Dans Les Échos, Alexis Karklins-Marchay, soutien de GenerationLibre, démontre qu’Éric Zemmour n’est pas plus libéral en économie que sur les mœurs.
« De la même façon que l’hirondelle aristotélicienne ne fait pas le printemps, l’annonce d’une baisse d’impôt ne saurait faire le libéral » : bien qu’Éric Zemmour n’en récuse pas l’étiquette, pour Alexis, ça ne fait pas de lui un libéral pour autant, comme le démontrent ses déclarations dans les médias depuis au moins quinze ans. D’ailleurs, si Éric Zemmour dénonce des niveaux de dépenses publiques ou de prélèvements, c’est sans cohérence avec le libéralisme qu’il rend responsable d’un excès de bureaucratie.
« Vous attaquez avec virulence les « apôtres du marché » et les tenants de la « modernité libérale ». Vous regrettez que la droite ait repris « les thèses libérales européistes » et moquez les technocrates qui défendent les « stricts équilibres budgétaires ». »
Alexis explique preuve à l’appui la conception économique colbertiste d’Éric Zemmour. Il appelle l’amateur de l’histoire de France à tirer les conséquences du passé, et lui rappelle par exemple que sous Louis XIV, le protectionnisme a affaibli la France face à la Hollande libre-échangiste. Plus tard, les succès politiques de De Gaulle ont été rendus possibles grâce aux réformes économiques impulsées par le libéral Jacques Rueff. Et si plutôt que Colbert, Éric Zemmour allait lire Boisguilbert, Turgot, Say ou Bastiat ?
« Balzac, cet authentique génie français que nous aimons tant : « Tout gouvernement qui se mêle du commerce et ne le laisse pas libre entreprend une coûteuse sottise ». »
Alors que le programme économique d’Eric Zemmour devrait être structuré autour de la réindustrialisation, Alexis invoque Balzac, le meilleur avocat de la libre-concurrence qui explique que « l’industrie ne peut être sauvée que par elle-même, la concurrence est sa vie ».
Pour retrouver la tribune d’Alexis Karklins-Marchay, cliquer ICI.
Publié le 05/11/2021.
Dans Le Figaro, Gaspard Koenig livre un point de vue différent de Nicolas Bouzou sur la vidéosurveillance. Entre « utilitaristes » et « individualistes », la famille libérale est divisée.
Pour Gaspard, la société de surveillance telle qu’imaginée dans les dystopies du siècle précédent est en passe de devenir réalité. En cause, les progrès technologiques utilisés en Asie comme des solutions acceptables à l’insécurité dénoncée par la population.
Selon Gaspard, le passe sanitaire est un premier glissement vers ce « modèle asiatique » qui séduit les gouvernants français. À la tradition confucéenne de négation de l’individu ou à la recherche d’une maximisation du bien-être collectif, Gaspard préfère un libéralisme classique attaché à la protection de l’individu.
« À l’âge industriel, nos sociétés occidentales estimaient que la croissance du PIB allait de pair avec le respect des droits fondamentaux. Désormais, l’émergence de l’intelligence artificielle, qui exige d’accumuler et de centraliser toujours plus de données personnelles, change la donne. »
Tolérant la vidéosurveillance de manière encadrée, Gaspard redoute en revanche les excès liberticides de l’introduction de la reconnaissance faciale si l’on n’établit pas de ligne rouge. Il plaide pour une voie européenne indépendante qui s’oppose clairement au contrôle social mis en place en Chine. Il salue la Californie qui interdit l’usage à titre préventif de l’IA par la police ou le projet de directive de l’UE qui souhaite l’encadrer.
Gaspard appelle au respect de la vie privée quoi qu’il en coûte et àne pas céder à toutes les opportunités, y compris économiques, offertes par l’IA : « Nous devons continuer d’affirmer que la seule société qui mérite d’être vécue est une société libre, quitte à accepter un certain ralentissement ».
« Il faut laisser le plus de liberté possible aux citoyens dans leurs choix, même quand ceux-ci provoquent des externalités gênantes pour le reste du groupe. Dans le sillon de John Stuart Mill ou de Tocqueville, forgeons un droit à l’errance, à l’erreur, au faux pas et à la divergence. »
Face à l’individualisme de Gaspard, Nicolas Bouzou est moins inquiet des risques de l’intelligence artificielle. À ses yeux, tant que la technologie n’est pas utilisée à des fins politiques, tel que proscrit dans tout État de droit, la vidéosurveillance comme le passe sanitaire ne sont pas liberticides et constituent même un outil de « liberté réelle ».
Gaspard voit dans la reconnaissance faciale un outil d’une puissance inégalée qui ouvre la voie à une justice prédictive. Et il conclut : « Il n’y a pas de fatalité à cette société de surveillance. Il faut que des voix s’élèvent, et la contestent. »
Pour retrouver l’entretien de Gaspard, cliquer ICI.
Pour la chronique « Reconnaissance faciale : bienvenue à Pékin-sur-Seine », cliquer ICI.
Pour s’informer sur notre lutte contre le fichier TES, cliquer ICI.
Pour retrouver notre rapport « Aux data, citoyens ! », cliquer ICI.
Publié le 04/11/2021.
Dans Les Échos, Gaspard Koenig s’attaque à Éric Zemmour qui fixe le tempo de la campagne présidentielle et séduit une certaine bourgeoisie au seul argument de son érudition.
Éric Zemmour est sur toutes les lèvres et suscite les plus grandes divisions au sein de l’électorat français. Sa stratégie de saturer l’espace médiatique semble fonctionner. Ainsi que celle de son positionnement sur les terrains de l’électorat populaire du RN et bourgeois de LR.
Malgré des propos outranciers, il parvient à séduire les milieux bourgeois de centre-droit qui vantent sa grande culture et qui ne se seraient jamais permis de voter pour Marine Le Pen.
« Son élection mettrait littéralement le pays à feu et à sang. Après l’abolition de l’édit de Nantes par Louis XIV et la promulgation du statut des Juifs par Pétain, la France ne peut-elle apprendre de ses erreurs ? »
S’il est indéniable qu’Éric Zemmour est cultivé, ses références littéraires, philosophiques et scientifiques ne sont pas légion. Sa culture, qui se limite essentiellement à l’histoire de France, a pourtant été discutée par des historiens comme Gérard Noiriel qui ont à maintes reprises pointé certaines de ses affabulations.
Jean-François Revel explique dans « La connaissance inutile » que l’intellectuel n’est qu’un homme parmi les hommes, soumis aux mêmes passions et avide de coups d’éclat, mais qu’il se distingue dans sa capacité à nier le réel. Comme Sartre qui idéalisait l’URSS en son temps, Éric Zemmour fantasme une France au bord de l’extinction.
« M. Zemmour occupe aujourd’hui le rôle des déconstructionnistes qu’il exècre tant : il présente les faits d’actualité sous le prisme déformant de catégories grossières. »
Dans ses Mémoires, le Général de Gaulle, dont Éric Zemmour revendique l’héritage, raconte pourquoi il n’a accordé ni grâce ni commutation au grand écrivain fasciste que fut Robert Brasillach, affirmant que « dans les lettres, comme en tout, le talent est un titre de responsabilité ».
Les qualités rhétoriques d’Éric Zemmour le rendent deux fois plus responsable et d’autant plus coupable. Il mérite dès lors une réponse dont la fermeté doit être égale à la violence que peuvent engendrer ses propos. Face à Éric Zemmour, Gaspard est candidat au débat.
Pour lire la chronique de Gaspard « Le dessein doublement impardonnable de M. Zemmour », cliquer ICI.
Publié le 03/11/2021.
Dans Pour l’Éco, Kevin Brookes dénonce l’inamovibilité des hauts fonctionnaires et défend un « spoils system » pour permettre leur remplacement à chaque nouvelle mandature.
S’il y a bien une raison qui explique l’abstention comme le manque de confiance des Français dans leurs représentants, c’est l’accumulation de promesses électorales non tenues. Alors que beaucoup accusent les hommes politiques, Kevin rappelle que la difficulté à faire passer des réformes vient également d’un blocage mené par des hauts fonctionnaires « hostiles à toute réforme en profondeur de l’État ».
« Un ministre m’avait confié que le directeur de cabinet qu’on lui avait imposé l’empêchait de mettre en place certaines réformes. »
À chaque début de mandat présidentiel, les États-Unis recourent à un « spoils system » permettant d’évacuer les fonctionnaires loyaux à l’ancienne administration. Emmanuel Macron avait déclaré vouloir s’en inspirer car les fonctionnaires français, eux, restent majoritairement dans l’appareil étatique après chaque mandat. S’ils assurent la continuité de l’État, ces fonctionnaires bloquent souvent les tentatives de réformes des ministres qui se voient parfois même imposer un directeur de cabinet.
« Outre-Atlantique, ce sont les universitaires ou les membres de think tanks qui ont construit le programme pendant la campagne qui l’appliquent eux-mêmes. »
Pour Luc Rouban, directeur de recherches au CNRS interrogé par Pour l’Éco, le manque de diversité des fonctionnaires français est également problématique : seulement 10% possèdent une expérience universitaire et 25% sont passés par le privé tandis qu’une grande majorité réalise l’intégralité de sa carrière dans le public. D’après lui, il ne faut pas seulement les « permuter » via un spoils system mais également les « diversifier », raison pour laquelle il salue le début d’ouverture promis par la réforme de l’ENA.
Afin de diversifier les profils et d’encourager le débat public, Kevin souhaiterait que les think-tanks et les universitaires soient davantage au contact du politique comme cela se fait aux États-Unis : « Un candidat à la présidentielle y est entouré de conseillers travaillant dans des think-tanks ce qui permet une véritable concurrence dans le débat d’idées ». GenerationLibre y travaille depuis 2013 !
Pour lire le dossier « Le gouvernement et l’administration : tango ou judo ? », cliquer ICI.
Pour retrouver tous nos rapports, cliquer ICI.
Publié le 03/11/2021.
Dans Libération, Frédéric Potier, essayiste et expert de la Fondation Jean-Jaurès, voit en l’élection présidentielle actuelle le talon d’Achille de la démocratie française. Il plaide pour un suffrage universel indirect et un avancement du calendrier législatif.
D’habitude, l’Allemagne est pour les élites françaises un modèle économique et industriel mais pour Frédéric Potier c’est d’abord un exemple démocratique. Comme dans la IVe République française, le Parlement y est un réel contre-pouvoir à qui appartient l’initiative des lois et dans lequel le président est relégué à une position symbolique.
Ce système est parfois considéré comme instable et faible face aux crises mais l’essayiste démonte cet argument en rappelant la solidité du gouvernement mené par Churchill en situation de guerre.
« En encourageant l’idée d’homme ou de femme providentielle tous les cinq ans, et en l’absence de contre-pouvoirs réels au Parlement, la personnalisation quasi messianique de la politique française ne peut susciter que déceptions et défiances à l’égard des représentants du peuple. »
À l’inverse, le système français est dominé par un hyperprésidentialisme, parfois qualifiée de monarchie républicaine, qui date de l’instauration du suffrage universel direct par le Général de Gaulle en 1962. Dès lors, il relègue le rôle démocratique du citoyen à un vote pour un candidat auquel il est obligé de faire confiance pendant 5 ans, avec des contre-pouvoirs qui n’ont jamais été aussi faibles que depuis l’instauration du quinquennat en 2001.
Comme remède à ce mal français, Frédéric Potier fait une double proposition : « revenir à une élection du président de la République par un corps électoral composé des élus de la nation » et faire « que les élections législatives interviennent désormais non pas juste après mais avant l’élection présidentielle ».
« La France renouerait alors avec sa tradition parlementariste, qui fut à l’origine – il n’est pas inutile de le rappeler – de nombreuses conquêtes sociales et de grandes avancées sur le plan des libertés publiques sous la IIIe et la IVe République. »
Ces mesures sont très simples à mettre en œuvre juridiquement, il suffit de revenir sur les articles 6 et 7 de la Constitution, modifiés en 1962 et sur « l’inversion du calendrier électoral instaurée par la loi du 16 mai 2001 ». Politiquement, c’est une autre affaire : il faut pour la première méthode obtenir l’aval du Sénat voire déclencher une procédure référendaire.
Surtout, il faut la volonté d’un candidat à la présidence de la République qui accepte de sacrifier son heure de gloire sur l’autel de la vertu démocratique. Reste à espérer qu’un candidat formule la proposition transgressive de mettre fin à notre présidentialisme, pour le bien de notre démocratie.
Il rejoint là les prises de position récentes de l’universitaire Michel Troper et du délégué général de l’UDI Éric Schahl. D’une certaine façon, Gaspard Koenig lui répond cette semaine dans Le Point en dessinant le portrait robot d’un président plus simple.
Pour lire la tribune de Frédéric Potier « Pour rompre avec la politique spectacle, supprimons l’élection présidentielle », cliquer ICI.
Pour lire l’article de Gaspard Koenig « Le président idéal ? Moderne, modeste », cliquer ICI.
Pour lire la tribune de Michel Troper « Gagner la présidentielle sans sacrifier au présidentialisme ? Embauchez une actrice ! », cliquer ICI.
Pour lire la tribune d’Éric Schahl « Supprimons la présidence de la République ! », cliquer ICI.
Publié le 29/10/2021.
Pour Le Point, Gaspard Koenig dresse un portrait du président idéal pour la France aux antipodes de « l’homme providentiel » que les Français attendent tous les cinq ans.
Le président de GenerationLibre et fondateur de SIMPLE fait le constat d’un statut de président de la République qui a perdu de sa superbe, tel que dessiné en 1958 par le Général de Gaulle, et qui est aujourd’hui l’objet d’une hyperpersonnalisation. On attend tout du président de la République, qui commente et décide intempestivement, depuis Paris, telle que le veut la tradition jacobine.
« Prenant acte de la faillite du jacobinisme, notre président mettra fin à la « tutelle administrative » qui indignait déjà Tocqueville. »
Gaspard imagine un changement d’approche qui permettrait « le sursaut » libérateur dont la France a besoin. Le président ne s’attarderait plus sur les affects quotidiens de chacun mais prendrait des grandes mesures de déconcentration du pouvoir. Il commencerait par prendre un virage girondin en accordant une large autonomie aux collectivités locales.
Il déciderait de rendre au Parlement son honneur et sa grandeur, afin qu’il exerce son rôle de contre-pouvoir législatif, fondement de l’État de droit. Le président retrouverait son rôle de stratège, au-dessus des partis, et relèguerait au gouvernement la gestion des affaires courantes.
« Lassé des grands plans de transformation qui ne débouchent que sur des couches bureaucratiques supplémentaires, il aura à cœur de faire moins pour son pays, plutôt que plus. »
Enfin, et c’est là la mère des batailles, le président mettrait un terme à l’excès de normes, dénoncé de toutes parts, et qui ne cesse de se renforcer au fur et à mesure des mandats. Il changerait le rapport des citoyens à la loi, en éradiquant les lois et règlements illisibles tout au long de son quinquennat.
Ce serait donc l’opposé de ce pour quoi les Français ont toujours voté. Ce serait un président moderne, modeste, qui n’aime pas le pouvoir mais qui a la conviction chevillée au corps de pouvoir simplifier la vie de tous les Français. Non pas un président normal mais un président simple.
Pour lire l’article « Le président idéal ? Moderne, modeste », cliquer ICI.
Pour lire la tribune « La simplification administrative ne doit pas être une énième promesse électorale de l’élection présidentielle 2022 », cliquer ICI.
Publié le 29/10/2021.
Dans une tribune pour Le Monde, Gaspard Koenig appelle à une révolution normative, projet mûri de longue date qu’il dévoilera lors d’un meeting politique organisé par le mouvement SIMPLE le lundi 15 novembre.
Pour Gaspard, président de GenerationLibre et fondateur de SIMPLE, la France souffre de son excès de bureaucratie, fardeau dont on se lamente depuis le XVIe siècle, de Montaigne à Pompidou, en passant par Tocqueville. L’hypertrophie normative est un triple enjeu qui relève de la justice sociale, de la liberté et de la démocratie. Gaspard estime que ce thème doit structurer le projet qu’il faut pour la France, et compte l’imposer dans le débat public pour 2022.
« Quand on vit dans les clous, quand on peut compter sur ses relations pour débrouiller les situations délicates, quand on a les moyens de s’offrir un expert-comptable ou un juriste spécialisé, la complexité se limite à une irritante paperasserie. »
Le principe de la loi est d’assurer l’égalité entre les citoyens mais son illisibilité induit une distinction entre initiés et exclus du système. Les instances du pouvoir central perdent en légitimité et deviennent coupables au regard des citoyens, et ce, à tous les niveaux : préfectures, ministères parisiens, Union européenne.
« Nous ne pourrons véritablement inverser la logique de bureaucratisation qu’à condition de changer d’état d’esprit, et d’accepter au sein de nos sociétés démocratiques la part d’incertitude qui accompagne toute existence. »
Le souci de simplification de l’action publique est au cœur des propositions que GenerationLibre développe depuis 2013, du revenu universel au principe de subsidiarité ascendante en passant par un code du travail simplifié. Dès 2017, notre think-tank avait publié une note « Pour une révolution normative » signée Jean-Ludovic Silicani, co-auteur de la tribune.
Aujourd’hui c’est au travers de SIMPLE, nouveau parti politique distinct de GenerationLibre, que Gaspard Koenig s’emploie à peser sur le cours politique du pays, tandis que notre laboratoire d’idées continuera, de façon non partisane, à porter de nouvelles idées dans le débat public.
À vos agendas !
📌 Simplifions-nous la vie 📌
Le mouvement politique #SIMPLE, lancé en mai dernier par Gaspard Koenig, tiendra son premier évènement public le lundi 15 novembre à 19h00, au Théâtre des Variétés, à Paris.
Pour s’inscrire, c’est par-ici 👉🏼 https://t.co/8RpPsOV12L pic.twitter.com/IYsWObDEE8— vieplussimple.fr (@vieplussimple) October 20, 2021
Rendez-vous le 15 novembre prochain pour la présentation d’un projet politique ambitieux de simplification inspiré des principes de Portalis, co-rédacteur du Code civil napoléonien.
Pour s’inscrire au meeting du 15 novembre, cliquer ICI ou ICI.
Pour lire la tribune « La simplification administrative ne doit pas être une énième promesse électorale de l’élection présidentielle 2022 », cliquer ICI.
Pour lire notre note « Pour une révolution normative, sortir de l’effort réglementaire », cliquer ICI.
Publié le 28/10/2021.
Face à l’instauration d’un nouveau principe de « vigilance sanitaire », Gaspard Koenig alerte dans Les Échos sur notre entrée progressive dans une société de contrôle.
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Gaspard constate que, grâce au développement d’un vaccin efficace et à l’amélioration des traitements, la situation sanitaire est sous contrôle. Dès lors, il serait temps de lever les mesures d’exceptions, attentatoires à nos libertés, comme le passe sanitaire, qui a rempli la mission officieuse prescrite par le Gouvernement : une obligation vaccinale dissimulée, sous peine d’une « désocialisation quasi totale ». Cet avis est partagé par le Conseil scientifique qui déclare par ailleurs que le passe sanitaire est peu efficace pour lutter contre la propagation de la Covid.
« La Covid passera, mais les structures de pouvoir mises en place risquent fort de lui survivre. »
Et pourtant, le Gouvernement, qui vient de légiférer sur le concept vague de « vigilance sanitaire », souhaite encore prolonger – voire augmenter – ses prérogatives issues de l’état d’urgence « tant que la Covid sera là » dixit le ministre Olivier Véran. « Autrement dit pour toujours » lui répond Gaspard.
Une prolongation indéfinie et disproportionnée de mesures d’exceptions contre laquelle Gaspard alertait dès le début de l’épidémie. À l’appui des thèses énoncées par Michel Foucault dans « Histoire de la folie », Gaspard redoute que perdure un biopouvoir qui se justifierait par la découverte ininterrompue de nouveaux variants ou la crainte de l’apparition de virus inconnus, ainsi que par les menaces environnementales et sécuritaires.
« Pour Foucault, le biopouvoir représente l’avènement d’une surveillance généralisée, où l’individu deviendrait son propre geôlier, où il accepterait de sacrifier sa dignité de citoyen sur l’autel du principe d’utilité. »
Ces mesures ont deux conséquences. Elles habituent les citoyens, las, aux contrôles quotidiens et à l’obéissance à un pouvoir central. Elles mettent à mal le fonctionnement démocratique de nos institutions, en particulier du Parlement, et réduisent les contre-pouvoirs, comme le rappellent le Conseil d’État et la Défenseure des droits.
Pour Gaspard, il est donc urgent de réaffirmer que notre société, qui se scinde chaque jours davantage entre « majorité docile en liberté surveillée » et « frange rebelle qui prendra le maquis », doit accepter l’idée de risque, sans quoi elle se condamne aux dérives autoritaires et au déclin de la démocratie.
Pour lire la chronique de Gaspard, cliquer ICI.
Pour lire la tribune de Vincent « Le pass sanitaire doit finir aux oubliettes », cliquer ICI.
Pour retrouver notre Observatoire des Libertés Confinées, cliquer ICI.
Pour retrouver notre note d’analyse sur le coût des confinements « Années de vie gagnées, années de vie perdues », cliquer ICI.
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Publié le 27/10/2021.
Dans Les Échos, Vincent Delhomme et Benjamin Jan expliquent que privilégier un produit français ne se justifie pas systématiquement. Ni pour la planète, ni pour notre santé, ni pour nos agriculteurs, ni pour notre économie.
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D’après les deux doctorants à l’UCLouvain et à l’Université de Liège, la tendance actuelle au manger local s’explique davantage par un patriotisme du ventre que par des arguments indiscutables.
« Si l’on souhaite limiter son empreinte carbone, il sera toujours préférable d’acheter une tomate espagnole qu’une viande française issue d’un élevage intensif. »
Vincent et Benjamin rappellent que l’agriculture française est très largement exportatrice avec plus de 6 milliards d’excédents commerciaux en 2020. Prôner une consommation nationale encouragerait les autres pays à faire de même, affaiblissant l’agro-alimentaire français. D’ailleurs, rappellent-ils, acheter français n’améliorera pas la rémunération des agriculteurs sans effort des distributeurs. Au passage, circuit court ne veut pas dire circuit national, en particulier dans les petits pays et les régions transfrontalières. En allant en Belgique, le Lillois fait bien du circuit court !
« Privilégier un produit français peut se justifier dans certaines situations, mais devrait résulter d’une démarche objective plutôt que d’un pur réflexe cocardier. »
En matière d’émissions de gaz à effet de serre, Vincent et Benjamin soulignent que le transport de longue distance pollue moins que le type de production, de consommation, ou certaines utilisation des sols. Pour la planète, mieux vaut cesser de manger de la viande qu’arrêter d’importer des aliments. Non content de faire erreur quand il encourage aveuglément le « manger français », l’État court finalement le risque de violer la protection européenne de la concurrence, qui permet pourtant d’imposer nos standards d’hygiène et de sureté alimentaire aux produits importés.
Pour lire la tribune de Vincent et de Benjamin Jan, cliquer ICI.
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Publié le 25/10/2021.
Retour sur la rencontre organisée par GenerationLibre avec Peggy Sastre sur le thème du féminisme et qui a réuni plus de 60 personnes à l’INALCO.
À l’appui des sciences, de la biologie à la psychologie, nous avons pris plaisir à « déconstruire », parfois avec humour, les différences entre les sexes. Comme Peggy Sastre, nous partageons la conviction que c’est la raison qui permet de « construire » le respect pour toutes les identités et tous les parcours de vie. Le cadre libéral que nous défendons ? Une stricte égalité des droits, dont certains restent à conquérir, d’autres à préserver – car rien n’est jamais acquis, et en dehors de toute idéologie.
Cible privilégiée de certains mouvements féministes radicaux et constructivistes, Peggy Sastre commence sa conférence par revendiquer son féminisme. Son approche atypique s’inscrit dans le courant évolutionniste, en opposition à la mouvance néo-féministe, et sans céder au naturalisme.
Elle affirme que les sociétés prospères sont les plus égalitaires et que les inégalités homme-femme y sont devenues résiduelles. D’après elle, il n’existe plus de plafond de verre en matière d’accès à l’emploi, puisque chacun peut faire le métier de son choix. Le dernier combat concerne le travail du sexe, que la loi condamne et dont l’inacceptabilité sociale reste importante.
« Dans les pays scandinaves, on se rapproche d’une proportion de 80 % d’infirmières et de 80 % d’hommes sur les plateformes pétrolières. »
Pour l’auteur de « La domination masculine n’existe pas », les disparités en matière de répartition homme-femme par secteur d’activité ne dépendent plus d’obstacles fixés par l’État mais plutôt de la sensibilité individuelle. Le paradoxe norvégien en est le meilleur exemple : là où les inégalités homme-femme sont les plus faibles dans les représentations culturelles , les taux de femmes dans les métiers du care et d’hommes dans les métiers abstraits sont les plus élevés.
Peggy Sastre se dit sceptique sur les quotas de genre, résultat d’une intervention étatique qui finit toujours, selon elle, par forcer ou empêcher les gens d’exercer une activité, ce qu’elle considère comme malsain et artificialiste.
Au sujet des inégalités salariales et de temps de travail, Peggy Sastre analyse que l’écart se creuse à partir de la trentaine, quand les femmes travaillent moins pour s’occuper de leurs enfants et les hommes davantage pour subvenir aux besoins du foyer.
« Dès lors qu’on peut faire la GPA, l’interdire crée des sous-marchés, des trucs dégueulasses. »
Peggy Sastre se déclare favorable à la légalisation de la GPA, dans le but d’offrir un cadre légal protecteur aux femmes porteuses, aux parents et aux enfants.
Au cours des nombreux échanges avec le public, elle pointe les paradoxes de la transition de genre, dont elle souligne le caractère parfois conservateur réassignant l’identité de genre à un sexe.
Pour revoir la conférence, cliquer ICI.
Pour lire notre rapport « Pour une GPA responsable en France », cliquer ICI.
Pour lire notre note « Le jacobinisme bioéthique », cliquer ICI.
Publié le 22/10/2021.
