Retraites, immigration : la France du déni

Dans sa chronique pour l’Opinion, notre ancien directeur Maxime Sbaihi souligne le « déni de démographie » dont fait preuve la France qui ne voit pas les conséquences sur le marché du travail et les comptes sociaux. Il invite à regarder ailleurs !

 

La démographie française est vieillissante, mais la France n’agit pas, c’est ce que dénonce Maxime en faisant une brève comparaison avec nos voisins allemands. Après la réforme des retraites, la France va désormais se pencher sur un énième projet de loi immigration. Maxime souhaite que ce projet aille plus loin et qu’il apporte des solutions concrètes à la crise démographique française.

 

« Qui expliquera aux actifs qu’ils devront également mettre la main à la poche pour financer la dépendance et les besoins croissants d’un pays qui vieillit comme jamais ? »

Nos voisins allemands ont mis en place une loi immigration qualifiée comme « la plus libérale d’Europe ». Ils assouplissent leur politique migratoire pour répondre à la question existentielle du manque de main d’œuvre.

 

« Dans une Europe à la population la plus vieillissante du monde, la lutte pour les talents venus d’ailleurs ne fait que commencer. »

« La démographie, c’est le destin » disait Auguste Comte. Maxime l’affirme : il est grand temps que la France ajuste sa politique migratoire car la question démographique sera au cœur de toutes les problématiques sociales et économiques de demain.


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Publié le 30/03/2023.

Pour une fin de vie libre, digne et encadrée

Au Sénat, la Commission des affaires sociales auditionne des spécialistes sur les enjeux philosophiques de la fin de vie. Notre présidente Monique Canto-Sperber défend une libéralisation du droit, tout en posant des garde-fous importants. 

 

Monique est favorable à l’évolution de la législation actuelle concernant le suicide assisté. Le malade reste souverain et se reconnaît libre de ce qu’il fait de lui-même. Il peut donc exprimer sa volonté de manière actuelle, ou au contraire y renoncer.

 

« La sédation profonde et continue que prévoit la loi Leonetti n’est envisageable que pour un malade qui est dans les derniers moments de sa vie. Il s’agit alors de hâter la mort, qui surviendrait de toute façon à brève échéance. »

Notre présidente émet cependant des réserves quant à l’euthanasie. En effet, elle considère que si la personne malade est inconsciente, elle ne peut plus exprimer sa volonté. L’acte n’en serait alors que moins légitime. D’autant plus que l’intervention d’un tiers est dans ce cas directe : il s’agit d’administrer la mort.

 

« La prohibition de tuer est au fondement de la notion d’intégrité personnelle et de respect de la personne humaine, qui est au coeur de notre conception libérale. »

Pour notre présidente, on ne peut faire abstraction de notre système juridique et des principes moraux sur lequel il est fondé. La déontologie médicale en fait partie. Tout cela constitue « le socle indissociable d’une société libérale. »

 

« Je ne peux pas imaginer une société libre qui apporte la moindre nuance à ce principe, absolu et fondamental, de l’intégrité humaine. »


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Publié le 29/03/2023.

La BRAV-M contre l’État de droit ?

Dans un entretien pour Atlantico, notre directeur Christophe Seltzer et notre chargé d’études Rafaël Amselem reviennent ensemble sur la crise politique que nous traversons et proposent une réforme des institutions. Sur Sud Radio, Rafaël dénonce les pratiques arbitraires et dérangeantes de la BRAV-M et demande sa dissolution. 

 

Notre équipe l’atteste : la crise institutionnelle n’est pas nouvelle, elle a simplement été amplifiée par le passage en force de cette réforme des retraites. En effet, l’équilibre des pouvoirs n’est désormais plus qu’un leurre dans notre démocratie. La Constitution de la Ve République consolide le pouvoir exécutif, hyper-présidentialise le régime et in fine, déresponsabilise les autres acteurs institutionnels, à commencer par le Parlement.

 

« Qui, dans le camp « raisonnable » va avoir le courage de proposer aux Français une modification de la Constitution pour revitaliser des institutions bloquées ? »

Rafaël et Christophe soutiennent que la verticalité du pouvoir présidentiel affaiblit nos institutions. A un niveau paroxystique, l’image de l’hyper Président de la République affronte celle de la souveraineté populaire. Néanmoins, ils ne jettent pas la pierre à Emmanuel Macron, qui hérite de cette situation institutionnelle de fait. Ils pointent le « poison lent » de l’hyper-présidentialisme qui a tué l’esprit originel de la Constitution de 1958.

 

Macron n’est pas responsable de la situation constitutionnelle du pays dont il hérite en 2017. La Constitution est amochée depuis vingt ans, sinon soixante ans, puisque a été perdu l’équilibre plus subtil qui avait été trouvé en 1958 entre les pouvoirs exécutif et législatif. 

Nos porte-paroles sont attristés des réactions de la classe politique face à cette crise. Ils dénoncent leur silence qui accentue le malaise démocratique. Selon Rafaël, qui s’inquiète aussi de la violence contre les hommes politiques, nous basculons dans une « culture de la honte. »

 

« Parce que la pratique du pouvoir en France est personnelle, le débat politique se structure autour de clivages qui visent les personnes. Un tel système débouche inévitablement sur de l’animosité et de la violence. »

Dans le cadre des manifestations contre la réforme des retraites, le ministre de l’Intérieur a missionné la BRAV-M pour lutter contre les manifestants violents. Rafaël dénonce la pratique arbitraire du maintien de l’ordre, par une brigade déjà maintes fois comparée aux anciens Voltigeurs.

 

« Il est nécessaire pour le maintien de l’ordre et pour l’état de droit de dissoudre cette brigade de flics voyous et de dénoncer la passivité du Ministre de l’Intérieur. »

Rafaël rappelle la vocation première des forces de l’ordre : être au service d’une vraie mission de sécurité et protéger les libertés publiques dans l’état de droit. Il questionne ce rapport systématiquement conflictuel entre la police et les manifestants.

 

« Cette passion sécuritaire n’est pas du tout au service de la sécurité, au contraire, elle participe à créer du clivage et de la confrontation avec les manifestants. »


Pour lire l’entretien dans Atlantico, cliquer ICI.

Pour écouter l’intervention de Rafaël sur Sud Radio, cliquer ICI.

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Publié le 27/03/2023.

Retraites : le Président contre les institutions ?

Dans Atlantico, aux côtés du politologue Christophe Boutin, notre chargé d’études Rafaël Amselem dénonce « l’hyper-présidence vivace » de la Ve République et le déséquilibre institutionnel qui en découle.

 

Rafaël dénonce « l’insolente verticalité » à travers laquelle Emmanuel Macron exerce le pouvoir. Pourtant, souligne-t-il aussi, le Président ne fait qu’utiliser (à sa convenance) des outils mis à sa disposition par l’héritage gaullien. En réalité, les institutions de la Ve République ne sont plus capables de représenter la voix du peuple et bafouent la démocratie libérale.

 

« Si Marine Le Pen est aujourd’hui en capacité de défendre un discours raisonnable sur nos institutions (…) c’est parce que les acteurs censés être les défenseurs légitimes de la démocratie libérale, y compris dans ce qu’elle a de radical, ont abandonné le champ de bataille. »

Le compromis est nécessaire à la vie démocratique et le débat avec l’exécutif est crucial. Pourtant l’hyperprésidentialisme censure le Premier Ministre et domestique directement les députés de la majorité dite présidentielle, ne les plaçant qu’au simple rang de collaborateurs ou de chambre d’enregistrement. De ce fait, la représentativité politique est mise à mal et les citoyens sont de plus en plus défiants. Il est grand temps de revenir à l’esprit originel de la Constitution de 1958 et de restaurer un équilibre institutionnel entre les pouvoirs exécutif et législatif d’une part, et au sein du couple exécutif d’autre part.

 

« Les institutions de la Ve République entretiennent un rapport anémique avec la démocratie, précisément parce que l’ensemble des arcanes décisionnels sont centralisés autour d’une seule personne. »

Pour lire l’entretien donné par Rafaël Amselem dans Atlantico, cliquer ICI.

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Publié le 23/03/2023.

Voitures thermiques : pour une liberté de moyens !

Dans sa chronique pour l’Opinion, notre présidente Monique Canto-Sperber propose de laisser « plus de place à l’initiative et à la prise de risques » pour une transition énergétique réussie.

 

Début mars, le vote concernant la fin programmée de la vente des véhicules thermiques neufs en 2035 a entraîné des menaces et des discussions au sein de l’Union Européenne. En effet, cet objectif est bien entendu nécessaire, mais ambitieux.

 

« Une première leçon à retenir serait d’éviter qu’un objectif ambitieux soit associé à l’obligation de n’utiliser qu’un seul moyen pour y parvenir. »

Notre présidente soutient qu’il est important de laisser « un espace de liberté et de responsabilité aux acteurs industriels » pour que cette transition énergétique se déroule au mieux. L’obligation doit être dans les résultats et non pas dans les moyens d’y parvenir. L’État (ou l’Union européenne) ne doit pas se substituer aux acteurs pour l’atteinte de ces objectifs.

 

« N’est-ce pas aux industriels eux-mêmes, qui ont bien compris qu’ils ne pourront plus vendre de voitures émettrices de carbone d’ici 12 ans, de décider du meilleur moyen technologique (…) pour ce faire ? »


Pour lire la chronique de Monique Canto-Sperber dans l’Opinion, cliquer ICI.

 

Publié le 21/03/2023.

Fin de vie : modifier la loi pour s’assurer du libre choix

Notre fondateur Gaspard Koenig est l’invité de Frédéric Taddéï sur Europe 1. Ils reviennent ensemble sur le Manifeste des 109, dans l’Obs, pour l’évolution de la loi sur la fin de vie. Gaspard en est l’un des signataires avec notre expert Daniel Borrillo.

 

Le libre choix doit nous guider et nous permettre de faire évoluer la loi sur la fin de vie en France, c’est ce qu’affirme Gaspard. En effet, il s’agit de la confirmation du droit des humains à disposer de leur corps et c’est précisément ce que nous défendons. Cela va dans le sens du mouvement d’individualisation des droits et du fait d’être propriétaire de son corps.

 

« La France est trop attachée à une tradition judéo-chrétienne, je lui préfère une conception stoïcienne qui place la liberté et la maitrise de soi tout en haut de la liste des vertus. »

Malheureusement, aux yeux de Gaspard, la loi Claeys-Leonetti n’est pas suffisante car elle impose de la souffrance aux malades au lieu de les laisser décider de partir en pleine conscience. La résistance à cette évolution est profondément idéologique et ancrée dans notre culture monothéiste. Pour les stoïciens, si on n’a pas le choix de sa naissance, on a celui de sa mort.

 

« La loi actuelle est insuffisante, elle permet de laisser mourir, mais pas de choisir sa mort. »


Pour écouter le passage de Gaspard sur Europe 1, cliquer ICI.

Pour (re)lire le Manifeste des 109 de l’Obs, cliquer ICI.

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Publié le 20/03/2023.

École – « Redonnons du pouvoir aux enseignants » – Monique Canto-Sperber

Dans une vidéo de 25 minutes pour Liber-Thé, notre présidente Monique Canto-Sperber défend sa volonté d’autonomiser le système scolaire public. Pour elle, « il est nécessaire de libérer l’école ». 

 

Dans son rapport pour notre think tank, Monique met en avant le mode de fonctionnement défaillant de l’école publique française qui engendre des inégalités. En effet, les élèves issus de milieux défavorisés voient leurs résultats scolaires se dégrader. Monique Canto-Sperber revient sur certaines réformes pourtant « très bien inspirées », mais qui n’ont pas amélioré la situation d’ensemble.

 

« La France se range parmi les pays les plus inégalitaires d’Europe. Le système scolaire français n’est pas capable de faire réussir leurs études à des jeunes issus de milieux défavorisés. Pour un pays où l’éducation est gratuite et obligatoire, fondé sur un idéal d’émancipation républicaine par l’école, c’est un échec ! »

Notre présidente remet en cause l’uniformité appliquée au système scolaire français. Notre logique libérale de décentralisation défend l’idée que les acteurs locaux sont plus à même de prendre les bonnes décisions qu’un décisionnaire centralisé pour maximiser les chances de réussite des élèves. L’autonomie scolaire permet aux institutions de prendre des décisions enracinées dans la réalité, en tenant compte du contexte.

 

« Je demande que chaque école puisse défendre un contrat, où elle détaille sa méthode pédagogique et sa stratégie éducative, pour atteindre des objectifs fixés par l’Etat. »

Monique compare les exemples internationaux de libéralisation des écoles publiques, notamment en Inde, en Suède, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis.

En étudiant la genèse du principe d’autonomie scolaire dans l’Histoire française de l’éducation, notre présidente a constaté que nombre de libéraux républicains plaidaient déjà pour plus de pouvoir aux enseignants, et ce, dès le XIXè siècle.

 

« L’autonomie est au coeur du système républicain français. L’uniformisme serait plutôt une tradition ou un héritage napoléonien. »


Pour écouter la chronique de Monique Canto-Sperber pour Liber-Thé, cliquer ICI.

Pour (re)lire notre rapport  « Un contrat pour les établissements scolaires », cliquer ICI.

 

Publié le 16/03/2023.

Retraites, dette, climat – « Les enfants paieront » – Maxime Sbaihi

Dans sa chronique pour l’Opinion, notre expert Maxime Sbaihi juge sévèrement la classe politique qui, en matière de retraites, de dette comme de climat, est incapable « de penser et d’agir dans l’intérêt des nouvelles et futures générations. »

 

La voix intergénérationnelle n’est pas assez forte en France, c’est que ce que soutient Maxime Sbaihi. Il dénonce les dérives de la classe politique qui engage ses finances et ses textes de lois dans des réformes paramétriques pour les retraites, au détriment des plus jeunes.

 

« Il faut condamner la clause du grand-père, qui consiste à épargner d’efforts les anciens pour les réserver aux seuls nouveaux arrivants, et pour rappeler que la démographie vieillissante se chargera, quoi qu’il arrive, de refacturer plus tard aux plus jeunes tous les efforts refusés aujourd’hui. »

Il est grand temps de changer la donne pour les générations futures et d’arrêter de protéger le statut particulier des anciennes générations. Les jeunes ne devraient pas avoir à payer la facture de leurs prédécesseurs.

 

« La France s’endette pour payer ses retraités plutôt qu’investir dans son avenir. Et personne ne s’en émeut. Les enfants paieront. »


Pour lire la chronique de Maxime dans l’Opinion, cliquer ICI.

Pour (re)lire notre rapport « La retraite quand je veux », cliquer ICI.

 

Publié le 14/03/2023.

Notre système de retraites à la carte

Dans un article sur les alternatives à la réforme du Gouvernement, L’Express donne la parole à notre expert Marc de Basquiat qui défend notre système de retraites « à la carte ». De son côté, Maxime Sbaihi cosigne une tribune qui démontre que le système par répartition est devenu injuste pour les jeunes générations. 

 

L’hebdomadaire donne la parole à sept économistes qui ont chacun une contre-proposition au projet de réforme des retraites du Gouvernement. Aux côtés de Michaël Zemmour, Nicolas Marques et Aurélie Trouvé, notre expert Marc de Basquiat défend notre proposition d’une retraite « à la carte », détaillée dans notre rapport « La retraite quand je veux ».

« Chacun serait libre de partir à la retraite quand il le souhaite, le montant des pensions reçues étant calculé en divisant la somme des cotisations accumulées au cours de la vie professionnelle par l’espérance de vie moyenne restante. Plus on part tôt à la retraite, moins les pensions sont élevées, et vice-versa. » Marc de Basquiat

Pour rappel, l’idée est de permettre à tout un chacun de partir à la retraite quand il le souhaite. À la liquidation de ses droits, le néo-retraité perçoit une pension calculée en fonction de ses années cotisées, divisées par son espérance de vie restante. Au sein de ce système simplifié, Marc imagine deux mécanismes visant à réduire deux types d’inégalités. La solidarité n’est plus seulement assurée par la collectivité (intergénérationnelle) mais par les retraités eux-mêmes (intragénérationnelle), des retraités les plus aisés vers les plus modestes. Idem pour la pénibilité qui est désormais assurée par les employeurs « qui doivent assumer la charge qu’ils font peser sur leurs salariés » écrit Marc dans le rapport.

« Il faudrait ajouter un système de cotisations sociales bonifiées par les entreprises pour prendre en compte le risque de la pénibilité. Un facteur aussi très incitatif pour améliorer les conditions de travail. » Marc de Basquiat

En parallèle, notre ancien directeur Maxime Sbaihi persiste et signe : aux côtés de Charles Mazé et Emmanuel Blézès, il cosigne une tribune dans Le Figaro pour dénoncer les inégalités que le système par répartition fait peser sur les actifs. Pour lui, la réforme doit être l’occasion de résorber l’injustice intergénérationnelle s’agissant du taux de récupération (rapport entre le nombre d’années cotisées et la pension perçue). Le changement démographique fait peser trop de poids sur les épaules des plus jeunes et appelle selon lui à des mesures pour partager le coût du bouleversement démographique entre générations.

« Un jeune de 22 ans aujourd’hui va devoir cotiser au moins 60 % de plus que son grand-père né en 1950 pour espérer avoir la même retraite. » Maxime Sbaihi


Pour lire l’article de L’Express, cliquer ICI.

Pour lire la tribune cosignée par Maxime Sbahi dans Le Figaro, cliquer ICI.

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Publié le 02/02/2023.

Retraites : contre l’uniformisme de l’âge légal de départ

Dans l’Opinion, Monique Canto-Sperber appelle à sortir du débat sur l’âge légal de départ, contraire au principe libéral d’équilibre des droits et devoirs : la durée de travail doit primer.

 

Dans sa chronique, Monique Canto-Sperber établit les principes du libéralisme qu’il convient de suivre pour une réforme des retraites juste.

« Le seul fait qu’il existe aujourd’hui des dispositifs particuliers comme la prise en compte des ‘carrières longues’, montre par leur existence même que le facteur décisif est le nombre d’années de cotisations. »

Pour Monique Canto-Sperber, le paramètre pertinent de cette réforme est l’allongement de la durée de cotisation à 43 ans, inévitable pour maintenir un stock d’actifs qui s’effrite. Ce paramètre est le premier qui devrait être conservé dans l’équation : c’est le nombre d’années passées à travailler qui doit primer. En écho à notre rapport « La retraite quand je veux » signé Marc de Basquiat, elle imagine un système qui substitue à l’âge légal de départ un âge de référence, comme une norme avec l’effet positif d’inciter à l’activité et indiquant le seuil de réduction de décote.

« Le problème de l’âge légal tient à son uniformisme, qui oblige à des dispositions spécifiques pour en effacer les effets les plus choquants. Par contraste, un âge de référence, qui vaudrait comme une norme non comme une obligation, aurait pour effet positif d’inciter à l’activité et d’indiquer le seuil d’une réduction de la décote même pour ceux qui n’ont pas leurs 43 annuités. »

Dans la lignée de Carlo Rosselli, théoricien d’un socialisme libéral, Monique Canto-Sperber voit dans le libéralisme « l’idéal d’une liberté arrivant dans la vie des gens les plus pauvres ». L’exemple d’un système de retraites focalisé sur les années de cotisation seulement permet aux non-diplômés qui, pour la plupart, ont commencé tôt leur carrière et perçu un faible revenu, de profiter de leurs droits une fois qu’ils ont accompli leur devoir.

Monique Canto-Sperber souligne aussi le problème du sous-emploi des seniors – à peine un tiers pour les 60-64 ans (!) – qui, si l’on veut faire les choses dans l’ordre, devrait être abordé avant d’entériner l’allongement de l’âge légal.


Pour lire l’entretien de Monique Canto-Sperber dans l’Opinion, cliquer ICI.

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Publié le 26/01/2023.