RIC, proportionnelle : quelle démocratie sous Marine Le Pen ?

Dans Le Point, notre expert Raul Magni-Berton décrypte les propositions de Marine Le Pen en faveur de la démocratie. S’il en plébiscite les dispositifs, le professeur en science politique en conteste les modalités d’application.

 

À quelques jours du second tour, la candidate du Rassemblement National mène le tempo sur les réformes institutionnelles en posant les questions de nos modes de scrutin et de notre rapport à la démocratie. Elle esquisse les contours d’une démocratie revivifiée en proposant l’instauration d’un référendum d’initiative citoyenne et l’introduction du scrutin à la proportionnelle pour les élections législatives. Si ces propositions ont le mérite de séduire sur la forme, le diable se cache dans les détails.

« Les solutions présentées par Marine Le Pen sont à première vue raisonnables. Le référendum d’initiative citoyenne se développe partout dans le monde, sous des formes diverses et il est soutenu par des larges majorités au sein des populations en France, en Europe et ailleurs. De même, un mode de scrutin plus proportionnel permet aux perdants des élections d’être tout de même représenté de façon à peser dans les élections. Cela réduit l’insatisfaction à l’égard de la démocratie et la radicalisation dans nos sociétés. »

À l’aune des cas existants dans d’autres États comme la Suisse, l’Uruguay et la Californie, Raul dissèque la proposition de Marine Le Pen sur le référendum d’initiative citoyenne (RIC). Dans les pays susmentionnés, les initiatives citoyennes permettent aux citoyens d’agir directement sur la fabrique de la loi en participant à sa promulgation par voie référendaire. Le dispositif est tel que les citoyens peuvent impulser des initiatives contenant des révisions constitutionnelles. De fait, ils ont un contrôle effectif sur les parlementaires. Néanmoins, le RIC façon Marine Le Pen est plus à chercher du côté de la Hongrie et de l’Italie où son efficacité est sujet à caution. Les initiatives sont bornées à des thématiques précises et soumises à des « quorums exigeants ». Comme l’explicite Raul, la candidate RN prévoit des gardes fous au plein exercice du RIC comme l’instauration d’un seuil de signatures minimales, la possibilité pour le Président ou les parlementaires de bloquer des initiatives jugées trop « extrêmes ». L’expert en science politique s’interroge sur l’intérêt réel d’un RIC susceptible d’être muselé par le pouvoir politique en place alors même que sa conception originelle vise à le dépasser.

« Jusqu’ici, le diagnostic et les deux principales pistes de solution correspondent à ce qui est largement observé dans la littérature en science politique. Malheureusement, les détails des propositions faites par Marine Le Pen vont, en revanche, à l’encontre de la philosophie qu’elle a si bien dessinée. »

Concernant l’introduction du système proportionnel en France, notre expert rappelle que 7 Français sur 10 sont favorables à sa mise en place. À nouveau, les exemples d’application ne manquent pas et se déclinent différemment selon les cultures politiques nationales. Au Pays-Bas, chaque parti obtient un nombre de sièges proportionnel à son score. En Grèce ou en Arménie, le système est tout autre : 2/3 de proportionnel et une prime majoritaire pour le parti arrivé en tête. Là encore, c’est cette option discutable que Marine Le Pen privilégie aujourd’hui. De façon antinomique et comme l’assène Raul, « un système proportionnel avec une prime majoritaire n’est donc pas un système proportionnel ». Ce système aurait pour effet d’avantager le Rassemblement National capable de sortir en tête aux élections lui permettant d’obtenir une majorité dans l’hémicycle par la prime majoritaire. Exit le compromis démocratique et partisan permis par une proportionnelle intégrale.

Pour Raul, si les diagnostics posés par Marine Le Pen sont les bons, l’agencement des solutions proposées navigue à contre-courant de leurs ambitions initiales. En conséquence et comme nous le revendiquons, il est grand temps de déprésidentialiser la France et d’instaurer la culture du compromis dans nos institutions.


Pour lire l’article du Point, cliquer ICI.

 

Publié le 15/04/2022.

La sobriété contre le pouvoir d’achat ? – Gaspard Koenig.

Dans sa chronique pour Les Echos, le fondateur de GenerationLibre Gaspard Koenig appelle de ses vœux les individus à s’engager sur la voie de la sobriété devant les bouleversements environnementaux.

 

Pour Gaspard, nul doute possible, l’écologie a gagné la bataille des idées. Les mesures écologistes ont transcendé l’échiquier politique durant la campagne présidentielle à tel point que même Éric Zemmour s’est laissé tenter par les vertus du localisme. L’écologie s’est tellement installée au cœur des programmes politiques des candidats – à des degrés divers comme l’a montré l’étude comparative de The Shift Project – que son parti tutélaire, Europe Écologie Les Verts, s’en est trouvé électoralement dépouillé de sa charge. Paradoxal, ce phénomène n’a pourtant rien d’anormal. À titre d’exemple, Gaspard rappelle que le parti Ukip a cessé d’exister lorsque le Brexit l’a emporté au Royaume-Uni.

« Le récent rapport du GIEC mentionne pour la première fois, dans son dernier chapitre, la nécessité tout aussi impérative d’agir sur la demande et d’adopter des comportements plus sobres. »

Pour autant et malgré les indicateurs alarmants – le nouveau rapport du GIEC prévoit une irréversibilité des bouleversements climatiques en cas d’inaction dans les trois années à venir – les partis politiques ne semblent pas avoir pris la mesure de l’enjeu. Les débats écologiques sont restés cantonnés à la production de l’offre énergétique avant de s’effacer dans la question du pouvoir d’achat.

Pour Gaspard, l’immixtion des thématiques écologistes dans le débat présidentiel s’est faite en trompe l’œil et occulte la question essentielle de nos modes de vies. Comme l’a suggéré l’Agence internationale de l’énergie dans son scénario « 2050 », il nous faut adopter la sobriété comme principe conducteur de nos existences. Mais comment espérer un changement ontologique quand la masse se refuse à des mesures de solidarités devant des atrocités médiatisées – le branle-bas de combat des Français devant l’idée de baisser les chauffage l’hiver prochain compte tenu des problématiques énergétiques posées par le conflit en Ukraine ?

« La sobriété ne doit plus être vécue comme un sacrifice mais devenir en elle-même un motif de contentement. Je me sens plus libre en réparant qu’en jetant, en lisant qu’en tweetant, en voyageant autour de chez moi qu’à l’autre bout du monde. »

Faut-il restreindre nos libertés comme le prônent certains ? Certainement pas. Gaspard nous invite à repenser la liberté à la lumière de la philosophie stoïcienne. Le néolibéralisme nous a plongé d’un état d’abondance relatif en nous faisant croire que notre liberté résidait dans notre possibilité d’accroître notre pouvoir sur le monde : acheter toute sorte de marchandise en un clic sur le net, être informé de tout évènement dans l’immédiat … Au contraire, la vraie liberté est celle d’accroître son pouvoir sur soi dans un souci de préservation de soi et c’est en ce sens qu’il faut comprendre l’idée de sobriété afin de l’embrasser. Ainsi, comme le conclut Gaspard « l’écologie a moins besoin aujourd’hui d’un parti politique que d’un changement de paradigme pour tous ».


Pour lire la chronique de Gaspard dans Les Echos, cliquer ICI.

 

Publié le 14/04/2022.

Retraites : choisir librement son départ

Interrogé par Atlantico sur le système des retraites et les récentes déclarations d’Emmanuel Macron et Marine Le Pen, notre expert Marc de Basquiat préconise notre modèle basé sur la possibilité de choisir librement quand prendre sa retraite.

 

65 ans ? 64 ans ? 62 ans ? Statu quo ? Retour en arrière ? Le débat sur la réforme des retraites et l’allongement de l’âge légal de départ enflamme le débat de l’entre-deux tours. Pour notre économiste, le revirement d’Emmanuel Macron témoigne de sa vacuité idéologique sur le sujet. Plus stratège qu’idéologue, le président-candidat a réussi son premier pari en alignant sa proposition de retarder l’âge légale de départ à la retraite à 65 ans sur celle de Valérie Pécresse afin de séduire l’électorat de la candidate LR. Cet objectif réussi, en témoigne le score famélique de Valérie Pécresse et le report de voix des électeurs de droite vers Emmanuel Macron, le voilà désormais à faire des concessions – soumettre cette proposition à référendum ou privilégier 64 ans comme âge de départ – à l’électorat de gauche tenté par les prétendues mesures sociales de Marine Le Pen.

Pour Marc, notre système de retraite mérite un vrai débat de fond qui ne s’échoue pas dans les flatteries destinées à faire plaisir aux uns et dans le pathos électoral censé épouvanter les autres. Une étude européenne parue en 2016 a montré combien il était contre-productif de retarder l’âge de départ à la retraite. Une telle mesure a pour effet de décourager les entreprises à embaucher de jeunes personnes. Se cristallise ainsi le ressentiment des jeunes, frustrés de ne pouvoir intégrer le marché du travail, et de leurs ainés plus âgés éculés par une vie de labeur.

« Bien sûr, il serait aberrant d’en déduire qu’il suffit d’instaurer la retraite à 50 ans pour résorber le chômage, mais on peut probablement partager le constat que prolonger contre son gré la carrière d’un salarié qui attend avec impatience le moment où il pourra s’occuper sérieusement de son jardin, de ses petits-enfants ou d’activités bénévoles n’est pas un bon calcul pour l’entreprise. »

De la même façon, Marc constate qu’un système de retraite par capitalisation, comme dans le monde anglo-saxon, regorge de multiples effets pervers. Si les salariés sont associés aux dividendes des entreprises qui se transforment en rentes une fois la retraite prise, les fonds de pensions en charge de ce système boostent les profits actionnariaux au détriment des salaires des actifs. Les salaires n’évoluent pas et restent inférieurs aux pensions des retraités créant ainsi une perte de sens dans le rapport au travail des salariés.

« Partir à la retraite à 60 ou 65 ans, ce choix ne peut être fait rationnellement que par la personne elle-même. Restreindre le débat sur les retraites à une mesure arbitraire et autoritaire s’appliquant à tous est une hérésie morale et économique. »

À la question quel système mettre en place ? Marc plaide pour la mise en œuvre de notre modèle, développé dans le rapport « La retraite quand je veux ». Laisser l’individu libre de choisir sa date de départ à la retraite et engager la solidarité intra-générationnelle entre les retraités les plus aisés et les moins favorisés afin de ne plus faire peser les efforts sur les actifs sont les piliers de notre modèle.


Pour lire l’article de Marc dans Atlantico, cliquer ICI.

Pour lire notre rapport « La retraire quand je veux », cliquer ICI.

 

Publié le 13/04/2022.

[Lu ailleurs] Vers un Conseil national de la République ?

Dans Le Figaro, l’ancien ministre Jean-Louis Borloo présente son manifeste pour la création d’un Conseil national de la République afin de réorganiser efficacement les compétences et les responsabilités.

 

Sorti du sérail, c’est en tant qu’observateur engagé de notre vie politique que Jean-Louis Borloo prend la plume. Constatant l’urgence politique du moment, il signe un manifeste de 95 pages intitulé « l’Alarme ». Face au délabrement du service publique, à la montée de la radicalité, à la colère grandissante de nos concitoyens, il propose sa méthode pour une nouvelle « union nationale ».

« Nous sommes restés sur cette nostalgie, mais, soixante-dix-neuf ans plus tard, après tant de bouleversements (l’Europe, l’euro, les régions, le syndicalisme, l’action sociale et la révolution numérique…), il est temps de rebâtir tranquillement nos fondations. Je ne propose pas de nouvelles mesures mais une réflexion sur l’organisation selon une juste répartition claire et efficace des responsabilités et des compétences. »

Pour Jean-Louis Borloo, il est vitale afin de maintenir la cohésion nationale, de susciter une coalition d’acteurs faite de membres de la société civile, de parlementaires et de l’exécutif, sur six sujets cruciaux ciments de notre unité : Justice, ordre, jeunesse, santé, habitat, environnement. Pour accréditer ses dires, il se fie aux expériences réussies de coalitions mises en place afin de développer économiquement son territoire du Valenciennois.

L’inertie actuelle est selon lui ancrée dans notre imaginaire politique qui se conforte dans ses habitudes et s’épouvante à l’idée du changement. L’état de développement du pays n’est pas moins mauvais qu’ailleurs, il juge que nos élites sont bien formées, que notre monnaie est solide, pour autant l’organisation de l’action publique s’enraye sans que quiconque à bord de la machine ne pense à regarder le moteur.

« Nous ne sommes plus un État centralisé, mais pas non plus un État décentralisé. Nous sommes dans un système d’hybridation, c’est-à-dire de doublons et de confusions. D’ailleurs, je vois la Corse comme l’illustration des grandes difficultés entre l’État central et les régions, que je mentionne dans ce manifeste. »

La coalition, qu’il présente comme un Conseil national de la République, trouve son origine dans le Conseil national de la Résistance. À l’image de celui-ci, il s’agit pour Jean-Louis Borloo de crée un organe capable d’identifier les principaux objectifs de la nation et d’affecter intelligemment les responsabilités entre les différents niveaux du pouvoir politique.

À l’instar du constat posé par Gaspard Koenig sur l’amoncellement de normes aberrantes et qui l’a conduit à proposer un projet de simplification aux Français, l’ex-ministre envisage que cette coalition d’acteurs pose les fondements d’une organisation simplifiée.

 


Pour retrouver  l’entretien dans Le Figaro, cliquer ICI.

 

Publié le 12/04/2022.

Prestations sociales : et si on simplifiait la fiscalité ?

Dans les colonnes d’Altantico et de La Croix, notre expert Marc de Basquiat juge que les programmes sociaux des candidats à l’élection présidentielles sont globalement décevants. Il défend une nouvelle fois nos propositions de revenu universel, d’allocation familiale unique et de simplification fiscale pour le marché du logement. 

 

Proposé par Benoît Hamon en 2017, défendu par Nathalie Kosciusko-Morizet, le revenu universel est le grand oublié de cette campagne présidentielle. Le débat sur le RSA s’est cristallisé autour des propositions de Valérie Pécresse et d’Emmanuel Macron quand tous deux ont annoncé vouloir le conditionner à une activité de 15h à 20h par semaine. Proposée d’abord par la candidate LR puis reprise par le Président-candidat – dans l’optique de marcher sur ses plates-bandes-, Marc rappelle que cette proposition est irréalisable et nécessiterait l’embauche de 60 000 individus afin de fliquer 1 à 2 millions de personnes. Quant à la proposition de Yannick Jadot d’allouer à chaque individu de plus de 18 ans un revenu citoyen mensuel d’environ 900€, c’est le flou artistique. Aucune précision sur les conditions d’attribution de ce revenu dont le financement est jugé peu crédible par notre expert.

Marc regrette que personne n’ait repris la proposition de revenu universel portée par GenerationLibre. Au cœur de notre rapport « Comprendre le socle citoyen – un revenu universel pour tous », notre modèle de revenu universel s’articulerait de telle sorte que dans le cadre du prélèvement à la source, il s’agirait d’un montant de 500€ versé automatiquement à tous les Français, en même temps qu’un impôt au taux proportionnel de 30% sur le revenu du mois qui précède, au premier euro près.

« Nous nous apprêtons à élire des candidats qui vont perpétuer un système auquel personne ne comprend plus rien. »

Marc se montre peu laudateur quant aux propositions des candidats sur l’accès au logement. Selon lui, les mesures de part et d’autre de l’échiquier politiques sont conformes à l’image d’Épinal du clivage droite-gauche. En bref, la gauche propose de construire des logements sociaux et la droite « rêve d’une France de propriétaires ».

Constatant que les Français sont majoritairement opposés à la taxation sur les donations et l’héritage, Marc propose de supprimer toute la fiscalité sur les loyers et sur les transactions, donations et successions immobilières. Il propose au contraire la création d’un impôt unique sur le capital immobilier de 500€ par mois pour tous les propriétaires en contrepartie duquel ils pourraient jouir de leur bien et de sa transmission comme bon leur semble. Une proposition qui rejoint le rapport de François-Xavier Oliveau dans notre rapport de novembre 2021. Marc développe l’idée d’un « service logement unique » au sein duquel chaque locataire paiera un loyer fixé à 25% de ses revenus.

« L’analyse rigoureuse de l’effet des 10 dispositifs actuels contribuant aux transferts monétaires vers les familles avec enfants révèle de sidérantes incohérences. Qui sait que beaucoup de couples modestes avec un seul enfant ne perçoivent strictement aucune aide ? Que les parents isolés aisés perçoivent 200 à 250 euros par mois de plus, par enfant, que les parents isolés au SMIC ou au RSA ? Que presque tous les parents isolés perdent financièrement en se remettant en couple ? » 

Enfin sur les propositions attenantes aux politiques familiales, tous les candidats se sont positionnés sur un créneau. Marine Le Pen a opté pour le principe de préférence nationale, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon ont fait de l’aide pour les mères célibataires leur priorité et Eric Zemmour a lui annoncé accorder une bourse natale de 10000€ pour les enfants de nationalité française nés en zone rurale. À en juger ces propositions, Marc considère que le projet le plus ambitieux est celui de Valérie Pécresse. La candidate se distingue en tentant de renforcer l’universalité de versement des prestations familiales par le versement d’une prestation unique de 900€ par an et par enfant. Néanmoins, Marc déplore que les propositions des différents candidats ne s’attaquent pas aux modes de calcules des prestations. Selon lui « les familles auront toujours du mal à s’y retrouver ». Dès lors, il propose notre modèle d’allocation familiale universelle présenté dans notre rapport « Pour un forfait par enfant ». Cette allocation familiale unique serait de 200€ par enfant et par mois jusqu’à ses 14 ans et s’élèverait à 250€ dans les mêmes conditions de ses 15 à 18 ans. Bref, une extension du domaine du revenu universel à l’enfant.


Pour lire l’article de Marc dans Atlantico, cliquer ICI.

Pour lire l’article de Marc dans La Croix, cliquer ICI.

Pour lire notre rapport « Comprendre le socle citoyen  – Un revenu universel pour 2021 », cliquer ICI.

Pour lire notre rapport « Une autre politique familiale est possible – Pour un forfait par enfant », cliquer ICI.

Pour lire notre rapport « Le logement pour tous », cliquer ICI.

 

Publié le 07/04/2022.

GenerationLibre au pays des souverainistes

Dans L’Express, Blaise Wilfert, historien et maître de conférences à l’ENS, présente notre nouvelle note consacrée à la mondialisation. Contre le discours souverainiste, il souligne que jamais l’histoire politique mondiale n’avait compté autant d’États-nationaux aussi puissants. 

 

Sous le feu des accusations depuis la pandémie de la Covid-19, ciblée par les souverainistes des deux rives en cette campagne présidentielle, la mondialisation fait l’objet de toutes les critiques, plus acerbes les unes que les autres.Et si le conflit en Ukraine était son chant du cygne ? C’est en tout cas ce qu’a déclaré Larry Fink, patron de BlackRock, dans un courrier adressé aux actionnaires du groupe.

À la sophistique de nos gouailleurs souverainistes qui font de la nation un sacerdoce pour excommunier la pécheresse mondialisation, Blaise Wilfert oppose des faits, rien que des faits. Rengaine de la campagne présidentielle, la prétendue explosion des flux migratoires permise par l’effacement de toutes les frontières nationales n’est que pure facétie. N’en déplaise à Le Pen et à Zemmour, les flux migratoires recensés ces dernières décennies sont moins élevés qu’il ne l’étaient au début du siècle précédent lorsque près de 5% de la population mondiale était immigrée – résidant dans un pays autre que celui de sa naissance – contre 3% de nos jours. Blaise rappelle qu’entre 1850 et 1910, ce sont près de 45 millions d’Européens qui ont traversé l’Atlantique pour émigrer sur le continent américain. Grande traversée ou grand remplacement ?

« La mondialisation serait un phénomène récent. Elle nous confronterait à une crise démocratique profonde, parce qu’elle désarmerait radicalement l’État, briserait les identités, effacerait les frontières. Ce récit mythique porté par les souverainistes, et dont les positions d’Eric Zemmour est une caricature, se veut historique. Or, ces dernières années, de nombreux travaux d’historiens ont montré à quel point il s’agissait d’une vision profondément faussée. »

Parmi la pléthore d’arguties débitées sans relâche par nos preux souverainistes enhardis contre le dehors, culmine un argument totem, dégainé ci et là comme une arme imparable. Sans surprise vous verrez se dévoiler sous ce fétiche la rhétorique de la vieille et authentique nation, fruit d’une cohérence culturelle pluriséculaire, matérialisée politiquement par un État. Cet État-nation immuable, enraciné dans les âges, supplanterait la jeune mondialisation avide d’effacer les identités nationales afin d’engendrer des individus déracinés et corvéables à souhait pour les besoins du marché mondial. Ce discours en vogue fait pourtant fi du réel. Blaise pointe que cette exaltation de la nation, produit par des élites aux dessins nationaux, date au mieux de la moitié du XVIII siècle. Il ajoute qu’en 1850, la majeure partie de la population en France ne parlait pas quotidiennement le français balayant ainsi l’argument de l’homogénéité culturelle par le partage uniforme de la langue.

À contrario, la mondialisation n’est pas un phénomène historique récent. D’illustres historiens comme Fernand Braudel et Immanuel Wallerstein ont démontré ses multiples occurrences accréditant l’idée qu’elle préexiste à la forme de l’État-national. Blaise rappelle que les circulations intercontinentales d’envergures, comme celles liées au pèlerinage mecquois, datent d’un millénaire et ont contribué à mettre en place les premières formes de contrôle international des épidémies à la fin du XIXe siècle.

En outre, il considère que la présence et la gestion de populations dépourvues de droits et assujetties juridiquement au régime de l’arbitraire colonial doit nous amener à redéfinir les États-nationaux du XIX-XXe siècles non comme tel, mais bien comme des empires coloniaux. En tant qu’émanation d’une souveraineté populaire et citoyenne, les États-nationaux ne s’incarnent pleinement qu’à l’aune des mouvements indépendantistes qui mettent fin aux régimes impériaux.

« Ce sont ces mouvements nationalistes qui ont transformé les États en y imposant le principe national, et qui ont de ce fait mis en oeuvre de vastes processus de nationalisation des populations, par l’instruction, l’unification économique des territoires et l’invention des « cultures nationales », notamment. Mais cette homogénéité culturelle n’existait nullement dans les faits au moment où les mouvements nationalistes ont lancé leurs vastes campagnes, qui d’ailleurs ont été très lentes à produire des effets. »

 

Libérale notre mondialisation ? En voilà un euphémisme pour Jean-Luc Mélenchon ! Et pas des moindres, puisqu’elle serait néolibérale, dérégulée, brutale et belliqueuse. Il faut croire qu’à l’orée de la présidentielle, la démagogie est de mise pour quiconque veut faire entendre sa voix. Si elle gagne certaines âmes, elle ne passe pas l’examen des faits. La libre circulation des capitaux et le système de l’étalon d’or présents au XIX siècle consacraient une mondialisation que d’aucuns considéraient plus libérale qu’elle ne l’est actuellement. Dérégulée notre mondialisation ? Ce que certains historiens ont pu nommer à tort la « première mondialisation » (entre les années 1850-1914) était en fait nettement moins régulée que la mondialisation des années 1990. L’expérience contemporaine a démontré que les récessions dues aux crises spéculatives durent moins longtemps de nos jours que durant la période précitée. Belliqueuse et brutale notre mondialisation ? L’absence d’organisations internationales d’envergure – entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle – afin de réguler la concurrence inter-impériale a eu comme conséquence de déboucher sur le premier conflit mondial.

Et que répondre à ceux qui professent que la mondialisation rend nos Etats impuissants ? Sornettes et fariboles ! Prenant pour mesure la part des impôts prélevés par l’État dans le PIB – soit une des mesures qui témoigne de la capacité d’un Etat à orienter son économie – Blaise constate que depuis les années 1970, les prélèvements obligatoire sont passés de 38 à 45% en France et de 28% à 33% dans les pays de l’OCDE. En outre, il rappelle que « le nombre de fonctionnaires civils a augmenté à peu près partout, sans compter l’extension régulière des domaines encadrés par la législation étatique ».

« Les Etats sont probablement bien plus puissants que jamais ! »

En réalité, la mondialisation à l’oeuvre est celle de l’État-national. En raison de la généralisation de cette forme politique sur l’ensemble du globe, jamais l’histoire politique mondiale n’avait compté autant d’États-nationaux. Dès qu’un conflit émerge sur un territoire, l’État national est envisagé comme solution pour répondre au problème. Ainsi il n’est guère étonnant d’avoir vu ces dernières années des crises se résoudre par la création d’un nouvel État. Exemple emblématique : la crise soudanaise résolue par la création du Soudan du Sud.


Pour lire la chronique de Blaise Wilfert dans L’Express, cliquer ICI.

Pour lire notre note « La mondialisation n’a pas eu lieu », cliquer ICI.

 

Publié le 06/04/2022.

[Lu ailleurs] Emmanuel Macron, un libéral autoritaire ?

Interrogé en 2020 par l’hebdomadaire Marianne sur la nature du libéralisme en demi-teinte pratiqué par Emmanuel Macron, l’historien Lucien Jaume voit dans le chef de l’État le successeur du libéralisme autoritaire de Guizot. 

 

De quel libéralisme Emmanuel Macron est-il le nom ? Pour l’historien Lucien Jaume, pas de doutes, le Président se situe dans le giron d’un autre historien, François Guizot, président du conseil des ministres durant la Monarchie de Juillet. Au XIXe siècle, deux conceptions du libéralisme s’affrontent en France. Le premier courant, celui de Madame de Staël et de Benjamin Constant, se méfie de l’État, prône la liberté de l’individu et estime que la Constitution devrait permettre au citoyen de poursuivre l’État en cas d’abus. Le second, dont Guizot sera la figure de proue, est un libéralisme impulsé par l’autorité étatique.

« Ce libéralisme élitiste et autoritaire s’est en fait assez bien accordé avec l’histoire française, celle d’un pays où l’Etat a précédé et construit la nation, où l’administration occupe un rôle central. »

Lucien Jaume juge que cette dichotomie libérale réside dans les conditions objectives d’exercice du pouvoir. Pour parer les complots qui le visaient, Guizot s’était accommodé de l’appareil d’État pour mener à bien une politique autoritaire mais économiquement libérale. Cette pratique du pouvoir a tout de même suscité de vives réactions chez les libéraux de l’époque comme le rappelle l’historien, « Guizot était traité de traître au libéralisme en 1834, lorsqu’il a quasiment interdit la liberté d’association ».

Pour Lucien Jaume, le rognement des libertés politiques au profit des libertés économiques, que l’on pourrait percevoir chez Emmanuel Macron, n’a rien d’une anomalie considérant les spécificités françaises. L’Etat ayant préexisté et façonné la nation française, l’idée d’imposer le libéralisme par sa main au gré du pouvoir exécutif et de l’administration s’est opéré de façon intuitive pour les hommes politiques et chefs d’État d’obédience libérale. Il n’est ainsi guère étonnant, pour l’historien, qu’Edouard Balladur et Valéry Giscard d’Estaing aient placé leur pratique du pouvoir sous le patronage de François Guizot.

« Tocqueville soulignait avec raison que la tradition française était très portée vers l’égalité, que la liberté était regardée comme une valeur très aristocratique. Ce n’est pas la tradition britannique : là-bas, l’Etat a une fonction utilitaire. En France, l’Etat fait vivre la nation […], quelqu’un qui promet d’aller vers plus d’égalité sera toujours plus écouté qu’un autre qui assure plus de liberté. »

L’ambivalence du libéralisme d’Emmanuel Macron – un laissez faire économique et un progressisme sociétal contrebalancés par le recul des libertés politiques – s’expliquerait par l’attachement préférentiel des Français à l’égalité plutôt qu’à la liberté. Ainsi, pour Lucien Jaume, le Président « bricole avec la tradition de l’État français ». Nonobstant, l’historien regrette l’absence d’attachement des Français à la Liberté, en témoigne les enquêtes d’opinions qui soulignent l’attente du retour d’un homme fort ou l’acceptation par la majorité d’entre eux de mesures restreignants les libertés publiques.


Pour retrouver lire l’entretien dans Marianne, cliquer ICI.

 

Publié le 04/04/2022.

Ukraine : contre le mal radical, le cosmopolitisme – Gaspard Koenig.

Dans Les Echos, le fondateur de GenerationLibre, Gaspard Koenig, appelle à renouer avec le « cosmopolitisme » de Kant. Pour affronter les conflits entre États et le mal inhérent à l’humanité, le droit international et une société mondiale restent nos meilleures armes.

 

Comment réagir devant les horreurs de la guerre en Ukraine ? Quelle place occupe la morale dans ce conflit ? Existe-t-il un camp du bien, le nôtre, contre un camp du mal, celui de Poutine ? Pour répondre à ces questions, Gaspard se réfère aux postulats métaphysiques de Kant, qui substituent, aux réactions empruntes de passion, une analyse fondée sur la raison.

Gaspard nous prévient : ne tombons pas dans le piège d’une brutalité prétendument juste, menée au nom du Bien et dont les finalités se sont avérées bien souvent dévastatrices, en contradiction avec l’idéal comme l’objectif recherchés. Sur ce dernier point Gaspard mentionne le dernier roman de l’immortel et prix Nobel Mario Vargas Llosa sur les ravages causés par l’intervention américaine au Guatemala dans les années 1950.

 « Pour Joe Biden, Poutine est un « boucher » qu’il faut démettre de son pouvoir sans aucune autre forme de procès. Mais cette brutalité menée au nom du Bien a conduit tout au long du XXe siècle à de tragiques méprises (…) »

Afin d’éviter cet écueil, Gaspard invoque la philosophie d’Emmanuel Kant. En 1792, le philosophe de l’Aufklärung publie un essai sur le « mal radical » dans lequel il distingue trois façons d’interpréter ce phénomène. Premièrement, la fragilité de la nature humaine peut conduire à une escalade incontrôlée résultant sur la guerre. Deuxièmement, l’emploi de moyens immoraux à des fins jugées légitimes. Enfin, le mal consciemment utilisé avec nulle autre fin que lui même, que Kant nomme « mal radical ». Aux yeux de Gaspard, c’est dans cette troisième catégorie que se rangent les bombardements que la puissance russe opère sur les civils et les hôpitaux .

Nonobstant, pour Gaspard, ce jugement kantien nous appelle à nous situer au-dessus de la morale. Notre histoire n’est pas exempte de crimes effroyables commis à l’encontre d’une population étrangère en raison de son altérité. Si les actes de Poutine sont ignobles, il n’en reste pas moins un être doué de raison et pénalement responsable des dégâts qu’il engendre. Autrement dit, Poutine est un criminel certes, mais un criminel qui doit être traité comme tel d’un point de vue juridique et non psychologique, dans la lignée du libéralisme pénal de Beccaria dont se réclame GenerationLibre.

« De même que les êtres humains s’associent à travers le contrat social, les nations doivent entrer dans une société mondiale qui les discipline, au besoin par la force. Si la nature humaine est faillible, le droit international reste le meilleur correctif. »  

Dès lors, quel remède au mal radical ? Contre la théorie de la fin de l’histoire et la théodicée nord-américaine, Gaspard réhabilite la notion de cosmopolitisme définie par le philosophe allemand. Les États doivent s’insérer dans une société mondiale régie par le droit international. L’objectif : mettre fin aux règnes des grandes puissances qui déstabilisent le relatif équilibre mondial en agissant de façon unilatérale afin de converger vers un ordre multilatéral arbitré par des instances internationales.


Pour lire la chronique de Gaspard dans Les Echos, cliquer ICI.

Pour lire notre rapport « Pour le développement des prisons ouvertes », cliquer ICI.

Pour lire notre rapport « Europa : dépasser le nationalisme », cliquer ICI.

 

Publié le 30/03/2022.

[Lu ailleurs] La libéralisation inachevée de la Ve République – Olivier Schmitt

Dans la revue Grand Contient, Olivier Schmitt juge que la fascination de certains leaders politiques français pour Poutine trouve son origine dans l’antilibéralisme du système présidentiel français. Au nom du compromis démocratique, et si on en finissait avec la culture du chef ? 

 

Le Pen, Mélenchon, Zemmour, tous ont exprimé à un moment ou un autre, une forme de sympathie conciliante avec le dirigeant russe. Conflit ukrainien oblige, la sidération de l’opinion publique les a sommés d’édulcorer leurs propos louangeurs.

Pour deux candidats du camp national à l’élection présidentielle, la complaisance exprimée à l’endroit de Vladimir Poutine s’inscrit dans l’histoire de leur famille politique. Si pendant la période de la Guerre froide les communistes étaient pour eux les ennemis contre lesquels il fallait lutter, la chute de l’URSS a replacé la pensée libérale et ses figures de proues – les partis libéraux et les dirigeants des démocraties libérales occidentales – dans le rôle des adversaires. Au début des années 2000, l’arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine, conservateur et autoritaire, a renforcé chez eux l’idée d’une Russie disciplinée contre un occident décadent.

Dans le cas de Mélenchon, les raisons de cette clémence vis-à-vis de Poutine sont légèrement différentes. Pour Olivier Schmitt, la vision géopolitique du leader de la France Insoumise se résume en un mot : antiaméricanisme. Sa détestation du pays de l’oncle Sam est telle, qu’elle l’enjoint à concevoir des alliances fantaisistes et dénuées de sens stratégique à l’instar de sa proposition d’alliance bolivarienne avec certains pays d’Amérique latine. Qui dit alliance dit soutien mutuel en cas d’agression. Il nous paraît bien dérisoire de s’imaginer le Venezuela venir en aide à la France dans un conflit armé.

« Il me semble que le mythe du grand dirigeant est lié à une fascination pour les chefs dérivant partiellement du fonctionnement de la Ve République, qui personnalise très fortement l’incarnation du pouvoir. »

Outre les raisons divergentes qui les conduisent à la complaisance envers Poutine, l’auteur trouve aux candidats des deux rives, un point de concorde qui justifie cette valorisation discursive du président russe. Pour Olivier Schmitt, nul besoin d’aller chercher bien loin, il suffit d’observer notre système politique. La prédominance de l’exécutif sur le législatif, caractéristique de la V République, a fondé le mythe du chef omnipotent capable à lui seul de répondre à toutes les aspirations populaires et de guider la nation vers un idéal unifié. Cette structuration de notre régime politique favorise l’admiration pour les « grands dirigeants » et engendre, chez quelques-uns de nos dirigeants politiques imprégnés de ce mythe, le sentiment de pouvoir l’incarner.

« Ce n’est pas un hasard si nous avons un exécutif très fort et des gens qui veulent incarner cet exécutif. Il y a une tradition de la place de l’exécutif en France et de la libéralisation inachevée dans notre pays. »

Pour l’auteur, derrière cette fascination de certaines personnalités politiques pour Poutine, s’observe le signe d’une libéralisation inachevée de notre régime politique. Dans un régime pleinement libéral, la culture du compromis prédomine et la protection des minorités est respectée. Pour étayer ses dires, l’auteur cite l’exemple de l’Allemagne ou du Danemark. Dans les deux pays de culture protestante, la recherche de compromis avec les autres formations est un impératif afin d’exercer le pouvoir voire un gage de professionnalisme. La conception gaullienne du pouvoir et l’idée de la rencontre entre un candidat et un peuple, sacralisée par l’élection présidentielle – héritée de ce que l’historien René Rémond nommait le courant bonapartiste au sein des droites françaises – empêche cette culture du compromis politique libéral en France.


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Publié le 29/03/2022.

Le RSA ou le travail ? Mieux, le revenu universel !

Dans Atlantico, notre expert et économiste Marc de Basquiat explique pourquoi conditionner le RSA à un taux horaire minimal d’activité est dérisoire. Tandis qu’il défend notre revenu universel, la députée Valérie Petit rappelle dans La Voix du Nord son combat pour notre idée.

 

Marc renvoie dos à dos les deux représentations morales qui fondent les politiques d’octroi des minima sociaux : le profiteur assisté qu’il faut faire payer vs l’éternel malchanceux excusable en tout point qu’il faut toujours davantage aider. Ces deux conceptions se veulent tenir du bon sens mais font fi de la complexité que recèle chaque situation. De la même façon, il juge les propositions d’Emmanuel Macron et de Valérie Pécresse – conditionner la perception du RSA à un taux d’activité minimal – déconnectées de la réalité. Car en plus d’opérer un tri arbitraire entre le « bon » et le « mauvais » pauvre, cette proposition s’avère insensée et contre-productive : il faudrait crée 60 000 postes, soit un coût de 2 milliards € pour l’État, afin de surveiller les activités fictives d’un à deux millions d’individus.

Aux yeux de notre expert, les deux prétendants à l’Elysée ne sont pas dans une croisade idéologique mais distillent ces mesures savamment orchestrées pour flatter leur électorat. D’un côté, Valérie Pécresse apparaît soucieuse de parler à sa base électorale attachée à la « valeur travail », de l’autre, Emmanuel Macron semble vouloir empiéter sur le terrain de la candidate LR.

« Quel employeur a envie d’accueillir dans son entreprise des personnes soumises à cette forme de travail forcé ? »

Marc rappelle que lorsqu’il s’agit de « réformer pour de vrai », les boîtes noires de l’administration françaises se fichent bien de la démagogie électoraliste. Pour la réforme du RUA (revenu universel d’activité), notre expert rappelle le travail colossal entamé par les services techniques de l’administration en charge de le rendre opérationnel. L’illisibilité des bases de ressources, sur lesquelles les prestations sociales sont calculées, était telle que le projet est reparti dans les cartons.

« Du côté politique, beaucoup d’élus ont compris notre proposition de revenu universel et la soutiennent, mais comment avancer sur un projet inconnu des citoyens ? »

Mais alors pourquoi ne pas engager notre proposition de revenu universel ? Pour Marc, une seule explication plausible : « c’est trop simple ! » pour la technostructure. Plusieurs experts nichés dans les ministères et dans l’administration ont validé notre  proposition de revenu universel. Seul bémol : le manque de volonté politique que nécessite ce chantier de simplification.

Avec GenerationLibre, dans le cadre du prélèvement à la source, il s’agirait d’un montant de 500€ versé automatiquement à tous les Français, en même temps qu’un impôt au taux proportionnel de 30% sur le revenu du mois qui précède, au premier euros près. Cette semaine encore, la députée Valérie Petit rappelait dans La Voix du Nord son engagement en faveur du « socle citoyen », notre revenu universel.


Pour lire l’article d’Atlantico « Travailler pour toucher le RSA : voilà pourquoi il s’agit d’une (très, très) fausse bonne idée », cliquer ICI.

Pour lire notre rapport « Comprendre le socle citoyen – un revenu universel pour tous », cliquer ICI.

Pour lire notre rapport « LIBER, un revenu pour tous », cliquer ICI.

 

Publié le 25/03/2022.