« Droit à la subsistance » contre RSA conditionné, défense de l’immigration et opposition à la reconnaissance faciale pour les JO… : en débat avec la Défenseur des Droits Claire Hédon, notre fondateur Gaspard Koenig appelle à lutter contre la bureaucratie pour sauver nos libertés.
Pour commencer, Gaspard dénonce le RSA conditionné à 15 heures d’activité obligatoires. Le philosophe remarque qu’en France, la tendance est d’insister de plus en plus sur les devoirs et de moins en moins sur les droits. Pourtant, Gaspard rappelle que nos droits politiques sont inconditionnels et absolus, même s’ils impliquent parfois une restriction de certaines actions. Il dénonce « une mauvaise forme de paternalisme ».
« Le discours actuel de l’ensemble de la classe politique, en ce qui concerne les droits et les devoirs des citoyens, est totalement fou par rapport à l’État de droit. »
Gaspard appelle à laisser tout individu qui le souhaite « vivre dans sa marge », car notre société libre se doit de respecter les valeurs et différences de chacun pour ainsi vivre en harmonie. Selon Gaspard, notre diversité est un « acquis de nos démocraties » et un progrès pour l’Humanité. Il explique ainsi s’opposer au fameux discours de « l’imposition forcée » de valeurs communes et républicaines qui ne sert, in fine, que de prétexte à une verticalité décisionnelle et nous éloigne de notre idéal de société.
Notre fondateur soulève qu’en France nombres d’études et de réflexions ont démontré que l’attachement à la liberté s’effrite un peu. En effet, deux français sur trois seraient prêts à céder en matière de libertés publiques et/ou individuelles si la sécurité du pays est en jeu et lorsqu’on évoque le triptyque de la République française, l’égalité et la fraternité devancent bien largement la liberté.
« Sur le plan de la société politique, nous avons des droits sans contre-partie, c’est même le fondement de nos démocraties. La Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, ça n’est pas la Déclaration des Droits et des devoirs du Citoyen. »
Aussi, notre fondateur se penche sur les écrits de Thomas Paine, qui en 1796, a analysé la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. Ce dernier a soulevé un droit fondamental manquant : le droit à la subsistance. Selon la définition de Gaspard, il s’agit là d’un droit « réel plutôt que formel ». Chaque citoyen a besoin d’un minimum vital qui sécurise son existence dans ce qu’elle a de plus biologique. Ainsi, Gaspard défend notre proposition de revenu universel, « absolu et sans contre-partie ».
Si Gaspard reconnaît que la mise en place successive d’allocations telles que le RSA ou encore le RMI est un progrès, il dénonce la récente « conditionnalisation » du RSA nous fait rebrousser chemin. Gaspard s’oppose à l’idée qu’on octroie une aide seulement avec une contre-partie. Cela tend à enfermer les allocataires dans leur statut de « pauvres » et les empêche de se libérer et de s’émanciper.
« Ce droit à la subsistance est le début d’un concept qu’on retrouve chez Thomas Paine, qui est le revenu universel, le droit absolu et sans contre-partie d’avoir un minimum vital. »
Gaspard appelle à la simplification ! Pour lui, chaque droit devrait être « compréhensif et simple » pour chaque citoyen. La question de la bureaucratisation est une des questions centrales de notre société, « une question existentielle ». Derrière cette pression normative se cache en réalité une volonté de la part de l’État d’avoir plus de contrôle et de se préserver du risque. Gaspard estime que nous sommes arrivés à un stade de saturation tel que le politique ne peut plus changer. Le paradigme politique en place nous pousse vers toujours plus de complexité, toujours plus de normes, et finalement, toujours plus d’inégalités. En effet, les moins touchés sont les individus proches des sources de pouvoir et d’information. Les premières victimes sont les « individus au bout de la chaîne »…
« Cette inflation normative génère des inégalités profondes. Le problème administratif n’est pas un problème de bourgeois, c’est un problème de justice sociale. »
Pour le philosophe, l’immigration représente aujourd’hui la question bureaucratique par excellence. Il souligne le paradoxe que « pour travailler il faut des papiers, mais pour avoir des papiers il faut travailler ». Entre illégalité et arbitraire, notre système ne facilite pas l’arrivée et l’accueil digne et efficace des étrangers sur notre sol.
« Généralement, quand on a traversé des mers et qu’on arrive dans un pays, on veut bosser, pas glander au RSA. »
Pour finir, Gaspard s’inquiète des dangers de l’intelligence artificielle. En ce qui concerne la bureaucratie, l’IA est une ennemie : elle permet en réalité d’augmenter et de complexifier les normes. Il se penche sur la question de l’utilisation de caméras à reconnaissance faciale lors des JO. Pour Gaspard, pas de débat : il s’y oppose fermement ! À l’aune des écrits de Tocqueville et Graeber, Gaspard veut lutter contre « le despotisme démocratique, à l’ombre des libertés fondamentales et de la souveraineté du peuple ». Même si nos lois sont démocratiquement décidées, elles nous contraignent dans l’exercice de nos libertés. Le degré d’intrusion du droit dans nos vies est donc un levier à reconsidérer.
« Le but d’une société libre est de laisser quiconque le souhaite marcher à contre-sens. »
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Pour (re)lire notre rapport « Pour une révolution normative », cliquer ICI.
Publié le 03/10/2023.
Au micro de la radio belge RTBF, notre responsable des relations institutionnelles Sacha Benhamou se félicite de l’avancée de nos voisins allemands vers la légalisation du cannabis. La France, bientôt cernée, saura-t-elle trouver la voie de la raison (libérale) ?
L’Allemagne veut instaurer des « cannabis social club », c’est-à-dire des lieux de pratique collective de l’auto-culture. Il s’agit en réalité d’un pas de plus vers l’objectif réel : la mise en place d’un modèle plus industriel comme aux États-Unis ou au Canada. L’Allemagne (tout comme les Pays-Bas et le Danemark) a d’ailleurs inscrit dans son projet de loi une expérimentation de ce mode de consommation. Néanmoins, la Commission européenne y est fermement opposée, au nom du droit communautaire et international. Sacha espère que cette décision allemande fera avancer le débat en Europe.
À visée avant tout sanitaire et sécuritaire, ce modèle industriel ferait reculer le crime organisé et le trafic de stupéfiants. En effet, le prix de vente devrait concurrencer le prix du marché noir. Sacha rappelle donc que les pays ayant mis en place ce genre de réformes se sont vus améliorer leur sécurité ainsi que leur qualité de santé publique. Quant aux jeunes (18-21 ans), il apparaît nécessaire de les protéger car on estime que leur cerveau est encore en formation jusqu’aux 25 ans. Pourtant on s’aperçoit que les jeunes fument plus, et ce, de plus en plus tôt. Il faut donc limiter leur accès au cannabis (autorisation de 30g par mois). La limitation est aussi valable pour les adultes, car ces cannabis social club vont permettre d’apporter des moyens de contrôle à cette culture (exigeante) du cannabis et au respect des bonnes pratiques. Il s’agit là du principal enjeu de cette réforme sur le plan sanitaire.
Sacha se penche aussi sur les conventions internationales qui entourent la consommation de cannabis, notamment la Convention unique sur les stupéfiants de 1961. À la suite de la Guerre de l’Opium, les États-Unis ont connu un tournant puritain et ont été les instigateurs de cette convention. L’Union européenne avait ainsi calqué les obligations internationales de ses membres sur cette convention par une décision du Conseil en 2014. Ainsi, le droit prévoit que les États membres se doivent de réprimer les trafics de stupéfiants, mais cette convention prévoit aussi une exception concernant l’auto-culture. Le droit international étant souvent une question de rapport de force, les interprétations des conventions sont multiples. Ainsi, Sacha nous explique que même si la convention interdit de fait le modèle industriel, cette interdiction n’est pas vraiment explicite et visait initialement avant tout à marginaliser les pays producteurs (Afghanistan, Colombie…).
Aux yeux de Sacha, la France risque d’être confrontée à un problème de taille à l’avenir car nombre de ses voisins vont légaliser le cannabis récréatif. D’ici cinq ans, nous serons cernés de pays qui auront avancé vers la voie de la légalisation car il s’agit d’une tendance de fond pour tous les membres de l’Union européenne. Pourtant, le journaliste qui interroge Sacha s’inquiète de certaines dérives et le questionne sur l’« effet d’aubaine » à la suite de la légalisation, notamment pour la consommation d’autres drogues. Sacha est plutôt optimiste car une étude menée dans l’État de Washington a montré la diminution générale de la consommation d’autres substances lorsque le cannabis était autorisé.
Pour écouter l’émission, cliquer ICI.
Pour (re)lire notre rapport « Pour un marché libre du cannabis en France », cliquer ICI.
Publié le 02/10/2023.
Dans Contrepoints, notre responsable des relations institutionnelles Sacha Benhamou dénonce les mesures liberticides défendues par certains parlementaires de l’arc-républicain, qui ne savent plus limiter le pouvoir de l’État.
« Vous n’avez pas les bases » : Sacha, scandant du Orelsan, rappelle à l’ordre les parlementaires qui bafouent leur rôle. En cette rentrée politique, nos parlementaires se sont penchés sur le projet de loi visant à sécuriser et réguler l’espace numérique. Sacha dénonce certaines mesures ajoutées par des élus dans ce projet de loi. Interdiction des VPN (amendement finalement abandonné), permis cyber, fin de l’anonymat… et la dernière nouvelle en date : la préparation d’un projet de loi visant à interdire les expressions climatosceptiques à la télévision. Pour Sacha, il s’agit là d’une « surenchère de mesures liberticides » pesant sur une de nos libertés fondamentales : la liberté d’expression.
« Il ne s’agit pas ici de dire combien je pense que toutes ces mesures sont absurdes et dangereuses pour la démocratie. Mais de m’indigner que des parlementaires dont le mandat historique est de contrôler et limiter l’État l’encouragent dans ses abus. »
Sacha s’inquiète aussi des conséquences de cette mesure sur la lutte écologique. Cette bataille, urgente et concrète, pourrait se voir discréditée par des discours autoritaires et infantilisants. Pour Sacha, une idée doit se transmettre en faisant appel à la raison et non pas à l’autorité. Plus qu’une menace pour la démocratie, il dénonce le comportement abusif de ces parlementaires qui bafouent leur statut de contre-pouvoir et alimentent la montée des populismes en France.
« Les parlementaires devraient se rappeler qu’ils ont une responsabilité envers le futur et que les pouvoirs qu’ils donnent à l’Etat qu’ils jugent aujourd’hui dirigés par des gens raisonnables pourront demain être utilisés par les populistes qu’ils honnissent. »
En outrageant notre modèle démocratique, ces députés finissent par nous décrédibiliser aux yeux du monde. La France, auto-proclamée « patrie des droits de l’Homme », n’apparaît plus en mesure de faire pression sur les régimes autoritaires. Désormais, nous sommes l’un des pays les plus condamnés par la CEDH. Le pays des Lumières commence à s’assombrir et seul un « sursaut de la classe politique » pourra sauver notre modèle libéral.
« Quand notre pays, qui se proclame de plus en plus à tort comme la “Patrie des Droits de l’Homme”, banalise l’atteinte aux libertés fondamentales, quelle pression morale peut encore être exercée sur les régimes autoritaires ? »
Pour lire la chronique de Sacha, cliquer ICI.
Publié le 29/09/2023.
Invité par LCP dans « Ca vous regarde », notre directeur Christophe Seltzer salue l’initiative inédite du Conseil régional d’Ile de France qui demande à l’Etat de pouvoir se saisir de 45 nouvelles compétences.
Notre directeur commence par saluer un fait d’actualité inédit et dans la droite ligne de notre combat pour la subsidiarité ascendante : le conseil régional d’Ile-de-France demande à pouvoir s’auto-saisir de 45 nouvelles compétences.
Il souligne que la proposition de régionalisation du SMIC a la vertu de mettre sur la table le problème d’une norme économique nationale qui ne répond pas à la disparité des réalités locales ou professionnelles.
« Cette initiative du Conseil régional d’Ile de France est révolutionnaire. »
Christophe invite aussi à penser à l’autre versant d’une réelle décentralisation : l’autonomie fiscale pour les collectivités territoriales afin de responsabiliser les élus locaux comme les administrés.
La #décentralisation enfin en marche ?
Sur @LCP dans #CVR invité par @Myriamencaoua, je salue le véritable « pacte girondin » initié par le Conseil régional d’Ile de France ( @jfvigier – @vpecresse) qui demande à l’Etat de pouvoir s’auto-saisir de 45 nouvelles compétences. 1/4 pic.twitter.com/2RGAgnC8BR— Christophe Seltzer (@seltzer_c) September 22, 2023
Il rappelle qu’au fur et à mesure des grands actes de décentralisation, l’Etat a paradoxalement quasiment achevé de recentraliser toute la fiscalité.
« En face d’une compétence, une collectivité devrait pouvoir lever l’impôt elle-même. »
Enfin, notre directeur défend notre proposition de simplification normative et fiscale pour remettre les logements vacants sur le marché locatif.
Pour voir l’émission, cliquer ICI.
Pour (re)lire notre rapport « Le pouvoir aux communes », cliquer ICI.
Pour (re)lire notre note « Pour une autonomie fiscale des collectivités territoriales », cliquer ICI.
Pour (re)lire notre rapport « Le logement pour tous », cliquer ICI.
Publié le 22/09/2023.
Dans la Revue de philosophie économique, Benoît Walraevens publie une belle recension de notre ouvrage « Esquisse d’un libéralisme soutenable » signé Claude Gamel, troisième ouvrage de la collection de notre think tank aux Puf sorti en 2021.
À l’aune des travaux d’Hayek et de Rawls, Claude Gamel nous livre dans cet ouvrage une utopie libérale à la française adaptée à nos enjeux socio-économiques, ainsi que des propositions de politique publique ambitieuses et efficaces. Loin d’être une simple conception utopique non réalisable, il s’agit plutôt d’un « modèle de société alternatif et idéal » selon la définition de Benoît Walraevens.
« Le but avoué de Gamel est d’identifier les principes libéraux qui, « correctement appliqués », permettent « d’amplifier les avantages du capitalisme et de voir ses inconvénients au mieux neutralisés », afin d’imaginer et de dessiner un libéralisme socialement et écologiquement « soutenable ». »
Benoît Walraevens explique que dans son ouvrage, Claude Gamel juge l’approche libérale de Hayek trop rigoureuse et « peu désirable pour les individus », tandis que celle de Rawls lui apparaît « supportable » et permettant de « réconcilier libéralisme et égalitarisme ». Aux yeux de l’auteur de la recension, la vision de Rawls semble donc se rapprocher de la devise de la République française, ce que Claude Gamel tente aussi de faire en préservant la notion de justice dans sa proposition libérale. Pour ce faire, Claude Gamel nous partage sa vision d’un « libéralisme soutenable » et détaille dans cet ouvrage des propositions que GL défend ardemment : le revenu universel ainsi que la tarification carbone.
Pour commencer sa recension, Benoît Walraevens explique que Claude Gamel prône une démocratie de propriétaires qui vise à une « dispersion maximale du pouvoir économique » pour éviter les dérives oligarchiques. Ce dernier appelle à plus de fluidité dans le marché du travail, qu’il juge trop « rigide et protecteur ». C’est pourquoi il propose un ensemble de solutions nouvelles et radicales (se rapprochant des idées de Piketty) : suppression du CDI, mise en place d’un contrat de travail unique, partage du profit entre l’entreprise et ses salariés, forme de cogestion pour plus de représentativité des salariés…
« Toujours est-il que ce genre de mesures permet de dessiner le cadre institutionnel possible d’une démocratie de propriétaires et s’inscrit bien dans la lignée du libéralisme égalitaire, visant à atténuer certains effets délétères du libéralisme économique. »
Aussi, Benoît Walraevens revient sur le « financement alternatif de la protection sociale » que Claude Gamel défend, notamment par la suppression des cotisations sociales (financée par la seule CSG). Cette idée, portée de longue date par GL, implique la mise en place d’un revenu universel inconditionnel, qui inclurait les risques famille et pauvreté et s’inscrit dans sa théorie de justice sociale. Ce système « à l’anglaise » permettrait d’assurer à chacun un minimum essentiel et d’être libre de se protéger, ou non, face à certains risques sociaux.
« La mise en place de ce crédit d’impôt universel nécessite, en parallèle, une réforme profonde à la fois de la protection sociale et de la fiscalité, en commençant par la première. Ainsi, l’allocation universelle viendrait remplacer les divers minimas sociaux (…). »
Benoît Walraevens met ensuite en exergue les « politiques d’enrichissement des capacités » défendues par Claude Gamel, c’est-à-dire sa volonté de réformer des institutions et secteurs particuliers afin d’offrir plus de choix de vie individuels (formations, démocratisation qualitative de l’enseignement supérieur, accès à la culture, traitement de la pauvreté et du handicap…). Claude Gamel y cible trois axes : le développement de la capacité du jeune mineur, la capacité du jeune adulte et aussi la possibilité de changer de voie au cours de sa vie.
Dans la dernière partie du livre, Claude Gamel s’attarde sur la mise en place d’un revenu universel qu’il considère comme « l’instrument d’une liberté réelle ». Benoît Walraevens émet cependant certaines réserves quant à la forme et surtout au montant de ce revenu, qu’il juge relativement faible (500 euros par mois). Comme le préconisent notre fondateur Gaspard Koenig et notre expert Marc de Basquiat, ce « socle de protection sociale » serait financé par un impôt sur le revenu à taux unique de 25%. Claude Gamel reste pragmatique quant à la mise en place d’une telle réforme, qui doit être instaurée de manière progressive avec un réel consensus autour d’un nouveau contrat social.
« Gamel reconnaît que le montant de son revenu de base serait inférieur à celui des différents transferts sociaux ciblés auxquels il se substituerait, mais que cette perte économique serait compensée, « au moins en partie », par les « avantages en nature » que celui-ci génèrerait comme un pouvoir (de négociation) accru et une plus grande dignité. »
Dans la conclusion de cet ouvrage, Claude Gamel évalue la viabilité de son libéralisme soutenable à long terme. Une des problématiques soulevées étant celle de l’urgence climatique, Claude Gamel y répond par l’éventuelle instauration d’une taxe carbone et d’un marché de droits à polluer. Concernant l’instauration d’une taxe carbone, il se base sur l’estimation faite par Christian Gollier du prix de la tonne de CO2 (soit 50 euros) avec un taux d’actualisation de 4% par an. Néanmoins, Claude Gamel relève lui-même deux limites majeures à cette taxe carbone. Tout d’abord, l’acceptabilité sociale qu’il solutionne par la mise en place d’un dividende carbone, c’est-à-dire en redistribuant les recettes sous la forme d’un montant identique pour tous. Puis, « les fuites de carbone », similaires aux évasion fiscales, qu’on pourrait éventuellement éviter grâce à la généralisation de cette taxe carbone au niveau mondial (trop compliquée à mettre en place).
« Cette question [écologique] est centrale aujourd’hui pour toute théorie de la justice sociale, et en particulier pour une théorie de la justice se revendiquant du libéralisme comme ici, car il n’est pas simple a priori de lutter efficacement contre le réchauffement climatique tout en accordant une prééminence aux libertés individuelles. »
Benoît Walraevens se penche sur la seconde solution proposée par Claude Gamel : celle d’un « marché mondial, unique, de droits à polluer » instauré de manière progressive. Il suggère la mise en place une « carte carbone mondiale », c’est-à-dire l’instauration d’un quota de CO2 attribué à chacun de manière individuelle. Cependant, Benoît Walraevens y voit une forme de contrôle social et donc, une menace au respect des libertés individuelles.
« Il défend l’instauration d’une carte carbone mondiale, c’est-à-dire d’un quota d’émissions égal octroyé à tous les habitants de la planète, conforme à l’idéal d’égalité en termes de justice climatique, soit une forme de « crédit universel de droits à polluer » en sus du crédit universel d’impôt que constitue le revenu de base. »
Même si l’auteur de cette recension soulève dans son argumentaire certaines limites, il rappelle que cet ouvrage ne représente finalement qu’une simple « esquisse » d’un libéralisme soutenable, ambitieuse bien que perfectible. Bien entendu, l’objectif n’est pas de modeler une société parfaite, mais plutôt de proposer des réformes radicales de notre modèle actuel afin d’atteindre un mode de fonctionnement viable, soutenable et efficace, tout en restant fidèles à nos valeurs.
« Il incombe maintenant à ses lecteurs de s’en emparer et de compléter ainsi ce nouvel horizon (libéral) des possibles que dessine l’ouvrage de Gamel. »
Pour lire la recension de l’ouvrage, cliquer ICI.
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Publié le 20/09/2023.
Dans un excellent article pour AOC, notre expert Daniel Borrillo s’oppose au caractère abolitionniste du dernier rapport du Sénat sur la pornographie, au nom de la défense des libertés publiques et des droits fondamentaux.
Il y a près d’un an (le 28 septembre 2022), le Sénat dévoilait un rapport intitulé « Porno : l’enfer du décor ». Ce rapport trans-partisan, porté par Laurence Rossignol, Annick Billon, Alexandra Borchio-Fontimp et Laurence Cohen, fait de la lutte contre la violence pornographique une priorité de politique publique. L’objectif est simple : abolir l’industrie du porno.
« Comme toute idéologie, le prohibitionnisme vise l’absolu (la disparition de la pornographie) et refuse tout compromis tendant à améliorer les conditions de production et distribution d’images érotiques. »
Daniel, juriste et fervent défenseur des droits fondamentaux, dénonce une ingérence illégitime de l’État et une « violation à la vie privée, à la liberté d’expression, à la liberté de commerce et à celle d’industrie ». Bien entendu, Daniel rejoint la lutte contre la pédopornographie et la diffusion d’images aux mineurs, ainsi que contre certains modes de fonctionnement abusifs de cette industrie. Néanmoins, il refuse les amalgames faits par les pro-abolitionnistes quant à la consommation d’images pornographiques par des adultes.
« La lutte contre la prostitution et la pornographie (et plus généralement contre la liberté sexuelle) est menée de nos jours par des associations féministes radicales et de femmes politiques « progressistes » lesquelles prétendent imposer une morale sexuelle non pas au nom des bonnes mœurs mais en invoquant la dignité humaine. »
Le rapport, qui se prétend être une nouveauté dans la « bibliographie institutionnelle », propose une définition de la pornographie biaisée. Les rapporteures entretiennent une confusion entre les abus liés à ce domaine et l’activité elle-même. L’activité pornographique est assimilée à une violence systémique faite aux femmes, inscrite dans une culture du viol au sein de notre société. Daniel appelle à se détacher de cette notion de « culture du viol », qui, utilisée comme un outil militant, « transforme la violence individuelle en une arme du patriarcat pour dominer les femmes ».
« S’il est possible de faire la distinction entre fiction et réalité lorsqu’il s’agit de films de guerre pourquoi serait-il impossible de la faire s’agissant de films de cul ? »
In fine, Daniel dénonce un rapport vide de propositions qui pourraient réellement améliorer les conditions de travail des acteurs. À l’image de la loi de 2016 sur le travail du sexe, la répression y est la seule solution envisagée. Une fois de plus, l’idéologie prohibitionniste choisit « l’État punitif comme arme politique ».
« Au nom de la dignité humaine, de la protection de la jeunesse ou de la lutte contre les violences sexistes se cache une entreprise aussi paternaliste que puritaine. »
Du point de vue de Daniel, la pornographie devrait être considérée comme « une manifestation de la liberté d’expression ». La volonté d’abolir la pornographie serait liberticide et surtout inefficace. Daniel ne nie pas les abus dénoncés dans cette industrie mais appelle à les solutionner plutôt que d’interdire son exercice. Il souhaite donc faire entrer l’industrie de la pornographie dans le droit commun, au même titre que le travail du sexe. Entre régulation du statut des acteurs et respect de la liberté de commerce, cela permettrait ainsi de professionnaliser le secteur et d’en réduire les effets néfastes.
« Le meilleur moyen de mettre fin aux abus de l’industrie pornographie c’est de la faire entrer dans le droit commun. »
Pour lire l’article de Daniel, cliquer ICI.
Pour (re)lire notre ouvrage « La famille par contrat », cliquer ICI.
Publié le 19/09/2023.
Dans Atlantico, notre expert Marc de Basquiat explique que l’inflation ne creuse pas les inégalités, propose un revenu universel pour lutter contre l’insécurité alimentaire et appelle à bouleverser la fiscalité du logement afin de fluidifier le marché.
Marc refuse de définir l’inflation comme marqueur des inégalités sociales : il n’y a aucun gagnant, pas même les « riches » (que l’on ne définit jamais vraiment). Il rappelle qu’elle touche tout le monde, à commencer par ceux qui ont placé leurs économies, quels que soient leur milieu et souligne que le SMIC comme les minima sociaux ont été réévalués.
« Alors que la France est un des trois pays dont le très onéreux système socio-fiscal atténue le plus fortement les inégalités économiques, les riches y sont quasiment accusés de profiter de l’inflation au détriment des pauvres. On rêve. »
S’il rappelle que la France est l’un des trois pays qui atténuent le plus fortement les inégalités économiques, il reconnaît évidemment que la hausse des prix des biens de première nécessité est plus difficile à encaisser pour les plus fragiles de la société.
« Le drame de nos systèmes actuels est double. D’une part la fiscalité et les cotisations sociales ont atteint un tel niveau que le travail paie relativement peu. D’autre part les 10 prestations sociales rassemblées sous le vocable « minima sociaux » emprisonnent leurs bénéficiaires. »
Dans les pas de Lionel Stoléru, Marc revendique le fait qu’il est impossible de « décréter un niveau de vie confortable pour toute une population » mais qu’il est possible « d’éradiquer la pauvreté matérielle absolue ». Voilà pourquoi il plaide pour que chacun reçoive, sans conditions, une quinzaine d’euros par jour pour manger à sa faim, ce qui ne décourage pas à chercher un emploi.
« L’enjeu est d’éradiquer les conditions de vie indignes, ce qui est réalisable et souhaitable, sans effet pervers. »
Marc démontre le drame paradoxal de notre système socio fiscal actuel : une fiscalité qui pénalise le travail et des prestations sociales qui emprisonnent ses bénéficiaires.
Plutôt que la solution idéologique de la taxation sans limite des « riches », Marc propose d’unifier un certain nombre d’aides compliquées et désincitatives et d’instaurer un impôt sur le revenu unique et stable pour tous. C’est notre revenu universel.
« En arrosant copieusement les ménages lors de la crise Covid, le gouvernement n’a pas arrangé les choses, bien au contraire : les liquidités disséminées généreusement ont cherché où se poser, ce qui a nourri l’inflation spécifique de l’immobilier. »
Pour le logement, Marc souligne que l’augmentation de la taxe foncière n’est pas une mauvaise idée pour favoriser la mobilité des biens (notamment sur le marché locatif), et qu’elle pourrait intelligemment être accompagnée, à l’inverse, de la réduction sinon suppression des droits de mutation et de l’imposition des revenus locatifs.
Pour lire l’article d’Atlantico, cliquer ICI.
Pour lire notre rapport « Liber : un revenu de liberté pour tous », cliquer ICI.
Publié le 08/09/2023.
« La famille par contrat », notre deuxième ouvrage aux PUF, signé Daniel Borrillo, vient d’être traduit par une maison d’édition argentine en espagnol. Dans Contrepoints, notre expert se réjouit que la CEDH examine une requête contre la loi française de 2016 sur la prostitution.
Dans Contrepoints, notre expert et juriste Daniel Borrillo défend notre rapport sur le travail du sexe. Il livre un décryptage juridique de la prostitution en France et en Europe dans lequel il appelle à une régulation et non pas une pénalisation du travail du sexe et à l’abolition de la loi de 2016.
Il revient sur la saisine de la Cour européenne des droits de l’Homme par un ensemble d’associations luttant pour les droits des travailleuses et travailleurs du sexe. Une requête a été déposée contre la loi française de 2016, qui pénalise les clients de la prostitution.
Les arguments majeurs invoqués sont avant tout celui de « l’intrusion exagérée dans la vie privée de majeurs consentants » ainsi que de la santé physique et psychique des travailleurs du sexe (qui se sont retrouvés incriminés, isolés et vulnérables face aux clients, au péril de leur sécurité).
« Depuis une perspective libérale, la reconnaissance légale du travail sexuel constitue la consécration du principe de la liberté de disposer de son corps, permet de mieux combattre la prostitution forcée, et surtout celle des mineurs, d’éliminer les situations d’abus et d’assurer des conditions dignes de travail aux prostituées en matière de sécurité et de santé. »
Aussi, notre deuxième ouvrage aux éditions des Presses Universitaires de France « La famille par contrat », écrit par Daniel Borrillo, vient d’être traduit par une maison d’édition argentine en espagnol. Nous sommes fiers que nos idées parcourent le monde…
Pour lire l’article de Contrepoints, cliquer ICI.
Pour lire notre ouvrage « La famille par contrat », cliquer ICI.
Pour lire notre rapport « Faire entrer le travail du sexe dans le droit commun », cliquer ICI.
Publié le 07/09/2023.
Pour l’Express, notre fondateur Gaspard Koenig livre un magnifique hommage à Jean-François Revel, à ses idées et aux combats qu’il lui a inspirés : une attitude plutôt qu’une idéologie.
Pour les 70 ans du journal, l’Express revient sur les plus grandes plumes ayant marqué l’histoire de l’hebdomadaire et imprégné de leur vivacité sa ligne éditoriale, encore aujourd’hui… L’une d’entre elle ne vous est sûrement pas inconnue, celle de Jean-François Revel, tantôt philosophe, professeur, essayiste… Il était avant tout un esprit « libre et imprévisible », nous dit Gaspard.
« Le style, paraît-il, c’est l’homme même. Le portrait de Revel que dessine sa trentaine d’ouvrages en fait un homme avec qui on aurait aimé s’attabler. »
Notre fondateur, avant tout écrivain, n’a pas eu la chance de rencontrer Revel mais ses écrits lui ont permis d’être l’auteur et l’homme qu’il est aujourd’hui. Dès ses 20 ans, les mots de ce grand monsieur l’ont bercé. S’en suit la carrière que nous lui connaissons, des idées libérales bien ancrées et le courage de s’exprimer sur des sujets d’actualité…
« Ses livres ont marqué mes vingt ans. Ils m’ont autorisé à concevoir des pensées que toute ma formation, empreinte de la doxa postmoderne, réprouvait. »
Tout comme nous, Jean-François Revel aimait la France. Et tout comme nous, Jean-François Revel avait à coeur de protéger notre modèle démocratique. Au fond, nos combats ne sont pas si différents : réformer nos institutions afin de nous permettre, enfin, d’échapper à la verticalité insoutenable de nos politiques. Entre hyperprésidentialisme accru et centralisation du pouvoir, rien ne semble efficace… « Notre absolutisme est inefficace » nous expliquait Revel. Aujourd’hui encore, ces mots n’ont pas pris une ride.
« S’inscrivant naturellement dans les pas de Raymond Aron, Revel n’eut de cesse de dénoncer les institutions verticales de la Ve République, qui loin d’assurer la bonne marche du pays paralysent la créativité individuelle et déconsidèrent la délibération collective. »
Son héritage est encore vivace, tant au niveau du journal que des individus l’ayant côtoyé. Sa fougue et sa liberté de penser ne cessent de nous inspirer et de nous insuffler la force du combat. Notre modèle de démocratie libéral a, plus que jamais, besoin d’être protégé. Il est temps de s’émanciper de ce régime délétère qui ne compte que sur la figure présidentielle pour résoudre les maux de notre pays, sans prendre conscience de la faillite et de la fragilité de nos institutions.
« Être libéral, c’est déjà ne plus l’être, en pensant méthodiquement contre soi-même. »
Pour lire l’article de l’Express, cliquer ICI.
Pour lire notre rapport « Déprésidentialiser la Ve République », cliquer ICI.
Publié le 04/09/2023.
Invité à deux reprises sur CNews et dans les colonnes d’Atlantico, notre chargé d’études Rafaël Amselem a eu l’occasion, au cours de l’été, de poursuivre nos combats phares : écologie, immigration, institutions, libertés publiques…
Rafaël revient sur la volonté de Gérald Darmanin de mettre en oeuvre une politique quinquennale plus sociale, à la suite de la présidence d’Emmanuel Macron. Pour Rafaël, cette volonté n’est que superficielle puisque le Gouvernement actuel bafoue un certain nombre de principes sociaux. Pour ne citer qu’un exemple : la conditionnalisation du RSA, que Rafaël associe à « la conditionnalisation de la survie ».
Notre chargé d’études rappelle que nos institutions sont trop « centrées sur l’irresponsabilité généralisée » et appelle à rebâtir notre architecture institutionnelle, afin de responsabiliser (enfin) nos politiques. Aussi, il s’inquiète d’ « une focalisation abusive » sur la prochaine élection présidentielle. Une fois de plus, cela démontre bien la verticalité et l’hyper-présidentialisme délétère de la Ve République, qu’il faut urgemment combattre.
« L’architecture institutionnelle de la Ve République ne récompense pas beaucoup la responsabilité des politiques. »
Concernant la crise migratoire en Méditerranée et plus globalement l’immigration, Rafaël plaide pour une meilleure intégration sociale des immigrés. Il appelle à faire preuve de plus de dignité humaine et à faire tomber les barrières administratives et bureaucratiques inutiles afin d’accueillir de manière plus libre et juste les nouveaux arrivants sur notre territoire. Il appelle notamment à lever les barrières à l’emploi auxquelles les immigrants font anormalement face.
« Il y a énormément de barrières à l’emploi pour les immigrés, ce qui n’est pas dans notre intérêt et contraire à la dignité humaine. »
Face à l’urgence climatique, Rafaël se veut opposé à des politiques d’interdiction. En effet, ces politiques ne seraient pas efficaces, trop « paternalistes, autoritaires, verticales ». Il appelle à défendre notre modèle de démocratie libérale face à l’impératif écologique et à « ne pas conditionnaliser nos libertés ». Pour ce faire, Rafaël défend une solution radicale mais efficace : la tarification du carbone. Il développe les avantages sociaux et économiques de la systématisation de la tarification carbone, assortie d’un dividende carbone redistribué aux Français.
« L’urgence écologique réelle ne justifie pas les interdictions, ni le démantèlement de l’État de droit et de la démocratie libérale. »
Notre chargé d’études réagit aussi aux récentes affaires d’antisémitisme dans les discours politiques français. Il dénonce un traitement problématique de l’antisémitisme, notamment à gauche de l’échiquier politique. Il demande à la gauche de revenir à sa politique originelle d’anti-racisme. Rafaël pointe aussi du doigt la droite et espère que l’ensemble de la classe politique trouvera le courage de lutter contre ce mal profond.
« Au fond, les juifs sont les jouets et les instruments de luttes partisanes, personnelles et politiques. »
Aussi, dans les colonnes d’Atlantico, Rafaël appelle à ne pas céder aux exigences des forces de l’ordre en leur accordant un régime d’exception. Pour lui, les nombreux scandales autour de la police ont semé les « graines de la défiance », la police se doit de faire preuve d’exemplarité. Il appelle à ne pas troquer liberté contre sécurité : notre sécurité c’est notre liberté.
« La sécurité ne peut pas se faire à n’importe quel prix. Et lorsqu’elle se fait à n’importe quel prix, il n’y a pas de sécurité. On ne garantira pas plus de sécurité en disant que l’on va donner aux policiers un traitement préférentiel. »
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Publié le 31/08/2023.
