Dans L’Express, Vincent Delhomme explique son opposition à la prolongation du pass sanitaire et du régime transitoire de sortie de l’état d’urgence.
Si d’après Vincent, le pass a été un outil efficace pour accélérer le processus de vaccination, le conseil scientifique rappelle que son efficacité dans la lutte contre la pandémie reste limitée. Dès lors, son maintien alors que la population française est largement vaccinée pose question, d’autant plus que le contexte sanitaire semble s’améliorer.
Vincent rappelle que le pass sanitaire présente un caractère dystopique et « nous fait entrer un peu plus dans une ère de surveillance généralisée ». Sa mise en place a engendré une discrimination dans l’espace sociale : si l’instauration d’un pass sanitaire dans l’urgence pouvait s’entendre, il est grand temps désormais de le faire disparaître.
« Le passe sanitaire, adopté dans l’urgence, a joué son rôle. Il est grand temps qu’il finisse aux oubliettes. »
Vincent rappelle par ailleurs que la prolongation du régime transitoire de sortie de l’état d’urgence sanitaire, également prévue par le projet de loi, octroierait des pouvoirs digne d’un état d’urgence au Premier ministre. Ces pouvoirs exceptionnels qui s’exerceraient dans le contexte très particulier de l’élection présidentielle font craindre un usage excessif par l’exécutif.
Vincent note également que notre pays s’est habitué aux états d’urgence. D’après lui, le continuum des menaces (terrorisme, urgence écologique, crise sanitaire) « ne peuvent justifier de mettre nos institutions sous cloche de manière permanente ». Vincent appelle donc le Gouvernement a tenir compte des conclusions de l’étude 2021 du Conseil d’État – pour laquelle il a été consulté – qui invitent à un usage plus modéré des états d’urgence, afin de garantir davantage « le respect de l’État de droit et l’équilibre démocratique ».
Aux yeux de Vincent, la vaccination n’en reste pas moins indispensable pour lutter contre l’épidémie. À ce titre, il voit, dans l’obligation vaccinale, « la solution la plus honnête, la plus philosophiquement satisfaisante et la moins dangereuse, même si elle n’est pas idéale, est celle de l’obligation vaccinale ».
Pour lire la tribune de Vincent, cliquer ICI.
Pour retrouver notre Observatoire des Libertés Confinées, cliquer ICI.
Pour consulter l’étude annuelle 2021 du Conseil d’État sur les états d’urgence, cliquer ICI.
Publié le 21/10/2021.
Dans Les Échos, Gaspard Koenig rend hommage aux travaux de notre expert Marc de Basquiat qui a largement contribué à la diffusion de l’idée d’un revenu universel en France.
D’après Gaspard, si l’idée d’un revenu universel commence à émerger en France, c’est grâce aux efforts acharnés de Marc de Basquiat. Celui-ci s’efforce depuis de nombreuses années à diffuser son modèle auprès auprès d’un maximum d’interlocuteurs sans se préoccuper de leurs horizons idéologiques. Il a ainsi rallié à sa cause des économistes comme Lionel Stoléru et François Bourguignon, des politiques allant de la très catholique Christine Boutin dans les années 2000 jusqu’aux candidats en 2017, de gauche comme de droite, Benoit Hamon et Nathalie Kosciusko-Morizet, tout autant qu’il a créé le débat avec l’OFCE, la Fondation Jean-Jaurès ou encore le Grand Orient de France. Il se murmure même qu’il aurait l’oreille du Pape.
« Pour rationaliser le système, éradiquer la grande pauvreté et émanciper les individus, le revenu universel s’avère la solution la plus élégante, la plus efficace, la plus juste. »
Si ce combat a été et est toujours si difficile à mener, c’est en grande partie parce que « la tuyauterie socio-fiscale française » est extrêmement complexe. Il n’en reste pas moins, d’après Gaspard, que la mise en place d’un revenu universel est indispensable pour résoudre les injustices sociales causées par la bureaucratie, simplifier le système complexe et conditionné des aides existantes et émanciper les individus. D’où l’importance des travaux de Marc qui a déployé ses talents d’ingénieur afin de concevoir un modèle de revenu universel à la fois applicable et soutenable.
« Au fond, peu importe l’écume des élections : seul compte le travail des idées, lent et souterrain. »
Bien que la mise en place d’un revenu universel ait encore politiquement du chemin à faire, Marc a réussi à faire mûrir cette idée dans l’opinion publique. C’est grâce à une adhésion populaire de plus en plus forte à son modèle qu’il espère créer à terme un consensus politique et forcer la main du Parlement. Le vote récent d’une résolution portée à l’Assemblée Nationale par la députée Valérie Petit lui donne pour l’instant raison.
À l’instar de Marc, GenerationLibre se mobilise quotidiennement pour faire avancer de multiples idées et propositions dans le débat public.
Pour lire la chronique de Gaspard, cliquer ICI.
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Pour retrouver notre rapport « Liber : un revenu de liberté pour tous », cliquer ICI.
Publié le 20/10/2021.
Dans un entretien pour Libération en 2015, Emmanuelle Auriol fait la proposition choc de créer un marché des visas pour remédier au travail clandestin en France.
La chercheuse à la Toulouse School of Economics précise d’entrée que son travail se concentre sur les migrants économiques, qu’elle dissocie des réfugiés qui relèvent d’un enjeu politique. La guerre que ces migrants politiques fuient n’est pas vouée à durer, contrairement aux inégalités de richesse entre le pays de départ et le pays d’accueil, à l’origine d’une immigration économique durable.
Les migrants économiques sont doublement victimes de leur statut de clandestin. Ils subissent l’exploitation des entreprises, qui voient en eux une main d’œuvre bon marché, et d’un rejet croissant de l’électorat populaire.
« Les entreprises sont ravies car c’est une main-d’œuvre pas chère, et les politiques peuvent rassurer les électeurs en disant qu’ils luttent fortement contre l’immigration clandestine. »
La solution de légaliser l’immigration économique par la vente de visas aux travailleurs est une réponse à deux problèmes de fond. Le premier d’entre eux est démographique : les pays européens ont besoin d’immigration dans les secteurs manuels où la main-d’œuvre manque. Le second concerne le trafic d’êtres-humains, via la désintermédiation des procédures entre le pays de départ et le pays d’accueil : les mafias de passeurs exigent jusqu’à plusieurs dizaines de milliers d’euros pour les traversées, qui peuvent se terminer en drames humains.
« Il existe des agences de placement dans les pays d’origine des migrants, où on leur fournit des billets d’avion. Pour la France, on pourrait imaginer le même dispositif dans les pays d’Afrique francophone. »
Emmanuelle Auriol prend exemple sur Israël et la Jordanie qui ont mis en œuvre ce dispositif pour les emplois peu qualifiés et détaille les mesures complémentaires à adopter. En plus de cette vente de visas encadrée, l’État aura la tâche d’accentuer la répression aussi bien contre les associations de passeurs que contre les entreprises qui recourent aux travailleurs clandestins.
À l’instar de la légalisation du cannabis, l’idée est séduisante mais doit être coordonnée à un assèchement du marché noir. « Une légalisation sans travail répressif contre les réseaux conduirait à l’augmentation des flux » conclut-elle.
Pour lire l’entretien, cliquer ICI.
Pour lire la tribune de Gaspard à ce sujet, cliquer ICI.
Publié le 19/10/2021.
Jean Baubérot, historien de la laïcité, interpelle Emmanuel Macron, en novembre 2020, dans une lettre ouverte sur le projet de loi dit « séparatisme ». Nous revenons sur ce texte subtil en faveur d’une laïcité libérale.
Jean Baubérot exhorte Emmanuel Macron à ne pas suivre l’agenda dicté par une partie de la droite de l’échiquier politique. Il argue qu’il y a une confusion entre communautarisme et séparatisme, qui doit être évitée dans la mesure où le premier ne constitue pas de menace pour la République mais qui, s’il est attaqué abruptement, peut mener au second.
« La communauté (ne) devient pernicieuse (que) lorsqu’elle amène à se « séparer » des lois et des principes républicains. »
Baubérot approuve la position du Président qui pointe du doigt la responsabilité de la République dans le phénomène de ghettoïsation de certaines zones du territoire, où se concentrent misère et difficultés. Il critique cependant son laxisme paradoxal, entre le laissez-faire dans l’enseignement des langues et des cultures d’origine, où du personnel enseignant est nommé et payé par des gouvernements étrangers depuis 1977, et le caractère liberticide de certains articles du projet de loi « contre le séparatisme ».
Le conflit entre valeurs et principes est à la racine de la confusion qui anime les débats sur la laïcité et la République. Pour Baubérot, les valeurs sont un concept fourre-tout interprétable d’un gouvernement à l’autre, pour le meilleur ou pour le pire, auquel il faut préférer celui des principes républicains, stable et garant des libertés individuelles.
« L’Église catholique respecte-t-elle les valeurs de la République quand elle interdit l’accès de la prêtrise aux femmes ? Et pourtant, elle n’est pas poursuivie pour discrimination à l’embauche. Et que dire des maçons, dont toutes les loges sont loin d’être mixtes ! »
Baubérot rappelle les propos de Durkheim sur l’intégration, aussi bien nécessaire pour prévenir l’anomie, que dangereuse quand elle est unilatérale, « transformant ses citoyens en membres passifs ».
En écho aux références utilisées dans l’hommage présidentiel à Samuel Paty, l’auteur rappelle la nature des débats de l’époque autour de la Loi de 1905, où Clémenceau clamait que « s’il pouvait y avoir un conflit entre la République et la liberté, c’est la République qui aurait tort ».
« Tant qu’on n’aura pas intégré culturellement que la République est « indivisible » sans être « une » pour autant, alors on courra droit vers la catastrophe et les prophéties autoréalisatrices d’une détérioration de la situation feront florès. »
Pour Baubérot, le projet de loi contre le séparatisme va à l’encontre de la conception laïque libérale d’antan, de l’interdit d’enseignement à domicile qui touche près de 50 000 élèves, à celui du port du foulard dans les services publics, ou encore celui qui prévoit une ingérence de l’État dans l’Islam.
Baubérot craint que cette nouvelle loi ne fasse qu’accentuer un sentiment anti-laïque et crée un terreau favorable à la séparation de certaines communautés. Ces mesures sont défendues dans le cadre de la menace terroriste, il faut veiller à ce qu’elles n’entravent pas durablement les libertés individuelles.
Pour lire l’article, cliquer ICI.
Pour lire la chronique « l’État de droit vaut mieux que la République » de Gaspard Koenig, cliquer ICI.
Publié le 16/10/2021.
En réponse à une tribune qui propose ni plus ni moins que sa suppression au nom de l’écologie, Cyril de Sousa Cardoso défend la liberté d’entreprendre dans Le Figaro Vox .
Certains défenseurs de la cause écologique proposent l’idée des tribunaux d’existence visant à évaluer et empêcher si besoin la création d’un projet entrepreneurial.
Alors que le climat devient l’enjeu prioritaire pour les courants politiques de tous bords ou presque, les militants écologistes les plus radicaux jugent tous les moyens bons pour parvenir au défi de la neutralité carbone, quitte à sacrifier les libertés les plus élémentaires. GenerationLibre a tenu à réagir.
« Un jury aurait-il laissé les frères Wright décoller de la plage de Kill Devil pour le premier vol motorisé de l’histoire ? »
Cyril se pose en défenseur du libre-entreprenariat, vecteur d’innovation à travers les âges, comme l’imprimerie de Gutenberg en 1454 ou le premier vol motorisé par les frères Wright en 1903.
Ces progrès ont été rendus possibles par la liberté qu’ont su trouver et utiliser leurs concepteurs. Plutôt que de lutter contre le dérèglement climatique, les promoteurs de ces tribunaux d’existence s’attaquent surtout aux principes libéraux, travestissant le défi environnemental à des fins idéologiques.
« À travers les mécanismes de prix carbone, de taxes pigouviennes, de droits des animaux, d’information ou encore d’éducation, une écologie de progrès est possible, associant économie de marché, liberté d’entreprendre et prise en compte des externalités. »
Il faut rappeler les bénéfices que la civilisation moderne a apporté à la vie sociale, en matière de réduction de la grande pauvreté, d’augmentation de l’espérance de vie et de la richesse matérielle.
L’urgence est plutôt d’établir des politiques publiques pour prendre en compte les externalités négatives des modes de production.
Pour lire la chronique de Cyril, cliquer ICI.
Pour lire notre rapport « Ne laissons pas le juge moraliser l’entreprise », cliquer ICI.
Publié le 14/10/2021.
Notre expert François-Xavier Oliveau développe sur le plateau d’Interdit d’interdire l’idée d’un revenu universel réaliste, porté dans le débat parlementaire par Valérie Petit.
Sur le thème « Les entreprises doivent-elles faire un effort sur les salaires ? », François-Xavier Oliveau défend l’économie de marché, « qui n’est pas un jeu à somme nulle », pour sa capacité à générer de grands talents et innovations.
En écho à son dernier livre, François-Xavier constate l’ère de l’abondance que l’on vit et le niveau de vie de la population qui n’a jamais été aussi haut, mais qui nécessite des ajustements en matière de protection sociale.
« Vous avez plein de différents guichets, et on pourrait complètement restructurer cela autour d’un revenu socle de 500 euros. »
Il existe de nombreuses allocations d’un montant de 500 euros (RSA, partie redistributive des allocations chômage, prise en charge d’un emploi aidé, réduction Fillon, régime moyen des intermittents, etc.) qui dépendent d’un statut et que l’on perd quand on retrouve un travail.
Pour une protection sociale beaucoup plus « englobante, stable, simple et donc moins coûteuse pour l’État », le revenu universel est une mesure sérieuse de lutte contre la pauvreté et financièrement réaliste car à budget constant.
Pour visionner l’émission, cliquer ICI.
Pour retrouver notre rapport « Liber : un revenu de liberté pour tous », cliquer ICI.
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Publié le 12/10/2021.
Dans Le Figaro, Jacques de Saint-Victor fait la recension de « L’histoire oubliée du libéralisme » d’Helena Rosenblatt qui rappelle que le rappelle ne résume pas à l’économie.
Entre le piège de « l’exaltation radicale des droits et le péril délétère de la réaction illibérale », Jacques de Saint-Victor présente les travaux menés par Helena Rosenblatt pour réhabiliter des courants libéraux aujourd’hui éclipsés.
Pour Jacques de Saint-Victor, l’exemple contemporain de la Chine et celui plus ancien du Chili de Pinochet montrent que le libéralisme ne peut se résumer à « une apologie du libre marché ». Helena Rosenblatt retrace l’histoire du libéralisme dans le temps long, et met en valeur la diversité de ses courants avant 1945.
« Helena Rosenblatt a raison de réhabiliter les aspects oubliés d’une doctrine libérale trop souvent caricaturée et limitée, après 1945, à une sorte de défense acharnée du marché à la Frédéric Bastiat. »
Le passage de la liberté des Anciens à la liberté des Modernes s’exprime dans les écrits du penseur néerlandais Bernard Mandeville, pour qui « l‘égoïsme pousse à agir, tandis que la morale invite à la léthargie ». Helena Rosenblatt revient à l’époque romaine, où la morale civique prévalait sur les pulsions égoïstes. Aussi, elle rappelle la définition donnée par Cicéron à la liberté, le « devoir de donner et de recevoir ».
« Même un Adam Smith n’est pas un théoricien de «l’État minimal». On oublie sa critique des «riches marchands», «classe de gens (…) qui ont en général intérêt à tromper le public», son rejet du tout-marché et de l’individualisme égoïste, ainsi que son recours à l’État. »
Une réflexion à contre-courant visant à échapper d’une part aux excessives revendications des droits individuels, conduisant à la « tyrannie des minorités », et d’autre part à la réaction illibérale qui traverse aujourd’hui l’Occident.
Pour lire l’article, cliquer ICI.
Publié le 08/10/2020.
Christophe Seltzer reprend en main GenerationLibre avec de nouvelles ambitions en matière de publications et toujours la même énergie pour défendre notre libéralisme. Il nous livre son état d’esprit.
Après avoir animé Students for Liberty en France dès 2013, puis successivement occupé depuis 2017 les postes de community organizer et de directeur des relations publiques de GenerationLibre, me voilà à la tête de notre think-tank ! Je mesure la chance qui est la mienne de trouver un ascenseur social qui fonctionne encore.
Je veux remercier ici le conseil d’administration, présidé par Gaspard Koenig, de me faire confiance pour prendre les rênes d’une structure que je suis depuis les débuts. Le premier souci qui m’anime : préserver GenerationLibre dans son intention originelle, un laboratoire d’idées non partisan, dans son business model à nul autre pareil, sans argent public ni commande de grandes entreprises, et dans sa professionnalisation plus récente pilotée par Maxime Sbaihi.
Avec Kevin Brookes à la tête de la recherche et Mehdy Raïche aux manettes du développement, GenerationLibre dispose aujourd’hui d’une équipe prometteuse qui sait ce qu’elle doit au travail de salariés passionnés et compétents depuis 2013 – je pense à Delphine Granier, Gauvain Leclerc et Mathilde Broquet-Courboillet, sans qui la structure ne serait pas aussi solide.
« Au cœur de l’hiver idéologique du libéralisme, la mission du laboratoire d’idées GenerationLibre est de planter des graines pour l’avenir. Et chaque année, recommencer. »
L’idéal d’autonomie pour chacun porté par notre think-tank est tous les jours bien malmené au plan politique par des états d’urgence ou des lois qui rognent sur nos libertés publiques tandis que l’assignation aux origines ou le planisme écologique sont en vogue dans le débat public. Au cœur de l’hiver idéologique du libéralisme dépeint par le philosophe Michael Foessel dans la revue Esprit, la mission du laboratoire d’idées GenerationLibre est de planter des graines pour l’avenir. Et chaque année, recommencer. Cette tâche cyclique, entre l’ombre et la lumière, est au cœur de la vie des idées. Souvent discrètes quand elles naissent, ce sont bien les idées qui mènent le monde. Si le libéralisme ne se trouve presque jamais représenté par un parti politique en France, reconnaissons qu’il gagne plus ou moins imperceptiblement en Europe, sur le long terme, depuis plusieurs siècles. Il nous appartient, avec tous ceux qui nous soutiennent, followers, amis et donateurs que je remercie, de s’assurer que cet élan ne soit pas stoppé.
A l’approche de la nouvelle élection présidentielle qui accapare par trop les discussions et plus grave, les énergies, vous pouvez compter sur moi pour que notre think-tank continue à porter dans le débat public – à la croisée des mondes académique, politique, et médiatique, les idéaux et les propositions de politiques publiques qu’il cisèle depuis 2013. Il nous faut travailler sans relâche l’actualité de nos idéaux. Plus que jamais, nous avons besoin de nouveaux cadres pour que l’action des pouvoirs publics favorise ou ressuscite l’autonomie de l’individu, des organisations et des écosystèmes. Plus d’incitations que d’interdictions, moins de coercition et davantage de coopérations, de la mobilité choisie plutôt que des rentes subies, et l’assurance d’un filet de sécurité.
« Que nos experts économistes, philosophes ou historiens dialoguent ensemble pour faire éclore les idées qui seront dans toutes les têtes demain. »
Redonner le pouvoir aux individus, c’est ce que nous proposons avec notre réforme du système socio-fiscal aboutie (revenu universel), notre projet de rendre propriétaires de leurs données les internautes, ou notre modification du code général des collectivités territoriales pour livrer un véritable pouvoir politique acteurs locaux (décentralisation par la « subsidiarité ascendante », autonomie fiscale). Notre proposition de réforme des frais d’inscriptions à l’université, publiée en 2020, résume bien les diverses ambitions que nous nous efforçons de concilier dans nos travaux. Dans cette simple proposition, nous offrons tout à la fois le moyen de réduire la dépense publique, augmenter le budget d’établissements toujours publics mais désormais autonomes et en compétition entre eux, et restaurer l’égalité des chances puisque l’inscription se fait sans frais immédiats.
« Sans les textes de Raymond Aron dans Le Figaro, aurions-nous vu Mario Vargas Llosa passer du marxisme au libéralisme ? »
Pour l’année qui vient, j’ai comme ambition de permettre à GenerationLibre de publier encore davantage de petites notes d’analyse comme de grands rapports. Identité, wokisme, mondialisation, immigration : plusieurs nouveaux projets viennent tout juste d’être engagés. A partir de la fin de cette année, afin de faire émerger de nouvelles propositions, un conseil scientifique devrait être effectivement réuni une fois par trimestre. L’enjeu ? Que nos experts économistes, philosophes ou historiens dialoguent ensemble pour faire éclore les idées qui seront dans toutes les têtes demain. Mise à l’échelle du « Studio » vidéo, observatoires des libertés perdues et gagnées depuis quelques décennies, revue ou podcast : les autres grands projets pour le futur ne manquent pas. Ils viendront le temps venu, je l’espère, si la récolte est bonne.
« Je compte sur vous pour nous aider à planter des graines. »
Des idées pour la présidentielle, on en a. Et on en aura encore davantage à la veille du premier tour. Comment en finir avec la figure de l’hyper-président infantilisant et peu mature démocratiquement ? Nous tâcherons d’y répondre. Mais des idées, il en faudra pour après la présidentielle, et pour les suivantes. Et indépendamment de cette échéance électorale omniprésente.
Nous quantifions notre impact par le nombre de nos passages et reprises dans les media, la fréquentation de notre site internet, les rencontres avec les décideurs ou encore les évènements auxquels nous sommes invités. Mais la mesure décisive de notre influence ne peut être connue que le jour où, venu-e de nulle part, mais nous ayant lu depuis des années, une femme ou un homme émerge pour changer quelque chose politiquement ou dans la société civile. On en a déjà rencontré. Il en faudra d’autres encore à côté, et après, plus tard. De l’existence d’un think-tank visible dans les media dépendent les idées et les projets de demain. Sans les textes de Raymond Aron dans Le Figaro, aurions-nous vu Mario Vargas Llosa passer du marxisme au libéralisme ? Sans attendre, je compte sur vous pour nous aider à planter des graines.
Christophe Seltzer
Publié le 01/10/2021
Dans Telos, Éric Chaney détricote la pensée décroissante et voit dans la croissance notre meilleur allié dans la lutte contre le changement climatique.
Sur les vingt dernières années (2020 exclu pour raisons évidentes), un découplage entre croissance par habitant et baisse des émissions de CO2 a eu lieu dans les pays industrialisés. L’auteur prend comme point de départ le rapport Meadows de 1972, utilisé par les décroissants pour légitimer leur combat, et constate l’inexactitude des prospections du modèle World3, qui prévoyait un « effondrement des productions industrielle et alimentaire mondiales » d’ici 2010.
« Rien de tel ne s’est produit : depuis l’an 2000, la production industrielle mondiale a progressé de 54 % et la population de 28 %, soit une augmentation de la production par habitant de la planète de 22 %. »
Autre marotte des décroissants, le mythe d’un pic pétrolier, anticipé en 1956 par Hubbert et qui a eu lieu en 1970, mais dont le rapport Meadows a négligé les « dynamiques fondamentales de l’économie de marché ». Aussi, la production américaine dopée par l’innovation technologique a vu le pic de 1970 dépassé en 2014.
« [Aux États-Unis, la consommation d’énergie par tête] a baissé de 15% au cours des vingt dernières années alors que le PIB par habitant augmentait de 25% […] C’est l’inverse de la tendance mondiale ! »
Si le discours décroissant et son plus éminent représentant Jean-Marc Jancovici disent vrai sur la corrélation entre PIB et consommation d’énergie par habitant au niveau mondial, ils font fi des disparités entre régions du monde. Les pays industrialisés, à commencer par les États-Unis ont obtenu des résultats spectaculaires en matière d’efficacité énergétique.
« Pour l’ensemble des pays de l’OCDE, [les émissions de CO2] ont baissé de 7,5% alors que le PIB augmentait de 42 %. Dans les pays industrialisés, croissance économique et baisse des émissions vont de pair depuis vingt ans. »
Si un découplage a pu avoir lieu en Occident, c’est grâce à l’innovation technologique et la dématérialisation de l’économie, conséquences d’une croissance économique qui finance la recherche. Éric Chaney termine son argumentaire par une remise en cause de l’utilité écologique même du modèle décroissant face à l’objectif de neutralité carbone.
« En optant pour une stratégie peau de chagrin dans les pays riches, on leur ôterait les moyens de transférer les technologies bas-carbone existantes et surtout à venir, faute de ressources financières suffisantes. »
Pour lire l’article d’Éric Chaney, cliquer ICI.
Publié le 30/09/2021.
Nos experts Florent Bayle et Erwan Le Noan répondent aux questions du Point dans le cadre de la publication de notre nouveau rapport sur les universités publiques.
Malgré « des résultats honorables », Erwan et Florent constatent que notre modèle universitaire vit un lent déclin. Cette crise se traduit d’une part avec un départ des étudiants français qui le peuvent vers les universités étrangères ou privées, et d’autre part avec un désintérêt des élites politico-économiques qui n’en sont généralement pas issues.
« Il est temps d’accepter qu’une concurrence saine existe entre les universités françaises et les formations privées ou internationales. La vision de l’autonomie de GenerationLibre vise à donner aux universités les moyens de mener au mieux leur mission de service public et de redevenir attractives. L’hypocrisie actuelle les condamne au contraire. »
Pour nos experts, le problème de nos universités ne réside pas dans les fonds investis par l’État mais dans la manière inefficiente avec laquelle ils sont alloués. Ils remarquent également que les investissements privés occupent une place trop faible dans le financement des universités publiques. En cause une faible visibilité budgétaire et une gouvernance administrative complexe.
« Nous estimons que le financement public n’est pas l’enjeu principal : la France consacre 1,14% de son PIB à l’enseignement supérieur, au-dessus de la moyenne de l’OCDE. »
D’après nos experts, un changement de modèle universitaire est indispensable. Dans le rapport que publie GenerationLibre, Florent et Erwan préconisent de transmettre davantage d’autonomie financière et éducative aux établissements, afin que chacun d’eux puisse définir son identité et sa stratégie académique.
Plus d’autonomie implique d’autoriser de nouvelles formes de pédagogies et d’organisation : recrutement via les tenure tracks, possibilité d’une sélection méritocratique des élèves, réforme des frais d’inscription, suppression de la grille nationale des salaires etc. Une telle réforme permettrait d’une part un ajustement des universités françaises sur les standards internationaux et d’autre part d’adapter les formations aux besoins des élèves. Et en particulier « d’orienter chaque étudiant vers les études les plus adaptées à son profil » en réduisant la sélection par l’échec.
« 58 % des bacheliers de l’année 2015 n’ont pas obtenu leur licence en 3 ou 4 ans. »
Dans ce modèle, chaque université se retrouve également davantage contrôlée grâce à une transparence renforcée sur les critères de sélection ainsi que les performances académiques ou financières.
Pour nos experts, accorder plus d’autonomie aux universités françaises est le seul moyen de les rendre plus attractives et plus compétitives à l’échelle internationale et de répondre plus efficacement aux besoins des étudiants français.
Pour retrouver l’entretien de Florent Bayle et d’Erwan Le Noan, cliquer ICI.
Pour lire notre rapport « Libérer l’université », cliquer ICI.
Pour lire notre note « Révolutionner les frais d’inscription », cliquer ICI .
Publié le 22/09/2021.
