À l’heure des appels au boycott de la Coupe du monde de football au Qatar, notre ancien directeur Maxime Sbaihi invite, dans l’Opinion, à regarder l’événement pour échapper un temps aux tensions géopolitiques.
« Nul ne ment autant qu’un homme indigné » disait Nietzsche. À l’inverse de la mode récente des appels au boycott, Maxime dénonce les postures opportunistes de certains qui souhaitent se donner bonne conscience.
« La palme de l’hypocrisie revient à Raphaël Glucksmann et son « je ne peux plus être fan du PSG, c’est fini » lâché il y a quelques jours sur un plateau. Rappelons que le PSG figure dans la vitrine du soft power du Qatar depuis plus d’une décennie… »
Si les conditions de travail et la politique environnementale sont en effet désastreuses dans l’émirat du Qatar, les dénoncer seulement maintenant relève d’un manque de sincérité. De fait, cela fait des années que les pays du Golfe peu respectueux des droits de l’homme investissent dans le sport en Europe et peu s’indignaient jusqu’alors.
« La politique de l’écran éteint, tout comme celle de la chaise vide, est inefficace. Pendant un mois, une lumière crue et les yeux du monde seront rivés sur le Qatar : plus il y aura de spectateurs, plus les critiques trouveront de l’écho. »
Maxime insiste sur le caractère rassembleur de l’événement, qui peut offrir le temps d’un mois une soupape de respiration et de communion à l’heure des tensions géopolitiques.
Pour lire la chronique de Maxime Sbaihi, cliquer ICI.
Publié le 15/11/2022.
Aux côtés de trente intellectuels, de Pierre Manent à Barbara Stiegler pour le numéro « Aimons-nous encore la liberté » de la Revue politique et parlementaire, Gaspard Koenig enterre le néolibéralisme et appelle à inventer un nouveau libéralisme attaché à la simplicité et à la sobriété, dans une tradition stoïcienne de la liberté.
Intitulé « Le libéralisme est mort, vive le libéralisme ! », le texte (7 pages – voir ci-après) de Gaspard entend renouveler la philosophie libérale, mise à mal par le néolibéralisme (au sens foucaldien et comme maximisation collective de l’utilité individuelle) à l’œuvre et dont pourtant plus personne n’ose se revendiquer. Comme le Colloque Lippmann de 1938 à Paris avait entrepris de refonder le libéralisme, il expose aujourd’hui les problèmes du néo-libéralisme auxquels il entend substituer un libéralisme « frugal ».
« Le cas français s’inscrit hélas dans un contexte mondial de déclin du libéralisme. En Occident tout du moins, il a été dévoré par son propre enfant devenu fou : le néolibéralisme. »
Fort de ses voyages au cours desquels il a été confronté à des expériences de liberté et face à la menace que fait peser l’IA sur notre libre-arbitre, Gaspard livre sa définition de la liberté, structurée autour de « l’art du dépouillement et la joie de la déconnexion ». En écho à son combat pour la simplification administrative, cette philosophie de la sobriété s’oppose au néolibéralisme, « rejeton étrange et difforme » que Gaspard porte comme responsable d’un univers devenu « frénétique et inhumain ».
« Fondamentalement, le néolibéralisme remet en cause le principe le plus central du libéralisme : le libre-arbitre, qui sous-tend aussi bien le système judiciaire que le vote démocratique. »
Les réflexions de Gaspard sur le néolibéralisme, devenu ennemi du libéralisme et du libre-arbitre, le mènent à penser un nouveau paradigme en rupture avec l’optimisation à outrance. Depuis près de dix ans, GenerationLibre s’efforce de concrétiser de nouvelles idées de politiques publiques qui visent à transférer autant que nécessaire les pouvoirs de l’Etat vers l’ensemble des contre-pouvoirs, qu’ils soient le Parlement (déprésidentialisation), les collectivités (subsidiarité ascendante) ou bien les individus (révolution normative).
« Ce [nouveau] libéralisme de la simplicité, ce libéralisme frugal comme on pourrait le baptiser, se décline lui aussi en politiques publiques d’un genre nouveau : révolution normative, revenu universel, autonomie locale, propriété des données personnelles, droit du vivant, etc. »
Pour lire le texte de Gaspard, cliquer ICI pour la version web et ICI pour le PDF.
Pour voir la conférence de Gaspard, cliquer ICI.
Pour (re)lire notre rapport « Le pouvoir aux communes », cliquer ICI.
Pour (re)lire notre recueil « Déprésidentialiser la Ve République », cliquer ICI.
Pour (re)lire notre note « Pour une révolution normative », cliquer ICI ; pour lire le programme du Mouvement SIMPLE pour une France plus libre en 2022, cliquer ICI.
Publié le 10/11/2022.
De la République tchèque à l’Allemagne, en passant par les Etats américains du Maryland et du Missouri, la légalisation du cannabis a le vent en poupe. Dans Atlantico, notre expert Edouard Hesse se réjouit de l’accord du gouvernement allemand qui souhaite la légalisation pour 2024, si la Commission européenne le valide.
Si le débat autour d’une légalisation du cannabis reste au point mort en France, sinon une tribune transpartisane de sénateurs publiée en août dernier dans Le Monde, il en est tout autre outre-Rhin. Le ministre de la santé allemand vient d’annoncer un accord du gouvernement fédéral sur un cadre de légalisation du cannabis à usage récréatif pour les adultes. Edouard se félicite de cette avancée pour les citoyens allemands, sur les plans médical, économique et sécuritaire. À partir du rapport qu’il a signé pour notre think tank, il met en garde contre un système de licences trop contraignant et rappelle l’importance de légaliser les livraisons à domicile.
« La pression pour légaliser le cannabis en France sera d’autant plus forte qu’il deviendra complètement illusoire de contrôler les trafics illicites d’un cannabis produit massivement chez un voisin avec qui nous partageons une longue frontière ouverte. »
GenerationLibre porte cette idée d’évolution des politiques publiques depuis 2018, et avec un second rapport publié en 2021, à l’appui des nombreuses expériences menées à l’étranger, identifie un modèle qui concilie protection sanitaire et développement économique. Les exemples du Colorado, dans lequel l’offre légale représente près de 70 % du marché total, et de l’Oklahoma, au cadre réglementaire et fiscal idéal, font dire à Edouard « qu’un tel marché légal privé et prospère est indispensable pour lutter efficacement contre le marché noir ».
« [Attention à] l’avertissement que nous donne l’expérience californienne, où les grandes contraintes et fortes taxes sur le marché légal du cannabis l’ont rendu très peu compétitif, contribuant à un marché noir qui continue de prospérer. »
Co-écrit avec Kevin Brookes, le second rapport de GenerationLibre propose une solution de légalisation du cannabis clef en main. Plutôt qu’un modèle de contrôle étatique fort, avec notamment un monopole sur la production et la distribution de cannabis, Edouard prône notre modèle de marché libre avec forte concurrence. C’est l’outil le plus adapté pour lutter contre l’économie souterraine d’aujourd’hui, prévenant la mise en vente de produits plus chers, de moindre qualité ou diversité, voire moins accessibles.
Pour lire l’entretien d’Edouard Hesse, cliquer ICI.
Pour (re)lire notre rapport « Pour un marché libre du cannabis en France », cliquer ICI.
Publié le 09/11/2022.
Dans AOC, notre expert Daniel Borrillo dénonce l’appropriation des hommes par l’État pendant les conflits armés, domination ignorée par les travaux académiques en études de genre.
À l’aune de la guerre russo-ukrainienne, Daniel Borrillo dénonce la mainmise de l’Etat russe comme ukrainien sur les corps masculins. Tous deux ont maintenu la conscription obligatoire, abolie depuis 2001 en France, et appelé de force des hommes en capacité de se battre au nom de l’idée sacrificielle de mourir pour la patrie. Cela fait plus de huit mois que les hommes ukrainiens de dix-huit à soixante ans sont privés de sortie du territoire, hors cas particuliers.
« Le modèle patriarcal, celui du père protecteur, du citoyen-soldat et du combattant héroïque, imposait et impose encore [aux hommes] de développer une identité masculine tendant à accepter l’inacceptable : la confiscation des corps pour la guerre. »
Daniel déplore la partialité de la littérature scientifique relative à la guerre sous le prisme du genre, qui se concentre sur le sort des femmes et fait fi de la violence qui touche les hommes. Il attend du monde académique un regard appuyé sur l’impact des dominations qui subissent les hommes par l’Etat en temps de guerre.
« Le retour à une forme de guerre « classique » met en évidence le dressage permanent des corps masculins exposés continuellement à la mort qui rôde. Une grande partie de ces corps ne proviennent pas de l’armée professionnelle mais des civils recrutés de force. »
Outre les répercussions psychiatriques que subissent les soldats, Daniel montre chiffres à l’appui que l’espérance de vie des hommes a été quasiment divisée par deux entre 1915 et 1917 (de 49,4 à 26,6 ans). De Sparte, qui formait ses soldats dès l’âge de sept ans, à l’Ukraine d’aujourd’hui qui empêche les adultes de quitter le territoire, cette absence de choix constitue la plus grande violence contre le sexe masculin qui continue à se perpétuer.
Pour lire l’article de Daniel Borrillo, cliquer ICI.
Pour (re)lire notre rapport « Mon corps m’appartient ! », cliquer ICI.
Publié le 08/11/2022.
Dans l’Opinion, Monique Canto-Sperber explique l’esprit de la laïcité libérale et met en garde contre l’excès de réglementation des vêtements à l’école, réflexe facile mais contre-productif.
À l’heure des revendications lycéennes de porter abayas et qamis, Monique rappelle les principes de la laïcité qui assurent la liberté de conscience, d’expression et de culte et sanctionnent le prosélytisme. Elle fait la distinction entre espace public – où règne la neutralité – et service public – laïc à proprement parler.
« L’espace public est neutre mais il n’est pas stricto sensu un espace laïc, puisqu’on y voit des églises, des hommes avec kippa, des jeunes filles avec foulard. […] L’école, elle, est laïque, elle ne doit montrer aucune influence religieuse, ni sur les bâtiments, ni sur les programmes, ni sur le calendrier. »
Depuis la loi de 2004, le devoir de laïcité s’applique aussi bien à l’institution qu’aux élèves qui ne doivent pas porter de signe religieux ostentatoire. Si Monique reconnaît avoir été sceptique il y a vingt ans, elle se félicite aujourd’hui de son « rôle positif de pacification sans introduire d’abus ».
« Rester ferme sur le principe de confier la gestion des cas difficiles aux responsables des établissements scolaires, lesquels peuvent se référer au vademecum de laïcité ou s’adresser aux « conseillers laïcité » des rectorats. »
Pour Monique, face à cette nouvelle forme de prosélytisme, nul besoin d’amender la loi de 2004 en introduisant une caractérisation des « vêtements litigieux » au risque d’affaiblir la loi même en la confinant au ridicule. « L’essentiel est de rappeler que les élèves vont à l’école pour apprendre, et non pour manifester ce qu’ils sont ou ce en quoi ils croient. L’école n’a pas pour mission de changer leurs croyances, mais de leur donner les outils de la liberté. » conclut-elle.
Pour lire la chronique de Monique dans l’Opinion, cliquer ICI.
Publié le 21/10/2022.
Dans une tribune pour Le Point, notre directeur Christophe Seltzer fustige l’hyper-présidentialisme et appelle à revaloriser durablement l’Assemblée nationale pour répondre au blocage politique de la France.
Si la crise que nous traversons est bien sûr multifactorielle, Christophe estime qu’elle tient avant tout à une dépossession réelle du pouvoir ressentie par tous, qu’ils soient députés de l’opposition, grévistes, salariés, syndicats ou simples citoyens. Même le président de la République et sa majorité relative en souffrent. Il s’alarme du blocage politique permanent qui limite toute réforme au paramétrique.
« Personne n’a réellement le pouvoir de changer les choses. Le blocage est d’abord politique : tout le monde a raison, mais sans pouvoirs définis, personne n’est responsable. »
Christophe fustige un système devenu hyper-présidentialiste dans lequel les électeurs n’ont comme seul moyen d’action que leur bulletin de vote tous les cinq ans. À l’exception (surprise) de la législature actuelle, le président bénéficie depuis vingt ans d’une majorité de députés pour faire adopter les projets de loi. Il est urgent d’offrir un cadre pour réhabiliter les idées, le débat et l’action.
« Il est vrai, ce n’est pas la faute du président, qui hérite d’un système qui lui confère tant de pouvoir symbolique et réel. Mais, lui, rien ne l’empêche de se battre pour le changer. »
À l’aune de notre recueil « Déprésidentialiser la Ve République », Christophe suggère en premier lieu le retour au texte originel de la Constitution de la Ve République s’agissant du Président, lorsqu’il était élu par un collège de grands électeurs. À tout le moins, sans réforme constitutionnelle, mettons en œuvre une élection des députés à la proportionnelle et raccourcissons la durée du mandat des députés pour qu’elle soit inférieure à celle du mandat présidentiel.
Pour lire la tribune de Christophe dans Le Point, cliquer ICI. Pour le PDF, cliquer ICI.
Pour lire notre rapport « Déprésidentialiser la Ve République », cliquer ICI.
Publié le 20/10/2022.
Sur RCF, Gaspard Koenig réhabilite la délibération propre à la IIIe République. Il propose de réactiver une fibre plus parlementaire de la Ve République originelle et, mieux, de la coupler au principe de subsidiarité ascendante.
Invité pour la sortie de son essai « Contr’un », Gaspard rappelle les raisons de son opposition au système présidentiel, qui ne laisse aujourd’hui place qu’à des mouvements politiques neufs portés par un chef qui capitalise sur son hyper-personnalisation – à l’inverse des partis politiques historiques qui ont une colonne vertébrale intellectuelle et sont capables de négocier quand ils sont au pouvoir.
Gaspard rejoint Tocqueville, qui préconisait de ne jamais élire le pouvoir exécutif au suffrage direct, et rappelle que Bonaparte, premier président élu de la sorte en 1848, a abusé de son pouvoir par un coup d’Etat trois ans plus tard.
« Je propose différentes options : la plus réaliste, c’est de revenir à la constitution de 1958 avec un président à l’allemande, qui est là pour garantir le bon fonctionnement des institutions. Une sorte de vieux sage, qui peut dissoudre l’Assemblée quand ça devient ingouvernable mais qui n’intervient pas lui-même dans le jeu politique. »
Les députés sont aujourd’hui piégés par l’alignement des calendriers présidentiel et législatif, dans lesquels ils se projettent en début de législature, et ne veulent pas se risquer à prendre leur liberté ou chercher des compromis.
« On peut rêver à décentraliser l’exercice du pouvoir politique en redonnant énormément de pouvoir au local par la subsidiarité ascendante. On aurait des formes de gouvernance extrêmement diverses en France comme c’est le cas aujourd’hui en Alsace-Lorraine. »
Dans « L’absolutisme inefficace », Jean-François Revel explique que le principe de coalition prévient la paralysie du fait que les partis renoncent à certains pans de leur programme pour ne garder que les points vraiment nécessaires. Pour Gaspard, ce n’est pas un hasard si les réformes les plus radicales (privatisations et 35h) ont été menées en période de cohabitation.
Pour voir l’entretien de Gaspard sur RCF, cliquer ICI.
Pour lire notre billet « Les Français contre l’hyper-présidentialisme », cliquer ICI.
Pour (re)lire notre rapport « Le pouvoir aux communes », cliquer ICI.
Publié le 19/10/2022.
Dans Contrepoints, notre expert Daniel Borrillo réaffirme le fondement libéral de la libre disposition de son corps, en réaction aux prélèvements post-mortem lors de l’affaire de Nice.
Daniel dénonce l’esprit de deux textes de loi contraires à certains fondements du libéralisme. D’abord, la loi Caillavet qui fixe, depuis près de cinquante ans, le consentement comme choix par défaut pour chaque individu quant à l’usage de son cadavre par l’Etat. En somme, « le don, manifestation de la vertu individuelle, devient un devoir, un acte collectif ».
« À défaut d’avoir explicitement refusé, nous sommes tous des donneurs potentiels [depuis la loi Caillavet du 22 décembre 1976]. Le consentement est présumé et le silence vaut acceptation d’une donation ! »
D’autre part, la loi de 2017 qui, dans le cadre de la lutte anti-terroriste, met en place ce que Daniel appelle « un droit pénal d’exception caractérisé par une répression accrue et un contrôle affaibli », et fait complètement fi du principe de libre disposition de soi en la matière, quand bien même existerait-il.
« Les usages post-mortem du corps devraient être régis par le principe de souveraineté individuelle et le cas échéant par un droit d’opposition au profit de la famille du défunt. »
Pour Daniel, l’affaire autour de ces prélèvements post-mortem dans le cadre du procès des attentats de la promenade des Anglais à Nice en 2016, qui a vu l’expression de la souffrance de proches ayant appris des autopsies réalisées sur leurs parents, soulève la question de l’appropriation de nos corps par l’Etat. Face à la nécessaire lutte contre le terrorisme, Daniel appelle malgré tout à défendre « la libre disposition de soi, comme soubassement de la démocratie libérale ».
Pour lire l’article de Daniel dans Contrepoints, cliquer ICI.
Publié le 18/10/2022.
Au micro de Stéphane Soumier sur B SMART, notre expert François-Xavier Oliveau préfère le signal prix au chèque énergie actuel, qui n’est pas incompatible avec l’aide aux plus démunis.
Plutôt que le chèque énergie et le blocage des prix mis en place par le Gouvernement, François-Xavier Oliveau défend un signal prix pour assurer le besoin de baisser la consommation énergétique, pour des raisons d’approvisionnement.
« Laissons les prix augmenter mais redistribuons aux ménages : pas par un chèque énergie mais par un chèque tout court. Justement, il n’est pas donné pour le dépenser en énergie mais pour maintenir le pouvoir d’achat. »
Seulement il imagine que cette hausse du prix, via une taxe, soit compensée par un chèque sans condition et universel. Ce mécanisme socio-fiscal bien connu des économistes rappelle notre revenu universel, défendu par Marc de Basquiat.
« Cela a des vertus redistributrices car ceux qui consomment le plus sont ceux qui ont le plus de pouvoir d’achat. Cela permet à chacun de maintenir son pouvoir d’achat énergétique. »
Face à l’enjeu climatique comme à celui de raréfaction des ressources, une redistribution des recettes d’une taxe sous la forme d’un revenu inconditionnel est la réponse optimale pour atteindre les objectifs de réduction de la consommation énergétique et du carbone, sans sacrifier les libertés fondamentales.
Pour voir l’entretien de François-Xavier Oliveau, cliquer ICI.
Pour (re)lire notre rapport « Liber : une proposition réaliste », cliquer ICI.
Publié le 13/10/2022.
Pour Liber-thé, Gaspard revient sur son voyage dans le monde de l’intelligence artificielle et sur son roman dystopique « L’enfer ».
Gaspard aborde dans cet entretien les conséquences de l’intelligence artificielle et du néolibéralisme, qu’il redoute pour leur propension à l’utilitarisme. Il oppose l’idée de progrès – à laquelle il est attachée – à l’optimisation qu’il juge menaçante pour le libre-arbitre, fondement de la pensée libérale.
« Depuis deux siècles, on nous a toujours dit que prospérité et libertés fondamentales allaient de pair. C’est l’argument de Hayek pour la société libre. L’IA change un peu la donne car il y a une tension entre prospérité et vie privée. »
La dystopie numérique décrite par Gaspard n’est pas un fantasme mais une réalité appliquée à l’ensemble de la Chine depuis 2020, sous le nom de crédit social. Si les résultats sécuritaires peuvent réjouir certains responsables politiques, il faut réaffirmer l’inadéquation entre ces concessions politiques et notre civilisation individualiste. Dans ce contexte, il défend un droit de propriété sur les données personnelles, sécurité en phase avec les dangers posés par les prouesses techniques que peut accomplir l’IA.
« La réflexion libérale doit intégrer une réflexion sur la liberté elle-même. Est-ce la multiplication des possibles ? Ou plutôt exactement l’inverse, de manière plus stoïcienne à savoir l’idée d’être indépendant des possibles ? »
Gaspard détaille sa condition lors de son voyage à cheval, en opposition totale à l’IA. Il explique s’être senti plus libre pourtant dans une situation de dépendance avec son cheval mais surtout affranchi d’une vie quadrillée et réglementée qui fait fi de notre commune humanité.
«Les plus belles réalisations viennent toujours d’une erreur au début» Gaspard Koenig, s’est assis dans notre fauteuil pour aborder son approche du libre arbitre et sa réponse au danger pour la liberté que peut représenter l’IA.
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— Liber-thé (@liber__the) October 11, 2022
Il clôture par un hommage à l’œuvre entière de David Graeber, anarchiste critique du néolibéralisme, qui a largement refaçonné sa pensée notamment sur la primauté du citoyen (libéralisme politique) sur le consommateur (libéralisme économique). Il mentionne « Le prix de nos valeurs », co-écrit par les libéraux Augustin Landier et David Thesmar, essai qui décrit la subtilité, parfois conflictuelle, entre volonté politique et rationalité économique.
Pour voir l’entretien de Gaspard, cliquer ICI.
Pour (re)lire notre rapport « Mes data sont à moi », cliquer ICI.
Publié le 12/10/2022.
