Au micro de France inter et dans l’Opinion, notre expert Maxime Sbaihi défend la jeunesse contre les retraités et appelle à un ‘renvoi d’ascenseur post-confinements’.
Alors que la réforme des retraites occupe le débat public, notre Maxime Sbaihi poursuit sa tournée des médias et met cette fois l’accent sur les « moyennes chiffrées », nécessaires pour penser des propositions de politique publique à l’échelle nationale. Il démontre que l’image du retraité pauvre n’est plus une réalité en France : ce sont les étudiants et les mères célibataires qui font la queue dans les épiceries alimentaires.
« La moitié de la dépense publique en France va pour payer les retraites et les soins. Vous avez uniquement 7 % qui est dans l’investissement. Il faut se poser la question de l’efficacité de la dépense publique. »
Pour défendre sa proposition du partage de l’effort financier pour pérenniser le système des retraites, Maxime Sbaihi rappelle le sacrifice accepté par les jeunes générations en temps de Covid. Les confinements ont concerné toute la population pour protéger d’un danger sanitaire qui, lui, concernait essentiellement les aînés. Maxime présente son idée d’un effort intergénérationnel par les retraités comme le pendant de celui accompli par les jeunes sur la période 2020-2021.
« Au-delà du nécessaire partage des efforts entre générations, il faut y voir un renvoi d’ascenseur post-confinements. Non pas un remerciement pour services rendus, mais la preuve que la solidarité entre les générations marche encore à double sens. »
Maxime Sbaihi juge ce manque de solidarité générationnelle comme une injustice, renforcée par le changement de doctrine opéré par Emmanuel Macron au cours de son premier mandat. Autoproclamé « candidat du travail », celui-ci a aligné le taux de CSG des retraités sur celui des actifs à son entrée en fonction mais a cédé par électoralisme et a fini par rétablir cette différence qu’il a même remboursée aux retraités. Pour Maxime, les choix qui guident s’appuient sur la dérive démographique et la restructuration du marché électoral.
« Il y a soixante ans, le pauvre en France c’était un retraité en fin de vie. Aujourd’hui, et c’est une situation très néfaste, le pauvre en France c’est un jeune qui a l’avenir devant lui. »
Au fond, Maxime regrette que le débat sur la réforme des retraites se limite à un aspect comptable quand celui-ci soulève la question du modèle que l’on souhaite, alors que les universités sont en décrépitude et que la jeunesse rencontre plus que jamais des difficultés pour se loger et se former.
Comptes notionnels, solidarité intragénérationnelle, suppression de l’âge légal de départ… Nos propositions pour les retraites sont détaillées dans un rapport signé Marc de Basquiat.
Pour écouter l’entretien de Maxime sur France inter, cliquer ICI.
Pour lire la chronique de Maxime dans l’Opinion, cliquer ICI.
Pour (re)lire notre rapport « La retraite quand je veux », cliquer ICI.
Publié le 25/01/2023.
Invité sur le plateau de LCP pour son dernier ouvrage, Gaspard Koenig s’oppose à la conception gaullienne et unificatrice de la démocratie et appelle à revenir au parlementarisme rationalisé de la Ve République.
Invité pour la sortie de son essai « Contr’un », Gaspard admet mener un combat utopiste contre l’élection présidentielle au suffrage universel : ce n’est pas la volonté des gens au pouvoir de « scier la branche sur laquelle il sont confortablement assis ». Il soulève cependant la demande des Français pour plus de représentativité (60 %), d’après un récent sondage Ifop pour GenerationLibre.
« Les Français associent l’élection présidentielle à ce système très plébiscitaire, très bonapartiste, et aspirent, je le pense, à quelque chose de beaucoup plus responsabilisant. »
Pour Gaspard, le président de la Ve République post-1962 est une réification de Dieu qui partage les mêmes attributs : omniscience, omniprésence et omnipotence. Cette fonction d’hyper-président a été pensée par et pour le Général de Gaulle, ainsi que pour ses successeurs qu’il anticipait comme médiocres et qui bénéficieraient des larges prérogatives de la Ve République pour asseoir leur position de ‘maître’ du peuple. Gaspard s’inscrit en faux contre cette notion essentialiste de ‘peuple homogène’.
« Il y a une conception [gaullienne] de la démocratie qui est ‘un homme et un peuple’, et il y en a une autre beaucoup plus démocratique et fidèle qui sont ‘des citoyens qui délibèrent pour se donner des lois’ et pas pour se choisir un maître »
Déjà, dans deux ouvrages publiés en 1576, on retrouve cet antagonisme idéologique entre les visions gaullienne et koenigienne avec « Les six livres de la République » dans lequel Jean Bodin définit la « souveraineté une et incarnée » et le fameux « Traité sur la servitude volontaire ». C’est dans ce dernier essai, auquel Gaspard se réfère, qu’Étienne de La Boétie affirme que « nul ne doit obéir à un de ses semblables ».
« Pendant la IIIe République, on a fait les grandes lois républicaines du début, on a traversé la Belle époque (prospérité économique), traversé une Guerre mondiale sans recourir à la dictature… Il faut réfléchir au régime qu’on a déjà eu, qui ressemble un peu à la Ve République de 1958, qui est en fait du parlementarisme rationalisé. »
Si Gaspard se félicite de la plus grande diversité des courants politiques dans la nouvelle législature élue en 2022 (la XVIe de la Ve République), il regrette que les députés ne soient pas plus enclins à s’organiser en coalitions et fassent de leur réélection un enjeu principal. Pour sortir d’un système présidentiel vicié, Gaspard invite à s’inspirer de nos voisins allemands – dont le président n’est pas censé incarner la nation – et de notre IIIe République – régime qui a traversé les crises et qui demeure le plus long de l’Histoire de France post-révolutionnaire.
Pour voir l’émission de Gaspard sur La chaîne parlementaire, cliquer ICI.
Pour lire notre billet « Les Français contre l’hyper-présidentialisme », cliquer ICI.
Publié le 24/01/2023.
Dans Le Point, Daniel Borrillo et Gaspard Koenig cosignent une tribune sur l’affaire des « Amandiers » pour réhabiliter la présomption d’innocence contre la « présomption de culpabilité ».
À la sortie du film « Les Amandiers », la presse révèle la mise en examen de l’acteur principal Sofiane Bennacer pour faits de viol et violences sur conjoint sur ex-compagnes. À noter que la réalisatrice Valeria Bruni-Tedeschi, qui est la conjointe de Sofiane Bennacer, serait au courant de ces agissements avant même le début du tournage, rapporte Libération. Aussitôt, le monde médiatico-culturel se livre à la surenchère dans le traitement infligé à l’artiste et au film.
« L’effet immédiat de ces accusations publiques ne se fit pas attendre : le public déserta les salles qui projetaient Les Amandiers, certaines le déprogrammèrent. Sofiane Bennacer fut séance tenante exclu de la liste des jeunes espoirs pour les César, dont le bureau publia par la suite un communiqué surréaliste érigeant en principe la présomption de culpabilité. »
Au cœur de cette affaire judiciaire post-#BalanceTonPorc se répète le débat sur la présomption d’innocence. Quand certains sont prêts à sacrifier la présomption d’innocence, au nom de leur soutien aux femmes qui prennent courageusement la parole et du nombre de plaintes pour des faits répétés, d’autres sont là pour rappeler que la présomption d’innocence reste un fondement de l’Etat de droit.
« Les défaillances [de la justice] – qu’il faut à l’évidence critiquer et chercher à amender – justifient-elles que nous tolérions de voir ruiner les fondements démocratiques de l’état de droit ? Nous ne le pensons pas. »
Avec cette tribune, les cosignataires se lèvent pour défendre nos valeurs universelles et la protection qu’offre l’Etat de droit. Quand bien même Sofiane Bennacer serait condamné, la mise à mort sociale qu’il subit n’appartient pas à l' »arsenal d’une échelle civilisée des sanctions et des peines ». La défense de tous les individus ne peut être assurée que par le droit et la justice, qu’importe le nombre de plaintes, et la gravité et la certitude du motif d’accusation.
« Nous mettons aussi en garde : la défense des femmes est une affaire trop sérieuse pour être laissée aux mains d’une doxa activiste. À terme, pareil dérèglement menace le féminisme, et la société tout entière dans ses idéaux d’égalité et de justice pour tous. »
Pour lire la tribune dans Le Point, cliquer ICI.
Publié le 19/01/2023.
Abondamment interrogé et relayé dans les media, notre expert Maxime Sbaihi défend, au-delà du recul de l’âge de départ à la retraite, un partage équitable du financement entre générations.
Les Echos, Le Figaro, Le Monde, RMC, France 3… Une semaine après la présentation de la réforme des retraites, notre expert Maxime Sbaihi est parvenu à imposer dans le débat public son cheval de bataille qu’est la solidarité intergénérationnelle. Le monde médiatique se penche sur la réalité chiffrée des écarts de richesse – en patrimoine et en revenus – entre retraités et actifs. La dernière note de l’Insee montre que les naissances en France en 2022 sont au plus bas depuis 1946, poursuivant un déclin démographique inédit, qui nécessite aux yeux de Maxime davantage qu’une réforme paramétrique.
« En 2014, la part des plus de 60 ans dans la population française a dépassé celle des moins de 20 ans. Le vieillissement crée une pression politique gérontocratique. La pression électorale vieillit et avec elle les priorités changent. »
Maxime rappelle bien que la baisse de la part des jeunes dans la population au profit des aînés mène inévitablement à une remise en cause de la soutenabilité du système de retraites. Si François Mitterrand a pu baisser l’âge de départ à la retraite en 1983, c’est parce que la France connaissait une pyramide démographique et que le rapport était de quatre cotisants pour un retraité (aujourd’hui inférieur à deux pour financer une pension).
« La France est un paradis pour les retraités. Même les plus aisés d’entre eux ont droit à un taux de CSG inférieur à celui des actifs. C’est une aberration. »
Le vieillissement de la population provoque aussi un changement de discours et d’action de la classe politique, qui n’ose pas risquer de se mettre à dos les aînés. À ce titre, Emmanuel Macron avait commencé son premier mandat dans le sens d’une solidarité intergénérationnelle en alignant le taux de CSG des retraités sur celui des actifs mais s’est ravisé par un électoralisme envers une classe d’âge qui lui a offert sa réélection. C’est le grand tabou mis en avant dans un article du Monde qui reprend le propos choc de Maxime qui qualifie la France de gérontocratie.
« Pour que notre système tienne, il va falloir travailler plus longtemps et aussi une façon de dynamiser notre population active […] soutenir la natalité ou miser sur l’immigration. »
La plupart des solutions défendues par Maxime sont à retrouver dans notre rapport « La retraite quand je veux », signé Marc de Basquiat. Outre la natalité ou l’immigration pour renouveler le ‘stock d’actifs’, l’urgence est de rééquilibrer les écarts entre actifs et retraités, de manière à ce que chacun fasse sa part. Au nom de la solidarité intergénérationnelle, on pourrait aligner le taux de CSG des retraités sur celui des actifs ou encore imaginer une redistribution entre retraités directement.
Pour lire l’entretien de Maxime dans Les Echos, cliquer ICI.
Pour lire les articles du Figaro, du Monde et des Echos qui relaient ses propos, cliquer ICI, ICI et ICI.
Pour (re)lire notre rapport « La retraite quand je veux », cliquer ICI.
Publié le 18/01/2023.
Face à Natacha Polony sur C l’hebdo, Gaspard Koenig renvoie le débat sur l’uniforme à la concertation locale entre directeurs d’établissement, instituteurs et parents d’élèves. Au nom de notre combat pour l’autonomie des établissements scolaires.
Dans un débat animé sur l’instauration de l’uniforme à l’école, Gaspard prend le parti de l’autonomie et renvoie ce débat au plan local. Natacha Polony défend la mise en place d’un « vêtement commun » au nom de l’égalité entre élèves à l’école, permettant d’effacer, en plus des signes religieux, les marqueurs sociaux. Sans y être farouchement opposé, Gaspard dit apprécier la diversité vestimentaire dans un lieu qui, rappelle-t-il, ne se limite pas à apprendre mais aussi à socialiser.
« Je pense que l’Education nationale souffre énormément de sa rigidité et de son désir d’uniformité. Monique Canto-Sperber rappelle très bien que les lois de 2005 et 2013 donnent déjà de l’autonomie aux établissements mais qu’ils ne s’en saisissent pas assez. C’est exactement la même chose sur l’uniforme. » Gaspard Koenig
Gaspard dit avoir observé sur ses propres enfants qui ont été scolarisés en Angleterre comment l’uniforme et le sentiment d’appartenance à une communauté génère « des comportements sociaux assez conventionnels, y compris ensuite à l’âge adulte ». Il invite toutefois les chefs d’établissement, instituteurs et parents d’élèves à se concerter afin d’expérimenter localement le port de l’uniforme. En cas d’expériences réussies, d’autres établissements seraient nombreux à emboîter le pas.
« Je constate une tension au sein de ce Gouvernement entre le désir d’autonomie des établissements qui est une des choses les plus intéressantes mises sur la table aujourd’hui et les vieux réflexes infantilisants. » Gaspard Koenig
Cet « ordre spontané » rejoint la philosophie d’autonomie que Monique Canto-Sperber détaille dans notre rapport « Un contrat pour les établissements scolaires ». Conclu entre l’établissement, l’Etat et les collectivités territoriales, ce contrat définirait une stratégie de moyens et une ambition pédagogique offrant à l’établissement une autonomie de gestion, financière et pédagogique.
« Dans la plupart des pays qui l’autorisèrent par la loi,
l’existence des « écoles libres » a conduit dans l’ensemble à des
améliorations en matière de réussite scolaire des élèves. » Monique Canto-Sperber
Pour voir l’émission, cliquer ICI.
Pour (re)lire notre rapport « Un contrat pour les établissements scolaires », cliquer ICI.
Publié le 17/01/2023.
Dans Atlantico, notre expert Marc de Basquiat salue une réforme des retraites pragmatique mais trop modeste et vante les mérites du modèle universel néo-zélandais.
Au lendemain des annonces de la Première ministre Elisabeth Borne, notre expert Marc de Basquiat décrit une réforme qui, sans grande ambition, se révèle prudente et pragmatique, dans un contexte de tension sociale dû à l’inflation. Elle n’est pas le système par points défendu par le candidat Emmanuel Macron en 2017, rien de plus qu’une réforme paramétrique comme elles se multiplient depuis des années.
« Peut-être serait-il plus simple, lisible et efficace de garantir à tous les retraités un socle de revenu identique dès 64 ans (ou plus tôt dans les cas prévus) et y ajouter une pension calculée en fonction de la réalité des cotisations cumulées pendant sa vie professionnelle ? »
Marc de Basquiat décortique la réforme en quatre paramètres : l’âge de départ (repoussé de deux ans), la prise en compte de la pénibilité (déléguée aux partenaires sociaux), le plancher de pension (85 % du SMIC net soit 1 200 €) et la suppression des régimes spéciaux (RATP, EDF, Banque de France). S’il voit dans la réforme « un acte de gestionnaire responsable », Marc de Basquiat redoute cependant que le diable se cache dans les détails.
Il nous invite à nous intéresser à l’universalité du modèle néo-zélandais : égalitaire, compréhensible et responsable.
« La Nouvelle-Zélande présente un bel exemple avec un système NZS qui verse la même somme chaque mois à tous les retraités dès 65 ans. Ce socle de solidarité universel financé par l’impôt est complété par un système de retraite KiwiSaver optionnel, où chacun cotise à son rythme pour améliorer ses perspectives de revenus à la retraite. »
En écho à notre rapport « La retraite quand je veux » dont il est l’auteur, Marc de Basquiat dessine des perspectives de réflexion pour améliorer le système de retraites tant pour les actifs (qui attendent la retraite) que pour les retraités. En plus de la contribution intergénérationnelle qui fonde la répartition, Marc de Basquiat propose une redistribution intragénérationnelle (entre pensionnés) pour alléger le poids du système sur les actifs. En sus, il pense un âge de départ modulable en fonction des parcours de vie de chacun, et que ceux qui ont déjà liquidé leurs droits et souhaitent reprendre une activité puissent le faire facilement.
Pour lire l’entretien , cliquer ICI.
Pour (re)lire notre rapport « La retraite quand je veux », cliquer ICI.
Publié le 16/01/2023.
Au micro de Sud Radio, notre chargé d’études Rafaël Amselem s’inquiète du recul de la démocratie dans le monde et dénonce les termes du débat sur les retraites.
Aux côtés de la conseillère régionale LR d’Île-de-France Alexandra Szpiner et du vice-président de Territoires de Progrès Ergun Toparslan, Rafaël commence par un coup de gueule, dans lequel il exprime sa crainte du devenir démocratique. Le plateforme dirigée par « Oxford Our World in Data » montre en effet que la part de la population mondiale vivant dans un régime démocratie est passée de 50 à 29 % en dix ans à peine.
« Il y a un phénomène – souligné par François Sureau, dans la lignée de Tocqueville et de Constant – de lassitude vis-à-vis de la politique, un individualisme montant très inquiétant sur le plan de la sauvegarde de la démocratie. »
Ce recul démocratique mondial s’étend, dans une moindre mesure, au sein même des démocraties comme l’explique Gaspard Koenig dans sa première chronique de l’année 2023. Pour Rafaël, cette fragilité a trait en France à l’hyperprésidentialisme auquel GenerationLibre propose de mettre un terme dans le recueil « Déprésidentialiser la Ve République ».
« Il faut poser sur la table l’introduction au sein de notre système de retraites d’une part de capitalisation. On ne peut pas avoir l’incohérence de la gauche qui nous explique ‘c’est scandaleux les dividendes’ et empêcher la population d’accéder à ces dividendes là. »
Au lendemain des annonces d’Elisabeth Borne sur les retraites, Rafaël se réfère aux travaux des économistes Erwann Tison et Maxime Sbaihi qu’il rejoint sur la nécessité de repenser le système des retraites pour retrouver de l’équité intergénérationnelle. Dans son élan, Rafaël pose la question de l’introduction d’une part de capitalisation dans le système de retraites « parce que d’autres pays le font, que ça marche, que ça permet d’avoir des retraites plus confortables ».
Pour écouter l’émission dans son intégralité, cliquer ICI.
Pour (re)lire notre rapport « La retraite quand je veux », cliquer ICI.
Pour (re)lire notre recueil « Déprésidentialiser la Ve République », cliquer ICI.
Publié le 13/01/2023.
Sur le plateau de C ce soir et dans l’Opinion, notre expert Maxime Sbaihi défend une réforme des retraites plus juste pour les actifs, aujourd’hui lésés par une « gérontocratie qui ne dit pas son nom ».
Aux côtés de l’économiste Elie Cohen, de la philosophe Géraldine Mosna-Savoye et du député Marc Ferracci, notre expert Maxime Sbaihi défend une réforme des retraites inévitable alors que la pyramide des âges est en train de s’inverser. Dans un débat qui gravite autour de l’âge légal de départ – qui a fortiori se limite aux actifs, Maxime questionne la participation des retraités eux-mêmes dans cet effort collectif.
« Les retraités français sont les seuls au monde à bénéficier à la fois d’un temps record passé à la retraite, près d’un quart de siècle, et d’un niveau de vie en moyenne supérieur au reste de la population, y compris des actifs qui les financent ! » Maxime Sbaihi
Rappelant l’exception française quant au niveau de vie des retraités, Maxime suggère que la solidarité intergénérationnelle – qui fonde le système par répartition – redevienne intergénérationnelle. Le Gouvernement commet une injustice quand il dit se préoccuper avant tout du pouvoir d’achat des retraités, plus élevé que les actifs s’agissant tant du capital que des revenus, comme le remarque Gaspard Koenig dans sa chronique hebdomadaire.
« [Je trouve injuste envers les générations futures] une dette qui sert à payer les retraites et les dépenses courantes de l’administration, qui n’est pas une dette d’investissement qui va à l’éducation, aux crèches, à la jeunesse, à préparer ce pays pour l’avenir. » Maxime Sbaihi
Dans ce débat sur les retraites, Maxime pense aux actifs, dont les salaires augmentent moins vite que les retraites, et particulièrement aux jeunes qui, quand ils entrent sur le marché du travail, doivent déjà payer 30 % de leur salaire pour les retraites.
Si la solidarité intergénérationnelle est en panne, il faut la doubler d’une solidarité « intragénérationnelle », comme le propose Marc de Basquiat dans notre rapport « La retraite quand je veux ».
« Chacun n’ayant pas pu cotiser suffisamment pendant sa vie active pour atteindre un niveau de pension suffisant et les différentiels d’espérance de vie avantageant de fait les hauts revenus, un mécanisme de solidarité intragénérationnel devrait être instauré pour réaliser un transfert des retraités aisés vers les démunis. » Marc de Basquiat
En plus de proposer l’abolition de l’âge légal de départ à la retraite, notre expert Marc de Basquiat imagine une redistribution directement entre retraités, qui permettrait d’assurer à chacun de vivre décemment sans alourdir le poids sur les actifs. Inspiré de notre revenu universel, ce mécanisme prélèverait « une part fixe – mettons 25 % – de toutes les pensions financées », réparti ensuite entre tous les retraités à parts égales. Pour une justice intergénérationnelle !
Pour lire la chronique de Maxime dans l’Opinion, cliquer ICI.
Pour voir l’émission sur France 5, cliquer ICI.
Pour (re)lire notre rapport « La retraite quand je veux », cliquer ICI.
Publié le 12/01/2023.
Dans l’Opinion, Monique Canto-Sperber attribue la baisse de niveau, des élèves comme des recrues de l’Education nationale, au manque de considération politique portée aux enseignants.
Dans sa chronique, Monique réagit à la pénurie de professeurs dans les dix-huit régions académiques françaises. La structure de recrutement centralisée de l’Education nationale était la promesse d’un enseignement universel à tous les petits Français, quel que soit leur emplacement géographique. Pour Monique, ce système a montré ses limites en matière d’adaptabilité des besoins humains localisés, les rectorats franciliens les plus concernés ayant dû recourir au « job dating ». Plus encore, cela s’explique par le manque de considération du politique qui promet des salaires peu attractifs (moyenne basse de l’Union européenne).
« De là venait la conviction que tout enfant français, qu’il étudie dans un lycée du centre de Lyon ou de la banlieue de Lille, du 7e arrondissement de Paris ou à Tulle, pouvait avoir des professeurs formés avec un même niveau d’exigences. »
Le recours aux contractuels auquel s’ajoute la baisse d’exigences pour pallier la pénurie mène inévitablement à un nivellement par le bas du savoir des professeurs avec une « absence avérée de fondamentaux » d’après les rapports du jury 2022 pour le concours de professeur des écoles tandis que les résultats des collégiens et lycéens sont eux aussi en baisse. Monique se demande comment « La République des professeurs » décrite en 1926 par Albert Thibaudet devient aujourd’hui une « République sans professeurs ».
« Un bon système scolaire ne consiste pas seulement à mettre « un professeur dans chaque classe », mais aussi à permettre aux enseignants de s’associer et de proposer pour leur établissement un projet éducatif ambitieux. »
Face au défi éducatif auquel la France fait face, Monique propose une « capacité d’initiative dans l’établissement », en écho à notre rapport « Un contrat pour les établissements scolaires ».
« La qualité de l’éducation, c’est le creuset de la citoyenneté, la ressource qui permet à chacun de faire ses choix et d’être responsable de lui-même. C’est aussi l’antidote du populisme car le meilleur garant de l’esprit critique. »
Monique propose que les enseignants aient une plus grande liberté d’association et davantage de responsabilités. Dans le rapport, Monique promet que l’autonomie accordée serait en « rupture par rapport à ce qui a été tenté jusque-là en matière de réformes ». Ces établissements scolaires autonomes, de par la diversité des modes d’enseignement, « donnerait une réalité à l’ambition d’égalité propre au programme républicain ».
Pour lire la chronique de Monique dans l’Opinion, cliquer ICI.
Pour (re)lire notre rapport « Un contrat pour les établissements scolaires », cliquer ICI.
Publié le 11/01/2023.
Dans Les Echos et La Provence, notre expert François Hurel s’inquiète de la mise en place du guichet unique qui complexifie la création d’une micro-entreprise, régime qui doit garder sa simplicité pour lutter contre une « société d’élite ».
L’enfer est pavé de bonnes intentions. François Hurel, président de l’Union des auto-entrepreneurs et auteur de notre récente note « L’auto-entrepreneur, la révolution en marche », réagit à l’instauration du guichet unique pour les auto-entrepreneurs le 1er janvier 2023. S’il juge l’idée de simplification « excellente sur le fond », il regrette la forme qui va alourdir dans les faits la bureaucratie des auto-entrepreneurs : « on passe de 6 écrans à 38 et de 20 questions à 196 », alerte-t-il.
« [Avec le guichet unique,] on demande aux utilisateurs de renseigner un ensemble d’informations qui ne correspondent pas à la déclaration de leur activité. Cela risque de créer des confusions, des erreurs, voire de décourager les entrepreneurs. »
Créé en 2009, le statut d’auto-entrepreneur enregistre une croissance continue en termes de nouveaux inscrits, dépassant sur certains mois de l’année 2021 les 60 000 inscriptions. Si 30 % des auto-entrepreneurs « atteignent les plafonds légaux » et ne sont donc pas des travailleurs pauvres, François Hurel explique qu’un des deux tiers restant ne l’est pas non plus : pour beaucoup d’entre eux, cette activité n’est qu’un complément de revenu. Il évalue à un tiers les personnes pouvant être catégorisées comme travailleur pauvre.
« Il faut aller plus loin dans la simplicité et admettre qu’il y a des choses qu’il est possible de faire sans qu’on soit obligé de passer par un diplôme. Exiger une qualification pour tondre une pelouse – il faut avoir fait des études de paysagiste -, cela me semble ridicule. »
François Hurel explique enfin plaider pour une réforme du statut, détaillée dans notre dernière note, qui vise à renforcer les protections sociales et surtout simplifier les conditions d’accès à l’exercice d’une activité. Pour lui, l’excès de normes en tout genre est en train de générer « une société d’élite et de nourrir une fracture qui elle, peut faire des travailleurs pauvres ».
Pour lire l’entretien de François Hurel dans La Provence, cliquer ICI.
Pour lire l’article des Echos, cliquer ICI.
Pour re(lire) la note « L’auto-entrepreneur, la révolution en marche », cliquer ICI.
Publié le 10/01/2023.
