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Un nouveau libéralisme en germe

Un nouveau libéralisme en germe

Gaspard Koenig a donné deux longs entretiens pour le magazine Valeurs actuelles et le journal La Semaine, dans lesquels il revient sur l’attitude de nos sociétés contemporaines face à la crise sanitaire, et livre ses réflexions sur le nécessaire renouveau du libéralisme.

 

L’épidémie et notre attitude « hyper angoissée » face au virus ont mis en lumière le peu de tolérance actuelle des sociétés occidentales face à la mort. Cette évolution mentale nous empêche de lire la crise avec clairvoyance et d’y apporter des solutions adaptées.

« Nous ne supportons plus la perspective de la mort, alors même qu’elle est notre seule certitude, et ce déni nous prépare à tous les renoncements. » Gaspard Koenig

Si la gauche se fourvoie dans le moralisme, la droite ne fait pas mieux en se réfugiant dans ses vieux réflexes conservateurs. Pourtant, ceux qui s’appuient sur l’héritage du gaullisme pour légitimer des discours nostalgiques feraient mieux de relire les mémoires du Général, qui faisait preuve d’un véritable appétit de modernité.

Il ne faut pas confondre le progrès, produit inattendu et spontané du génie humain, et l’optimisation, obsession du bien-être qui mène vers l’écueil de l’utilitarisme. Or, pour Gaspard, ce progrès reste le « chemin de l’humanité ». Personne n’abandonnerait de gaieté de cœur le confort de nos sociétés occidentales et la sécurité relative que procure l’État de droit.

« A-t-on vraiment envie, au nom de l’authenticité, que reviennent les famines et les massacres ? » Gaspard Koenig

Enfin, le libéralisme n’est pas une famille de pensée rigide. Gaspard invite à remettre en question les dogmes de l’École de Chicago. La belle histoire multiséculaire de la pensée libérale ne doit pas être confondue avec les quelques décennies de néolibéralisme. Avant tout, le libéralisme est motivé  par la défense de l’individu contre les rentes économiques, les oppressions politiques et les fanatismes religieux.

« Au cours de leur longue histoire, les libéraux ont toujours défendu les marginaux et les rebelles. » Gaspard Koenig

Il faut donc redéfinir la liberté comme une relation intime à soi dont l’objectif serait de faire émerger une personnalité singulière. C’est ce qui doit guider l’ingénierie de politiques publiques originales et adaptées à notre époque. C’est ce à quoi nous nous attelons chez GenerationLibre. Avec le revenu universel, nous souhaitons donner une base concrète aux libertés formelles. Avec la patrimonialité des données, nous offrons à chaque individu la liberté de rester anonyme et de refuser l’exploitation des données qu’il produit.

L’attention particulière portée à la sauvegarde des droits des individus ne revient pas à nier le collectif. Au contraire, on peut tout à fait être individualiste et altruiste, ou collectiviste et égoïste. Il est donc temps que le libéralisme se débarrasse du réflexe qui consiste à placer l’économie au-dessus des autres sciences humaines, le calcul utilitariste au-dessus de la délibération collective.

« J’ai constaté au cours de mes voyages que la liberté rendait les gens plus responsables, plus matures, plus généreux aussi. […] Vous savez, la solidarité c’est comme le sexe, plus on en parle, moins on la fait. Pour moi, elle relève essentiellement d’un choix privé. » Gaspard Koenig


Pour lire l’entretien dans Valeurs actuelles, cliquer ICI.

Pour lire l’entretien dans La Semaine, cliquer ICI.

 

Publié le 15/05/2020.
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