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Gaspard Koenig : « L’antiracisme des Lumières n’est pas mort »

Gaspard Koenig : « L’antiracisme des Lumières n’est pas mort »

Dans Les Echos, Gaspard Koenig rappelle que c’est en vertu des grands principes des Lumières que les manifestants peuvent aujourd’hui clamer « Black Lives Matter ». Et s’ils étaient des lointains héritiers des théoriciens de l’idéal démocratique occidental ?

 

L’égalité entre les individus est un de ces principes. C’est au nom d’une égalité des droits qui ne se traduit pas toujours en pratique que les protestataires s’indignent aujourd’hui.  C’est pour cela qu’il est nécessaire de reconnaître la réalité des discriminations raciales qui persistent dans nos sociétés, et pourquoi pas autoriser les statistiques ethniques pour en prendre la mesure.

La résistance à l’oppression par le droit à la rébellion comme moyen d’exercice de la volonté politique est un autre legs des Lumières. Rappelons que la démocratie et l’État de droit ont pour principale vertu l’organisation pacifique des conflits entre les individus et groupes sociaux. Il est donc primordial que toutes les revendications trouvent un terrain d’expression garantie par la force publique.

Enfin, l’universalité des droits prend forme dans les mouvements protestataires des dernières semaines. D’un évènement survenu aux États-Unis est né un phénomène planétaire.

« Ne serait-ce pas l’embryon d’une citoyenneté mondiale, avant l’avènement du droit cosmopolitique rêvé par Kant ? » Gaspard Koenig

Mais pour Gaspard, s’il est salutaire que la démocratie permette de nous adapter à « l’histoire en mouvement », les manifestants ne doivent pas renier l’idéal démocratique des Lumières. La liberté d’expression ne saurait être grignotée par les quelques dérives auxquelles nous avons assisté ces dernières semaines. Citons seulement HBO, qui a retiré pendant quelques jours le film « Autant en emporte le vent » de sa plateforme.

« Quel est ce progressisme qui supprime la contradiction, censure les oeuvres d’art et désigne les traîtres, comme l’Inquisition brûlait les livres et torturait les hérétiques ? Comment réclamer la tolérance sans la pratiquer ? » Gaspard Koenig

La justice est également en danger. Les images de repentances collectives nous ramènent à un racialisme régressif : « nul ne saurait être condamné pour un crime qu’il n’a pas commis ». Ne laissons pas les « hasards de la génétique prendre le pas sur la conception moderne de la responsabilité individuelle ».

Enfin, il ne faut pas oublier que de nombreux pays continuent à discriminer ouvertement des minorités ethniques.

« Dans nos sociétés, la lutte contre les discriminations est un progrès lent et multiséculaire. Black Lives Matter doit y apporter sa pierre, sans la jeter à travers les vitres des Lumières. » Gaspard Koenig


Pour lire la chronique, cliquer ICI.

Pour lire notre rapport « Pour rétablir la liberté d’expression », cliquer ICI.

 

Publié le 17/06/2020.
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