Le pouvoir d’achat baisse-t-il ? Le paradoxe de Tocqueville

D’une révolte contre l’augmentation du prix du carburant, le mouvement des Gilets Jaunes est passé à la demande d’une hausse du pouvoir d’achat, que l’Etat ne peut satisfaire qu’avec une hausse des impôts. Dans cette tribune pour Le Point, notre directeur des études, Kevin Brookes, souligne ce paradoxe déjà documenté par Alexis de Tocqueville.

 

Kevin reprend le paradoxe de Tocqueville selon lequel « à mesure que l’égalité s’établit, que les privilèges reculent, que la situation matérielle s’améliore, les individus tolèrent de moins en moins les inégalités et aspirent à encore plus de confort matériel ».

De nombreuses statistiques montrent que le pouvoir d’achat s’est amélioré ces dernières années en France, et pourtant, il n’en est pas fini de l’adage qui dit que l’herbe est toujours plus verte ailleurs, en particulier chez son voisin. Une des pistes de réflexion est que les prix ont augmenté plus vite que les revenus dans certains secteurs, des secteurs hautement réglementés et contrôlés par l’Etat.

Le gouvernement gagnerait donc à se focaliser sur de réelles inflexions dans les politiques publiques plutôt que sur la distribution aveugle de « pouvoir d’achat », notamment à la veille des élections européennes. Assouplir la réglementation, introduire davantage de concurrence ou encore rendre plus lisible les feuilles d’impôts sont autant de réponses aux problématiques soulevées par les Gilets Jaunes.


Pour lire la tribune de Kévin Brookes dans Le Point « Gilets jaunes : le paradoxe de Tocqueville », cliquer ICI.

Pour lire l’analyse de Kévin Brookes dans Le Point – Phébé « Pour être influent, un laboratoire d’idées doit parler au centre sur le positionnement des think-tanks », cliquer ICI.

Theresa May ne devrait pas s’improviser gaulliste

Dans sa dernière chronique pour les Echos, Gaspard Koenig démontre que l’impasse actuelle sur le Brexit est liée au mépris de Theresa May pour la tradition parlementaire britannique.

 

En effet, en ne prenant pas en compte la tradition délibérative de son pays, elle a méprisé le Parlement. Elle s’est adressée au pays à la manière du Général de Gaulle parlant aux “Françaises, Français”, comme si le Royaume-Uni était un régime présidentiel.

Gaspard constate ainsi que le berceau du parlementarisme éclairé est en train de se transformer en ochlocratie plébiscitaire, avec un chef de l’exécutif solitaire et martial, des référendums pour trancher les décisions difficiles, et des luttes incessantes pour déterminer qui mérite de parler au nom de “peuple”.

Il termine son propos en soulignant l’urgence d’une réflexion sur des formes de délibération qui dépasseraient ce face-à-face puéril d’un gouvernant et de son “peuple”, et sur la nécessité d’inventer des formes de représentation adaptées à l’ère digitale.


Pour lire la chronique de Gaspard Koenig dans Les Echos « Brexit : la faute de Theresa May », cliquer ICI.

Que faire contre la haine sur internet ?

Dans sa dernière chronique pour l’Opinion, Maxime Sbaihi s’interroge sur la proposition de loi dite « contre la haine sur Internet » et analyse le modèle allemand dont Emmanuel Macron souhaite tant s’inspirer.

 

Il explique que la loi “Netzwerkdurchsetzungsgesetz” de nos voisins d’outre-Rhin, qui vise à réguler la haine sur internet, oblige les plateformes à supprimer ou bloquer sous 24h tout contenu “manifestement illégal” signalé par les utilisateurs, sous peine d’amendes très coûteuses. Cette disposition laisse aux plateformes le soin de déterminer ce qui est illégal ou non, et revient à leur déléguer le pouvoir judiciaire normalement dévolu à l’Etat.

En outre, en les menaçant d’une sanction, les plateformes s’attellent à respecter cette loi à la lettre et ciblent de manière large tout propos pouvant être mal interprété, même ceux emplis d’ironie. Maxime Sbaihi estime ainsi que la France ne devrait pas s’imposer un cadre tuant l’ironie et blessant la liberté d’expression mais devrait adapter la justice au monde numérique. En effet, sur nos écrans ou dans la rue, la haine ne se combat pas en restreignant les libertés.


Pour lire la chronique de Maxime Sbaihi dans L’Opinion « Haine sur internet : l’Allemagne n’est pas un modèle », cliquer ICI.

Pour lire notre rapport « Rétablir la liberté d’expression« , cliquer ICI.

Pour retrouver les analyses de notre expert Aurélien Portuese sur la loi contre les fake news, cliquer ICI.

Solitude et universalité de l’intellectuel au XXIe siècle

Suite à l’invitation d’une soixantaine d’intellectuels à l’Elysée, dans le cadre du grand débat, Gaspard Koenig s’interroge, dans sa dernière chronique pour Les Echos, sur le devenir de cet étrange moineau qu’est l’intellectuel français.

 

Il explique que ce qui différencie l’intellectuel de l’expert, c’est l’attrait pour l’universalité et la solitude. En effet, l’universalité lui permet de réfléchir sur tout, et la solitude est le seul moyen pour que naisse en lui une pensée libre et originale.

Gaspard exprime ainsi son envie de laisser une nouvelle chance à l’intellectuel français. Il estime que l’universalité est toujours nécessaire, surtout lorsque le débat global n’est abandonné qu’à des spécialistes. Néanmoins, du fait de la complexité des questions actuelles, l’intellectuel français doit rompre avec sa solitude pour frotter ses idées au réel.


Pour lire la chronique de Gaspard Koenig dans Les Echos « Que reste-t-il de nos intellectuels ? », cliquer ICI.

Il faut savoir traverser en-dehors des clous

En illustrant l’impréparation des gouvernements face au Brexit, Gaspard Koenig pointe, dans sa dernière chronique pour Les Echos (lire ICI), l’absurdité du trop-plein de règles.

 

L’enfer imposé par la “grève du zèle” des douaniers, qui respectent à la lettre les procédures, est devenu le cauchemar des 30 000 passagers quotidiens interrogés individuellement sur les raisons de leur voyage. Cet exemple prouve combien la société serait ingérable et le quotidien insupportable si l’on prenait la loi trop au sérieux.

Gaspard Koenig souligne ainsi l’importance de “l’illégalisme”, qui consiste à reconnaître une zone grise entre le droit et le non-droit. A une époque où les techniques d’intelligence artificielle servent à identifier et contrôler les comportements, il est primordial de cultiver son jardin d’illégalismes.


Pour lire la chronique de Gaspard Koenig dans Les Echos « La fable du Brexit, du douanier et de l’Eurostar », cliquer ICI.

Pour lire notre rapport « Pour une révolution normative », signé Jean-Ludovic Silicani pour notre think-tank, cliquer ICI.

La Finlande n’a pas expérimenté le revenu universel

Le revenu universel n’a pas été expérimenté en Finlande. C’est ce qu’explique notre expert Marc de Basquiat dans un dossier pour Le Monde (lire ICI). Pour être mis en place en France, il nécessiterait une réforme socio-fiscale d’ampleur, comme modélisée dans nos deux rapports.

 

En fait, il conviendrait de conduire une réforme fiscale et sociale afin d’adapter mensuellement et de manière automatique les prélèvements, d’une part, ainsi que les transferts monétaires, d’autre part, à la situation de chaque personne.

Pour ce faire, Marc de Basquiat propose la mise en place d’un impôt automatique sur tous les revenus, dès le premier euro, et simultanément, la simplification du calcul d’un certain nombre d’aides (RSA, diverses primes d’activité ; hors logement et handicap) pour l’allocation systématique et inconditionnelle d’un revenu universel versé chaque mois à tous. Ce revenu universel vise à éradiquer la grande pauvreté.

« Pour les personnes seules au RSA, le mécanisme fiscal est monétairement équivalent mais infiniment plus simple. Pour les contribuables des classes moyennes supérieures, cela ne change rien non plus. En revanche, pour les actifs aux revenus modestes, qui forment l’essentiel des cortèges de « gilets jaunes », la réforme fiscale permet un gain monétaire significatif. » Marc de Basquiat

La récente mise en place du prélèvement à la source, et les réflexions du Gouvernement pour simplifier les aides sociales, constituent un moment d’exception pour explorer notre proposition.


Pour lire la tribune de notre expert Marc de Basquiat dans Le Monde : « Revenu universel : en France, il s’agit avant tout d’une nécessaire réforme de l’impôt sur le revenu », cliquer ICI.

Pour lire notre rapport « Liber, un revenu de liberté pour tous« , cliquer ICI.

Emmanuel Macron glisse vers un despotisme démocratique

En essayant de définir ce qui peut être écrit, dit, tweeté ou manifesté, Emmanuel Macron ne répond pas à la définition d’une “société ouverte”, explique Gaspard Koenig dans sa tribune pour le Financial Times (lire ICI). En effet, l’Etat de droit n’est pas censé condamner les attitudes déviantes, irritantes ou excentriques qui ne nuisent pas directement à autrui.

 

Loi anti fake news, loi anti casseurs, fichier TES et bientôt loi sur le cyber harcèlement : répondre à chaque trouble social par une loi, afin d’apaiser l’opinion publique, finit par exacerber les tensions.  Cette pratique du pouvoir risque d’entraîner des abus bien plus graves. Si ce n’est pas par ce gouvernement, ce sera par un autre, à venir.

Pour Gaspard Koenig, Emmanuel Macron est sur la pente glissante du “despotisme démocratique” bien connu des lecteurs de Tocqueville, et qui place indûment le bien-être général et la sécurité publique au-dessus des droits individuels. Une tendance aujourd’hui inquiétante dans le monde parmi les démocraties libérales. Ces dernières empruntent le mode opératoires des régimes autoritaires, bien que démocratiques.


Pour lire la tribune de Gaspard Koenig dans le Financial Times « Emmanuel Macron is on a slippery slope towards ‘democratic despotism’ » , cliquer ICI.

Europe : la lettre de Macron décryptée par GL

Dans son interview pour Atlantico, Maxime Sbaihi revient sur la tribune qu’Emmanuel Macron a adressé aux citoyens européens le 5 mars. Régulation d’Internet, politique d’immigration commune, salaire minimum européen, DARPA européen, taxation des GAFAs… tout est décrypté par notre directeur.

 

Atlantico : Dans quelle mesure les propositions formulées par le chef de l’Etat pourraient-elles être perçues comme « typiquement françaises » ? En quoi cette approche diffère-t-elle de ce qu’est la réalité européenne actuelle ?

Maxime Sbaihi : Tout d’abord, il faut saluer cette tribune pour sa forme. On peut être en désaccord avec son contenu mais force est de constater qu’Emmanuel Macron est un des seuls en Europe à essayer de faire avancer le débat avec ce genre d’initiative. La France est redevenue une force de proposition. Cette tribune vise juste en voulant européaniser un scrutin européen qui a trop souvent été nationalisé par des politiciens pour qui l’Europe est un moyen plutôt qu’une fin.

On peut être en désaccord avec son contenu mais force est de constater qu’Emmanuel Macron est un des seuls en Europe à essayer de faire avancer le débat avec ce genre d’initiative.

Sur le fond, ses propositions peuvent être effectivement perçues comme typiquement françaises dans la mesure où on retrouve partout la patte de l’interventionnisme étatique. Si j’extraie les idées concrètes de la tribune, est proposée la création d’une agence européenne de protection des démocraties, d’un office européen de l’asile, d’un conseil européen de sécurité intérieure, d’une force sanitaire européenne, d’un salaire minimum européen, d’une banque européenne du climat et d’une Conférence pour l’Europe. Avec autant de nouvelles initiatives publiques, j’entends les dents grincer dans les chancelleries voisines.

Dans sa tribune, la liberté est immédiatement évoquée mais aussi rapidement évacuée au bout d’un paragraphe, qui finit d’ailleurs par demander des règles européennes pour « bannir d’Internet tous les discours de haine et de violence ». J’ai bien peur que ce genre d’ambition accouche de mesures liberticides. Les premiers effets de la loi Netzwerkdurchsetzungsgesetz sur la régulation du web en Allemagne, que la France cherche à copier, fait craindre le pire pour la liberté d’expression.

Les premiers effets de la loi Netzwerkdurchsetzungsgesetz sur la régulation du web en Allemagne, que la France cherche à copier, fait craindre le pire pour la liberté d’expression.

La politique d’immigration commune, que Macron appelle de ses vœux, est d’une nécessité absolue pour enfin harmoniser les règles et procédures d’accueil. En revanche, je ne suis pas sûr qu’on combatte efficacement les nationalistes en empruntant, comme il le fait, leur obsession pour la frontière et la protection. Sur la défense commune, les ambitions sont bonnes mais les modalités manquent. On retrouve en filigrane de cette tribune l’idée, juste, qu’aucun pays ne peut surmonter ces défis seul. Sur l’immigration, la défense, le climat, le numérique ou l’énergie, l’action purement nationale est inefficace. Autrement dit, la réelle souveraineté sur ces sujets n’est plus nationale mais supranationale. L’Europe est donc le cadre optimal pour les traiter. Macron avait déjà développé cette idée intéressante de souveraineté européenne lors de son discours d’Athènes en 2017.

Je ne suis pas sûr qu’on combatte efficacement les nationalistes en empruntant, comme Emmanuel Macron le fait, leur obsession pour la frontière et la protection.

L’idée d’un « salaire minimum européen, adapté à chaque pays et discuté chaque année collectivement » est mauvaise. Elle pourrait nuire gravement à la convergence économique entre les membres. Quelle ironie de voir la France, pays qui a le salaire minimum le plus élevé d’Europe mais aussi un des plus hauts taux de chômage, vouloir l’imposer aux autres. De manière générale je pense que c’est précisément cette volonté d’exporter nos échecs, nos impôts et notre chômage, qui agace nos voisins. Nos Gilets Jaunes et nos performances économiques ne les font pas rêver.

L’idée d’un « salaire minimum européen, adapté à chaque pays et discuté chaque année collectivement » est mauvaise.

Atlantico : Quelle serait la part « d’esprit français » qui pourrait être perçue positivement par les européens ?

Maxime Sbaihi : Je pense que les politiques français doivent cesser de voir l’Europe comme une grande France sur laquelle il suffirait de plaquer nos réflexes nationaux pour la faire marcher. C’est contre cet esprit-là qu’il faut d’abord se battre chez nous. Il dessert l’autre « esprit français », celui qui est salué mondialement et qui reconnait notre excellence mathématique, nos réseaux diplomatiques, nos bibliothèques, notre panache, notre art de vivre, nos traditions et la fierté de notre patrimoine.

Quand Emmanuel Macron écrit que « l’Europe n’est pas qu’un marché, elle est un projet », il a raison. L’Europe est avant tout un projet de liberté, bâti autour de la garantie des libertés individuelles et économiques. La réalisation des quatre libertés fondamentales que sont la libre circulation des personnes, marchandises, services et capitaux a permis une période inédite de prospérité et paix. L’esprit français, pour reprendre vos mots, devrait davantage s’employer à le rappeler et le défendre.

Je pense que les politiques français doivent cesser de voir l’Europe comme une grande France sur laquelle il suffirait de plaquer nos réflexes nationaux pour la faire marcher.

Dénoncer les mensonges et les impasses du Brexit ça fait du bien mais il faut aller plus loin et en profiter pour rappeler les bénéfices de l’Europe que nous avons oubliés parce qu’ils sont devenus des habitudes. Les 100 000 entreprises exportatrices britanniques qui se demandent si elles pourront encore commercer avec l’UE réalisent soudainement tout ce que l’Europe permet. Travail saisonnier, vols internationaux, examens sanitaires, traités de libre-échange : tous ces obstacles qui réapparaissent au Royaume-Uni à l’heure de quitter l’UE devraient être rappelés partout ailleurs. On reconnait le bonheur au bruit qu’il fait quand il s’en va, disait Prévert. C’est pareil pour l’UE : on reconnait ses bienfaits au chaos qui advient quand on la quitte. La France ferait bien d’en tirer des leçons plutôt que se moquer des britanniques.

L’Europe est avant tout un projet de liberté, bâti autour de la garantie des libertés individuelles et économiques. La réalisation des quatre libertés fondamentales que sont la libre circulation des personnes, marchandises, services et capitaux a permis une période inédite de prospérité et paix.

La France devrait surtout remettre l’Europe sur le chemin de la liberté et lui redonner le goût de l’innovation. Pourquoi pas créer un DARPA européen, mais le meilleur moyen de promouvoir l’innovation c’est surtout de terminer le marché unique. Il doit encore être approfondi et décloisonné pour faciliter la circulation des capitaux et donc le financement de l’économie de demain.

Je pense que la France devrait aussi pousser dans la voix de la démocratisation de l’Europe. La proposition de Conférence pour l’Europe ressemble trop aux conventions que Macron avait annoncées en 2017, avec le résultat que l’on sait. Ce n’est pas à la hauteur des enjeux. Je suis déçu de constater que Macron semble avoir abandonné son idée de parlement de la zone euro. En tout cas, elle ne figure pas dans sa tribune. Doter la zone euro d’un véritable parlement dédié, pour faire contrepoids à l’Eurogroupe, est une idée à pousser. La France a créé l’union monétaire, elle doit œuvrer à sa finition.

Le meilleur moyen de promouvoir l’innovation c’est surtout de terminer le marché unique.

Atlantico : A l’inverse, à quelle part de cet « esprit français » devrions-nous renoncer pour permettre une réelle avancée européenne ?

Maxime Sbaihi : Il faut résister à notre obsession de vouloir mettre de l’Etat et des impôts partout. Cessons de croire que ce qui ne marche pas chez nous marchera en Europe. J’ai constaté, avec un certain soulagement je dois l’avouer, que Macron n’a pas proposé de nouvelle taxe dans sa tribune. Néanmoins, il suffit d’écouter deux minutes son ministre de l’économie pour qu’il fasse rimer Europe avec harmonisation fiscale et taxe GAFA.

Prenons justement l’exemple de la taxe GAFA : c’est une énorme occasion manquée pour la France. Elle a fait du forcing pour l’imposer au niveau européen mais, face aux réticences légitimes de nos voisins, a dû battre en retraite. On s’inflige une idée dont presque personne ne veut. Comment reprocher à nos voisins européens d’accueillir avec suspicion une nouvelle taxe de la part du champion européen de la pression fiscale ?

Il faut résister à notre obsession de vouloir mettre de l’Etat et des impôts partout. Cessons de croire que ce qui ne marche pas chez nous marchera en Europe.

Mais surtout, quel manque d’ambition et d’imagination ! Plutôt que taxer ces nouveaux champions, l’UE devrait premièrement se demander pourquoi ils ne sont pas européens, pourquoi son économie ne permet pas l’émergence de tels champions. La deuxième question à se poser est celle du cadre de régulation adéquat face à une nouvelle économie. L’UE a déjà innové l’année dernière avec le RGPD qui inspire désormais d’autres pays. Il faut aller plus loin. Ces plateformes font leur beurre avec nos données personnelles. Entre l’autoritarisme numérique chinois et la surveillance privée de la Silicon Valley, l’Europe peut inventer un nouveau modèle. Comment ? Par exemple avec un tout nouveau cadre juridique autour de la propriété privée des données personnelles, défendue par GenerationLibre. Voilà un beau projet que la France devrait porter au niveau européen plutôt que déballer, puis remballer, une nouvelle taxe inefficace et naïve. L’Europe ne manque pas d’idées, ce sont ses décideurs qui manquent d’imagination. Le fameux esprit français a ici un joli coup à jouer.

Entre l’autoritarisme numérique chinois et la surveillance privée de la Silicon Valley, l’Europe peut inventer un nouveau modèle. Comment ? Par exemple avec un tout nouveau cadre juridique autour de la propriété privée des données personnelles, défendue par GenerationLibre.


Pour lire notre rapport en faveur de la patrimonialité des données numériques, cliquer ICI.

Pour relire nos travaux sur les travailleurs détachés, cliquer ICI.

Pour lire notre note : « Vers l’auto-entrepreneur européen ? », cliquer ICI.

Hidjab, porte-jarretelles : liberté ou soumission ?

L’affaire du hidjab de course de Decathlon symptomatise une laïcité mal comprise en France. La loi de 1905 est en effet bien plus libérale que son interprétation courante, comme l’explique Gaspard Koenig dans sa chronique (lire ICI). Kim Bloch-Lazare vous résume le propos.

 

La semaine dernière, un scandale politico-médiatique, autour du hidjab de sport de Decathlon, a remis en cause le droit de courir des femmes voilées, constate Gaspard Koenig. Mais depuis quand la laïcité est-elle devenue synonyme d’interdits ? Elle n’est pas censée promouvoir un athéisme d’Etat mais permettre la coexistence pluraliste des religions.

Dans cette polémique sur le hidjab de course, on retrouve le vieux réflexe rousseauiste de forcer les hommes et les femmes à être libres. Or la laïcité a été conçue pour permettre aux citoyens de vivre leur foi de manière autonome. En outre, l’argument du porte-jarretelles comme reflet de la domination masculine la plus crue permet à Gaspard Koenig de poser la question suivante : en quoi le porte-jarretelles serait-il moins un symbole de soumission que le hidjab de sport ?


Pour lire la chronique de Gaspard Koenig dans Les Echos « Les femme voilées ont le droit de courir » , cliquer ICI.

France-Venezuela : La nouvelle faillite des intellectuels

L’intellectuel est faillible. Alors que la crise au Venezuela s’aggrave de jour en jour, des soutiens, venus de toute part, fusent … en faveur du dictateur Nicolas Maduro. Situation pourtant loin d’être inédite, comme l’explique Gaspard Koenig dans sa chronique (lire ICI). Camille Pimont vous résume le propos.

 

Gaspard Koenig l’admet : il n’est jamais allé au Venezuela, et ne sait donc, de la crise actuelle, que ce que les médias rapportent. Cependant, les documentations dans le New York Times, Le Monde ou Human Rights Watch, dessinent un angle de lecture : le Venezuela est une dictature qui a épuisé les ressources naturelles d’un pays qui en était pourtant riche.

Jean-Paul Sartre défendait avec ardeur Mao, Michel Foucault chantait les louanges de l’ayatollah Khomeyni. Aujourd’hui, le régime autoritaire de Maduro ne manque pas de soutien dans les sphères intellectuelles. On appelle à la prochaine phase de la révolution bolivarienne. Paradoxe, comme le relève Gaspard Koenig, qui montre bien que l’intellectuel, tout être humain qu’il est, n’est pas à l’abri des passions et des idéologies.


Pour lire la chronique de Gaspard Koenig dans Les Echos « Le Venezuela et la faillite des intellectuels » , cliquer ICI.

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