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[Lu Ailleurs] : « Imaginons un capitalisme rénové et plus équilibré » Patrick Artus

[Lu Ailleurs] : « Imaginons un capitalisme rénové et plus équilibré » Patrick Artus

Dans un entretien pour l’Opinion, Patrick Artus promeut une rénovation du capitalisme inspirée de l’ordolibéralisme.

 

Patrick Artus se penche sur un capitalisme à bout de souffle dans sa version actuelle. Ce modèle est autant décrié dans son versant éthique (inégalités, pollution, délocalisations) qu’économique (frein au progrès technique, baisse des gains de productivité) en raison de la constitution de monopoles et d’une concentration du capital, autant de barrières à l’entrée pour les petites entreprises et l’innovation.

« Le capitalisme dans lequel nous vivons fabrique une décroissance continuelle des gains de productivité (…) Il est sous perfusion depuis des décennies. »

Faute d’engendrer une forte croissance et une augmentation des revenus, Patrick Artus explique que, à partir des années 1990, le capitalisme a été contraint de reposer sur un fort endettement du secteur privé. Une évolution néfaste qui s’est immiscée dans le secteur public au lendemain de la crise de 2008. Reste alors la politique monétaire et ses injections constantes dans l’économie pour soutenir un système voué au déclin.

« Il nous reste quelques années seulement pour imaginer un capitalisme rénové et plus équilibré, capable de survivre à la disparition de sa troisième béquille, la politique monétaire. »

Patrick Artus estime que la philosophie de la gouvernance économique doit s’inspirer de l’ordolibéralisme. Pour lui, l’État doit surtout mener des politiques incitatives plutôt que de diriger l’économie. Ce sont aux entreprises de maximiser les profits et à l’État de gérer les externalités (santé, sécurité, environnement). Patrick Artus propose, entre autres, de fixer un prix au CO2, d’instaurer un bonus-malus aux licenciements ou encore de briser le monopole des GAFAM.

Patrick Artus fait référence aux réflexions peu mises en avant de Milton Friedman sur l’éducation à laquelle il portait attention notamment pour les enfants de milieux défavorisés. Lors du récent évènement organisé par GenerationLibre, Mario Vargas Llosa saluait l’école publique obligatoire mise en place en France à la fin du XIXème siècle, alors puissant vecteur de lutte contre les inégalités à la naissance.

Dans son dernier ouvrage publié par la collection GenerationLibre aux éditions Puf, Claude Gamel plaide pour une nouvelle vision du libéralisme. Guidé par F. Hayek et J. Rawls, l’auteur affronte notamment la question de la justice en société. Claude Gamel propose un libéralisme dit « soutenable » avec comme principe directeur la dispersion maximal du pouvoir. L’auteur défend, entre-autres, la propriété des données personnelles, une régulation de la concurrence adaptée aux géants du numérique ainsi qu’un marché mondial des droits à polluer.


Pour lire l’entretien, cliquer ICI.

Pour consulter notre dernier ouvrage « Esquisse d’un libéralisme soutenable », cliquer ICI.

 

Publié le 03/05/2021.

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