« Osons penser la GPA. » Daniel Borrillo

Dans le journal du CNRS, Daniel Borrillo appelle, après le vote de la PMA pour toutes, à débattre de la GPA pour proposer un cadre légal qui respecte la propriété de soi et l’intérêt de l’enfant.

 

Daniel Borrillo déplore le fait qu’on ne puisse parler de la gestation pour autrui (GPA) en France. Intellectuels, religieux, politiques… presque tous refusent d’en discuter. Hormis pour quelques élus, la GPA suscite une large indignation à droite comme à gauche du spectre politique. Le principal reproche fait par ses opposants est que cette méthode de procréation constitue une atteinte à la dignité humaine, symbolisée à tort comme le chemin vers la marchandisation du corps humain. La pratique n’est pourtant pas nouvelle. Daniel Borrillo donne l’exemple du peuple Mossi en Afrique de l’Ouest ou des Bochimans du désert de Kalahari au sein desquels la conception de la parenté n’est pas exclusive.

« La GPA proprement dite est celle dans laquelle l’ovocyte provient soit de la mère d’intention, soit d’une donneuse. La femme qui porte l’enfant ne participe donc pas à la conception de celui-ci, elle n’a aucun lien génétique avec lui. Il existe cependant des cas de figure où l’ovule provient de la femme porteuse, on doit alors plutôt parler de « procréation pour le compte d’autrui ». »

Alors que le droit prohibe explicitement la GPA, Daniel Borrillo souligne, sondage à l’appui, que de plus en plus de Français y sont favorables. Dans ce cas, pourquoi ne pas en discuter ? Notre expert estime que de nombreuses études vont dans le sens de la légalisation : les enfants nés de la GPA présentent un niveau de bien-être équivalent aux autres et les femmes gestatrices ne rencontrent pas de problèmes psychologiques.

« L’origine de cette réprobation quasi unanime propre à la France est d’abord à chercher, me semble-t-il, dans l’inconscient collectif de nos élites forgé par une vision dogmatique du catholicisme et du marxisme, deux forces idéologiques qui nourrissent la même obsession contre l’individualisme, assimilé à l’égoïsme, et la même haine de l’argent. »

Daniel Borrillo explique que la composition des membres de la famille importe peu comparée à la qualité des interactions de l’enfant avec ses proches. De plus, légaliser la GPA pourrait permettre d’encadrer cette pratique et donc d’éviter des opération clandestines ou hors-la-loi. Le paysage européen est très disparate en la matière. Chaque pays a son propre système juridique et les pays prohibitionnistes sont les plus nombreux (France, Allemagne, Espagne, Italie, Suisse, Pologne, Chine…). À l’inverse, des pays comme le Royaume-Uni, l’Ukraine, la Grèce, le Portugal, la Roumanie, le Canada, l’Inde, la Thaïlande, Israël ou encore la Russie ont légalisé la GPA.

« Nous ne sommes pas tous d’accord sur la nécessité d’autoriser la GPA en France, mais nous estimons tous que cette question épineuse mérite discussion. Il est urgent d’y réfléchir de façon apaisée, en dehors des anathèmes et des arguments d’autorité. »

Alors, quel cadre fixer à la GPA ? Nous avons une proposition. En 2018, GenerationLibre publie « Pour une GPA responsable en France ». Un rapport qui analyse les limites de la prohibition, présente un état des lieux critique des pays où la GPA est actuellement encadrée et propose un modèle de GPA responsable pour la France. Un cadre légal qui garantira le respect des droits de l’ensemble des parties prenantes afin d’éviter toute forme d’abus.


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Publié le 27/06/2021.

[Lu Ailleurs] : « La liberté est devenue conditionnelle. » Mathieu Slama

Dans Le Figaro, Mathieu Slama constate une dérive liberticide qui s’illustre à nouveau dans la répression des jeunes pendant la fête de la musique.

 

Mathieu Slama estime que les scènes de répression se multiplient et donnent lieu à un nouveau régime de liberté sous conditions. Un fait auquel la crise sanitaire a très largement contribué depuis maintenant plus d’un an. Aujourd’hui, nous sommes à la fois libérés des principales contraintes sanitaires et, en même temps, restreints par de nouvelles conditions. Par exemple, les regroupements de plus de dix personnes étaient interdits lors de la fête de la musique alors que la fête elle-même était autorisée.

« D’un côté Emmanuel Macron cherche à séduire la jeunesse par des moyens marketing d’un cynisme effarant, et de l’autre il l’empêche de faire la fête (…) Le « en même temps » du gouvernement ne tient plus : libérer de manière aussi conditionnelle la jeunesse ne peut aboutir qu’à des scènes de colère. »

Mathieu Slama s’insurge contre les scènes de violence qui se sont déroulées ce 21 juin. Il estime que celles-ci « n’ont pas leur place dans notre démocratie » et que la démonstration de force de l’État est démesurée face à une jeunesse qui fait seulement la fête. Mathieu Slama explique que cette répression est d’autant plus injuste lorsqu’on sait que les jeunes ont été les grands sacrifiés de la pandémie.

« Au nom d’un ordre sanitaire qui ne pouvait se discuter, nous sommes entrés dans une ère du soupçon généralisé, où la liberté est devenue conditionnelle et la discipline des corps la règle principale. »

D’après Mathieu Slama, ce qui fut d’abord présenté comme des solutions provisoires à la crise sanitaire s’est progressivement institué (codes QR, pass sanitaire). Cette liberté sous conditions est rendu pérenne par le recours à la force ainsi que la surveillance numérique. À l’inverse, Mathieu Slama décrit la liberté comme étant à la fois inconditionnelle et transgressive. Dans un contexte de démission démocratique, il rappelle qu’il n’y a « pas de démocratie sans liberté, comme il n’y a pas de liberté sans transgression. »


Pour lire l’article « Fête de la musique: « Certaines scènes de répression illustrent une dérive liberticide inquiétante » », cliquer ICI.

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Publié le 24/06/2021.

IA : « Je ne veux pas vivre à Pékin-sur-Seine. » Gaspard Koenig

Dans Les Echos, Gaspard Koenig constate un usage inquiétant de la technologie par les pouvoirs publics et s’insurge contre la proposition de Valérie Pécresse.

 

Gaspard reproche à Valérie Pécresse de vouloir mettre en place la reconnaissance faciale dans les transports en commun en Île-de-France. Si une telle mesure est mise en oeuvre, demain, nous ne pourrons plus monter dans le RER sans être identifié. Gaspard déplore que la lutte contre le terrorisme prenne à nouveau le pas sur le libertés publiques.

« Que plus d’un tiers des votants puissent approuver un tel programme en dit long sur notre renoncement collectif aux libertés et, en l’espèce, au respect de nos données les plus personnelles : les traits de notre visage ! »

De façon plus générale, Gaspard s’inquiète que la technologie soit utilisée par le législateur à des fins de surveillance. Pire encore, ce dernier a tendance à railler le conservatisme des autorités de la protection des données et à vanter l’action chinoise depuis un an. Dans un récent rapport sénatorial, des élus proposent, en cas d’urgence, de mettre en place des « mesures intrusives » afin de collecter massivement et croiser des données personnelles. Gaspard rappelle que depuis 2015 des mesures d’exception sont devenues des règles de droit.

« Voltaire a donné la formule d’une société libre : « Il vaut mieux hasarder de sauver un coupable que de condamner un innocent. » De même, il vaut mieux hasarder de laisser un fiché S ou un variant en liberté que de mettre sous surveillance des millions d’innocents. »

Gaspard explique que cette volonté des pouvoirs publics de tout contrôler fait peser de graves risques sur la société : paralysie de l’action publique, censure, faux positif, piratage, etc. À l’inverse, il pense que la technologie doit avant tout être au service de l’être humain. Tel est l’objectif du think tank Urban AI qui appelle à « urbaniser la technologie » ou encore de Frank McCourt, propriétaire de l’Olympique de Marseille, qui finance le Project Liberty, une initiative qui prône l’usage de la blockchain pour que les citoyens reprennent le contrôle sur leurs données personnelles. Cela vous rappelle-t-il une certaine proposition de GenerationLibre ?


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Publié le 23/06/2021.

[Lu Ailleurs] Rousseau est-il si loin de Hayek ?

Dans Contrepoints, Guillaume Moukala Samé s’essaie à une interprétation libérale de la pensée politique de Jean-Jacques Rousseau.

 

Guillaume Moukala Samé souligne que le philosophe n’est pas très populaire chez les libéraux et que certains de ses propos sont controversés. Pourtant, nombre de ses écrits défendent ardemment l’idée de liberté. Dans son article, Guillaume Moukala Samé démontre, en trois parties, comment la philosophie de Rousseau peut s’apparenter à des préceptes libéraux.

« La question que tout le monde se pose : si l’état de nature était si paradisiaque, alors pourquoi les Hommes en sont-ils venus à se former en sociétés ? »

Guillaume Moukala Samé entend, avant toutes choses, clarifier le concept du contrat social. Rousseau déclare que la première et la seule société naturelle est la famille. Seulement, le naturel se distingue du social à partir du moment où l’Homme s’éloigne de sa condition primitive et donc de l’état de nature. Par exemple, la famille devient une convention sociale dès lors qu’elle continue d’exister malgré l’âge adulte atteint par l’enfant.

À l’instar des libéraux classiques, Rousseau déclare que la coopération sociale devient nécessaire et même bénéfique pour assurer la survie de tous les individus à l’état de nature. Leur « condition primitive ne peut donc durer ; le genre humain périra s’il ne change pas son mode d’existence » écrit le philosophe dans le Contrat social. Rousseau constate que les hommes se portent mieux lorsqu’ils unissent leurs forces et c’est ici que sa théorie se rapproche d’auteurs libéraux. Pour Guillaume Moukala Samé, son idée correspond à la fois à la division du travail d’Adam Smith, la loi de l’association de David Ricardo ou encore à la définition de la société humaine par Ludwig von Mises.

« L’Homme libre est décrit comme quelqu’un qui « n’obéit qu’à lui-même », ce qui est tout à fait compatible avec la définition libérale de la liberté, la fameuse liberté négative, c’est-à-dire l’absence de coercition. »

Dans l’état de nature, l’Homme jouit d’une « liberté naturelle », il est entièrement libre et n’a à obéir à aucune loi. À l’inverse, dans une société, l’Homme est soumis à une « liberté civile », il s’obstine à respecter la loi tout en cherchant à être libre. Tout manque de respect envers la loi appelle à une réponse coercitive de l’État. Guillaume Moukala Samé explique que la distinction entre ces deux termes est importante pour comprendre le Contrat social de Rousseau.

Guillaume Moukala Samé estime que le Contrat social de Rousseau peut être mise en parallèle avec la thèse du rule of law de Friedrich Hayek. Pour lui, « la loi et la liberté ne sont pas en contradiction, mais elles « s’appellent l’une l’autre ». » Si la loi peut paraître a priori être une contrainte, elle est pourtant un moyen pour rendre l’Homme libre.

« Quand nous obéissons aux lois, c’est-à-dire à des règles générales abstraites établies indépendamment de leur application à notre cas particulier, nous ne sommes pas soumis à la volonté d’autrui et nous sommes donc libres. » Friedrich Hayek

La légitimité de la loi repose quant à elle sur un autre concept développé par Rousseau : la volonté générale. Guillaume Moukala Samé soutient que « « la suprême direction de la volonté générale » de Rousseau n’est rien d’autre que le rule of law d’Hayek, et que les règles générales et abstraites d’Hayek ne sont rien d’autre que la volonté générale de Rousseau. » La volonté générale a deux caractéristiques. La première, c’est qu’elle repose sur un intérêt commun, raison pour laquelle les Hommes se réunissent et forment une société. « Une atteinte à la liberté d’un seul individu est une atteinte à la société entière. » L’autre caractéristique de la volonté générale est qu’elle s’applique à tous sans distinction.

« Dans la pensée de Hayek, le fait que les lois s’appliquent également à tous, contrairement aux privilèges, est une garde-fou : comme la loi s’applique aussi à ceux qui la font, cela dissuade le législateur d’imaginer des lois oppressives. »

Tout comme Rousseau, Hayek pense que la loi doit être abstraite et générale afin de pas cibler des individus. Celle-ci doit s’appliquer de manière égale à tous les individus. Les écrits des deux auteurs sont particulièrement similaires sur cet aspect. L’individu renonce, par exemple, à la liberté de tuer dont il jouissait dans l’état de nature pour un bien plus grand qu’est la liberté civile ainsi que la sécurité des personnes et des biens.


Pour lire l’article « Rousseau était-il libéral ? », cliquer ICI.

 

Publié le 18/06/2021.

« Il est temps de déconjugaliser le droit ! » Gaspard Koenig

Des aides sociales aux impôts des ménages, Gaspard Koenig dénonce dans Les Echos une vision patriarcale de la famille et appelle à individualiser notre système socio-fiscal.

 

Gaspard déplore le fait que de nombreuses aides, comme l’allocation versée aux adultes handicapés (AAH) ou le revenu de solidarité active (RSA), soient conditionnées aux revenus du foyer fiscal. Pour lui, individualiser ces versements est une évidence pour que chaque personne soit indépendante des revenus de son conjoint ou sa conjointe.

« Comme si l’amour devait vous priver de droits. Comme si partager une histoire revenait à partager un handicap. Comme si l’aide d’un proche dispensait de celle de la société. »

Gaspard reproche au système français une « conjugalisation » des aides sociales. Une situation à la fois ubuesque et sordide, qui s’illustre lors des contrôles opérés par des inspecteurs de l’État : ceux-ci vont jusqu’à vérifier l’intimité des individus, par exemple en vérifiant le nombre de brosses à dents dans la salle de bain, pour justifier leurs allocations.

« Cette question de la conjugalisation se retrouve dans toutes les strates de notre système socio-fiscal (…) Les meilleurs connaisseurs de ce système humainement indéfendable sont les premiers à le dénoncer. »

Dans notre deuxième ouvrage, La famille par contrat, aux éditions Puf, notre expert Daniel Borrillo propose de considérer la famille comme un arrangement purement privé, dont la loi ne saurait se mêler. Ainsi, la contractualisation et la déjudiciarisation sont les principes qui permettront d’accompagner ce processus et surtout de garantir la pluralité familiale. Cette révolution juridique implique plusieurs réformes majeures de notre droit comme la suppression des régimes matrimoniaux et de la réserve héréditaire, ou encore la légalisation de la GPA.

« L’esprit commun de toutes ces dispositions, c’est que la famille reste considérée comme l’unité fondamentale de la société. »

Gaspard regrette surtout un système socio-fiscal injuste, hérité du Code civil napoléonien, où la famille est l’unique unité de valeur. Ce qui devait être un choix personnel est devenue une norme sociale. À l’inverse, Gaspard considère que la famille est une association d’individus. Mais c’est le choix de l’individu. La constitution du foyer est une décision personnelle dans laquelle l’État n’a pas à s’immiscer.

Concernant la politique familiale, au lieu d’en changer sans cesse la lettre et le chiffre, il serait plus utile d’en interroger l’esprit. C’est l’objet de notre rapport « Une autre politique familiale est possible ! » dans lequel notre expert Marc de Basquiat propose l’instauration d’un forfait unique par enfant, défini selon les besoins de l’enfant, et non selon le niveau de vie de la famille. Un revenu universel pour chaque enfant.


Pour lire l’article « Nos politiques sociales, reflet de notre inertie patriarcale », cliquer ICI.

Pour consulter notre ouvrage « La famille par contrat », cliquer ICI.

Pour consulter notre rapport « Une autre politique familiale est possible ! », cliquer ICI.

Pour consulter notre rapport « Liber : un revenu de liberté pour tous. », cliquer ICI.

 

Publié le 16/06/2021.

Les coûts des confinements en débat

Dans Le Point, Kevin Brookes et Henri Leleu débattent de notre dernière note sur les effets des confinements Covid-19 avec avec Cécile Philippe et Nicolas Marquès (Institut économique Molinari).

 

Le premier point de divergence concerne le rapport entre le revenu et l’espérance de vie. Kevin Brookes et Henri Leleu rappellent que les inégalités sociales de santé en France sont majeures et qu’elles ont bien un impact sur l’espérance de vie. Les deux chercheurs s’appuient sur une étude de 1995 pour illustrer le fait que la pauvreté est associée aux principaux facteurs de mortalité.

« Il y a un écart de 12 ans d’espérance de vie pour les hommes entre le premier et le dernier décile des revenus. On le voit concrètement dans le cas du dépistage des cancers ou les comportements à risque. »

À nouveau, les deux think-tanks exposent leurs désaccords quant à l’impact économique des mesures des confinements. À cet effet, GenerationLibre s’est concentré sur une partie de la population dite « déclassée ». Kevin Brookes et Henri Leleu ont calculé qu’environ 4,8 millions de personnes ont subi de plein fouet l’impact économique des confinements. Ils alertent sur les premiers effets visibles de la crise alors même que tous les indicateurs n’ont pas pu être pris en compte.

« Nous avons choisi la métrique la plus adaptée pour lancer un débat en assumant le fait de ne pas prendre en compte toutes les variables, difficiles à quantifier. Par exemple, nous n’avons pas intégré la surconsommation de tabac et d’alcool pendant les confinements, ou encore les violences conjugales ou les dépressions. Un jeune sur cinq a pensé au suicide lors du dernier confinement ! »

L’institut économique Molinari (IEM) et GenerationLibre estiment tous deux que la crise économique engendrée par les confinements aura forcément un impact sur les individus. Ce qui est contesté par Cécile Philippe et Nicolas Marquès, c’est la retranscription de ce phénomène en années de vie perdues. Kevin Brookes et Henri Leleu rappellent que leur objectif est de fournir une première évaluation des effets des confinements en considérant la perte de revenus subie par une partie de la population. Ils espèrent « alerter l’opinion et les pouvoirs publics sur les conséquences des choix publics dont on ne parle pas assez. »


Pour lire l’article « Coûts et bénéfices humains des confinements : le débat est lancé », cliquer ICI.

Pour consulter notre note « Covid-19 : une analyse coûts-bénéfices des confinements », cliquer ICI.

 

Publié le 14/06/2021.

« Il n’y a aucune contradiction à être libéral et promouvoir le revenu de base. » Gaspard Koenig

Dans un débat organisé par Libération avec Jean-Luc Gleyze et Danièle Linhart, Gaspard Koenig appelle à jouer sur le terrain politique pour concrétiser le revenu universel en France.

 

Gaspard démontre que le revenu universel est ancré dans les fondements de la doctrine libérale. Par exemple, John Stuart Mill, Friedrich Hayek et Milton Friedman ont contribué, par leurs écrits, à ce que cette idée s’impose. Le revenu universel a pour principe philosophique le fait de rendre l’individu libre dans ses choix, libre de toutes contraintes.

« Il faut permettre à chacun de faire ses choix »

Gaspard explique que cela fait environ cinquante ans que le revenu universel est expérimenté un peu partout dans le monde et qu’il est temps de le mettre en place. Il y a une longue histoire du revenu universel, y compris en France.

« Contrairement au modèle des aides sociales actuelles, l’objectif est de donner un maximum d’autonomie à l’individu avec un minimum de contrôle et de surveillance. »

Pour Gaspard, le véritable assistanat, c’est celui d’aujourd’hui. Celui où l’on demande aux individus de remplir une panoplie de conditions pour toucher une aide. C’est un système paternaliste. À l’inverse, le revenu universel ne demande rien aux individus qui sont pleinement responsables de leurs dépenses.

 


Pour consulter notre rapport « Liber : une proposition réaliste », cliquer ICI.

 

Publié le 14/06/2021.

[Lu Ailleurs] : « Le réchauffement climatique est la grande défaillance du marché. » Jean Coldefy

Dans Le Monde, Jean Coldefy estime qu’il est nécessaire de donner un prix à la pollution afin d’allier transition énergétique et innovation.

 

Jean Coldefy explique que nous vivons dans un monde d’abondance et que nos sociétés se sont énormément développées depuis le début du siècle dernier. Pour lui, c’est un succès de l’économie de marché. Pour autant, le marché ne prend pas en compte la plus grande des externalités négatives : le réchauffement climatique. Alors comment limiter les émissions de carbone ?

« Deux philosophies s’affrontent aujourd’hui : celle de la décroissance, qui milite pour la baisse de la consommation, et celle d’une décarbonation de nos activités par l’innovation. »

Jean Coldefy pense que la décroissance n’est pas une solution viable. L’expert rappelle que c’est l’abondance produite par l’économie de marché qui finance notre système de protection sociale. De même, l’auteur estime que cette « voie dépressive » n’a aucun avenir : si elle espère rationner la population, elle aura pour première victimes les classes populaires. Quant à la décarbonation, la seule inconnue est de savoir si l’innovation pourra réellement permettre de réduire notre empreinte écologique. Personne ne peut l’affirmer aujourd’hui.

« La pensée exclusive française, « interdire et subventionner », si bien illustrée par la Convention citoyenne sur le climat, est un vrai handicap pour lutter contre le changement climatique. »

À contre-courant de certains mauvais réflexes français, Jean Coldefy est persuadé qu’il faut donner un prix au gaspillage et à la pollution. Le marché, par la régulation ou par des mécanismes incitatifs, doit inciter les agents économiques à modifier leur comportement afin de décarboner l’économie. À l’inverse des populistes qui prospèrent sur un sentiment d’inégalité, la transition énergétique est pour Jean Coldefy une occasion unique de se rassembler autour d’une cause commune. La voie de la confiance, de la science et de l’innovation doivent guider nos pas.


Pour lire l’article « Transition écologique : « C’est en donnant un prix aux choses que l’on évite gaspillages et pollutions » », cliquer ICI.

Pour consulter notre note « Supprimer les subventions aux énergies fossiles », cliquer ICI.

 

Publié le 11/06/2021.

Sans le libéralisme, pas de liberté sexuelle.

Dans Contrepoints, Daniel Borrillo explique comment le libéralisme a mis fin à des siècles de stigmatisation en contribuant à la liberté sexuelle. 

 

Daniel Borrillo décrit l’évolution des moeurs vis-à-vis de l’homosexualité depuis l’Ancien Testament. Il rappelle que l’acte sexuel a longtemps été exclusivement dédié à la procréation, surtout pendant le Moyen-Âge, période très religieuse où à l’inverse les rapports entre personnes de même sexe étaient sévèrement punis. De la Rennaissance au siècle des Lumières, ces actes furent mieux tolérés mais pas moins condamnés. Daniel Borrillo explique qu’à cette époque le libéralisme et la laïcisation de l’ordre public ont contribué à évincer l’État de la sphère privée des individus. Dans la première moitié du XXème siècle deux idéologies anti-libérales que sont le stalinisme et le nazisme vont rapidement éclipser la philosophie libérale et pénaliser l’homosexualité. Depuis quarante ans, les actions du mouvement LGBT se concrétisent, dans le contexte d’un État libéral, en la condamnation de l’homophobie.

« Le regard que l’État libéral peut porter sur l’orientation sexuelle est à la fois celui de la liberté et de l’indifférence. C’est dans cet esprit qu’ont été menés les combats politiques depuis quarante ans. »

Daniel Borrillo explique que cette liberté des moeurs se concrétise à la lumière des écrits de philosophes libéraux tels que Jeremy Bentham ou John Stuart Mill. Le premier décrit dès 1785 le rôle important que jouent la religion et la morale occidentale dans la sexualité à son époque. Le second théorise le principe de non-nuisance qui « établit que la seule raison légitime d’interférer avec les affaires des autres est d’empêcher que du tort soit causé à autrui. »

« L’homosexualité n’est pas autre chose que l’expression de la liberté sexuelle et de la liberté de mœurs et elle s’inscrit dans le sillage de la libre disposition de soi, de son corps et de sa destinée, notions fondatrices du libéralisme moral. »

Si l’angle libéral sur la sexualité fût d’abord celui de la tolérance, il va aussi épouser sous la tutelle de l’État celui de l’indifférence. Dès lors, la liberté sexuelle suppose la reconnaissance des mêmes droits à tous les individus.

« De l’égalité de l’âge de consentement entre rapports homosexuels ou hétérosexuels en 1982 à l’ouverture de la PMA à toutes les femmes en 2021 en passant par le Pacs en 1999 et le mariage pour tous en 2013, il est toujours question d’accès aux libertés fondamentales et de participation au droit commun et non pas l’exigence des droits spécifiques. Et c’est cette même participation au droit commun qui demain justifiera l’ouverture de la GPA à tous les couples, homosexuels comme hétérosexuels. »

Depuis 2015, GenerationLibre milite pour chaque individu puisse disposer pleinement de son corps. Nous estimons nécessaire d’une part, d’inscrire la libre disposition de soi dans la Constitution comme un droit fondamental ; et d’autre part, concernant des questions spécifiques telles que la gestation pour autrui (GPA) ou encore l’euthanasie, de garantir que le décisionnaire est bien l’individu concerné et non pas d’autres instances.


Pour lire l’article, cliquer ICI.

Pour consulter notre rapport « Mon corps m’appartient ! », cliquer ICI.

Pour consulter notre rapport « Pour une GPA responsable en France », cliquer ICI.

 

Publié le 10/06/2021.

Retraites : la réforme ne peut pas attendre

Invité dans « Les Experts » sur BFM Business, Maxime Shaihi débat avec Xavier Timbeau et Léonidas Kalogeropoulos de la réforme des retraites ainsi que de la taxation des multinationales.

 

Maxime rappelle que la France est l’un des pays de l’OCDE dont l’âge effectif de départ à la retraite est le plus bas et que le niveau de vie des retraités est supérieur au reste de la population. Notre pays combine tous les indicateurs d’un déséquilibre entre les actifs et les retraités.

« Il faut faire évoluer l’âge de départ à la retraite avec l’espérance de vie. »

Alors, à quand la grande réforme du système des retraites ? S’il salue l’initiative d’Emmanuel Macron, Maxime estime que la France n’est toujours pas préparée au vieillissement de sa population. Le régime des retraites n’est plus viable. Il est plus que temps d’agir pour ne pas faire payer un lourd tribut aux générations qui arrivent sur le marché du travail.

« Le système actuel des retraites est illisible et inégalitaire. »

Depuis octobre 2020, GenerationLibre propose un modèle plus simple : chacun est libre de partir à la retraite quand il le souhaite, le montant des pensions reçues étant calculé en divisant la somme des cotisations accumulées au cours de la vie professionnelle par l’espérance de vie moyenne restante. Une synthèse entre la stabilité de la répartition et l’équité de la capitalisation des droits.

Afin de garantir un niveau de revenu minimum à tous les retraités, notre think-tank propose d’introduire une redistribution intragénérationnelle – entre les retraités – pour ne pas pénaliser les actifs.

Interrogé sur la taxation des multinationales, Maxime pense qu’il faut refonder la fiscalité de ces entreprises non pas sur la domiciliation de leur siège social mais sur leur lieu d’activité. Cette logique ne touche pas seulement les GAFAM. Maxime souligne que le récent accord du G7 sur la fiscalité des entreprises est une victoire pour le multilatéralisme.


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Pour consulter notre rapport « La retraite quand je veux », cliquer ICI.

 

Publié le 07/06/2021.