Europe

Réforme du travail détaché : un mauvais combat

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Entre les partisans d’une révision (les pays d’Europe de l’Ouest) et ceux du statut quo (les pays d’Europe Centrale et Orientale), le débat sur la directive des travailleurs détachés fait rage au sein des institutions européennes.

L’une des principales implications de cette refonte de ce statut serait l’alignement des conditions de rémunération des travailleurs détachés sur celles des travailleurs locaux.

Des attaques économiquement trompeuses

Mais les préoccupations sociales affichées, probablement sincères pour certaines, ne peuvent occulter les véritables moteurs de l’hostilité au travail détaché, que sont un refus explicite de la concurrence et une xénophobie latente. Ces attaques répétées contre le travail détaché s’avèrent économiquement trompeuses et socialement contre-productives.

Longtemps sujette à controverse, la question du statut des travailleurs détachés fait l’objet, à l’aune de la campagne présidentielle, d’un curieux consensus…contre lui.

Il s’avère alors nécessaire de déconstruire certaines contre-vérités qui gravitent autour de cette question. La différence entre le coût d’un travailleur local et celui d’un travailleur détaché doit être relativisée. De même, l’impact du travail détaché sur notre taux de chômage est largement fantasmé.

Solidarité intra-européene

Réformer le statut du travailleurs détachés en imposant de payer les travailleurs détachés au même prix que les travailleurs locaux ne fera qu’entraîner leur exclusion du marché ainsi que les sociétés dont ils émanent, essentiellement des pays de l’Europe centrale et orientale aux économies et niveau de vie plus modestes.

C’est parce que cette exportation de main d’œuvre constitue une forme efficace de solidarité intra-européenne, qu’une application rigoureuse des règles existantes s’impose face à une réforme qui lui ferait perdre beaucoup de son utilité.