[Lu ailleurs] Contre le déclinisme, en finir avec le centralisme – Laetitia Strauch-Bonart

Dans son dernier livre « De la France, ce pays que l’on croyait connaître », Laetitia Strauch-Bonart explore la psyché politique française. Contre le déclinisme ambiant, un nouveau pacte social est possible, explique la journaliste. Son principe : en finir avec le centralisme. 

 

Pour la journaliste officiant dans les pages idées, la France pâtit de ce qu’elle nomme « la société de la créance ». Bien loin de la réciprocité matérielle et symbolique du « don – contre don » définie par l’anthropologue Marcel Mauss, Laetitia Strauch-Bonart argue que les demandes permanentes de l’Etat aux Français sont telles qu’ils ont « le sentiment de ne jamais recevoir autant qu’ils ont donné, et ce, même quand ils sont généreusement dédommagés ». Impuissant à répondre aux aspirations citoyennes, le léviathan étatique – métaphore qu’elle reprend à Hobbes – crée pourtant une dépendance chez les citoyens par son omniprésence dans leur vie quotidienne.

« Associée à un centralisme fort, un système présidentiel qui ne permet pas l’expression de la diversité des opinions, des statuts et rentes toujours présents, la faiblesse des intermédiaires entre l’État et les citoyens et  l’asphyxie de la société civile, « la société de créance » est source d’instabilité et de ressentiment. » 

Loin des récits laudateurs d’une France sereine et apaisée au temps de l’Ancien Régime – n’oublions pas les jacqueries et les guerres de religions -, dont le subtil équilibre aurait été rompu par la période révolutionnaire, Laetitia Strauch-Bonart rappelle que l’histoire de France est faite de stasis – dissensions internes au sein d’une Cité-État qui débouchent sur de violentes crises politiques. Pour la journaliste, la crise des gilets jaunes, conforme à cette loi d’airain nationale, pointe l’absence de représentativité politique en France. La « monarchie présidentielle » ainsi que la faiblesse des contre-pouvoirs à l’État sclérosent le débat démocratique et accentuent le fossé qui sépare les Français de leurs institutions. L’abstention croissante et la virulence des messages adressés à l’encontre du Président lors de chaque manifestation contestataire en sont de bons témoignages.

Pensée pour répondre à l’instabilité politique des régimes parlementaires, la prédominance de l’exécutif sur le législatif, très marquée depuis l’entrée dans la Ve République, est aujourd’hui le mal qu’il convient de soigner.

« Le système présidentiel concentre le pouvoir et ne peut représenter réellement les aspirations. Cela empêche même qu’il y ait un débat. »

Laetitia Strauch-Bonart exhorte à la décentralisation du pouvoir ainsi qu’à la  responsabilisation des institutions afin de sortir de ce marasme politique ambiant. Si la seconde perspective fera l’objet d’un prochain rapport de GenerationLibre, notre think thank mène le combat des idées – avec la publication de rapports consacrés à la décentralisation – pour qu’advienne un pacte authentiquement girondin.


Pour lire l’entretien de Laetitia Strauch-Bonart accordé à La Montagne, cliquer ICI.

Pour lire des extraits de son ouvrage, cliquer ICI.

Pour lire notre rapport « Le pouvoir aux communes », cliquer ICI.

Pour lire notre rapport « Oser le pacte girondin », cliquer ICI.

 

Publié le 23/03/2022.

Gaspard Koenig : « Un président ne devrait pas guérir les écrouelles. »

Sur LCP, Gaspard Koenig s’entretient avec l’éditorialiste du Figaro Yves Thréard sur l’idée qu’il se fait de la France. Au cours de cet échange, il pose les jalons philosophiques de notre combat pour des institutions moins présidentialisées. 

 

Gaspard dénonce la personnalisation du pouvoir en France permise par les codicilles constitutionnels – élection au suffrage universel direct à partir de 1962, passage au quinquennat, synchronisation du calendrier électoral. Selon lui, la France vit dans le mythe de l’homme providentiel qui tel un Atlas moderne serait capable d’assumer seul sur ses épaules le poids de la Nation. Pour illustrer ce phénomène, il invoque la scénographie d’un Emmanuel Macron apparaissant seul face aux Français lors des assemblées communales du Grand Débat consécutif à la crise des gilets jaunes. Sa prétention à éluder d’un coup de baguette magique les problèmes quotidiens des Français n’est pas sans rappeler la figure du roi thaumaturge. À cette figure du « Président guérisseur d’écrouelles », Gaspard dit non.

« On voit très bien qu’en France, quand on n’est pas d’accord avec le pouvoir, on a deux options : la plume ou la rue. C’est très infantile, au fond, comme rapport à la démocratie. »

Comble de l’histoire ! Gaspard rappelle que les ministres des finances ont davantage changé sous la Ve République que sous les deux régimes constitutionnels précédents – IIIe République et IVe République – pourtant caractérisés par leur instabilité ministérielle. L’historiographie de la Ve République occulte la puissance de transformation guidée par les débats, les idées et les partis qu’ont eu les deux régimes précédents. La Ve République est en proie à l’inertie malgré le mythe unitaire qu’elle a forgé dans la figure du président rassembleur. Or, comme le montre Gaspard, les réformes radicales enclenchées sous la Ve République – privatisations sous Chirac, les 35h sous Jospin – l’ont été durant des périodes de cohabitations lorsque le parti arrivé au pouvoir à l’Assemblée nationale se contentait d’appliquer son programme et non de rassembler les Français.

« Paradoxalement et étonnamment, plus le pouvoir est concentré, moins il est efficace. »

Quand débute la France ? À cette épineuse question, Gaspard répond que « sa » France prend corps en 1789. C’est à l’issue des évènements débutés en 1789 que les Français rédigent la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen, texte à « la puissance inouïe », et qu’ils fondent un État moderne libéral avec lequel l’individu entretient un lien direct. Par le truchement de la loi Le Chapelier de 1791, cet État détruit les corporations. Pour permettre aux individus le droit d’afficher des valeurs et de former des collectifs spontanées, la fabrique de la loi se doit d’être culturellement neutre. Le libéralisme français est consubstantiellement lié à l’État : comme le rappelle Gaspard, pour que la liberté s’épanouisse, l’État doit la garantir par le droit

Gaspard rejette l’idée du déclin français, omniprésente dans l’espace public. Au contraire, selon lui, les pays ne sont ni en progrès ni en déclin, ils bougent seulement et se transforment. La morale n’est pas l’affaire de la politique. Bien sûr qu’il existe des racines chrétiennes en France mais là n’est pas la question pour le fondateur de GenerationLibre. La politique doit tendre à l’émancipation individuelle des individus tout en laissant aux débats imprégnants l’espace public le soin de traiter les affaires culturelles, religieuses et de civilisation. Parfaite illustration de cette séparation : la loi de 1905.

 


Pour visionner l’entretien, cliquer ICI.

 

Publié le 22/03/2022.

[Lu ailleurs] Doit-on conditionner les minima sociaux ? – Julien Damon

Dans Le Point, le sociologue et spécialiste de la protection sociale, Julien Damon, analyse les propositions de Valérie Pécresse et Emmanuel Macron pour conditionner la perception d’un revenu minimum à une activité professionnelle.

 

Quel bilan pour le RSA ? Dans l’entretien qu’il livre au journaliste du Point, Kevin Badeau, le sociologue loue le principe d’un revenu minimum. Preuve de son efficacité, il permet à ses bénéficiaires de « sortir de la misère ». En revanche pour le spécialiste de la protection sociale, force est de constater l’échec de son corollaire : les politiques d’insertion.

« Plus aucun parti politique ne rejette l’idée d’une prestation sociale minimum. Même pas les libéraux ! »

Si juridiquement les propositions de Valérie Pécresse – le conditionnement du RSA à une activité de quinze heures hebdomadaires – et d’Emmanuel Macron – le conditionnement d’un revenu minimum à une activité dont le taux horaire hebdomadaire n’est pas encore défini – sont tout à fait réalisables, dans la pratique elles semblent impossibles à mettre en oeuvre. En cause : le million d’emploi à taux plein qu’il faudrait trouver dans un pays qui compte trois millions de chômeurs.

Julien Damon voit dans le projet du revenu universel d’activité une tentative de simplification de l’ensemble des minima sociaux en une unique prestation. Néanmoins, la complexité d’application de ce chantier pourrait l’ajourner aux calendes grecques.

Dans le même temps, dix-neuf présidents de départements de gauche, des universitaires et des acteurs associatifs interpellent l’Etat, dans une tribune au « Monde », afin d’instaurer un revenu de base, prioritairement pour les 18-24 ans.

« Il y a un certain consensus dans les idées de revenu minimum et de revenu universel. »

A rebours des idées reçues sur le sujet, le professeur associé à Sciences Po explique que l’idée d’un revenu universel se retrouve historiquement parmi les principaux défenseurs du libéralisme et notamment chez les célèbres économistes nobélisés Milton Friedmann et Friedrich Hayek.

GenerationLibre salue la volonté du Président de la République d’automatiser le du versement du RSA – en miroir du prélèvement de l’impôt à la source, mais dénonce le durcissement des conditions pour l’obtenir dans son programme et celui de Valérie Pécresse. Avec GenerationLibre, dans le cadre du prélèvement à la source, il s’agirait d’un montant de 500€ versé automatiquement à tous les Français, en même temps qu’un impôt au taux proportionnel de 30% sur le revenu du mois qui précède, au premier euros près.


Pour lire l’article du Point, cliquer ICI.

 

 

Publié le 18/03/2022.

Ukraine, présidentielle, Corse : le regard de Christophe sur l’actu

Invité sur Cnews, notre directeur Christophe Seltzer analyse les sujets qui font l’actualité en compagnie de Laurence Sailliet, Bastien Lejeune et Alexandre Melnik. 

 

Guerre en Ukraine : attention aux pièges du nationalisme et des empires. 

Interrogé sur l’exode des réfugiés ukrainiens, Christophe plaide pour l’accueil de tous les Ukrainiens désireux de rejoindre la France et, contrairement à Bastien Lejeune, qui souhaiteraient s’y établir durablement. Il s’étonne qu’en 2015, les réfugiés syriens n’aient pas bénéficié du même enthousiasme alors que la plupart des économistes démontrent les gains économiques de l’immigration. Surtout quelle différence entre les réfugiés d’un continent ou d’un autre ?

Faut-il qualifier Poutine de dictateur ? Christophe refuse de l’affubler d’un tel qualificatif. Pour le directeur de GenerationLibre, s’exprimer de la sorte déclencherait un engrenage dont-on comprend bien qu’il serait néfaste à tous. Au contraire, il exhorte à opposer aux velléités impériales une diplomatie multilatérale.

Campagne présidentielle : démocratie partout, débat nul part ?

Christophe se désole de l’état de la campagne actuelle : entre la non-équité de traitement entre les différents candidats – Jean Lassalle pas invité sur TF1 – et l’absence de débats frontaux – Macron s’y refusant -, il pointe la faiblesse démocratique de cette élection. Si Christophe comprend que le temps médiatique est légitimement pris par le conflit ukrainien, c’est précisément au nom de la démocratie que l’on veut défendre là-bas, qu’il faut continuer à la faire vivre ici en France.

Il se montre pressé de consulter le programme d’Emmanuel Macron dont il espère qu’il contiendra des réformes de fond, par exemple une transformation des institutions autour d’une décentralisation du pouvoir et d’une dé-présidentialisation de la France ou encore des propositions de politiques publiques ambitieuses comme notre revenu universel. Ne pouvant pas se représenter en 2027, il n’aurait rien à perdre pour prendre au sérieux la radicalité du centrisme.

Essence et fin du mois ? Dividende (carbone) et revenu universel !

Devant la montée du coût de la vie et l’envolée des prix du carburant, Christophe rappelle une évidence : c’est la guerre. Il est de fait normal que l’on observe une raréfaction de l’offre par rapport à la demande. Aussi, il développe l’idée selon laquelle il faudrait redistribuer une partie des recettes des taxes actuelles, de façon égalitaire, à l’ensemble des Français sous forme d’un dividende versé à la source – sur lequel GenerationLibre travaille. D’ailleurs, ne cédons pas sur l’écologie : ces taxes et ce dividende doivent continuer à intégrer le prix de l’émission de Co2 – le prix de la pollution. Face à Laurence Sailliet, il rappelle que l’augmentation du prix de l’essence ne se fera pas seulement sentir à la pompe mais se répercutera dans le prix des biens de consommation.

Si Christophe salue dans les propos de Gabriel Attal et de Richard Ferrand l’idée de l’automaticité du versement du RSA – en miroir du prélèvement de l’impôt à la source, il dénonce le durcissement des conditions pour l’obtenir. Dans la majorité présidentielle, on semble malgré tout à deux doigts de toucher au mécanisme d’un revenu universel ! Avec GenerationLibre, dans le cadre du prélèvement à la source, il s’agirait d’un montant de 500€ versé automatiquement à tous les Français, en même temps qu’un impôt au taux proportionnel de 30% sur le revenu du mois qui précède, au premier euros près. Face à Laurence Saillet, il explique que la modicité des 500€ – un filet de sécurité – ne dé-incite en rien au travail.

 

https://twitter.com/GLthinktank/status/1504048290190565380?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E1504048290190565380%7Ctwgr%5E%7Ctwcon%5Es1_c10&ref_url=https%3A%2F%2Fpublish.twitter.com%2F%3Fquery%3Dhttps3A2F2Ftwitter.com2FGLthinktank2Fstatus2F1504048290190565380widget%3DTweet

 

 

Corse : oser le pacte girondin.

Questionné brièvement en fin d’émission sur les évènements qui agitent l’Île de Beauté, Christophe affirme la nécessité d’enclencher, sur tout le territoire national, un mouvement de décentralisation qui permette aux collectivités territoriales – pas seulement la Corse – de s’auto-saisir des compétences qu’elles souhaitent exercer et de prélever directement des impôts pour ce faire.


Pour voir l’émission, cliquer ICI.

Pour lire notre rapport « Oser le pacte girondin », cliquer ICI.

Pour lire notre rapport « Le pouvoir aux communes », cliquer ICI.

Pour lire notre rapport « Comprendre le socle citoyen – un revenu universel pour tous », cliquer ICI.

 

Publié le 16/03/2022.

[Lu ailleurs] Le néolibéralisme est un fantasme – Guillaume Bazot

Dans Le Point, la journaliste Laetitia Strauch-Bonart propose une recension du nouvel ouvrage de Guillaume Bazot « L’Épouvantail néolibéral, un mal très français ». 

 

Alors que le néolibéralisme est sous le feu des accusations, Guillaume Bazot, économiste, argue qu’au contraire rien ne permet d’établir un lien de cause à effet entre la libéralisation économique et la régression sociale. Le maître de conférences à l’université de Paris 8 dénonce le lyssenkisme ambiant des travaux actuels sur le néolibéralisme qui s’évertuent à lui imputer tous les maux.

« Rien ne permet d’établir un lien de cause à effet indiscutable et définitif entre libéralisation économique et régression sociale. »

L’ouvrage de Guillaume Bazot s’attaque à plusieurs biais d’analyse. La rédactrice en chef du Point rapproche ce travail de l’analyse de Kevin Brookes, chercheur associé chez GenerationLibre et ex-directeur de notre pôle études, « Why Neo-Liberalism Failed in France : Political Sociology of the Spread of Neo-liberal Ideas in France (1974-2012) », qui démontre que les politiques publiques françaises sont restées imperméables à l’idéologie néolibérale.

« L’idée de régression sociale n’est pas plus fondée empiriquement qu’elle ne l’est théoriquement. »

Contre intuitif et emblématique : les revenus après impôts et transferts des 50% des Français les moins aisés sont ceux qui connaissent la plus grande augmentation depuis les années 1990 et même depuis 2008. De même, la taxation des hauts revenus français servant aux politiques de redistribution est supérieure en 2018 à ce qu’elle était en 2010 et en 1990. En outre, l’analyse et la mesure des inégalités par la part des revenus des 1% ou des 10% les plus élevés s’avère inadéquat pour rendre compte de la pauvreté puisque cet indicateur est mesuré avant les effets correctifs impulsés par l’État.

Pour l’économiste, les effets de loupe relèvent souvent d’un phénomène de « cherry-picking » : la sélection orientée de données statistiques qui masquent l’action des politiques étatiques pour se concentrer sur l’augmentation des inégalités sociales.

Sans nier le mécontentement des classes moyennes et classes populaires, Guillaume Bazot balaye d’un revers de main l’idée que celui-ci soit lié à des politiques néolibérales. Les raisons de ce mécontentement trouveraient leurs causes dans des facteurs culturels et politiques.


Pour lire l’article du Point « Le fantasme néoliberal », cliquer ICI.

 

 

Publié le 11/03/2022.

Le revenu universel améliore la santé mentale

Interrogé par Atlantico sur les conclusions d’une étude de l’Urban Institute, notre expert Marc de Basquiat insiste sur les bienfaits psychiques du revenu universel. 

 

Outre-Atlantique, un collectif intitulé « THRIVE East River », regroupant 500 donateurs privés, a levé près de 3,5 millions de dollars pour financer un revenu inconditionnel alloué à 590 familles durement affectées par la crise Covid, dont les revenus s’établissaient à 50% en dessous du salaire médian.

Un montant de 5500 dollars a alors été versé à ces familles. Fait original pour être souligné, les bénéficiaires de cette somme étaient libres de l’utiliser comme ils le souhaitaient.

« Réduire de 32% à 22% le sentiment dépressif parmi les personnes en difficulté n’est pas un résultat négligeable. On a envie de renforcer cela avec un dispositif encore plus convaincant. »

Les résultats de l’étude ont montré que le premier poste de dépense affecté à cette somme par les bénéficiaires était le logement devant la nourriture. Ces mêmes individus ont déclaré être en meilleure santé mentale que des personnes dans une situation similaire n’ayant pas perçu ce dispositif. Aussi, ces personnes ont pu affirmer avoir ressenti moins d’insécurité alimentaire que leurs congénères non-bénéficiaires et avoir été moins sujets au stress.

En outre, l’étude a démontré que les individus-bénéficiaires de cette expérimentation ont su réaliser des choix réfléchis et complexes entre les préoccupations immédiates et celles portants sur long terme.

« Espérons que la prochaine élection présidentielle installera à l’Elysée l’envie d’expérimenter un tel projet ! »

Marc de Basquiat rappelle que des expérimentations antérieures et similaires réalisées en Inde, en Finlande et au Canada, arrivent au même constat simple : la nette amélioration de la santé mentale des individus liée à la perception d’un revenu universel. Ce revenu octroyé sans contrepartie a initialement été accueilli avec méfiance par les bénéficiaires qui n’avaient pas à rendre compte de son utilisation. Finalement, ceux-ci ont remercié la communauté pour l’autonomie accordée.

Promoteur du LIBER, le revenu universel pensé par Marc de Basquiat et Gaspard Koenig, GenerationLibre soutient le projet d’expérimentation de ce dispositif par la Collectivité de Corse.


Pour lire l’article d’Atlantico « Revenu universel : une nouvelle étude américaine confirme de larges bienfaits en matière de santé mentale », cliquer ICI.

Pour lire notre rapport « Comprendre le socle citoyen – un revenu universel pour tous », cliquer ICI.

Pour lire notre rapport « LIBER, un revenu pour tous », cliquer ICI.

 

Publié le 10/03/2022.

Des idées dans l’actualité et pour l’avenir – réunion du Conseil scientifique

Pour la deuxième fois, GenerationLibre réunit cette semaine son conseil scientifique autour de nos experts Monique Canto-Sperber, Edouard Hesse, Isabelle Landreau, François-Xavier Oliveau et Blaise Wilfert. Que se sont-ils dit ? 

 

Bis repetita ! Après celle du mois de novembre, la deuxième rencontre entre notre équipe et notre collège d’experts tient ses promesses : revue des notes et rapports en cours de rédaction, débats captivants et nouveaux projets de publications à la clé. Christophe Seltzer, directeur de GenerationLibre, rappelle notre objectif d’une publication par mois sans pour autant rogner sur le fond et la forme.

Christophe félicite Kevin Brookes, jusqu’alors directeur des études, pour l’ensemble des projets initiés depuis septembre et les succès de la professionnalisation du pôle recherche. En particulier, un processus de peer reviewing systématique : chaque rapport est relu par des experts extérieurs.

Kevin, tout en restant chercheur associé à GenerationLibre, cède sa place à Baptiste Gauthey, ancien stagiaire et frais doctorant en histoire des idées politiques sur le libéralisme, maintenant en charge d’organiser le travail de nos experts. Une entrée en matière de haute intensité pour Baptiste puisque des rapports attenants à la mondialisation, aux institutions, à l’éducation et au régime de l’auto-entrepreneur sont dans les starting-block éditoriaux de GenerationLibre.

À nouveau, nos experts nous offrent des discussions intellectuelles fort enrichissantes. Actualité oblige, le conflit russo-ukrainien est au centre des débats. Qu’est-ce-qu’une guerre juste ? Comment se positionner en tant que libéraux sur la liberté d’expression face à la désinformation russe – difficile question de la mise sous cloche des médias russes RT et de Sputnik au sein de l’Union européenne – ? Doit-on affirmer l’idée de « souveraineté » européenne au risque de faire le jeu des nationalismes et de renier le multilatéralisme ?

Plutôt qu’un condominium inter-impérial de « zones d’influences », il faut au contraire, comme le suggèrent Blaise Wilfert et Monique Canto-Sperber, réaffirmer la notion de souveraineté librement choisie par les peuples. Si d’un point de vue économique, François Xavier-Oliveau voit dans le conflit l’illustration par excellence que la baisse des échanges commerciaux à l’international n’est pas bénéfique pour les populations, Blaise Wilfert, avec son regard d’historien, souligne qu’un processus de mondialisation peut tout à fait surgir d’un affrontement entre les empires – rappelant la concurrence inter-étatique malsaine survenue à la fin du XIXe siècle et ses conséquences désastreuses réunies dans la Première Guerre Mondiale. Afin de se soustraire aux affres suscitées par cette mondialisation belliqueuse, il plaide pour une mondialisation fondée sur le marché et sa régulation pacifique internationale par les États démocratiques.

Nos experts s’accordent tous à dire que les débats autours de la laïcité devraient d’avantage se concentrer sur la notion d’ordre public à respecter pour préserver tout autant un principe de « neutralité »- terme défendu par Monique Canto-Sperber – de l’État en matière religieuse qu’un principe de protection de la liberté individuelle contre toutes coercitions, y compris d’ordre privé.

Par ailleurs, en cette semaine du 8 mars, journée internationale des femmes, François-Xavier Oliveau et Monique Canto-Sperber ne manquent pas de rappeler la dimension féministe et émancipatrice de l’une de nos propositions phares : le revenu universel.

Doit-on affirmer l’idée de « souveraineté » européenne au risque de faire le jeu des nationalismes et de renier le multilatéralisme ?

Outre le travail déjà démarré pour un modèle de légalisation du travail du sexe avec Édouard Hesse, l’analyse des expérimentations de revenu universel avec Kevin Brookes, l’approfondissement de la subsidiarité ascendante avec Raul Magni-Berton et la modélisation d’un dividende carbone pour concilier taxation écologique et question sociale avec Guillaume Bullier, nous réaffirmons notre volonté de continuer à travailler sur la protection des données personnelles avec Isabelle Landreau.

Surtout, cette réunion permet de poser les bases, ou creuser, de nouvelles pistes : modèles de démocratie liquide, critique d’un oligopole dans le marché politique, observatoire des libertés perdues et gagnées depuis plusieurs décennies, défense du capitalisme d’un point de vue historique, propositions de simplification fiscale.

Clé de voûte de GenerationLibre, le conseil scientifique épaule rigoureusement l’équipe du think thank dans la production de ses publications pour servir au mieux sa mission : défendre dans le débat public, avec rigueur intellectuelle, des idées et des propositions de politiques publiques d’inspiration libérale.


Pour retrouver le portail de notre conseil scientifique (onglet comité scientifique), cliquer ICI.

Pour retrouver les conclusions de notre dernier conseil scientifique, cliquer ICI.

 

Publié le 09/03/2022.

Les partis politiques ont-ils un avenir ?

Dans The Conversation, notre expert Raul Magni-Berton analyse les raisons du désenchantement des Français pour les partis politiques.

 

Le parti politique est mort ! Vive le mouvement politique ! L’émiettement des partis et l’émergence des mouvements politiques ne doit rien au hasard. Dans l’hexagone, seuls 12% des Français déclarent avoir encore confiance dans les partis politiques. Si ce phénomène de méfiance à l’égard des partis se retrouve un peu partout sur le continent, il culmine en France. Comment l’expliquer ?

« Quand les partis cessent de se faire concurrence, nous sommes face à un risque d’oligarchie, où les principaux partis fixent ensemble les règles qui les avantagent. » 

Pourtant défini par l’article 4 de la Constitution qui consacre la concurrence entre les partis politiques, le principe de représentativité de notre démocratie est aujourd’hui grippé. En effet, pour Raul, les partis politiques tendent à constituer une oligarchie politique où les arrangements partisans pour le maintien du statu-quo ont pris le pas sur la concurrence et la pluralité des offres.

Le concept de « parti-cartel », issu de la science politique (Richard S.Katz, Peter Mair), retrouve toute sa consistance à l’aune du cas français. Les partis politiques installés se coalisent et profitent du mode de financement institué ainsi que de l’immixtion du système électoral des primaires dans la compétition politique pour évincer les militants au profit des professionnels de la politique et des sympathisants.

« Le niveau de militantisme est étroitement corrélé à la confiance dans les partis politiques. » 

La manière dont les partis politiques français sont financés avantage les formations installées, susceptibles d’obtenir de meilleurs résultats électoraux, donc de voir leurs frais engagés remboursés. A contrario, les partis émergeants, en déficit de notoriété, dépensent moins et sapent leurs chances de gagner en visibilité afin de participer pleinement à la compétition politique.

« L’absence de contact entre citoyens et partis politiques produit de la méfiance. » 

Enfin, nouvelle ombre au tableau et spécificité française : les conditions de la participation à l’élection présidentielle. La France est le seul pays européen où un dispositif citoyen ne permet pas de parrainer les candidats putatifs à l’Elysée. De plus, les réformes successives (loi NOTRe, transparence des parrainages) ont accentué la pression sur la liberté de parrainage des maires.

Les maires, dont la plupart ne sont pas affiliés à des partis politiques, étaient les garants de la pluralité du système de parrainages. Privés de fiscalité locale, ceux-ci sont dépendants des collectivités territoriales dirigées par des exécutifs partisans et préfèrent s’auto-censurer que de perdre des subventions.

GenerationLibre plaide pour une liberté politique retrouvée. En ce sens, nous militons pour dé-présidentialiser la Ve République et accorder une pleine autonomie fiscale aux communes.


Pour lire l’article de The Conversation « Pourquoi parti politique est devenu une insulte », cliquer ICI.

Pour relire notre rapport, « Pour une autonomie fiscale des collectivités territoriales », cliquer ICI.

Pour relire notre rapport, « Décentraliser par le principe de subsidiarité ascendante », Cliquer ICI.

 

 

Publié le 08/03/2022.

La fiscalité selon GenerationLibre

Interrogé par Les Echos, Gaspard Koenig détaille les grandes lignes de son programme fiscal. Revenu universel, suppression de la réserve héréditaire, décentralisation, logement … Bon nombre de ses propositions doivent beaucoup aux travaux des experts de GenerationLibre.

 

Comme préconisé par l’économiste Marc de Basquiat, Gaspard entend refondre et fusionner l’impôt sur le revenu avec la CSG. Ce nouvel impôt sur le revenu, payé au premier euro, au taux unique de 30%, permettra de financer un revenu universel de 500€ versé chaque mois à tous les résidants légaux en France. Un véritable mécanisme d’impôt négatif facile à implémenter depuis la mise en place du prélèvement à la source.

Par ailleurs, reprenant là encore une proposition détaillée de Marc de Basquiat dans notre rapport sur les politiques familiales, Gaspard envisage de fusionner le quotient familial et l’ensemble des allocations familiales en une allocation de 200€ destinée à chaque enfant que compte le foyer.

« Notre objectif est de simplifier radicalement l’environnement juridique et légal de la France, dont fait partie la fiscalité. » 

A l’instar de François-Xavier Oliveau, auteur du récent rapport de GenerationLibre « Le logement pour tous », le candidat-philosophe plaide pour l’entière l’entière défiscalisation de l’usage d’un bien. Objectif : remettre 3 millions de logements actuellement vacants sur le marché locatif.

Dans cette logique, Gaspard propose que la taxe foncière devienne le seul impôt sur l’immobilier. En contrepartie de la suppression de la taxe d’habitation, de la TVA sur les travaux, de l’imposition des loyers, des droits de mutation dits « frais de notaire », la taxe foncière est augmentée, modulée librement par les collectivités territoriales. Le moyen de rendre une autonomie fiscale à celles-ci, conformément à notre vision d’une réelle décentralisation.

« Cette nouvelle fiscalité immobilière incite très largement à l’utilisation du bien. Combinée à une simplification des baux permettant au propriétaire de récupérer aisément son bien en cas d’impayé, elle rend la location beaucoup plus attractive ».

Concernant les droits de successions, le candidat à la présidentielle se prononce pour la suppression de la réserve héréditaire. Cette mesure portée par GenerationLibre doit permettre à chaque individu d’orchestrer la distribution de ses biens comme il le souhaite sans se trouver obligé d’en affecter une partie à ses enfants selon des dispositions légales contraignantes.

Dans son entreprise de simplification juridique qui réorganise la fiscalité française autour de 6 impôts structurants, on trouve une taxe sur les externalités négatives, outil décisif pour la protection de l’environnement. Celle-ci, défendue par GenerationLibre, s’inscrit dans notre défense d’un prix européen sur les émissions de carbone.

Flat tax à 30%, revenu universel à 500 euros, individualisation de l’impôt, suppression des niches fiscales, taux unique et abattements sur les successions : autant de modifications neutres pour le budget de l’Etat, et qui sont bien plus que des mesures fiscales.

Plus qu’une simplification fiscale, ces transformations de nos modèles sociaux-fiscaux visent plus fondamentalement à insuffler de la liberté aux individus comme aux organisations collectives.


Pour lire l’article des Echos « Présidentielle 2022 : le programme fiscal de Gaspard Koenig », cliquer ICI.

Pour lire l’article « Et si l’Europe mettait un prix sur les émissions de carbone », cliquer ICI.

Pour lire notre rapport « Le logement pour tous », cliquer ICI.

Pour lire notre rapport « Une autre politique familiale est possible ! », cliquer ICI.

Pour litre notre rapport « Supprimer la réserve héréditaire », cliquer ICI.

Pour tout comprendre à notre proposition de revenu universel, cliquer ICI.

Pour lire notre note « Oser le pacte girondin », cliquer ICI.

 

Publié le 03/03/2022.

[Lu ailleurs] Diplomatie : en finir avec la grandeur de la France ! – Jean-Dominique Merchet

Le journaliste spécialiste des questions de défense Jean-Dominique Merchet appelle à un débat sur la manière dont la France devrait mener sa politique étrangère. 

 

Quelle politique étrangère mener ? La question a gagné une pertinence sans pareil. Un discours prononcé en décembre 2021 devant la Fondation Res Publica par le journaliste Jean-Dominique Merchet lors d’un colloque portant sur la politique étrangère de la France nous aiguille à ce sujet.

« Nous devons sortir de nos mythes et refuser le consensus sur la politique étrangère de la France pour en débattre entre citoyens, dans une République. » – Jean-Dominique Merchet, 07/12/2021, Fondation Res Publica

Jean-Dominique Merchet préconise d’abord de remettre en cause la nostalgie que l’on entretient pour notre grandeur passée. Il déconstruit le mythe de la politique étrangère gaullienne. Il distingue plusieurs périodes bien plus différentes qu’on le pense : du triumverat occidental (Américains, Britanniques et Français) à la coopération franco-allemande en passant par une politique tiers-mondiste et anti-impérialiste jusqu’au rapprochement moins connu avec Nixon. Il invite également à interroger ce qui pu rendre possible que la France siège au Conseil de sécurité des Nations Unies au sortir de la Seconde Guerre mondiale.

La réévaluation de notre histoire diplomatique associée à la prise de conscience de la singularité du contexte mondial d’aujourd’hui (principalement l’émergence de la Chine, le réchauffement climatique et les changements technologiques) doit conduire à un débat sur la politique étrangère à privilégier. La France est-elle capable de mener à bien sa diplomatie en tout autonomie ? Dans la discussion qu’il appelle de ses voeux et à la manière de plusieurs auteurs de notre rapport « Europa – Dépasser le nationalisme », le journaliste avance la piste du fédéralisme.

« Peut-on prétendre faire de l’Union européenne un acteur géopolitique, comme le souhaite Emmanuel Macron, et se contenter d’un tel exercice solitaire de la diplomatie ?  » – Jean-Dominique Merchet, 06/02/2022, l’Opinion

Le journaliste de l’Opinion regrettait début janvier que le Président Emmanuel Macron se soit récemment déplacé seul à Moscou dans une tentative d’apaiser les volontés belliqueuses de Poutine. Un déplacement groupé (avec le chancelier allemand et le président du Conseil européen par exemple) n’aurait-il pas eu plus d’impact ? Cet exemple rend manifeste l’un des enjeux de l’ajustement de la perception que l’on a de notre poids véritable au plan international : celui d’inviter à l’adoption d’une diplomatie moins solitaire et plus européenne.

« Plus que la responsabilité de tel ou tel Président, le problème se niche peut-être dans la Ve République elle-même » – Jean-Dominique Merchet, 30/03/2021, l’Opinion

Analysant les remarques de la commission Duclert qui avait pour objet de caractériser le rôle de l’Etat français lors du génocide des Tutsis au Rwanda, Jean-Dominique Marchet souligne un dysfonctionnement de la gouvernance française du à une trop forte concentration des pouvoirs dans les mains d’un seul homme. Cette gestion trop personnelle du pouvoir a été également de mise lors de la crise sanitaire. Par conséquence, ne serait-il pas judicieux d’encourager une décentralisation du pouvoir ? C’est notamment ce qu’un de nos rapports revendique. Ou même, d’une déprésidentialisation du régime ? C’est ce sur quoi GenerationLibre travaille.


Pour lire l’article « Finissons-en avec la nostalgie de la grandeur » publié par la Fondation Res Publica, cliquer ICI.

Pour lire l’article « Emmanuel Macron trop seul à Moscou » de l’Opinion, cliquer ICI.

Pour lire l’article « Rwanda : une dérive très Ve République » paru dans l’Opinion, cliquer ICI.

Pour parcourir notre recueil « Europa – Dépasser le nationalisme », cliquer ICI.

 

Publié le 28/02/2022.