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Le Staline qui sommeille en vous

Le Staline qui sommeille en vous

Gaspard Koenig prend la défense d’Alain Finkielkraut et Esther Benbassa, deux intellectuels qui ont été jetés aux chiens sur les réseaux sociaux. Un phénomène qu’il n’hésite pas à comparer aux procès soviétiques des années 30.

 

Esther Benbassa, historienne et sénatrice EELV, s’est vue accusée d’antisémitisme pour avoir posté une photo avec un symbole qu’elle n’avait pas identifié. Alain Finkielkraut, philosophe et écrivain, a été accusé de lancer un appel au viol suite à l’une de ses déclarations découpée sans contexte, puis postée in extenso et retwetée allègrement. Rapidement, un déferlement de haine et de non-sens ont envahi les réseaux sociaux, empêchant les accusés de se défendre.

Gaspard dénonce ce phénomène qui prend de l’ampleur et décrit une méthode de lynchage bien rodée. Dans un premier temps, elle consiste à dé-contextualiser les propos de l’accusé, l’objectif étant d’obtenir une phrase ou quelques mots à répéter en boucle pour figer la culpabilité et effacer l’environnement dans lequel ces mots ont été prononcés.

Dans un deuxième temps, elle consiste à brouiller la frontière entre le vrai et le faux. Par le biais de harcèlement psychologique, les fictions finissent par paraître vraies, autant pour les accusateurs que pour le public. Ainsi, « dans le brouillard des retweets et des fake news, les théories du complot les plus grotesques parviennent à acquérir une légitimité ».

Pour Gaspard, c’est une méthode qui fait écho aux procès soviétiques bidons des années 30 visant à éliminer les ennemis de Staline. Il y voit là un moyen de décourager les accusés et réduire toute discussion à un choix entre le Bien absolu et le Mal absolu, incitant le collectif a être contre tous ceux qui pensent – différemment.


Pour lire la chronique de Gaspard Koenig dans Les Echos « En finir avec le lynchage populaire sur les réseaux sociaux », cliquer ICI.

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