Suite à la présentation des nouvelles réformes du permis de conduire par le ministre de l’Economie, Gaspard Koenig pointe les difficultés du système politique français à mettre en place des réformes structurelles.
Depuis plus de quinze ans, les annonces en faveur d’une réforme du permis de conduire se suivent et se ressemblent sans jamais aboutir à un réel changement. Pourtant, le problème est connu de tous : le monopole des auto-écoles sur le secteur. Il suffirait d’« ouvrir l’inscription individuelle aux examens sur une plateforme publique » et donner plus de moyens aux moniteurs indépendants et structures en ligne.
Pour Gaspard, ces tentatives de réformes insufflées par différents gouvernements ne vont pas assez loin et montrent la difficulté pour le système politique français d’élaborer des politiques structurelles réelles. Souvent inachevées, ces réformes créent de la frustration et favorisent un climat révolutionnaire. Par exemple : Les Gilets Jaunes ou encore les Black blocs.
« C’est l’accumulation des réformes embryonnaires, proclamées mais inabouties, qui de temps à autre déclenche les véritables révolutions. » Gaspard Koenig
Si pour Tocqueville, « les Français sont plus doués pour faire la révolution que les réformes », Gaspard propose d’introduire de vraies réformes à l’aide de politiques novatrices, « de corrections fines et de décisions franches ».
Pour relire la chronique de Gaspard Koenig dans Les Echos « Le permis de conduire, parabole de la réforme impossible » , cliquer ICI.
Pour relire notre rapport « Le permis de conduire pour tous ! » , cliquer ICI.
Dans sa chronique pour L’Opinion, Maxime Sbaihi plaide en faveur d’une « deparisiannisation des pouvoirs ».
Le marché de l’immobilier à Paris témoigne de l’engouement pour la capitale française. Avec la hausse des prix, les employés et les ouvriers s’installent hors de Paris et les nouveaux arrivants subissent les queues interminables pour visiter les logements.
Si toutes les villes occidentales connaissent la gentrification, Paris bat des records avec 52 000 habitants par km2. Une densité de population parmi les plus élevée d’Europe. Une situation qui ne risque pas de s’arranger au vu des projets qui peinent à sortir de terre. Encerclée physiquement par le périphérique, limitée par les règles d’urbanismes strictes, Paris semble condamnée à rester « figée dans son passé, hors du temps, surpeuplée par une masse homogéneisée ».
Garrottée par son périphérique, figée par des règles d’urbanisme têtues, Paris semble condamnée à un destin de musée.
Pour Maxime, le fossé se creuse entre Paris et les autres villes de France et l’hypercentralisation des pouvoirs politique, économique et médiatique ne fait que renforcer ce phénomène. Il propose donc de « deparisianniser les pouvoirs » sur le modèle girondin. Une mesure nécessaire pour la démocratie française et pour le « salut de Paris ».
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Pour relire notre rapport « Fiscalité locale : Oser le « Pacte girondin », cliquer ICI.
Dans sa chronique pour Les Echos, Gaspard Koenig dénonce les situations de monopole ferroviaire en Europe.
La prochaine fusion entre Eurostar et Thalys, prévue dans le cadre du projet Green Speed, tend à renforcer encore un peu plus le monopole de la SNCF sur le marché ferroviaire européen, écrasant toute concurrence.
Une position qui, selon Gaspard, pousse l’entreprise à se complaire dans l’immobilisme et à pratiquer des tarifs élevés pour un service jugé de moins en moins qualitatif. De cette configuration, grandit un sentiment d’impuissance chez les clients qui, par manque d’options, se sentent comme « prisonniers d’une compagnie ».
« On pourrait par exemple imaginer que ce Green Speed soit vendu à d’autres investisseurs que la SNCF créant instantanément le concurrent que la Commission européenne dit appeler de ses vœux. » Gaspard Koenig
Pour éviter ce monopole, Gaspard plaide pour l’ouverture du marché ferroviaire à la concurrence. Conscient de la complexité de l’opération, au vu du « financement public omniprésent », elle permettrait néanmoins d’aboutir à la création de modèles alternatifs avec la possibilité pour les clients de retrouver la liberté de choisir parmi les services proposés.
Pour relire la chronique de Gaspard Koenig dans Les Echos « Tarifs élevés, service dégradé : l’inéluctable décadence de l’Eurostar », cliquer ICI.
Dans sa chronique pour L’Opinion, Maxime Sbaihi se félicite du succès de l’entrepreneuriat en France et donne quelques pistes pour encourager à la création d’entreprises.
Souvent pointée pour son manque de culture entrepreneuriale, la France surfe aujourd’hui sur la vague. Selon l’INSEE, 815 000 entreprises auraient été crées en 2019. La majorité des 24-35 ans envisagent de se lancer dans l’aventure malgré « un système fiscal lourd et illisible, une administration envahissante, une inflation normative et un discours ambiant contre l’initiative privée ». L’entrepreneuriat n’a jamais été aussi populaire sur le territoire.
Un engouement dû à la création du statut de micro-entrepreneur en 2009, par Hervé Novelli, qui a permis à plus de 1,4 millions de Français d’accéder à l’entrepreneuriat et qui répond à un « désir d’autonomie des travailleurs » qui rejettent de plus en plus le salariat, signe d’un modèle qui ne fonctionne plus.
Pour encourager ces initiatives privées, Maxime estime qu’il faut pousser l’ouverture plus loin et propose de relever le seuil du chiffre d’affaire, limiter les requalifications en salariat, et surtout déconstruire l’image du patron. Trop souvent dépeint comme « salaud », il mérite au contraire le qualificatif de « révolutionnaire », tel que décrit par Schumpeter.
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Pour relire l’entretien croisé entre Hervé Novelli et Gaspard Koenig à l’occasion des dix ans du statut de l’auto-entrepreneur, cliquer ICI.
Dans sa chronique pour Les Echos, Gaspard Koenig dénonce l’hyper-centralisation de la Ve République.
Pour Gaspard, les institutions sont en grande partie responsables de l’explosion des violences dans la rue. Dès la création de la Ve République, certains penseurs libéraux comme Raymond Aron mettaient en garde contre un système politique focalisé autour d’une seule personne.
Un régime qui rend le dialogue difficile entre le pouvoir et l’opposition, qui n’a que deux options pour exprimer ses opinions : la presse ou la rue. Nos « black block indendiaires » français contrastent avec les « députés enflammées » britanniques, qui ont le mérite, au Royaume-Uni, de « catharsiser » les passions dans l’enceinte du pouvoir.
Gaspard dénonce le pouvoir jupiterien d’Emmanuel Macron qu’il rapproche de la notion de techno-populisme. Nicolas Baverez définit ce pouvoir comme « la concentration et la centralisation de tous les pouvoirs, la neutralisation du Parlement et le mépris envers la société civile [qui renvoient]l’opposition dans la rue, où elle a explosé ».
Une configuration qui pousse les mécontents à chercher des actions symboliques portant atteinte à la figure du président, puisqu’il représente à lui seul la République.
Il faut décentraliser !
Pour relire la chronique de Gaspard Koenig dans Les Echos « Macron ou le boomerang de Jupiter », cliquer ICI.
Pour Maxime Sbaihi et Erwan Le Noan (Fondapol), l’Etat devrait profiter des taux négatifs des marchés financiers pour investir et mettre en place des réformes structurelles.
Si le niveau des dettes publiques dans les pays dit avancés ne cesse d’augmenter, depuis quelques mois, les taux auxquels les Etats empruntent auprès des marchés financiers sont négatifs. Une situation qui semble s’installer dans la durée, et permet à l’Etat français d’économiser plus de 4 milliards d’euros sur la charge de la dette publique cette année.
Cependant, Maxime et Erwan regrettent que l’Etat n’en profite pas pour s’engager dans des réformes structurelles. Conscients qu’elles apporteront leurs lots de mécontents et de perdants, il ne faut toutefois pas négliger le caractère urgent et nécessaire de celles-ci pour redonner de l’efficacité au service publique. La peur de voir s’organiser des « coalitions hétéroclites et bruyantes de perdants potentiels » pousse l’Etat à rester prudent et à se complaire dans l’immobilisme.
Pour réussir la mise en place de ces réformes structurelles, Maxime et Erwan estiment qu’il faut prévenir et « dominer la colère ». Ils proposent d’identifier les perdants de ces reformes, et leurs revendications, pour élaborer une stratégie qui y réponde.
Pour relire la chronique de Maxime Sbaihi et Ewan Le Noan dans Les Echos « Profitons des taux négatifs pour pousser les réformes structurelles », cliquer ICI.
Alors que les emojis s’invitent au cœur des débats politiques contemporains, Gaspard Koenig met en avant le risque de régression culturelle provoqué par l’utilisation de plus en plus systématique de ces nouveaux outils de communication.
Selon lui, l’usage des emojis conduit inévitablement à un aplatissement de la pensée. Par exemple, si certains voient dans la multiplication des émoticons représentant des minorités le signe d’un progrès social bienvenu, Gaspard déplore la victoire d’une vision du monde communautariste et identitaire contraire aux valeurs universelles des lumières.
De plus, les emojis sont régulés par une instance monopolistique sans aucune légitimité démocratique (le consortium unicode) et trop peu représentative de la multiplicité des acteurs qui font internet. Aussi, Gaspard pose la question : « Pourquoi accepte-t-on des suzerains du Web un autoritarisme qui nous mettrait immédiatement dans la rue de la part d’un gouvernement ? ».
Il ne s’agit évidemment pas de remettre en cause les progrès évidents des nouvelles technologies, mais de pousser à la réflexion quant aux impacts des emojis sur nos façons de communiquer. Plaider en faveur de la sauvegarde d’un usage soutenu de la langue, c’est s’assurer que les futures générations possèdent pleinement cet outil indispensable qu’est le langage pour penser et construire le monde de demain. « C’est le prix d’une civilisation civilisée ».
Pour relire la chronique de Gaspard Koenig dans Les Echos « Les emojis ou l’aplatissement de la pensée », cliquer ICI.
Dans L’Opinion, Maxime Sbaihi nous explique pourquoi le nationalisme n’est plus un modèle adapté à notre époque. Il donne des pistes locales et globales pour faire face aux nouveaux enjeux.
Récemment, l’Autriche a vu se former une alliance inédite entre conservateurs et verts affirmant sa volonté « de protéger le climat et les frontières en même temps ». Un non-sens dans la mesure où « écologie et immigration » sont des problématiques qui dépassent le seul cadre national. A l’heure de la mondialisation, le nationalisme peine à répondre aux défis politiques actuels.
Si le national permet de rassurer des électeurs « inquiets par la complexité et vélocité galopante du monde », Maxime déplore le manque de politiques multilatérales, aujourd’hui indispensables. Une situation qui pousse à réfléchir sur un moyen de concilier la volonté d’ancrage local des électeurs et la pente post-nationale du monde.
Pour Maxime, il faut contredire les nationalistes et rappeler l’existence d’une souveraineté européenne, qui représente 23% du PIB mondial. Cette souveraineté se doit d’être contrebalancée par des pouvoirs locaux forts et autonomes, permettant « une redistribution de compétence par le haut et par le bas » dans le but de « rapprocher les citoyens de la politique et la politique de l’efficacité ».
Pour relire la chronique de Maxime Sbaihi dans L’Opinion « Le nationalisme pris en étau », cliquer ICI.
Dans sa chronique pour Les Echos, Gaspard Koenig fait l’éloge de « l’humusation », une technique funéraire écologique dont la légalisation nous permettrait un véritable choix de ce que l’on fait de son corps jusque dans la mort.
Bientôt autorisée dans certains Etats aux Etats-Unis, l’humusation est une technique funéraire qui « consiste à déposer la dépouille, enveloppée d’un simple linceul, dans un lit végétal composé de bois d’élagage et recouvert d’un mélange de paille et de feuilles mortes ». Avec le temps, le corps se transforme en compost et se reconnecte à la nature.
Convaincu par l’urgence et la nécessité de mettre en place des politiques publiques en faveur de l’environnement, Gaspard souligne ici les bénéfices écologiques de cette technique.
L’humusation permet d’intégrer un écosystème et de contribuer à l’équilibre général du milieu naturel.
Plus encore, à travers l’humusation aujourd’hui interdite, Gaspard soulève la question de la propriété de soi en France. Si les sociétés occidentales ont été fondées sur le principe de liberté, en réalité l’être humain ne dispose pas d’une liberté totale sur son corps.
Interdiction de porter un enfant pour autrui, interdiction du travail du sexe, interdiction de techniques funéraires, … : aujourd’hui, une multitude de pratiques ou de choix nous sont défendus, sans qu’ils ne soient de nature à porter préjudice à autrui.
La propriété de soi, de son corps vivant ou de son cadavre, reste à conquérir. Nous y travaillons.
Pour relire la chronique de Gaspard Koenig dans Les Echos « Je veux faire don de mon corps à l’écologie », cliquer ICI.
Pour relire l’article de Gaspard Koenig « Propriété de soi » dans la Revue des juristes de Sciences Po, cliquer ICI.
Dans Les Echos, Gaspard Koenig met à l’honneur une application qui respecte les données personnelles de ses utilisateurs.
À l’heure où presque toutes les applications dépossèdent les internautes de leurs données personnelles, Gaspard fait l’éloge de IphiGéNie, une application qui résiste aux envahisseuses. Sans collecter les data, elle permet d’accéder électroniquement à toutes les cartes de l’IGN (Institut géographique national) et surtout de suivre sa route de manière précise.
Celle-ci dispose de multiples fonctionnalités à la pointe de la technologie moyennant un abonnement annuel de 15€ par an. Pour Gaspard, « cette absence de personnalisation permet de retrouver sa dignité d’individu singulier » et marque le retour de la relation contractuelle banale : le paiement contre service.
« Une tech à échelle humaine est possible. » Gaspard Koenig
Max Barel et son équipe d’ingénieurs nationaux, leaders dans leur secteur, démontrent « que l’on peut rester un artisan du code dans l’univers des GAFA ». A l’heure du pillage de nos données orchestré par une grande partie des applications, Gaspard salue le travail de ceux qui nous donnent réellement le choix, et ne nous trompent pas au prétexte de personnaliser notre expérience.
IphiGéNie constitue un vrai modèle qui doit nous inciter à exiger des « services intelligents fondés sur l’ingéniosité de l’offre et non sur la surveillance des comportements ».
A quoi sert @GLthinktank? A confectionner de nouvelles bonnes idées puis les pousser dans le debat public jusqu'à ce que les politiques s'en emparent. ⤵️⤵️⤵️ https://t.co/VrDzAVKaB1
— Maxime Sbaihi (@MxSba) January 8, 2020
Dans un entretien à retrouver dans la même édition des Echos, le français Thierry Breton, nouveau commissaire européen, explique avoir conscience de l’importance à accorder au marché de la donnée. Il estime ainsi qu’il faut responsabiliser les grandes plateformes et redonner le pouvoir aux européens en les rendant propriétaires de leurs données. Il affiche clairement son ambition de soumettre les données aux règles et valeurs européennes.
C’est le sens de ce que notre think-tank appelle de ses vœux depuis 2018.
Pour relire la chronique de Gaspard Koenig dans Les Echos « Comment cheminer sans être suivi », cliquer ICI.
Pour relire l’entretien avec Thierry Breton dans Les Echos « Pour accéder au marché européen, il faudra accepter nos règles », cliquer ICI.
Pour relire nos rapports en faveur de la propriété privée des données personnelles, cliquer ICI (rapport I « Mes data sont à moi ») et ICI (rapport II « Aux data, citoyens ! »).
