Sur Zoom, devant 50 personnes dont le sénateur Loïc Hervé, GenerationLibre présente sa nouvelle note qui examine la proportionnalité du passe sanitaire. À l’appui d’arguments philosophiques, juridiques et sanitaires, nos experts appellent à y mettre fin.
Kevin Brookes, docteur en science politique, se réfère au biopouvoir théorisé par Michel Foucault pour définir la situation actuelle : le souverain a un contrôle sur tous les corps avec un outil inédit à l’échelle de l’histoire. Afin de restaurer sa crédibilité fragilisée par ses maladresses dans la gestion de l’épidémie, son excessive centralisation des décisions ainsi que son mépris indifférencié pour les oppositions, le Gouvernement doit maintenant avoir le courage de lever le passe sanitaire. Une démocratie mature fait confiance aux citoyens.
Pour Nicolas Gardères, docteur en droit, le passe sanitaire s’attaque frontalement à notre État de droit. Ce dernier ne relève pas seulement du respect des textes de loi mais implique le respect de l’ensemble des « attitudes institutionnelles » aujourd’hui délabrées et considérées par l’exécutif comme des « obstacles au salut sanitaire ».
« Une vraie guerre a une fin, un armistice. Le problème avec l’état d’urgence sanitaire ou terroriste, c’est qu’il n’y a pas de fin. À quel moment rétablit-on les libertés fondamentales ? » Nicolas Gardères
Il faut sortir du paradigme de l’état d’urgence permanent qui restreint les libertés à la hache et nie l’utilité des institutions comme le Parlement, le Conseil constitutionnel et le Conseil d’État.
Pour Henri Leleu, docteur en économie de la santé, si le passe sanitaire semble incontestablement expliquer les bons taux de vaccination, son impact sur la circulation épidémique n’est pas prouvé. Nicolas Gardères souligne que le Gouvernement a menti par omission : il se targue aujourd’hui d’avoir incité à la vaccination grâce au passe sanitaire alors qu’il a expliqué en juillet l’instaurer pour freiner la circulation et non pour obliger à la vaccination.
« La société de contrôle dans laquelle nous fait basculer le passe sanitaire constitue une atteinte à la liberté individuelle qui peut devenir irréversible de manière aussi rapide qu’imperceptible. » Christophe Seltzer
Parmi les 17 mesures de restrictions de libertés toujours en vigueur et surveillées par notre juriste Vincent Delhomme, le passe constitue la plus forte atteinte à la liberté de circulation. Comme le rappelle Christophe Seltzer, directeur de GenerationLibre, cette note s’inscrit dans le travail du think tank avec son Observatoire des Libertés Confinées mis en place dès le mois de mai 2020, au titre duquel une note évaluant les coûts-bénéfices des confinements sur l’espérance de vie des Français a été publiée en mai 2021.
Il apparaît que le passe sanitaire constitue autant une menace sur notre liberté individuelle que sur l’État de droit et son efficacité sur l’évolution de l’épidémie n’est pas prouvée. Autant de raisons pour y mettre un terme immédiatement.
Pour lire la note « La proportionnalité du passe sanitaire en question », cliquer ICI.
Découvrez ICI notre note d’analyse « Années de vie gagnées, années de vie perdues ; Une analyse coûts-bénéfices des confinements Covid-19 » (mai 2021).
Découvrez ICI notre Observatoire des Libertés Confinées (depuis mai 2020).
Publié le 16/12/2021.
Dans Les Échos, Gaspard Koenig plaide en faveur d’un droit pour les arbres. À l’approche des fêtes, il questionne la tradition païenne du sapin de Noël et appelle, au nom de la modernité comme des traditions, à célébrer les écosystèmes.
À l’instar de la personnalité juridique pour les entreprises, Gaspard propose d’accorder des droits aux arbres, qui subissent chaque mois de décembre un « massacre » lorsque 6 millions d’entre eux sont coupés puis jetés. Pour Gaspard, cette tradition païenne relève d’un consumérisme à outrance tant elle ne profite que quelques jours par an aux hommes, au prix de la destruction d’une part de notre biodiversité.
« La définition des droits reflète […] la manière dont une société humaine se conçoit elle-même. En l’occurrence, un droit des arbres traduirait une forme de respect minimal pour notre environnement. »
Gaspard invoque le spécialiste d’éthique environnementale Christopher Stone, qui était en 1972 à l’avant-garde du combat pour la protection de la biodiversité, en proposant de reconnaître des droits aux arbres. Montaigne en son temps parlait de « devoir d’humanité […] aux arbres et même aux plantes ». Ce droit ne mènerait pas à une interdiction de leur coupe mais permettrait de limiter la quantité de tronçonnages, « à l’heure où chacun se pique de conscience écologique ». Pour Gaspard, cela pourrait libérer jusqu’à 5 000 hectares aujourd’hui réservés à la culture de nos sapins.
« Si l’on remonte aux origines de [cette tradition], on trouvera que tous les mythes fondateurs du sapin de Noël mettent en valeur la vie, qui continue malgré l’hiver. »
Dans le respect de la tradition et du fameux chant « O Tannenbaum », Gaspard rappelle que s’il y a bien quelque chose à célébrer à Noël, c’est la vie, y compris donc celles des arbres. Un droit accordé aux arbres s’inscrit dans la lignée du statut juridique offrant aux animaux « un droit à ne pas souffrir », proposé par le Parti animaliste et également défendu par Gaspard depuis plusieurs années.
Pour lire la chronique de Gaspard, cliquer ICI.
Pour lire la précédente chronique de Gaspard qui évoque les droits des animaux, cliquer ICI.
Publié le 15/12/2021.
Dans Atlantico et face au Pr. Jean Costentin, notre expert Édouard Hesse appelle à suivre les pas de l’Allemagne et du Luxembourg pour légaliser le cannabis en France. Un enjeu sécuritaire, économique et de santé publique.
Après le Luxembourg en octobre, la nouvelle coalition emmenée par Olaf Scholz en Allemagne a annoncé vouloir légaliser le cannabis. Aux yeux d’Édouard, la pression pour la légalisation va s’accroître en France, dans les années à venir, avec des trafics incontrôlables entre des pays producteurs et l’hexagone, premier pays consommateur en Europe.
« Si le marché licite offre des produits plus chers, de moindre qualité ou diversité, ou encore s’ils sont moins accessibles que sur le marché noir, les consommateurs ne feront pas la transition et la légalisation risque d’échouer. »
Au modèle de « vente de cannabis exclusivement dans des magasins contrôlés » qui devrait voir le jour en Allemagne, Édouard préfère la proposition de « marché libre avec forte concurrence » qu’il a lui-même développée dans un rapport de GenerationLibre en 2021 (un projet de traduction est en cours avec le European Liberal Forum). L’exemple du Colorado déconstruit l’argument selon lequel une légalisation n’aura qu’un effet marginal sur le marché noir : un modèle aux normes peu contraignantes a permis à l’offre légale du cannabis d’atteindre près de 70 % du marché en moins de 5 ans.
« La légalisation du cannabis dans une économie développée majeure où résident 83 millions de personne est un signal extrêmement fort pour le reste du monde. »
La légalisation est tout autant un enjeu sécuritaire (réduction des vols et viols de plus de 20 %, en comparant l’État de Washington avec d’autres) qu’économique (passage de l’économie souterraine à l’économie officielle). Surtout, c’est un défi de santé publique : si le Pr. Jean Costentin dénonce à raison les conséquences néfastes de la substance sur notre cerveau, Édouard défend que la qualité et le dosage seront désormais contrôlés et les consommateurs sensibilisés.
Pour Édouard, la légalisation du cannabis par l’Allemagne est un bond en avant pour l’instauration d’une telle politique dans les pays européens, après les succès outre-Atlantique. Qu’attend la France pour suivre ?
Pour lire l’article d’Édouard dans Atlantico, cliquer ICI.
Pour lire notre rapport « Cannabis : Pourquoi et comment légaliser », cliquer ICI.
Pour lire notre rapport « Pour un marché libre du cannabis en France », cliquer ICI.
Publié le 09/12/2021.
Dans Libération, nos experts Nicolas Gardères et Violaine de Filippis plaident pour l’instauration du revenu universel. L’un de ses multiples intérêts est de pouvoir émanciper les femmes victimes de violences conjugales. Explications.
À l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, les deux juristes proposent le revenu universel comme « une solution de survie » face au fléau des violences conjugales.
En 2005, Gisèle Halimi illustrait l’inégalité économique au sein du couple en relevant l’incapacité pour les femmes battues de quitter le foyer : « parce que vous n’avez pas un sou, parce que vous ne savez pas ce que vous ferez le lendemain » expliquait-elle. Pour les auteurs, il n’y a pas de libre choix dans ces situations, comme en témoignent les chiffres en matière d’emploi : 85 % des temps partiels sont occupés par des femmes et 82 % des cadres dirigeants sont des hommes.
« La violence au sein du couple, son avènement comme sa perpétuation, s’inscrit bien souvent dans un contexte de violence économique, dans un continuum mari-patron, rappelant, pour citer Flora Tristan, que les femmes sont toujours les prolétaires de quelqu’un. »
Aux critiques qui reprochent au revenu universel d’assigner les femmes à résidence en les décourageant de travailler, Nicolas Gardères et Violaine de Filippis répondent que c’est au contraire un mécanisme socio-fiscal individualisé qui, en réduisant les écarts de revenus au sein du couple, permet d’échapper autant à un travail subi qu’à la puissance financière du mari.
Si le revenu universel n’est pas une solution miracle, il assure un filet de sécurité aux femmes comme à tous les individus : c’est un moyen de maximiser l’autonomie de chacun. GenerationLibre est à l’avant-garde de ce combat avec une proposition réaliste formulée dès 2014 par notre expert Marc de Basquiat et notre fondateur Gaspard Koenig.
Pour lire la tribune de Violaine de Filippis et Nicolas Gardères, cliquer ICI.
Pour lire notre article « Comprendre le « socle citoyen » – Un revenu universel pour 2021 », cliquer ICI.
Pour lire notre rapport « LIBER : une proposition réaliste », cliquer ICI.
Pour lire notre rapport « LIBER : un revenu de liberté pour tous », cliquer ICI.
Publié le 07/12/2021.
Dans Contrepoints, Daniel Borrillo condamne le néo-féminisme qui, au nom d’un ordre sexuel patriarcal à déconstruire, trahit les droits individuels conquis par le « féminisme classique ».
Depuis les années 1960, les droits individuels pour les femmes n’ont cessé de croître, avec notamment la contraception, l’avortement, l’égalité salariale, la parité, le mariage pour les couples de même sexe et dernièrement la PMA pour les couples de femmes et femmes seules. Pour Daniel Borrillo, cette vision égalitaire et libérale des droits fondamentaux est aujourd’hui supplantée par une vision qui essentialise hommes et femmes en deux communautés en guerre.
« Désormais, il ne s’agit plus d’égalité mais de déconstruction de l’ordre masculin. Pour ce faire, les militantes néo-féministes utilisent le genre comme une idéologie de substitution à la classe. »
L’auteur présente le néo-féminisme comme une vision hiérarchique de la société : les femmes sont des victimes systémiques des hommes favorisés par un droit qui perpétue la domination patriarcale. À partir de théories comme la « capacité biologique au viol » chez l’homme, les partisans de cette idéologie nient la notion de propriété de soi, en refusant par exemple la légalisation du travail du sexe, pratique jugée comme étant le fait de la domination masculine.
La pensée néo-féministe est résumée par MacKinnon : « la liberté sexuelle des femmes devient synonyme de liberté d’agression sexuelle pour les hommes ». La lutte contre la réification de la femme, menée au nom de la dignité humaine, s’inscrit pour Daniel en contradiction avec la liberté individuelle de disposer de son corps. Au nom de ce dernier principe, le féminisme libéral devrait aujourd’hui se battre pour la légalisation de la gestation pour autrui ou la liberté de participer à un concours de beauté.
« Si le néo-féminisme veut se débarrasser des principes de droit, trop désincarnés et abstraitement trompeurs, c’est pour mieux imposer son nouvel ordre moral fondé sur une essentialisation du genre (mâle=prédateur, femme=proie). »
Daniel Borrillo dénonce la grande confusion en matière d’égalité homme-femme, entre les droits individuels acquis du « féminisme classique », et le militantisme néo-féministe qui transpose la théorie marxiste aux relations homme-femme : de la lutte des classes à la lutte des sexes. Cette « idéologie totale » mène à une société où hommes et femmes vivent côte à côte. Certaines vont jusqu’à penser qu’il faut effacer les hommes de leur esprit, comme l’élue Alice Coffin pour qui « les productions des hommes sont le prolongement d’un système de domination ».
Plutôt que de s’égarer dans une essentialisation du genre, GenerationLibre travaille à des solutions concrètes pour l’égalité entre les femmes et les hommes : l’individualisation d’une allocation comme le revenu universel permettrait d’échapper autant à un travail subi (travail du sexe dans certaines circonstances) qu’à la puissance financière du conjoint (en cas de violences conjugales).
Pour lire l’article de Daniel Borrillo dans Contrepoints, cliquer ICI.
Publié le 06/12/2021.
Dans Libération, Gaspard Koenig condamne l’illibéralisme d’Éric Zemmour qui saccage l’histoire de France et ses deux siècles de combat en faveur de l’État de droit.
Gaspard réagit à l’annonce de la candidature d’Éric Zemmour à l’élection présidentielle en livrant une synthèse de sa doctrine qu’il déconstruit sur le fond. Dans les pas de John Stuart Mill, il préfère réfuter les idées plutôt que de s’offusquer ou d’appeler à la censure d’une opinion.
« Chaque fois, une religion minoritaire est accusée de semer le trouble. […] Rétrospectivement, ces cris d’orfraie paraissent risibles : nul ne conteste plus l’intégration des protestants, des catholiques ou des juifs. »
Pour Gaspard, la pensée du candidat se limite à son obsession de l’Islam (religion jugée incompatible avec la République), la condamnation du « droit de l’hommisme » (dénoncé comme dictature des minorités) et une ségrégation entre Français et étrangers. Pour Gaspard, le fantasme d’une guerre de civilisations n’est pas nouveau : de la même façon, John Locke stigmatisait tous les catholiques au XVIIe siècle, et Édouard Drumont les juifs deux siècles plus tard.
« L’individu et ses libertés ne seront plus protégés, mais soumis au bon vouloir des gouvernants. Dommage pour ceux qui, comme M. Zemmour lui-même, font appel aux cours suprêmes pour défendre leur liberté d’expression… »
Là où il trahit les derniers siècles de l’Histoire de France, c’est lorsqu’il défie l’État de droit, fondement de la démocratie libérale, auquel il veut échapper afin d’appliquer son projet en matière d’immigration. Au mépris de toute séparation des pouvoirs, exit les cours suprêmes ! Éric Zemmour rejoint Jean-Jacques Rousseau et prône une souveraineté populaire absolue au détriment de la défense de l’individu et de ses libertés, thème cher à Benjamin Constant.
Gaspard relève avec ironie l’incohérence du candidat qui, s’il prive les résidents étrangers de tous minima sociaux, devrait alors les dispenser de payer des impôts (y compris la TVA) qui financent la solidarité. Aussi, Éric Zemmour est un adversaire total du libéralisme, en défendant « autoritarisme politique, dirigisme économique, uniformisation culturelle, centralisme territorial ». À la promotion d’une communauté nationale homogène, Gaspard préfère la défense des libertés et de l’État de droit, garants de notre singularité individuelle.
Pour lire la tribune de Gaspard, cliquer ICI.
Publié le 02/12/2021.
Dans Pour l’Éco, Clément Rouget confronte les recherches de nos experts Florent Bayle et Erwan Le Noan à celles du professeur d’économie Gilles Raveaud pour expliquer le déclassement des universités publiques françaises.
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Notre rapport « Libérer l’université », qui constate le déclin de l’enseignement public supérieur, trouve un écho inattendu : le Conseil d’analyse économique (CAE) vient de publier une note accablante sur l’état des universités françaises et insiste sur l’urgence d’un plan d’investissement massif.
D’après nos experts, ce déclassement ne s’explique pas d’abord par un manque de moyens financiers, tout simplement parce que l’État y consacre chaque année une part en pourcentage du PIB dans la moyenne de l’OCDE. Selon eux, l’argent publique est d’abord mal employé : le problème est structurel.
Ils observent simultanément à l’international une corrélation entre autonomie de gestion (économique, pédagogique…) et performances académiques. Or, la France est un mauvais élève dans ce domaine, et se classe par exemple 25ème sur 27 en termes d’autonomie pédagogique : ainsi, c’est par l’autonomie qu’ils proposent de relancer l’université publique française.
« Aujourd’hui, l’université est en train de perdre cette bataille de l’attractivité. »
Gilles Raveaud, lui, observe une sous-rémunération des enseignants-chercheurs et le manque criant de titulaires : selon lui, le problème de l’université française réside avant tout dans un sous-financement de la part de l’État. Ce qui entraîne de multiples conséquences : un délabrement des locaux et des missions qui sont « bricolées » comme la mise en relation des étudiants avec le monde du travail. À ce manque d’investissement public s’ajoute, selon l’économiste, d’autres carences : une concurrence extrêmement forte des grandes écoles, et un « effondrement du niveau académique » du secondaire.
« La recherche académique montre que, partout dans le monde, les universités les plus performantes à la fois pour les étudiants et les chercheurs se trouvent être les plus autonomes. »
Un propos qui n’entre pas en contradiction avec celui de nos experts. Car pour Erwan et Florent, si les universités ont accès à suffisamment d’argent public, elles doivent pouvoir augmenter leurs sources de revenu en développant des partenariats avec le privé ou en fixant librement les frais d’inscription. Cette augmentation des revenus, ajoutée à la suppression conjointe du CNU et de la grille de rémunération nationale permettra de rémunérer davantage les enseignants selon leur mérite et non plus selon des critères obsolètes.
En définitive, les trois débatteurs tombent d’accord avec le rapport du CAE sur l’urgence d’une réforme profonde de l’université qui, si elle réussit jusqu’à présent à conserver des résultats honorable, s’enfonce dans la crise. Et si les réformes nécessaires étaient dans le rapport de GenerationLibre ?
Pour lire l’article de Pour l’Éco, cliquer ICI.
Pour lire l’article du Point sur le rapport du CAE, cliquer ICI.
Pour retrouver notre rapport « Libérer l’université », cliquer ICI.
Pour retrouver notre note « Révolutionner les frais d’inscription », cliquer ICI .
Publié le 29/11/2021.
Dans Capital, la Fondation Abbé Pierre, l’Institut du management des services immobiliers et la FNAIM réagissent à notre proposition de bail simplifié. Jugée radicale, elle ne laisse pas indifférent.
Le magazine économique rappelle ce constat, qui fait consensus parmi les spécialistes du logement, et formulé dans notre rapport « Le logement pour tous » : malgré un parc de logements des plus étoffés au monde, « avec 590 logements pour 1.000 habitants », 3 millions de logements restent inoccupés toute l’année tandis que 4 millions de personnes sont mal-logés.
« En contrepartie de cette possibilité qui lui est donnée d’expulser rapidement le locataire [en cas de défaut de paiement de loyer], il sera interdit au propriétaire d’exiger d’un candidat locataire des fiches de salaire. » Capital
Notre expert François-Xavier Oliveau passe sur le grill de plusieurs acteurs du logement, dont les responsables critiquent la proposition phare de bail simplifié au cœur de notre dernière publication, qui déséquilibrerait encore davantage selon eux le rapport de force entre propriétaire et locataire, en faveur du premier. Pour le directeur des études de la Fondation Abbé Pierre, la déréglementation du marché fait craindre une « explosion des expulsions locatives ». Henry Buzy-Cazaux, aussi membre du Conseil national de l’habitat qui partage notre constat, ne fait quant à lui « pas confiance aux bailleurs privés pour établir des contrats équilibrés ». Le président de la FNAIM, séduit par la proposition, émet des réserves sur sa pertinence dans les zones tendues.
« Le marché est bloqué et le rapport de force est effectivement en faveur du propriétaire. Mais on ne manque objectivement pas de logements. C’est donc bien en augmentant l’offre qu’on rééquilibrera le marché. » François-Xavier Oliveau
Repris par Capital, François-Xavier Oliveau répond à ces critiques en expliquant que le rapport de force déjà déséquilibré en faveur du propriétaire s’explique par un manque d’offre locative et par une sur-réglementation des transactions. Pour lui, la caricature réside dans la présentation de la question du logement comme une lutte des classes permanente entre locataires et propriétaires. De façon originale, GenerationLibre choisit dans sa dernière publication de l’aborder sous l’angle d’un marché qu’il faut rendre plus fonctionnel. Notre conviction : si le rapport de force peut se rééquilibrer, c’est en facilitant les transactions non seulement avec un bail simplifié (de nombreux pays ont un système avec une libre durée de bail) mais aussi avec une fiscalité (transférée de l’usage vers l’usufruit) qui incite les propriétaires à remettre leur bien sur le marché locatif.
Dans sa présentation exhaustive du rapport, Capital relève notamment le mécanisme imaginé pour protéger le locataire, qui peut recourir à un prêt à taux zéro « en cas d’insuffisance réelle et constatée de ses ressources ». Cette option d’accompagnement par l’État serait intemporelle et viendrait remplacer la trêve hivernale. Christophe Seltzer intervient à ce sujet lors d’un événement organisé par la FNAIM le mardi 30 novembre prochain.
Pour lire l’article de Capital, cliquer ICI.
Pour s’inscrire au congrès immobilier de la FNAIM, cliquer ICI.
Pour lire notre rapport « Le logement pour tous », cliquer ICI.
Publié le 22/11/2021.
Dans Le Monde, le philosophe Abdennour Bidar appelle l’État à justifier le caractère proportionnel de sa politique sanitaire et ainsi faire des citoyens « des être doués de raison ».
En juillet 2021 était voté le projet de loi incluant l’instauration du passe sanitaire dans l’extension de l’état d’urgence sanitaire. Pour Abdennour Bidar, le Conseil d’État n’a que trop peu invoqué le principe de proportionnalité dans son avis, principe qui consiste à « assurer en priorité la garantie des droits fondamentaux ».
« [L’État] serait par là même transparent en proposant la « publicité » de [son] action, au sens qu’Emmanuel Kant donnait au concept : un État est démocratique quand il expose « publiquement » les motifs de son action pour donner aux citoyens les pleins moyens d’en juger par eux-mêmes. »
Pour Abdennour Bidar, la notion de proportionnalité devrait avoir une plus grande place dans le débat public afin de faire des citoyens « des êtres doués de raison ». En ne diffusant que le taux d’incidence, l’État oublie de le relativiser par la proportion de personnes contaminées et crée, comme le note Vincent Delhomme dans sa tribune d’octobre 2021 sur le passe sanitaire, un terreau favorable à l’extension continue de l’état d’urgence.
« Un taux d’incidence moyen de 189 au niveau national, et supérieur à 500 dans certains départements […] signifie que la proportion de personnes contaminées est comprise entre 0,189 % et 0,5 % de la population. Pourquoi ce pourcentage n’est-il jamais mobilisé ? »
Pour le philosophe, l’État devrait davantage « s’interroger à haute voix » sur le caractère proportionnel de ses décisions. Dans sa note « Covid-19 : analyse coûts-bénéfices des confinements » publiée en mai 2021, GenerationLibre s’est livré à cet exercice périlleux mais au combien démocratique de discuter la proportionnalité des confinements. Sans prétendre avoir une réponse définitive, le think-tank a mis en rapport, sur la base de premières données partielles, les années de vie gagnées par ceux qui auraient pu mourir de la Covid-19 avec celles perdues par les déclassés économiques.
« Une sage politique réussit, en particulier en temps de crise, à conjuguer le maximum de sécurité avec le maximum de liberté. Est-ce bien le cas actuellement ? Chacun jugera. »
Pour Abdennour Bidar, « toute politique qui réduit les libertés doit le faire avec la plus grande mesure, en retenant son pouvoir » : la proportionnalité doit aller de pair avec la modération. Depuis le début de la crise sanitaire en mars 2020, nous surveillons toutes les libertés suspendues avec notre « Observatoire des libertés confinées » afin de s’assurer qu’elles nous soient toutes rendues.
Pour lire la tribune d’Abdennour Bidar, cliquer ICI.
Pour consulter notre « Observatoire des libertés confinées », cliquer ICI.
Pour lire la tribune de Vincent Delhomme « Il est grand temps que le passe sanitaire finisse aux oubliettes », cliquer ICI.
Pour consulter notre « analyse coûts-bénéfices des confinements », cliquer ICI.
Publié le 19/11/2021.
Gaspard Koenig brocarde dans Les Échos la verticalité de la politique gaulliste et lui préfère la volonté simplificatrice de Georges Pompidou.
Chaque année, toute la classe politique célèbre unanimement la mémoire du Général de Gaulle, louant son panache et son héroïsme qui a fondé la France libre et mené la résistance. Ses dix années passées à la tête de l’État français mobilisent la nostalgie tant des nationalistes qui regrettent la grande puissance qu’était la France, que des socialistes qui y voient le programme du CNR, ou des libéraux qui relatent de la prospérité des Trente glorieuses.
« De Gaulle fut vigoureusement combattu, par les communistes et l’extrême-droite bien sûr, mais aussi par les jeunes soixante-huitards épris de liberté qui lui retournèrent aimablement l’accusation de « chienlit ». »
Gaspard rappelle que des libéraux comme Raymond Aron et Jean-François Revel ont dénoncé sa tentation monarchiste et invoque l’ouvrage de Franz-Olivier Giesbert « Histoire intime de la Ve République », qui, quoique très tendre à l’égard du Général, relate tant le gaullisme résistant que l’anti-gaullisme politique de ses parents qui iront jusqu’à le qualifier de dictateur.
« La centralisation du pouvoir s’accompagne logiquement d’une crise de l’autorité. Plus l’État se veut fort, plus il sape les fondements de sa propre légitimité. »
Charles de Gaulle part du constat de « l’anéantissement de l’État » en 1940 pour structurer son action politique. Ce faisant, il confie l’administration aux diplômés de l’ÉNA (créée en 1945 par le gouvernement provisoire qu’il présidait), charge le pouvoir politique de planifier l’économie (vision transpartisane à l’époque), et façonne les institutions autour d’un président élu finalement au suffrage universel, qui incarne à lui seul la souveraineté.
Si Gaspard honore le héros de guerre qu’a été le Général ainsi que certaines de ses méthodes, il lui préfère son successeur Pompidou et son usage parcimonieux du pouvoir.
Pour lire la chronique de Gaspard, cliquer ICI.
Publié le 17/11/2021.
