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Cannabis : l’amende est une lâcheté du Gouvernement

Cannabis : l’amende est une lâcheté du Gouvernement

Pour Vincent Delohmme, directeur des études de GenerationLibre, qui signe une tribune dans Libération, la généralisation de l’amende forfaitaire pour usage de stupéfiants n’a que peu de choses à voir avec la protection de l’ordre public et de la population.

 

Mettre un terme au trafic par la pénalisation du consommateur est une illusion : dans les condamnations liées aux stupéfiants, la part du trafic occupe une place de l’ordre de 2% tandis que la consommation de cannabis en France continue à atteindre des sommets.

Injustices policières. L’amende forfaitaire, nouvelle pièce à l’édifice répressif, risque inutilement et injustement d’aggraver la sélection sociale dans la réponse pénale, phénomène déjà dénoncé par Éric, ancien prisonnier, pour une vidéo du Studio de GenerationLibre en 2019. Vincent Delhomme peine à croire que cette politique sera appliquée « dans les quartiers de Créteil comme dans le 16e arrondissement de Paris », comme l’a affirmé Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur.

Surcharge policière. Vincent Delhomme rappelle qu’en France, entre 2014 et 2015, c’est bien 56% des infractions révélées par l’action des forces de l’ordre qui était liées aux stupéfiants, dont 85% concernaient un usage simple et 90% le cannabis.) Des infractions qui engorgent les tribunaux mais surtout nourrissent la surpopulation carcérale : elles concernent 20% des détenus. Si l’amende forfaitaire peut désengorger les tribunaux et les prisons, elle risque d’accaparer les forces de police et on doute qu’elle parvienne à réduire sensiblement la consommation de cannabis.

Inefficacité sanitaire. Les mineurs, non concernés par l’amende, pourront continuer de s’approvisionner tandis que les personnes en situation d’addiction sortiront des radars des acteurs médico-sociaux. Au Canada, c’est à l’inverse le récent choix de la légalisation qui a fait baisser de 9 points le pourcentage de mineurs de 15 à 17 ans qui déclarent avoir consommé du cannabis.

« C’est la légalisation du cannabis qui permettra un encadrement. » Amine Benyamina, psychiatre spécialiste des addictions, et auteur de notre note.

La liberté du choix. Par principe, GenerationLibre rappelle que l’État n’a pas à se mêler des choix libres de ses concitoyens majeurs en matière de consommation de substances psychoactives. A rebours des préjugés, le cannabis serait cent-quatorze fois moins mortel et deux fois moins addictif que l’alcool comme nous l’expliquions dans une note publiée en 2018. La France fait également figure d’exception en ignorant les bienfaits du cannabis thérapeutique. Le pays tarde à mettre en œuvre un projet d’expérimentation pourtant décidé par le ministère de la santé pour 2022 et saluée par Maxime Sbaihi, directeur général de GenerationLibre, dans une chronique pour l’Opinion.

GenerationLibre observe avec attention l’évolution des modèles de légalisation des drogues dans le monde. D’ici à la fin de l’année, nous publierons une nouvelle note pour proposer un modèle applicable à la France s’agissant du cannabis.


Pour lire la tribune de Vincent Delhomme « Légalisation du cannabis : le courage d’abandonner la lâcheté », cliquer ICI.

Pour lire notre rapport « Légaliser le cannabis ; Arguments légaux et médicaux en faveur d’un changement de modèle », cliquer ICI.

Pour voir notre vidéo « Cannabis : la prohibition dangereuse », cliquer ICI.

Pour lire la tribune de Maxime Sbaihi « Cannabis, une léthargie française », cliquer ICI.

 

Publié le 14/09/2020.
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