feront que la GPA en France sera une pratique respectueuse des droits de l’homme, et régulée. L’objectif final est d’inscrire la GPA dans les principes généraux du droit relatif à la liberté procréative, à la libre disposition de soi, à la diversité et à l’égalité des filiations.


Pour lire l’entretien de Daniel Borrillo dans Marianne, cliquer ICI.

Pour lire l’ouvrage « La famille par contrat », cliquer ICI.

Pour lire notre rapport « Pour une GPA responsable en France », cliquer ICI.

Comment redonner un sens à l’impôt ?

Trop élevé et complexe, l’impôt a aujourd’hui perdu tout son sens. Le consentement à l’impôt est pourtant une condition sine qua non pour bâtir une société stable et démocratique. Or on ne peut consentir à quelque chose dont on ne connaît ni le sens ni l’objectif. Pour le magazine Le 1, Gaspard Koenig fait appel aux philosophes des lumières, et de façon originale, à Proudhon,  pour repenser l’impôt.

 

Deux conceptions de l’impôt s’opposent. Celle de Rousseau, qui défend une réduction des inégalités, et qui passe par une taxation du capital. C’est la vision socialiste de l’impôt. Celle de John Locke où, « propriétaire de moi-même, je le suis en conséquence du fruit de mon labeur ». De cette conception découle le capitalisme libéral. Un impôt juste se fondera donc, non pas sur l’appropriation, mais sur la consommation.

A mi chemin entre ces deux approches, Thomas Paine a réalisé une synthèse, soutenant que « la civilisation détruit un certain partage des ressources » et que « l’acquisition de la propriété et l’enrichissement sont légitimes ». Il pose les bases d’un revenu universel, qu’Anthony Atkinson financera par un impôt proportionnel sur le revenu. Ainsi, « l’impôt doit donc servir à lutter contre la pauvreté davantage qu’à réduire les inégalités ».

L’impôt doit servir à lutter contre la pauvreté davantage qu’à réduire les inégalités.

En somme, plutôt que de continuer les sempiternels débats sur le vrai faux problème de l’ISF – injuste à bien des égards, et très peu efficace économiquement, attelons-nous à lutter contre la pauvreté… tout en simplifiant et en abaissant le niveau de l’impôt !


Pour lire l’article de Gaspard Koenig dans Le1 « Que chacun reçoive et contribue », cliquer ICI. Pour voir la vidéo, cliquer ICI.

Pour lire notre rapport en faveur du LIBER, le revenu universel de notre think-tank, cliquer ICI.

Pour lire notre rapport en faveur d’un effacement parallèle des aides publiques et de la charge fiscale pour les entreprises, cliquer ICI.

Pourquoi voter ?

Dans une interview donnée à l’Opinion (lire ICI), Gaspard Koenig revient sur sa conception de ce que serait un régime politique adapté et bénéfique à la France aujourd’hui.

Bien que beaucoup d’auteurs libéraux affichent leur méfiance vis à vis de la démocratie, le libéralisme peut être compatible avec la gouvernance démocratique comme moyen, à condition de faire évoluer celle-ci vers un modèle plus respectueux des libertés et des individus. Pour Gaspard, la figure présidentielle est nuisible au bien commun et doit être abolie, son élection au suffrage universel étant perverse.

Il faut avoir en tête un système plus décentralisé et moins personnifié. Pour autant, cela ne signifie pas que le pouvoir doive être dilué de façon illimitée dans les mains du peuple. Le référendum d’initiative citoyenne tel que soutenu par certains gilets jaunes pourrait être une terrible erreur, bien que partant d’une bonne intention. Il ouvrirait la voie à la tyrannie de la majorité. S’il faut promouvoir le référendum, c’est au niveau local directement, pour des sujets locaux. Et pour ce faire, il faut décentraliser fiscalement le pays.

La démocratie locale oblige en effet les gens à prendre des décisions réfléchies et informées sur des sujets de vie quotidienne, qui les concernent directement et dont ils peuvent discuter avec des personnes réelles comme leurs voisins, pas au travers d’un plateau TV ou d’un réseau social. 

La modernisation de la démocratie peut encore se faire par d’autres moyens, via le choix de délégués auto-désignés, grâce auxquels chaque citoyen pourra faire valoir sa voix.


Pour lire l’entretien avec Gaspard Koenig « Il y a toujours eu une défiance des penseurs libéraux vis-à-vis de la démocratie», cliquer ICI.

Un cahier de doléances moderne : le Bon Coin des revendications citoyennes

Fil rouge de l’actualité, le mouvement de Gilets Jaunes est devenu le symbole de la déconnexion entre la majorité présidentielle et les Français. Le collectif « Laissez faire les Français », dont fait partie Edouard Fillias, le vice-président de GénérationLibre, s’interroge sur un moyen durable pour sortir de cette crise sociale (lire ICI).

Il faut aller au-delà des apparences et analyser le mouvement des gilets jaunes comme symptomatique du mal-être des Français. Le rôle de Jupiter que l’actuel locataire de l’Elysée a choisi d’endosser, allié aux codes des institutions françaises, fait de lui la seule cible et le responsable de la révolte.

Compte tenu du contexte actuel, les citoyens ne seront satisfaits que par de multiples adaptations – sur mesure – à leurs besoins particuliers. Impossible. Il faut donc sortir du système où l’Etat est le seul agent capable de répondre aux attentes des citoyens.

Il suffirait de lancer plusieurs plateformes qui soient en quelque sorte des « bon coin de la revendication syndicale.

Il faut créer une plateforme où les individus pourraient exprimer leurs doléances et où d’autres pourraient y répondre : adapter le fonctionnement du marché aux revendications sociales pour que la demande rencontre enfin une offre dont elle est digne.


Pour lire la tribune co-signée par Edouard Fillias « Gilet jaunes: qu’attend-on pour lancer Le Bon coin de la revendication syndicale? », cliquer ICI.

Pour retrouver les analyses de Maxime Sbaihi sur le plateau de BFM Business, cliquer ICI.

Pour lire l’analyse des politiques fiscales écologiques par notre expert François-Xavier Oliveau, cliquer ICI.

Pour découvrir l’analyse, en anglais, de Louis Sarkozy, qui cite notre expert François-Xavier Oliveau, cliquer ICI.

Europe : cherchons des solutions plutôt que des boucs émissaires

En contraste avec l’actualité monopolisée par le mouvement des Gilets Jaunes, Maxime Sbaihi revient dans une interview pour PUTSCH sur des sujets qui ne restent pas moins brûlants : l’évolution politique de l’Europe, le rôle de l’Etat et la pression fiscale.

L’Italie s’agite beaucoup face à Bruxelles, surtout face à la zone euro et à la BCE. Sanctions budgétaires, loi de finance italienne, non-sortie de la zone euro, les sujets sont nombreux mais ne sont que des écrans de fumée. Maxime souligne que l’interdépendance des économies de la zone euro est trop forte pour qu’un pays, quel qu’il soit, se permette de la menacer. Les menaces sur la zone euro ne sont que des armes de dissuasion, dans une forme de guerre froide des temps modernes.

La menace, ou du moins l’enjeu, est ailleurs : les élections européennes à venir devraient voir le renforcement des idées populistes, eurosceptiques, illibérales. Un challenge à relever pour les offres politiques alternatives. Avec au moins un cheval de bataille commun : la place de l’Etat et de la fiscalité dans la société. Il y a des choix à faire, et il ne faut pas se tromper d’ennemi.


Pour lire l’interview de Maxime Sbaihi « Salvini et Di Maio ne cherchent pas des solutions mais des boucs émissaires », cliquer ICI.

Fisc et réseaux sociaux : refusons de « partager » ce qui nous est cher ?

« La vertu même a besoin de limites », déclarait Montesquieu. Cette leçon, notre gouvernement semble pourtant l’ignorer. Invité le 11 novembre dernier sur le plateau de l’émission Capital, Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des Comptes publics, proposait ainsi de lutter contre la fraude fiscale en scrutant nos fils d’actualités Facebook. C’est par l’intermédiaire d’une interview accordée au FigaroVox que Gaspard Koenig réagit à cette annonce.

 

Gaspard Koenig pointe d’abord les dangers inévitables d’une telle mesure : conjointement à la loi renseignement et à la création d’un fichier TES, ce dispositif achèverait en effet de donner à l’État les moyens techniques et législatifs d’organiser une surveillance complète de l’ensemble de sa population. Le pouvoir ne se régule jamais par lui-même, affirme notre président, à la suite de l’auteur de l’Esprit des lois.

L’État qui d’un côté jure de protéger notre vie privée contre les GAFA ne cesse d’y pénétrer par tous les moyens.

Nous ne sommes toutefois pas les détenteurs de nos données et en acceptant machinalement d’interminables conditions d’utilisation, nous en cédons gracieusement l’exploitation. Comment alors empêcher notre gouvernement de se les approprier à son tour, de gré ou de force, et d’en faire un malheureux usage ?

Mais on pourrait retourner cette logique en encourageant tous les Français, dans un acte de résistance civile plein d’humour, à multiplier les selfies devant des voitures de luxe et des villas.

Certains diront que si nous n’avons rien à nous reprocher, nous n’aurons en conséquence rien à craindre. A ceux là et depuis ses débuts, Génération Libre objecte qu’aucune liberté n’existe vraiment sans ces zones grises, à l’abri du regard de l’autorité, où le citoyen exemplaire peut enfin redevenir un homme comme un autre.

C’est aussi à nous de retrouver le sens de notre intimité, en refusant de «partager» ce qui nous est le plus cher. Au-delà de la question du fisc, c’est une affaire de dignité personnelle.


Pour lire l’entretien « Traquer les fraudeurs grâce aux réseaux sociaux ou l’extension continue de la surveillance », cliquer ICI.

Ca bouge chez GL !

Delphine Granier, directrice adjointe de GénérationLibre, quitte le think-tank pour partir vers de nouveaux horizons. C’est Mathilde Broquet-Courboillet, jusqu’alors collaboratrice parlementaire, qui reprend son poste. Entretien croisé.

 

GénérationLibre : Delphine et Mathilde, pouvez-vous vous présenter ? 

Delphine Granier : J’ai 27 ans – dont 4 ans, 8 mois et 28 jours passés chez GenerationLibre (GL) précisément ! J’ai rejoint GL après un cursus à Sciences Po Paris, le 4 février 2014, moins d’un an après le lancement du think-tank. C’était, pour être exacte, le jour de la 1ère cérémonie des Gaspards organisée par GL et L’Opinion pour récompenser les phrases les plus anti-libérales de nos politiques. Cérémonie qui avait lieu au… Conseil économique, social et environnemental ! J’ai, le temps d’une soirée, douté des convictions libérales de GL… [rires]. De février 2014 à septembre 2018, c’est un chemin considérable que GenerationLibre a parcouru. En l’espace de quatre ans, GL est passé d’un stade embryonnaire à celui de  véritable think-tank, installé dans le débat public, produisant régulièrement des rapports et des notes, incarnant des idées radicales et nouvelles. J’ai commencé aux côtés de Gaspard [Koenig] en tant que « bras droit », mobilisée sur une grande partie des tâches, de la production de rapports aux tâches les plus élémentaires. Année après année, le think-tank s’est agrandi et l’équipe s’est étoffée. Depuis 2016, je coordonne la production de l’ensemble des notes et rapports avec nos experts, supervise la diffusion des publications auprès des médias, des décideurs et je représente occasionnellement GL lors de conférences et dans les médias.

Mathilde Broquet-Courboillet : J’ai 28 ans et à l’origine je me destinais à devenir… infirmière ! Juste après mon bac L, j’ai donc intégré l’IFSI [Institut de formation en soins infirmiers] de Rouen pour devenir infirmière psychiatrique. Mais au bout de deux années je me suis rendue compte que ce n’était vraiment pas ma vocation, et c’est une vocation ! J’ai donc décidé de me réorienter vers la communication en me basant sur mon expérience de présidente du BDE. Après une licence en relations publiques, relations presse et événementiel à l’ISCOM j’ai intégré le Master en communication politique de l’European Communication School. Alternante, j’ai passé plus de temps en immersion professionnelle qu’en cours, de la COP 21 à la Direction générale de l’armement, en passant par l’agence Image 7 et la direction de la com’ d’une campagne de législatives. Finalement, je suis plus ou moins revenue à mes premières amours : le milieu politique est le plus grand hôpital psychiatrique à ciel ouvert du monde ! [éclats de rire]

GL : Mathilde, tu quittes un emploi de collaboratrice parlementaire pour rejoindre notre think-tank. Pourquoi ?

MBC : Je viens de passer un an à l’Assemblée nationale auprès d’une députée de la majorité. Ce qui est sympa dans le boulot de collaborateur, c’est qu’on devient un vrai couteau suisse et qu’on voit vraiment la fabrique de la loi de l’intérieur. Ce qui est moins agréable, c’est qu’on ne se bat pas pour ses propres idées et que très rapidement le travail devient celui d’un exécutant dont l’opinion et l’avis ne sont pas pris en compte. C’est pour cette raison que j’ai voulu rejoindre Génération Libre. Cela faisait plusieurs années que je suivais Gaspard Koenig à la radio, dans ses tribunes ou lors de conférences et je me retrouvais systématiquement dans ses propos. Alors quand l’offre a été publiée, j’ai tenté le coup et me voilà !

GL : Delphine, tu as quasiment fondé le think-tank avec Gaspard il y a presque cinq ans. Pourquoi partir ?

DG : Le changement est sain ! A titre personnel, ces presque cinq années chez GenerationLibre auront été d’une richesse inestimable. Je pense aujourd’hui qu’il est temps pour moi de tourner une nouvelle page. Je quitte l’aventure avec un pincement au coeur… Mais je prendrai dès demain ma cotisation officielle à GL ! En ce qui concerne le think-tank, le renouvellement des équipes est tout aussi sain. Accueillir de nouvelles recrues, c’est apporter un regard neuf et des idées nouvelles. C’est essentiel pour une organisation, quelle que soit sa taille, de ne pas s’enkyster. De mon côté, je continuerai naturellement à suivre de près l’actualité du think-tank ; à en diffuser, à mon niveau, les idées ; et à encourager à rejoindre le combat d’idées. Je reste plus que jamais convaincue du rôle essentiel des think-tanks dans la vie publique.

GL : Mathilde, est-ce que les think-tanks prennent de l’importance ?

MBC : Je pense que le rôle général des think-tanks n’est pas encore assez reconnu en France. Il y a un vrai travail à mener auprès du grand public et des décideurs pour faire comprendre le besoin d’organisations indépendantes dans la décision publique. Le temps politique empêche les élus d’approfondir les sujets dont ils sont saisis. C’est donc le rôle des think-tanks d’apporter cette profondeur de pensée et de ré-apporter de l’idéologie dans le débat public.

GL : Delphine, que retiens-tu de ton expérience ?

DG : Ce fut une expérience hors du commun. Et très précieuse à de multiples points de vue. Contribuer au lancement d’une structure comme un think-tank est un apprentissage de tous les jours, tant sur le plan intellectuel, que sur le plan opérationnel. En cinq ans, notre rythme de publication s’est accéléré, notre ligne doctrinale s’est étoffée, nos idées se sont installées dans le débat et ont, aussi, posé les termes de nouveaux débats. Le think-tank s’est consolidé. Nous étions deux permanents à l’origine, nous sommes aujourd’hui une équipe de sept personnes remarquables, la plupart à plein temps. Enfin, avoir l’opportunité  de travailler aux côtés de quelqu’un comme Gaspard [Koenig] est une chance exceptionnelle.

GL : Mathilde, comment vois-tu ton rôle chez GénérationLibre ? Comment défendre le libéralisme aujourd’hui ?

MBC : Je vois aujourd’hui mon rôle chez GL comme une vulgarisatrice, une facilitatrice. Malheureusement, en France, le libéralisme n’est encore trop entendu que dans sa définition économique autour du libre-échange et l’autorégulation des marchés. La France a oublié que le libéralisme, c’est avant tout la possibilité pour chacun de se trouver, de s’autodéterminer et donc par extension de se responsabiliser. J’ai pour objectif de continuer à développer la notoriété de GénérationLibre, sa pensée, sa vision et d’expliquer sa pertinence. Je veux pouvoir permettre à tout un chacun de comprendre réellement le libéralisme et de se l’approprier.

GL : Delphine, comment vois-tu l’avenir pour GL et le libéralisme en France ?

DG : GenerationLibre est aujourd’hui une petite pépite du combat d’idées. C’est une organisation agile, rodée, efficace, devenue indispensable au débat public. Sur le fond, nos experts planchent actuellement sur plusieurs rapports d’importance et de nouvelles recrues de grande qualité rejoignent régulièrement notre cercle de contributeurs. Sur la forme, l’équipe s’est musclée depuis l’arrivée de Maxime [Sbaihi] au commande du think-tank et je me réjouis du recrutement de Mathilde pour me remplacer. Après cinq ans chez GenerationLibre, je mesure, à notre échelle, tout le chemin parcouru. Et je mesure également le chemin qu’il reste à parcourir pour redonner au libéralisme ces lettres d’or en France. Les idées libérales sont encore méconnues, trop souvent injustement associées à la droite et au capitalisme, anormalement minoritaires. C’est pourtant un courant de pensée né en France, fondé sur le respect de l’individu, opposé à la rente, qui voit dans le marché un levier d’émancipation et qui se trouve à l’origine de plusieurs conquêtes sociales. Dans un numéro récent, à l’occasion de son 175e anniversaire, « The Economist » rappelait que le libéralisme est « un engagement universel pour le respect de la dignité de l’individu, des marchés ouverts, un gouvernement limité et une foi dans le progrès humain ». Je continuerai à porter, à mon niveau, cette voix pour la liberté.

Pourquoi n’emprunter au « revenu universel » que son nom ?

Emmanuel Macron a annoncé la création d’un « revenu universel d’activité » le jeudi 13 septembre. « Un grand mot pour une simple fusion de trois minima sociaux » qui n’est pas un revenu universel, comme l’a expliqué notre directeur général, Maxime Sbaihi, sur France24.

Sur la même chaîne, Gaspard Koenig, président de GénérationLibre, a dénoncé la malhonnêteté intellectuelle autour du nom de ce nouveau dispositif présenté par le chef de l’Etat. « La mesure ressemble à la proposition de campagne de François Fillon de fusionner les prestations, et à ce que font les Britanniques sous le nom de « Universal Crédit », et qui d’ailleurs ne se passe pas très bien… Mais cela ne ressemble en rien au revenu universel ! » a encore expliqué Gaspard dans un entretien à L’Express.

Un revenu inconditionnel pour tous

La proposition développée par Marc de Basquiat et Gaspard Koenig consiste en un revenu pour tous, inconditionnel, et pour toute la vie, entièrement financé sous la forme d’un crédit d’impôt. Un modèle radicalement nouveau qui s’appuie sur la refonte de l’impôt sur le revenu ainsi que la simplification d’un certain nombre d’aides existantes.

Un modèle où le travaille paie

Dans un entretien pour Atlantico, notre expert Marc de Basquiat rappelle que c’est précisément le mécanisme inconditionnel de notre revenu universel qui peut supprimer tous les effets de seuils, trappes à inactivité et à bases salaires : « En supprimant la conditionnalité des prestations actuelles (RSA et Prime d’activité en particulier) ainsi que la complication du calcul des cotisations sociales (réduction Fillon), toute heure travaillée se traduit mécaniquement par un gain financier significatif. »

Un dispositif entièrement financé

Dans une tribune pour Challenges, Delphine Granier, directrice adjointe de GénérationLibre, précise l’intérêt de notre revenu universel « LIBER » qui restera neutre pour les finances publiques : « Versé à chacun sous la forme d’un crédit d’impôt, il justifiera une réforme fiscale pour individualiser l’impôt. Décroissant de façon linéaire avec l’augmentation des revenus, le revenu universel supprimera les « effets de seuil » et encouragera ainsi l’activité. En permettant une rationalisation du système redistributif et des économies de gestion. »


Pour revoir le passage de Gaspard Koenig sur France 24, cliquer ICI.

Pour revoir le passage de Maxime Sbaihi sur France24, cliquer ICI.

Pour lire l’entretien de Gaspard Koenig dans L’Express, « Parler du revenu universel d’activité est malhonnête », cliquer ICIUne analyse reprise par Les Inrocks ICI ou encore Libération ICI.

Pour lire l’analyse de Marc de Basquiat dans Atlantico, « Revenu universel d’activité, une volonté sympathique, le risque de rester enfermé dans ses contradictions », cliquer ICI.

Pour lire la tribune de Delphine Granier dans Challenges « Pourquoi le revenu universel d’activité de Macron porte bien mal son nom », cliquer ICI

Pour (re)découvrir notre proposition « Un revenu de liberté pour tous », cliquer ICI.

Réseaux sociaux : l’Etat ne doit pas se mêler de nos addictions !

Si Gaspard Koenig pointe du doigt le caractère addictif des réseaux sociaux, il s’insurge aussi contre l’addiction des gouvernements à la législation.

Au cours de l’été, Gaspard a pris conscience de « l’aliénation inhérente aux modèles économiques de Facebook et Twitter », plateformes qu’il a ainsi définitivement quittées. Un récit à (re)lire dans sa chronique de rentrée pour Les Echos, reprise et citée au détours de billets d’humeur sur France Culture et dans Le Point la semaine dernière.

Pour autant, Gaspard dénonce dans cet entretien pour Le Figaro la proposition du secrétaire d’Etat au numérique, Mounir Mahjoubi, qui souhaite que l’Etat légifère afin de sevrer les citoyens. Il s’agirait de ne pas mettre en place de nouvelles logiques prohibitives dont l’échec total est déjà connu à l’endroit de l’alcool ou des drogues.

« C’est à nous-mêmes de maîtriser nos addictions, y compris d’ailleurs via des techniques d’auto-contrainte », insiste le président de GénérationLibre, qui ne manque pas de souligner que s’il faut s’opposer à l’Etat-nounou, le risque d’un Réseau-nounou est aussi à prendre au sérieux.


Le Figaro Vox, le 11 septembre 2018, par Gaspard Koenig, Président de GenerationLibre.

Pour lire la tribune Les réseaux sociaux sont addictifs, mais ce n’est pas à l’Etat de s’en mêler, cliquer ICI.