[Lu ailleurs] : Le baromètre CEVIPOF, les Français et leurs institutions

Le CEVIPOF – Centre de recherches politiques de Sciences Po – vient de publier son dernier baromètre de la confiance politique qui analyse notamment la confiance des citoyens dans les institutions.

 

D’après les données de l’étude du CEVIPOF, les Français ont majoritairement confiance dans les échelons locaux : conseil municipal (63%), conseil départemental (56%), conseil régional (54%). Cette confiance est au contraire significativement plus faible dans les échelons nationaux : Sénat et Assemblée nationale (38%), gouvernement (35%). Cette différence se remarque plus clairement encore dans la part de sondés hostiles (« pas du tout confiance ») à ces mêmes institutions : environ 28% en moyenne pour les échelons nationaux, contre 12% pour les échelons locaux.

Le maire est l’élu le plus apprécié par les citoyens (65% de taux de confiance), loin devant les ministres et parlementaires. À noter également, 57% des français sondés pensent que la démocratie fonctionne mal, une tendance en hausse de 8 points par rapport au précédent sondage réalisé en février 2021.

Extrait de l’étude du CEVIPOF

Les informations proposées par le sondage ne sont pour autant pas surprenantes : elles suivent une tendance continue depuis une décennie

Ces données nous invitent à questionner le fonctionnement de nos institutions : comment expliquer une telle défiance des citoyens envers leurs institutions et leurs élus ? Quelles conséquences tirer du fort taux de popularité des élus locaux et a contrario du faible taux de confiance dans les élus nationaux ?

« Les données du CEVIPOF nous invitent à questionner le fonctionnement de nos institutions : comment expliquer une telle défiance des citoyens envers leurs institutions et leurs élus ? Nous pensons qu’il est grand temps d’engager des réformes institutionnelles afin de modifier en profondeur le fonctionnement de l’État français. »

Nous pensons qu’il est grand temps d’engager des réformes institutionnelles afin de modifier en profondeur le fonctionnement de l’État français :

– Pour en finir avec une France jacobine, ultra-centralisée, nous proposons de libérer les territoires en appliquant le projet de subsidiarité ascendante proposé par notre expert Raul Magni-Berton. Concrètement, cela signifie que c’est à l’échelon le plus petit, le plus proche des Français, de décider des compétences qu’il souhaite s’attribuer et de celles qu’il choisit de déléguer aux échelons supérieurs. Les Français préfèrent leur maire : donnons à ces derniers plus de possibilité d’action.

– Pour rétablir un équilibre entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif aujourd’hui sous dépendance du premier, nous allons formuler des propositions pour donner plus de moyens aux parlementaires et pour déprésidentialiser l’exécutif.

« Sans décentraliser et dé-présidentialiser nos institutions, je ne vois pas comment reprocher aux Français lassitude, colère ou abstention. Décentralisons en laissant les collectivités territoriales se saisir de compétences et lever l’impôt ; et dé-présidentialisons la gouvernance nationale, par exemple en élisant nos députés à la proportionnelle et en renforçant un Gouvernement reposant sur des coalitions. » Christophe Seltzer

Toute une série de propositions sur lesquelles nous nous penchons en ce moment même avec nos experts.


Pour retrouver les derniers baromètres du Cevipof dont celui de janvier 2022, cliquer ICI.

Pour retrouver notre rapport « Le pouvoir aux communes », cliquer ICI.

Pour retrouver notre [Lu ailleurs] « Restaurons le Parlement ! », cliquer ICI.

Pour retrouver notre [Lu ailleurs] « Supprimer l’élection présidentielle », cliquer ICI.

 

Publié le 28/01/2022.

[Lu ailleurs] : L’efficacité économique face au poids des valeurs

Interrogés par L’Express, les économistes libéraux David Thesmar et Augustin Landier analysent le décalage entre les conclusions de leur discipline et les aspirations populaires.

 

Dans leur dernier ouvrage, les deux chercheurs David Thesmar et Augustin Landier analysent les discours des économistes qui se focalisent uniquement sur l’efficacité de mesures – reflétée par le PIB – comme indice de réussite : dans ce paradigme, les politiques favorisant le commerce, l’immigration et le libre-échange sont bénéfiques, et ce malgré l’opposition qu’elles suscitent dans une partie de la population. Ils mettent ainsi de côté les sentiments moraux des individus. Or, d‘après les chercheurs, les citoyens ne réalisent pas uniquement leurs arbitrages en fonction des données économiques, mais également selon des critères économiquement aberrants : les valeurs. Celles-ci conditionnent la grille de lecture justifiant par exemple le Brexit ou encore le mouvement des Gilets Jaunes. C’est la non prise en compte des valeurs par les économistes qui, selon eux, provoque une fracture.

« Durant les Trente Glorieuses, les préoccupations majeures, c’était encore des problèmes de survie. Il fallait relancer le pays. Mais aujourd’hui dominent d’autres questions, plus morales, comme celles de l’environnement ou des migrants. »

Les deux chercheurs reconnaissent également que leur profession est biaisée par une idéologie « plutôt de centre-gauche », profondément universaliste, par conséquent non représentative de l’ensemble de la population. Ce qui aggrave les divergences entre universitaires et citoyens. Cette incompréhension engendre une certaine forme de condescendance à l’égard des citoyens : « il faut passer en force contre l’opinion », « les aider contre eux-mêmes » afin d’imposer les bons choix, économiquement parlant.

« Chez les économistes, il y a des tabous idéologiques. (…) Notre déontologie devrait être de ne pas faire la morale aux gens. »

Les économistes sont pour autant indispensables à la société car ils renseignent la population sur le coût économique de chaque décision. C’est, d’après David Thesmar et Augustin Landier leur unique mission : libre ensuite aux citoyens avertis d’arbitrer à leur gré entre coût économique et valeurs. Les deux chercheurs invitent donc les économistes à prendre en considération ces valeurs et à réadapter leurs modèles pour mieux appréhender les aspirations des populations.

« Les économistes qui répètent que le protectionnisme plombe la croissance sont à côté de la plaque. Ce n’est pas le sujet. »

Un entretien qui n’est pas sans rappeler une récente chronique de Gaspard Koenig qui appelait à décorréler réussite et niveau du PIB et troquer un peu de notre productivité contre davantage d’épanouissement personnel. Au sujet de l’IA, Gaspard appelle l’Europe, face au modèle asiatique, à défendre la liberté fut-ce au prix, d’un point de vue utilitariste, d’une perte d’efficacité économique.


Pour retrouver l’entretien de David Thesmar et d’Augustin Landier dans L’Express, cliquer ICI.

Pour retrouver la chronique « La tyrannie du toujours plus » de Gaspard Koenig, cliquer ICI.

 

Publié le 17/01/2022.

[Lu ailleurs] : Restaurons le Parlement !

Dans une tribune publiée par Libération, la future candidate à la députation Quitterie de Villepin appelle à restaurer les pouvoirs du Parlement.

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Pour Quitterie de Villepin, la campagne présidentielle phagocyte l’autre évènement démocratique de 2022 : les élections législatives. Ces dernières se retrouvent à la fois prisonnières du résultat du scrutin présidentiel et des alliances politiciennes, parachutages et ralliements qui empêchent de leur donner une réelle fonction démocratique.

D’après elle, les parlementaires font le douloureux constat que leur fonction « semble ne servir à rien » et dresse un portrait inquiétant de l’action parlementaire : « Examen de 300 lois par an dans des délais intenables, marges de manœuvre insignifiantes, procédures accélérées devenues la norme, articles de lois pléthoriques et parfois illisibles, peu de contrôle du gouvernement et d’évaluation des lois par manque de temps et de moyens… »

Les parlementaires se retrouvent à la fois méprisés par le corps électoral qui leur reproche leur inaction et par le gouvernement qui profite de cette situation de faiblesse pour mener les débats législatifs.

« Être parlementaire, aussi incroyable que cela puisse paraître, ne fait donc plus rêver personne (…) et beaucoup de députées et députés ne veulent pas se représenter. »

Quitterie de Villepin appelle à réhabiliter le rôle du parlementaire, à lui rendre les moyens d’exercer son rôle de législateur, indispensable à l’équilibre des pouvoirs.

Elle plaide également pour l’invention de nouvelles pratiques parlementaires afin de répondre à une demande croissante de démocratie participative et de pallier le manque d’attache locale des parlementaires accru par la loi de non-cumul des mandats.

« Il est de notre responsabilité de réhabiliter l’Assemblée nationale. Il y va de la survie de notre démocratie. »

Un constat tout à fait partagé par GenerationLibre. Selon nous cependant, réhabiliter le rôle du Parlement ne représente qu’un des aspects des réformes institutionnelles à adopter : si le Parlement, par des lois ordinaires ou organiques, doit effectivement acquérir davantage de moyens pour mener ses missions, l’équilibre du couple exécutif Président-Premier ministre doit aussi être revu, probablement en menant à bien une réforme constitutionnelle.

Le Président devrait devenir un arbitre, garant de l’unité de la nation et laisser la gestion des affaires courantes au Premier ministre afin d’en finir avec l’omnipotence monarchique du locataire de l’Élysée. Afin de rendre son importance au Parlement, nous proposons de décorréler les calendriers législatifs et présidentiels, par exemple en allongeant la durée du mandat présidentiel. GenerationLibre travaille sur ces sujets : affaire à suivre.


Pour retrouver l’article de Libération « 2022, l’autre bataille : réhabiliter l’Assemblée nationale », cliquer ICI.

Pour retrouver notre Lu ailleurs « Supprimer l’élection présidentielle », cliquer ICI.

 

Publié le 14/01/2022.

[Lu ailleurs] « L’immigration contribue à réduire les inégalités » – Ekrame Boubtane

Dans un entretien pour La vie des idées, Ekrame Boubtane, docteur en sciences économiques de l’Université Paris 1, explique en quoi l’immigration a des retombées positives sur l’économie et l’emploi en France.

 

Face au climat anxiogène autour de l’immigration, Ekrame Boubtane dresse un portrait factuel de ses conséquences sur l’économie française, qui d’après ses recherches depuis plus de de dix ans sont très positives. Concrètement, notre immigration se compose de personnes en moyenne moins qualifiées que les natifs mais qui occupent des postes complémentaires, et ne les « remplacent » en aucun cas.

« Au-delà du marché du travail, l’immigration a des effets sur la distribution des revenus dans les pays d’accueil. Elle augmente la part de revenus de la classe moyenne (les 40% « du milieu ») et réduit la part de revenus des 10% les plus riches. »

Mieux, l’immigration favorise le niveau de vie des classes populaires et de la classe moyenne en relevant le niveau d’emploi qu’occupent les natifs, et de fait leur salaire. Contrairement aux idées reçues, l’immigration semble avoir un effet positif sur les salaires les plus faibles et négatif chez ceux des plus riches.

« Il y a en France, comme dans les principaux pays de l’OCDE, des besoins de main-d’œuvre non satisfaits, qui coexistent pour certains pays européens avec un chômage relativement élevé. »

L’immigration constitue aussi un réservoir d’actifs pour les pays occidentaux confrontés à un vieillissement de la population inquiétant dans la mesure où la natalité décroissante ne suffit plus à soutenir le système social. Données à l’appui, Ekrame Boubtane constate que l’immigration familiale est stable depuis vingt ans quand l’immigration de travail a plus que triplé sur la même période.


Pour retrouver l’entretien d’Ekrame Boubtane, cliquer ICI.

 

Publié le 04/01/2022.

[Lu ailleurs] Propriété des data : Frank McCourt sur la ligne de GenerationLibre

Dans un article du Wall Street Journal traduit par l’Opinion, Patience Haggin relate l’activisme de Frank McCourt sur les données personnelles. Le propriétaire de l’Olympique de Marseille s’engage à rendre le pouvoir de décision aux utilisateurs des plateformes numériques.

 

À l’instar du gouverneur de la Californie et de l’ancien candidat à la primaire démocrate Andrew Yang, Frank McCourt plaide pour que les internautes aient un pouvoir de décision sur leurs données numériques. Il fustige le modèle actuel qui prive les utilisateurs des 455 milliards de dollars générés par la publicité assise sur la valeur des données. En septembre dernier, il investissait 250 millions dans Project Liberty, pour « faire du Web une infrastructure détenue par le grand public ».

« Rien n’a jamais créé plus de valeur ajoutée que nos données. Pourtant, il y a une déconnexion totale entre cette création de valeur et ceux qui en bénéficient. » Frank McCourt

Un partenaire financier de Frank McCourt défend que ce projet permettrait aux utilisateurs de gagner quelques centaines de dollars par an si les plateformes les rémunéraient pour leurs données. Cette vision se rapproche de la proposition défendue par GenerationLibre d’une patrimonialité sur les données personnelles. Dans ce système, chacun déciderait de l’utilisation qu’il fait de ses data, et pourrait choisir soit d’être rémunéré par la plateforme s’il lui cède la libre utilisation de ses données, soit de la payer s’il en refuse l’utilisation à des fins commerciales.

« Du gouverneur de Californie Gavin Newsom à l’ancien candidat à la présidentielle Andrew Yang, un certain nombre de responsables politiques ont estimé que les consommateurs devaient être rémunérés pour l’utilisation de leurs données. » Patience Haggin

Aux États-Unis, le mouvement pour un choix entre confidentialité et fructification des données s’accélère avec de nombreuses initiatives de start-up. Depuis 2017, le navigateur Brave rémunère entre 5 et 10 dollars par mois ses utilisateurs via « des jetons qu’ils peuvent échanger contre de l’argent ou donner à leurs sites préférés sous forme de pourboire ». Dernièrement, Foursquare Labs et Tapestri ont lancé des applications qui rémunèrent les utilisateurs qui partagent leur localisation.

En France, GenerationLibre s’emploie à défendre le droit de propriété dans le débat public avec deux rapports publiés depuis 2018 et des interventions régulières de nos experts dans les médias.


Pour lire l’article, cliquer ICI.

Pour lire le premier rapport « Mes data sont à moi. », cliquer ICI.

Pour lire le second rapport « Aux data, citoyens ! », cliquer ICI.

 

Publié le 17/12/2021.

[Lu ailleurs] La dépense publique, un totem de gauche comme de droite. – Anne Rosencher

Dans son édito pour L’Express, Anne Rosencher pointe le paradoxe d’une France qui a le record du monde de la dépense publique mais qui voit la fonction publique se paupériser et les services publics se dégrader.

 

La France est bien connue pour être le pays le plus étatiste de l’OCDE, avec une dépense publique qui atteint 55,6 % du PIB, record qui ne se traduit ni par des investissements de long-terme ni un salaire décent pour les fonctionnaires ni un service public efficace pour les Français. Les investissements dans la recherche sont loin derrière les États-Unis et les pays d’Asie de l’Est (2,2 % du PIB contre plus de 3 %), et les revenus des infirmières sont plus faibles qu’en Allemagne (différence de 1 000 € mensuels) et même qu’en Espagne pour ce qui est des instituteurs (différence de 9 000 € annuels).

« Imagine-t-on que sur 100 euros dépensés pour le système de santé, 12,7 seulement vont aux soignants ? »

Selon Anne Rosencher, le cœur du problème réside dans le fort niveau de dépense sociale. Si les Français sont attachés à leur modèle social, héritage du Conseil national de la Résistance, ils sont victimes de la gabegie des gouvernements de droite comme de gauche qui ont « accumulé les dispositifs et les allocations pour cacher la misère ». On peut faire le choix d’avoir un niveau de dépense publique élevée mais il doit se traduire par une efficacité réelle de l’État.

« Changer ces orientations politiques devenues presque culturelles demanderait un courage fou. Le courage de sortir des discours automatiques. »

Si la France manque de courage, elle ne manque pas d’idées. GenerationLibre s’emploie depuis 2013 à formuler des politiques publiques qui se concentrent sur les marges de manœuvre à exploiter pour gagner en efficacité, sans recours automatique à une baisse des fonctionnaires ou des dépenses publiques. Et si on commençait par simplifier et autonomiser ?

Parmi nos propositions, nous défendons un revenu universel réaliste qui, sans réduire les recettes fiscales, offre une liberté réelle pour tous, par un canal simplifié de redistribution. Avec nos propositions pour l’université, nous offrons tout à la fois le moyen de réduire la dépense publique, augmenter le budget d’établissements toujours publics, désormais autonomes et en compétition entre eux, et restaurer l’égalité des chances puisque l’inscription se fait sans frais immédiats.

S’agissant du fonctionnement de l’État, nous proposons d’après le modèle suisse de remplacer le statut général des fonctionnaires par un dispositif d’emploi contractuel, visant à redonner de la mobilité et de l’attractivité aux administrations. Ces propositions s’inscrivent dans le chemin vers un État dont la première des priorités est d’assurer l’autonomie des citoyens.


Pour lire l’édito d’Anne Rosencher dans L’Express, cliquer ICI.

Pour comprendre notre proposition de revenu universel, cliquer ICI.

Pour lire notre rapport « Libérer l’université », cliquer ICI.

Pour lire notre rapport « Servir l’État demain », cliquer ICI.

 

Publié le 10/12/2021.

[Lu ailleurs] « L’immigration contribue à la grandeur nationale » – Erwan Le Noan

Dans Les Échos, Erwan Le Noan dresse un constat factuel des bienfaits de l’immigration économique et donne des pistes quant à la bonne politique à mener pour la France.

 

Utilisant le dernier ouvrage de l’écrivain Sándor Márai, dans lequel celui-ci raconte son exil à Naples puis New York, Erwan illustre le décalage entre le parcours de vie de millions d’immigrés et les discours fantasques en ce début de campagne présidentielle.

Erwan énumère les nombreux arguments qui légitiment l’immigration sur le plan économique : l’exemple des États-Unis montre que les immigrés entreprennent davantage que les nationaux et ne prennent pas les emplois de ces derniers. En France, leur coût sur les finances publiques est neutre.

« Les immigrés contribuent de façon disproportionnée à la création d’entreprise. »

Si Erwan aborde l’immigration comme sujet économique, il reconnaît qu’elle pose des questionnements légitimes sur l’identité nationale. D’après lui, les « orientations de notre régulation migratoire peuvent être discutées ». Reprenant le dernier rapport des économistes Emmanuelle Auriol et Hillel Rapoport, la France « accuse un retard considérable dans la course mondiale aux talents ».

Erwan s’étonne que l’immigration française soit majoritairement sous-qualifiée : cela n’est pas une bonne nouvelle pour notre pays. Aussi, il regrette qu’elle ne soit pas mieux reconnue comme rouage de l’économie française et régulée plus intelligemment.


Pour lire la chronique d’Erwan Le Noan dans Les Échos, cliquer ICI.

 

Publié le 03/12/2021.

[Lu ailleurs] « Les nouvelles dettes doivent fabriquer de la croissance » – Alain Madelin

Dans L’Express, Alain Madelin analyse la situation économique française à l’approche de l’élection présidentielle et défend un endettement conditionné à un gain de croissance.

 

La campagne présidentielle 2022 a commencé et les généreuses promesses des candidats affluent. À droite comme à gauche, on répond à la demande de pouvoir d’achat par une hausse du SMIC, des baisses de salaires et primes en tout genre, financées par des hausses d’impôt qu’Alain Madelin qualifie de punitives : « punir les riches, punir les mauvais comportements, punir la méchante pollution, les méchants produits importés… ».

« Cette désinvolture économique s’explique par le succès d’un « quoiqu’il en coûte » aussi impressionnant qu’indolore mis en place pour soutenir une économie clouée par un mauvais virus. »

Pour l’ancien ministre et figure politique du libéralisme en France, cette campagne présidentielle regorge de sources de financement peu sérieuses comme les 100 ou 150 milliards d’euros que droite et gauche assurent pouvoir récupérer respectivement dans la fraude sociale et l’évasion fiscale. La Covid-19 a fait sauter les digues de la frugalité économique par la suspension des critères de convergence de Maastricht, et cela a débuté dès le mois de mars 2020 avec le fameux « quoi qu’il en coûte ». Du fait de taux d’intérêt nuls voire négatifs, la dette n’est plus perçue comme un fardeau par nombre de politiques. Même Alain Madelin y est favorable, mais à certaines conditions.

« Finie l’époque où les États et les banques centrales contrôlaient les robinets de la création monétaire des banques commerciales. »

L’épidémie de la Covid-19 a révélé au grand jour la mutation de la monnaie et l’injection de milliers de milliards de dollars dans l’économie, sans même avoir à faire « tourner la planche à billets ». Madelin l’explique par l’apparition d’une finance mondiale de marché échappant à la régulation des banques centrales. Le prix du temps et du risque s’en voit dévalué et la croissance ralentit. Il explique que cette nouvelle finance, dont la croissance dépend, a besoin d’actifs sûrs comme les « bonnes dettes publiques […] des États-Unis, des pays européens réputés sûrs – la France est de ceux-là – ou encore la toute nouvelle dette européenne née de la crise Covid ».

« Il faut que les taux d’intérêt soient inférieurs aux taux de croissance (ce qui sur longue période permet de diminuer l’endettement lui-même). »

Madelin défend que la croissance doit guider l’action politique à court-terme. C’est dans cet unique objectif que l’endettement se justifie. Il met en garde contre l’investissement dans certains projets de lutte contre le réchauffement climatique qui peuvent freiner la croissance. À l’inverse, financer des baisses d’impôt par la dette est pertinent dans la mesure où elles peuvent doper la croissance avec un effet direct sur les recettes.


Pour lire l’article d’Alain Madelin dans L’Express, cliquer ICI.

Pour lire notre rapport « Pour une consultation budgétaire citoyenne », cliquer ICI.

 

Publié le 26/11/2021.

[Lu ailleurs] Économie : Le libéralisme d’Éric Zemmour en question – Alexis Karklins-Marchay

Dans Les Échos, Alexis Karklins-Marchay, soutien de GenerationLibre, démontre qu’Éric Zemmour n’est pas plus libéral en économie que sur les mœurs.

 

« De la même façon que l’hirondelle aristotélicienne ne fait pas le printemps, l’annonce d’une baisse d’impôt ne saurait faire le libéral » : bien qu’Éric Zemmour n’en récuse pas l’étiquette, pour Alexis, ça ne fait pas de lui un libéral pour autant, comme le démontrent ses déclarations dans les médias depuis au moins quinze ans. D’ailleurs, si Éric Zemmour dénonce des niveaux de dépenses publiques ou de prélèvements, c’est sans cohérence avec le libéralisme qu’il rend responsable d’un excès de bureaucratie.

« Vous attaquez avec virulence les « apôtres du marché » et les tenants de la « modernité libérale ». Vous regrettez que la droite ait repris « les thèses libérales européistes » et moquez les technocrates qui défendent les « stricts équilibres budgétaires ». »

Alexis explique preuve à l’appui la conception économique colbertiste d’Éric Zemmour. Il appelle l’amateur de l’histoire de France à tirer les conséquences du passé, et lui rappelle par exemple que sous Louis XIV, le protectionnisme a affaibli la France face à la Hollande libre-échangiste. Plus tard, les succès politiques de De Gaulle ont été rendus possibles grâce aux réformes économiques impulsées par le libéral Jacques Rueff. Et si plutôt que Colbert, Éric Zemmour allait lire Boisguilbert, Turgot, Say ou Bastiat ?

« Balzac, cet authentique génie français que nous aimons tant : « Tout gouvernement qui se mêle du commerce et ne le laisse pas libre entreprend une coûteuse sottise ». »

Alors que le programme économique d’Eric Zemmour devrait être structuré autour de la réindustrialisation, Alexis invoque Balzac, le meilleur avocat de la libre-concurrence qui explique que « l’industrie ne peut être sauvée que par elle-même, la concurrence est sa vie ».


Pour retrouver la tribune d’Alexis Karklins-Marchay, cliquer ICI.

 

Publié le 05/11/2021.

[Lu ailleurs] Supprimer l’élection présidentielle

Dans Libération, Frédéric Potier, essayiste et expert de la Fondation Jean-Jaurès, voit en l’élection présidentielle actuelle le talon d’Achille de la démocratie française. Il plaide pour un suffrage universel indirect et un avancement du calendrier législatif.

 

D’habitude, l’Allemagne est pour les élites françaises un modèle économique et industriel mais pour Frédéric Potier c’est d’abord un exemple démocratique. Comme dans la IVe République française, le Parlement y est un réel contre-pouvoir à qui appartient l’initiative des lois et dans lequel le président est relégué à une position symbolique.

Ce système est parfois considéré comme instable et faible face aux crises mais l’essayiste démonte cet argument en rappelant la solidité du gouvernement mené par Churchill en situation de guerre.

« En encourageant l’idée d’homme ou de femme providentielle tous les cinq ans, et en l’absence de contre-pouvoirs réels au Parlement, la personnalisation quasi messianique de la politique française ne peut susciter que déceptions et défiances à l’égard des représentants du peuple. »

À l’inverse, le système français est dominé par un hyperprésidentialisme, parfois qualifiée de monarchie républicaine, qui date de l’instauration du suffrage universel direct par le Général de Gaulle en 1962. Dès lors, il relègue le rôle démocratique du citoyen à un vote pour un candidat auquel il est obligé de faire confiance pendant 5 ans, avec des contre-pouvoirs qui n’ont jamais été aussi faibles que depuis l’instauration du quinquennat en 2001.

Comme remède à ce mal français, Frédéric Potier fait une double proposition : « revenir à une élection du président de la République par un corps électoral composé des élus de la nation » et faire « que les élections législatives interviennent désormais non pas juste après mais avant l’élection présidentielle ».

« La France renouerait alors avec sa tradition parlementariste, qui fut à l’origine – il n’est pas inutile de le rappeler – de nombreuses conquêtes sociales et de grandes avancées sur le plan des libertés publiques sous la IIIe et la IVe République. »

Ces mesures sont très simples à mettre en œuvre juridiquement, il suffit de revenir sur les articles 6 et 7 de la Constitution, modifiés en 1962 et sur « l’inversion du calendrier électoral instaurée par la loi du 16 mai 2001 ». Politiquement, c’est une autre affaire : il faut pour la première méthode obtenir l’aval du Sénat voire déclencher une procédure référendaire.

Surtout, il faut la volonté d’un candidat à la présidence de la République qui accepte de sacrifier son heure de gloire sur l’autel de la vertu démocratique. Reste à espérer qu’un candidat formule la proposition transgressive de mettre fin à notre présidentialisme, pour le bien de notre démocratie.

Il rejoint là les prises de position récentes de l’universitaire Michel Troper et du délégué général de l’UDI Éric Schahl. D’une certaine façon, Gaspard Koenig lui répond cette semaine dans Le Point en dessinant le portrait robot d’un président plus simple.


Pour lire la tribune de Frédéric Potier « Pour rompre avec la politique spectacle, supprimons l’élection présidentielle », cliquer ICI.

Pour lire l’article de Gaspard Koenig « Le président idéal ? Moderne, modeste », cliquer ICI.


Pour lire la tribune de Michel Troper « Gagner la présidentielle sans sacrifier au présidentialisme ? Embauchez une actrice ! », cliquer ICI.

Pour lire la tribune d’Éric Schahl « Supprimons la présidence de la République ! », cliquer ICI.

 

Publié le 29/10/2021.

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