Face à la liberté d’expression, l’éducation !

S’il faut préserver une liberté d’expression quasi-illimitée, il est crucial de nous sensibiliser à la formation de nos biais cognitifs. Dans Le Point, notre responsable des études, Baptiste Gauthey, et la doctorante en histoire comtemporaine, Madeleine Rouot, analysent le rachat de Twitter par Musk à la lumière des travaux de John Stuart Mill et de Gérald Bronner. 

 

Peut-on tout dire ? La liberté d’expression est elle absolue ? Les agitations autour du rachat de Twitter par Elon musk reposent l’insoluble question morale de l’acceptable et du dicible dans la société. À l’aide de la pensée du philosophe John Stuart Mill, les deux doctorants plongent dans les méandres de la liberté d’expression.

Le philosophe anglais du XIX siècle figure parmi les premiers à avoir théorisé l’avènement d’un régime de « l’opinion publique » dans lequel l’individu éclairé, atomisé par la masse, cesserait d’influer sur le collectif pour se diluer en son sein au risque de s’y corrompre. À l’aide d’une métaphore tantôt bucolique, tantôt urbaine, Mill démontre l’effet pervers qui guette une liberté d’expression soumise à la massification de la société. Dans un petit village, un individu peu soumis à la concurrence prospérera sur son honnêteté afin de fidéliser sa clientèle et d’assurer sa réputation. Plongé dans une grande ville, ce même individu sera plus aisément tenté de recourir à la tromperie et à la manipulation pour se distinguer de ses concurrents et gagner en visibilité. Il en va de même pour un marché de l’information ultra concurrentiel assujetti à une temporalité de l’immédiat qui privilégie la rapidité et la quantité à la maturation et à la qualité. Ne dit-on pas, à juste titre, qu’il ne faut pas confondre vitesse et précipitation ?

« John Stuart Mill fut l’un des plus grands défenseurs d’une liberté d’expression quasi illimitée qui, selon lui, était la meilleure manière d’atteindre la vérité grâce à la confrontation permanente avec l’erreur. En revanche, il insista longuement sur l’importance de l’éducation et sur la nécessité de développer en amont un sens critique fort dès le plus jeune âge. »

Ainsi, les figures morales et sociales qui autrefois pouvaient se targuer, par la position qu’elles occupaient dans la société, d’être des boussoles intellectuelles capables de déjouer les embûches de la désinformation, sont désormais reléguées et discréditées par les trolls et les bots diffuseurs de contrevérités. Comme le rappelle Baptiste et Madeleine : le sociologue Gérald Bronner, en charge d’une commission visant à expliquer les ressorts de la désinformation en ligne, a bien nommé la chose en décrivant notre époque comme étant celle de « l’empire des croyances ».

« En agissant sur la façon dont les citoyens reçoivent et traitent l’information, on agit indirectement sur la structuration de l’offre et de la demande, on limite les défaillances du « marché de l’information » et on redonne à l’individu les moyens d’exercer pleinement sa souveraineté. »

La censure n’a cependant jamais été une option pour John Stuart Mill. Alors comment concilier la liberté d’expression avec ses aspérités négatives ? L’une des solutions réside dans l’éducation que l’on donne aux individus. Il est une chose d’asséner des vérités aux écoliers, il en est une autre de leur expliquer le protocole et les controverses scientifiques qui ont permis de les mettre au jour avant qu’elles ne fassent consensus dans la communauté scientifique. C’est un packaging globale qu’il faudrait enseigner, de la formation de nos biais cognitifs aux techniques rhétoriques :  tout ce qui doit nous conduire à la formation d’esprits libres capables de trier l’information !


Pour lire la tribune dans Le Point, cliquer ICI.

 

Publié le 14/05/2022.

Radicalisme ou radicalité ? Pierre Mendès France contre Jean-Luc Mélenchon

Dans Les Echos, Gaspard Koenig voit dans la radicalisme de Pierre Mendès France un cheminement politique à embrasser contre la radicalité de Jean-Luc Mélenchon. 

 

Faut-il voir la NUPES comme le mariage de la carpe et du lapin ? Voilà désormais quelques jours que tout le gratin médiatico-politique y va de son petit commentaire pour définir ce que certains jugent être une alliance contre-nature, d’autre un cartel électoral et d’autre encore une union politique. Le Parti Socialiste, traditionnel pôle magnétique de l’union, se serait soumis à la manière d’un récit houellebecquien aux chimères périlleuses de La France Insoumise. C’est bel et bien ce son de cloche quotidien qu’il faut atténuer selon Gaspard. En effet, les précédents accords de ce type réalisés sous l’égide du Parti socialiste, qu’il s’agisse du programme commun de 1972 ou de la gauche plurielle jospinienne de 1997, n’étaient pas exempts de propositions ô combien plus radicales – la rupture avec le capitalisme professée jadis par Mitterrand – ou du même acabit – la réforme des 35h impulsée par Martine Aubry avec Lionel Jospin.

Néanmoins, l’OPA mélenchonienne sur la gauche française n’est pas de manière à réjouir Gaspard qui rappelle à juste titre « le  jacobinisme de raison et le robespierrisme de coeur » du prétendant auto-déclaré à Matignon. Cependant, contre vents et marées, un parti politique français situé sur la rive gauche de notre échiquier politique refuse cette clause léonine : le Parti radical de gauche. Premier parti politique de l’histoire de France, le Parti radical s’est érodé électoralement à mesure que les assemblées parlementaires françaises ont cédé le pas à la prédominance du pouvoir exécutif. Alors que l’histoire du Parti radical sous la Ve République oscille entre les unions et scissions de ses différentes sensibilités (l’aile valoisienne de centre-droit et l’aile de centre-gauche), il existe présentement trois entités issue du Parti radical dans notre champ politique : le Mouvement radical, le Parti radical de gauche et le Parti radical.

« Ceux qui, à gauche, croient encore en la liberté individuelle et cherchent à forger une alternative au mélenchonisme, seraient donc bien inspirés de s’intéresser au radicalisme. » Gaspard Koenig.

N’enterrons pas les morts trop vite. Le Parti Radical a fourni à la pensée de gauche quelques figures qui méritent notre attention. Pour Gaspard, l’éphémère président du conseil de la IVe et héraut du parti susmentionné, Pierre Mendès-France, en est une. Gaspard loue en premier lieu sa philosophie politique, « responsable, progressiste, soucieuse des équilibres budgétaires et tournée vers la science ». Il n’est guère étonnant de voir Gaspard s’intéresser à PMF en raison des points d’accords intellectuels qu’il entretien avec lui. Leurs visions sur les institutions concordent. Comme le fait Gaspard aujourd’hui en dénonçant l’hyperprésidentialisation de notre régime, PMF avait lutté en son temps contre l’instauration de la Ve République voulue par le Général de Gaulle décriant dans « La République Moderne » – ouvrage paru en 1962, année d’introduction du suffrage universel pour l’élection présidentielle – que choisir un homme sur la seule base de ses supposées compétences ou de son charisme était une abdication pour le peuple à se gouverner par lui-même.

« Les comptes en désordre sont la marque des nations qui s’abandonnent. » Pierre Mendès France. 

Enfin, comme Gaspard, PMF dénonçait dans un accent « tocquevellien » les affres de la bureaucratie et de la technocratie en percevant dans ces deux phénomènes un « risque d’écrasement du citoyen ». Pour remédier au centralisme gaulliste, PMF dégageait une nouvelle perspective de « démocratie généralisée » consistant en l’instauration dans toutes les sphères de la société (assemblée locales dans les collectivités, démocratisation de la participation dans les entreprises ) d’une participation concertée entre tous les acteurs d’un système.

À la lumière du dernier ouvrage de Frédéric Potier « Pierre Mendès France, la foi démocratique », Gaspard perçoit dans l’oeuvre de PMF un projet politique dit de gauche aux aspirations européennes et décentralisatrices à opposer au centralisme planificateur de Jean-Luc Mélenchon.


Pour la chronique de Gaspard dans Les Echos, cliquer ICI.

 

Publié le 10/05/2022.

Plaidoyer pour un libéralisme tempéré

Dans Le Point, le nouveau responsable des études de GenerationLibre et doctorant en histoire contemporaine, Baptiste Gauthey, propose une recension de l’ouvrage de Joshua L. Cherniss « Liberalism in dark times, the liberal ethos in the twentieth century ».

 

Rendre compte de l’évolution de la pensée libérale à l’aune des totalitarismes, tel est le chemin analytique emprunté par Joshua Cherniss dans son dernier ouvrage. L’auteur explore la constitution d’un « ethos libéral » non doctrinaire porté sur la défense de valeurs libérales opposables aux systèmes de pensée totalitaires. De l’analyse de cet ethos naît, chez l’auteur, une nouvelle école libérale : celle des libéraux tempérés.

« Pour Cherniss, le libéralisme tempéré est le fruit d’une prise en compte sérieuse des critiques et limites du libéralisme. Il se caractérise non pas par un ensemble cohérent d’idées et de concept, mais plutôt par l’élaboration d’une attitude et d’une méthode, de laquelle découlerait une façon d’aborder la politique marquée par le rejet de de l’extrémisme et du fanatisme sous toutes ses formes. »

Accablé de critiques au XXe siècle, décrié ci et là comme responsable d’un affaissement moral et coupable d’engendrer un égoïsme outrancier, le libéralisme s’est trouvé en proie à un dilemme majeur – « the liberal predicament » – dans sa lutte contre les régimes totalitaires. Comment ne pas devenir ce que l’on combat ?  Telle est la complexité à laquelle fut soumise une pensée libérale qui cherchait à s’armer pratiquement face à des idéologies bâties sur un système de valeurs absolues dans lequel la fin justifie les moyens. Car ici réside l’une des caractéristiques fondamentales des idéologies totalitaire que Cherniss nomme « ruthlessness » (traduit par Baptiste sous le vocable d’impitoyabilité) : l’absence de scrupules devant l’exécution d’actions iniques car jugées nécessaires à l’avènement d’un horizon irréductible, idéalisé et pensé comme ontologiquement supérieur.

« La réflexion menée par les libéraux tempérés nous apparaît éminemment pertinente aujourd’hui. Le péril écologique, parfaitement réel et menaçant, peut-il être surmonté par une politique autoritaire, verticale et certainement liberticide, légitimée par l’idée selon laquelle la supériorité de la fin (surmonter la crise environnementale) justifierait l’emploi de moyens discutables ? »

Ainsi, en réponse à ce dilemme, l’auteur perçoit chez quatre intellectuels du siècle passé  – Raymond Aron, Isaiah Berlin, Albert Camus et Reinhold Niebuhr – , l’affirmation d’une éthique libérale qui ne soit pas conçue comme un système d’idées contradictoire à opposer aux idéologies totalisantes mais davantage comme « une méthode, une façon d’aborder la politique marquée par le rejet de l’impitoyabilité, de l’extrémisme et du fanatisme sous toutes ses formes. ». Cette conception défensive du libéralisme, constitutive de ce que Cherniss nomme le libéralisme tempéré, réside pour partie dans une défense intransigeante du pluralisme. Ce modèle pluraliste – inconcevable dans un ethos totalitaire antilibéral qui n’admet qu’une vision du monde possible – consiste  à prendre acte des apories propres à la démocratie – la confrontation de paradigmes contradictoires et insolubles en soi tant les rationalités des différents groupes sociaux peuvent être diamétralement opposées  -, afin d’examiner méthodiquement chaque point de vue dans une perspective finale orientée vers la recherche du compromis.

Baptiste prolonge la réflexion entamée par Cherniss en insistant sur la nécessité de réactualiser cette éthique libérale devant la résurgence de phénomènes totalitaires. Les bouleversements climatiques, le dilemme libéral qui se pose (à nouveau) devant les actions russes et la mise à mal de nos libertés fondamentales pendant la crise sanitaire conduisent Baptiste à estimer que « face à ces nombreux défis, les valeurs défendues par le libéralisme pourraient être la source d’une revitalisation bienvenue de nos démocraties. »


Pour lire la recension de Baptiste dans Le Point, cliquer ICI.

Pour découvrir notre ouvrage au PUF « Esquisse d’un libéralisme soutenable », cliquer ICI.

 

Publié le 06/05/2022.

L’intégration européenne précède l’avènement des nations

Dans Le 1 hebdo, Blaise Wilfert, historien et auteur de notre dernière note « La Mondialisation n’a pas eu lieu », revient sur le procès en illégitimité fait à l’Union européenne. Loin du récit mythifié de la nation, l’intégration européenne est l’avenir du continent. 

 

On connaît désormais tous le blabla souverainiste déclamé à tout bout de champ dans les médias, quels qui soient, par des politiques ou intellectuels hostiles au dehors. La nation serait immuable voire transhistorique, son institutionnalisation au XIXe siècle ne serait que la concrétisation téléologique d’un phénomène qui n’attendait plus qu’à devenir politiquement ce qu’il était naturellement. Ainsi, la nation serait le lieu du commun, de la solidarité et de la tradition, à laquelle ferait face une Union européenne nouvelle voulue par des élites et pensée contre les peuples pour les déraciner et les soumettre aux besoins du marché. Le temps passe mais les critiques ne changent pas : l’Europe serait néolibérale pour les uns, impériale pour les autres.

Pour Blaise, l’invasion russe de l’Ukraine fait ressurgir l’analyse culturaliste que les sciences sociales s’évertuent à évacuer. Poutine leader national d’une grande Russie fantasmée ne ferait rien d’autre qu’ordonner l’Histoire et de ramener une nation fantoche, pire néonazie, dans un giron slave qu’elle aurait regrettablement quitté. Pourtant, comme le souligne Blaise, c’est cette même vision culturaliste faite de peuples supposément enracinés et de frontières légitimes qui a engendré en Europe, dès les années 1850, des annexions, des épurations ethniques et l’asservissement de populations à d’autres. Si depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, compte tenu de la bipolarisation géopolitique que connaissait l’Occident entre les 2 blocs américain et soviétique, le phénomène avait pu être stoppé, il nous est revenu dans la figure comme un boomerang en raison de la guerre en Ukraine.

« Les nations sont récentes, et l’Europe des nations, de l’Atlantique à l’Oural, pourrait être un cauchemar. »

Blaise rappelle que le 16 mars 2022, le réseau électrique ukrainien a été rattaché à celui de l’Europe. Si cet évènement est resté inconnu du grand public, la prouesse n’en est pas moins extraordinaire et témoigne de la puissance de l’intégration européenne. Cette forme d’intégration spécifique que Blaise nomme « l’Europe des réseaux » jonche le sol de notre continent. Bien antérieure aux « nations » et à l’Union européenne, l’intégration européenne par le biais des interactions entre les différentes entités politco-historiques qui se sont succédées sur le sol européen n’est pas nouvelle.

« L’Union européenne ne devrait pas être considérée comme un effort technocratique pour effacer les politiques nationales : elles est au contraire, dans une large mesure, une politisation (et un approfondissement) d’une intégration technique qui l’a précédée. »

Du réseau de banques centrales européennes animant et stabilisant la circulation des capitaux, en passant par le partage d’une monnaie d’échange commune entre les différents pays de l’Union Latine – Suisse, Italie, France, Belgique et Grèce – jusqu’à la constructions de réseaux routiers transnationaux au début du XXe siècle, il est évident que l’intégration européenne n’a pas attendu la forme politique de l’Union pour se faire.

Et que dire de l’Europe des réseaux qui anima le continent dès les périodes médiévale et moderne. « Les circulations des savants, dans la « République des lettres » des académies, des cours et des universités ; les circulations des religieux, de l’Europe médiévale à travers le réseau des abbayes bénédictines, cisterciennes, des couvents franciscains, jusqu’aux missionnaires envoyés de par le monde depuis leur séminaire paneuropéen de la Propaganda Fide à Rome ; les réseaux à la fois européens et mondiaux de l’Europe protestante ; les diasporas juives, dès le développement de la monarchie polonaise, mais encore plus à partir de leur répression par les monarchies ibériques  » composent une liste non-exhaustive énoncée par Blaise pour rappeler aux souverainistes que loin d’être le bourreau des nations, l’intégration européenne qui les précède est aussi leur avenir.


Pour l’article de Blaise dans Le 1 hebdo, cliquer ICI.

Pour lire notre note rédigée par Blaise « La mondialisation n’a pas eu lieu », cliquer ICI.

Pour lire notre rapport « Europa : dépasser le nationalisme », cliquer ICI.

 

Publié le 05/05/2022.

Retraites : supprimer l’âge légal de départ

Dans L’Opinion, l’ancien directeur de GenerationLibre, Maxime Sbaihi, estime que le débat sur les retraites ne doit pas se résumer à la question de l’âge de départ à la retraite. À rebours de ce totem paramétrique, engageons une transformation systémique. 

 

Le débat sur l’âge de départ à la retraite enflamme l’opinion publique, en témoigne le branle-bas de combat de la gauche – qui veut revenir à 60 ans – devant les dernières déclarations de Bruno Le Maire sur un possible recours au 49-3. Dans le même temps quelques grosses entités du CAC 40, parmi lesquelles LVMH, Scor et Orange, ont fait voter par les actionnaires des motions repoussant l’âge de départ à le retraite de leur PDG. Ainsi, Bernard Arnault restera à la tête du leader mondial de l’industrie du luxe jusqu’à ses 80 ans.

« Le personnel politique se retrouve en décalage avec l’opinion publique. Qu’ont en commun Jean-Luc Mélenchon et Bernard Arnault ? Pour leur retraite, ils jouent tous deux les prolongations. »

L’affaire n’est pas propre au monde des … affaires ! Les hommes politiques aussi aiment faire durer le plaisir. Le leader insoumis, qui n’a de cesse d’arguer et d’exalter dans sa perspective de prise du pouvoir le retour de l’âge légal de départ à la retraite à 60 ans, joue les prolongations à 70 ans et ne compte pas s’arrêter là se rêvant confortablement assis dans le fauteuil de Premier Ministre pour les cinq années à venir.

Pour Maxime, qu’importe l’âge de départ à la retraite des politiques ou celui des dirigeants des grands groupes. Là n’est pas ce qu’il faut blâmer, railler ou féliciter en dépit d’une légère dissonance cognitive pour les premiers. Cette question doit être laissée à la libre convenance de l’individu, seul à même de juger en son âme et conscience, et dans sa chair, du moment opportun pour se retirer de la sphère professionnelle. Il faut cesser de regarder cette question par le petit bout de la lorgnette.

« Face à la retraite, chaque cas est particulier. Il nous faut donc absolument sortir du mauvais débat autour d’un curseur d’âge unique pour revenir à des ambitions de réforme systémique. »

Contre le totem de l’âge légal de départ, Maxime met à l’honneur le travail de Marc de Basquiat, auteur de notre rapport « La retraite quand je veux » et dans lequel il s’affranchit de la question de l’âge afin de proposer une refonte complète de notre système de retraites. Ce nouveau système universel opère un changement radical de logique. L’âge légal de la retraite et la durée minimale de cotisation sont abolis. Chacun part à la retraite librement. Le montant des pensions est calculé en divisant la somme des cotisations individuelles accumulées par l’espérance de vie moyenne restante au moment de l’activation des droits. Pour s’assurer que le système reste équilibré, le montant des pensions qui est versé chaque année ne peut être supérieur au montant des cotisations provisionnées pour cette même année. Une redistribution intragénérationnelle permet de garantir un niveau de revenu minimum à tous les retraités. La pénibilité, par exemple, est prise en compte par un mécanisme de surcotisation financé par l’employeur qui permet à ceux qui en bénéficient de partir plus tôt à la retraite ou de jouir de pensions plus élevées.


Pour lire la chronique de Maxime dans L’Opinion, cliquer ICI.

Pour lire le rapport « La retraite quand je veux », cliquer ICI.

Pour lire notre article « Retraites : choisir librement sont départ », cliquer ICI.

 

Publié le 04/05/2022.

Elon Musk : La démocratie face aux réseaux sociaux

Interrogé par le quotidien belge La Libre sur le rachat de Twitter par Elon Musk, le directeur de notre think tank, Christophe Seltzer, estime que les structures privées ne peuvent borner arbitrairement la liberté d’expression. 

 

Christophe ne voit pas d’un mauvais œil le rachat de Twitter par le milliardaire Elon Musk. Pour le directeur de notre think tank, le réseau social à l’oiseau bleu a été trop loin dans la censure en outrepassant le droit en la matière. Twitter s’est arrogé une sorte de monopole arbitraire en définissant le champ de l’acceptable, la capacité à juger ce qui est bien et ce qui est mal. Pas même l’État ne devrait se mêler de morale et de vérité. En revanche pour GenerationLibre, c’est bien à l’autorité étatique de définir et de faire appliquer les seules restrictions à la liberté d’expression, telles que définies par John Stuart Mill, que sont l’injure, la diffamation et les appels à la haine.

« Ce n’est certainement pas parce qu’une plate- forme est privée qu’elle peut faire tout ce qu’elle veut par rapport à la liberté d’expression. Twitter est certainement allé trop loin dans la restriction de la liberté d’expression et dans la définition de ce qu’est la vérité ou la morale. »

Christophe estime que le danger de la politique menée par Twitter est de rejeter les individus ciblés pour des propos jugés non-conventionnels vers des plateformes alternatives où la contradiction ne sera pas portée.

Cette problématique de la liberté d’expression concerne surtout les démocraties en crise comme les États-Unis et la France. Christophe se demande si au contraire en Suisse, où les institutions sont stables et la démocratie plus directe, les débats sur les réseaux sociaux suscitent de pareilles polémiques.

Plutôt que de juger de ce qui est dicible ou pas selon une morale subjective, il faut plutôt travailler à la régulation des algorithmes et de la hiérarchie des contenus. Ainsi que lutter contre le harcèlement, par une meilleure collaboration entre la justice et les plateformes, et les phénomènes d’addictions aux réseaux sociaux, par exemple en interdisant leurs accès aux mineurs de moins de 16 ans comme le préconise notre fondateur.

« Je préfère que l’on contredise Donald Trump sur Twitter plutôt que de le censurer et qu’il s’exprime en dehors de tout débat sur des réseaux parallèles. »

Cette prise de position poursuit notre engagement en faveur de la liberté d’expression. Dès 2013, nous avons publié un rapport appelant à rétablir la liberté d’expression, mise à mal dans sa plénitude par la loi Pleven et les lois mémorielles. Lorsqu’en 2019 la loi Avia ambitionnait de sanctionner « les propos haineux » laissant la place à un flou interprétatif pernicieux pour la liberté d’expression, GenerationLibre défendait expressément cette idée : il faut pouvoir tout dire et savoir tout réfuter, pour que chacun soit responsabilisé sur le fond de ses propos.


Pour lire l’article de La Libre, cliquer ICI.

Pour lire notre rapport « Pour rétablir la liberté d’expression », cliquer ICI.

Pour lire notre article sur la loi Avia, cliquer ICI.

 

Publié le 28/04/2022.

L’origine du monde – Gaspard Koenig

Dans sa chronique pour Les Echos, Gaspard Koenig propose une recension du dernier livre de l’anthropologue David Graeber. En rupture avec les schémas traditionnels de la philosophie politique, l’ouvrage nous invite à repenser nos libertés fondamentales.

 

S’il existe des livres qui par leur puissance heuristique bouleversent le chemin de l’existence, « Au commencement était » – dernier ouvrage du regretté David Graeber co-écrit avec le professeur Denis Wengrow – figurerait parmi les premiers. Gaspard perçoit dans cette somme anthropologique une nouvelle histoire de l’humanité qui, par le prisme des peuples premiers, renverse les narratifs classiques communément invoqués. Pour Gaspard, trois enseignements relatifs à l’histoire de l’humanité sont à tirer de cet ouvrage.

« Et si les Lumières n’étaient que la réfraction de rayons venus d’une humanité plus profonde »

Le premier s’adresse directement aux libéraux. L’idée selon laquelle les principes de liberté et d’égalité définis par les philosophes des Lumières s’enracineraient dans un héritage judéo-chrétien est imparfaite puisqu’elle occulte l’importance des philosophies indigènes dans ce processus de maturation intellectuelle. La philosophie de certains peuples amérindiens préfigure les concepts établis par les philosophes européens des lumières, si bien que c’est en réaction à la critique indigène outre-Atlantique que Turgot s’est évertué à fonder une idéologie du progrès.

Le deuxième enseignement que tire Gaspard à la lecture dudit ouvrage est à l’attention des « gaucho-rousseauistes » habités par le principe originel d’une égalité naturelle chez les peuples primaires. Graber et Wengrow démontrent qu’au contraire, les premiers peuples, y compris nomades, ont formé spontanément des sociétés ordonnées par des aristocraties, sans que celles-ci ne s’adonnent nécessairement à des procédés de domination semblables aux formes contemporaines d’exercice du pouvoir. Gaspard mentionne qu’à l’inverse, les deux auteurs réfutent la thèse téléologique narrant que la domestication de la pratique agricole a irrémédiablement débouché sur la création des villes puis des États. Les mégasites ukrainiens attestent que sur de vastes territoires des formes de pouvoirs autogestionnaires ont existé sans aucune forme de supra-pouvoir centralisateur.

Enfin, l’humanité se caractérisait par son extraordinaire créativité politique. À nouveau Graeber et Wengrow renversent le paradigme de sociétés déterminées par les facteurs technologiques et environnementaux pour établir qu’elles se fondent sur la volonté collective, le consentement des membres qui la composent et leur capacité d’expérimentation.

« Il est de bon ton aujourd’hui d’ironiser sur la « déconstruction » mais n’est-ce pas la première des exigences scientifiques : déconstruire méthodiquement, faits à l’appui, ce qui semblait une évidence ? »

À travers la multitude d’exemples recensés sur la diversité des communautés humaines – les assemblées collectives féminines dans la Crête minoenne, la sacralisation de la propriété chez les Yuroks, le rejet de l’esclavage chez les Wogies ou l’interruption de la construction de palais au profit de logement sociaux à Teotihuacan – les deux auteurs proposent trois libertés fondamentales universelles et consubstantielles à l’humanité : « la liberté de quitter les siens, la liberté de désobéir aux ordres et la liberté de reconfigurer sa réalité sociale ».

À mille lieues de l’inertie produite par nos sociétés bureaucratisées, l’ouvrage invite, selon Gaspard, à imaginer réellement l’émergence de futurs alternatifs qui nous sortent de nos ternes dimanches électoraux.


Pour la chronique de Gaspard dans Les Echos, cliquer ICI.

 

Publié le 27/04/2022.

Marine Le Pen ou la démocratie sans l’État de droit

Pour la Fondation Jean Jaurès et La Tribune de Mayotte, les deux co-auteurs de notre prochain rapport consacré aux institutions, Frédéric Potier et Ferdinand Mélin-Soucramanien, montrent que l’utilisation que compte faire Marine Le Pen du référendum va à l’encontre de la Constitution et pourrait menacer l’État de droit, des droits de l’homme à la laïcité. 

 

Consciente de la difficulté qu’elle aura à obtenir une majorité législative le 19 juin prochain, Marine Le Pen a annoncé qu’elle gouvernera en sondant directement la vox populi, autrement dit par la voie référendaire en vertu de l’article 11 – qui prévoit les domaines d’usages du référendum sur « l’organisation des pouvoirs publics, les réformes relatives à la politique économique, sociale ou environnementale de la nation et aux services publics qui y concourent, ou tendant à autoriser la ratification d’un traité qui, sans être contraire à la Constitution, aurait des incidences sur le fonctionnement des institutions ». Ainsi, souligne Frédéric Potier, Marine Le Pen souhaiterait se saisir de cet article 11 pour introduire le RIC et changer le mode de scrutin des législatives pour imposer la proportionnelle – ce qui in fine reviendrait à déboucher sur une majorité instable et justifierait le recours au référendum.

« En résumé, Marine Le Pen entend combattre la dérive monarchiste de la Ve République en concentrant encore davantage les pouvoirs dans les mains du président de la République et en contournant le contrôle du Conseil constitutionnel. » Frédéric Potier 

Or comme l’explique Ferdinand Mélin-Soucramanien, ce mode d’exercice du pouvoir est inconstitutionnel. En effet, lorsque De Gaulle s’en était saisi pour faire changer le mode de scrutin de l’élection du Président de la République en 1962, les constitutionnalistes du Conseil d’État et du Conseil constitutionnel n’avaient pas manqué de lui rappeler qu’une modification de la Constitution par référendum est contraire à celle-ci. Le Conseil constitutionnel, censé en vertu de l’article 62 veiller au respect de la conformité d’usage d’un référendum, ne pourrait que rendre un avis négatif sur un référendum de cette nature.

« Le premier devoir démocratique d’un président élu est de respecter la Constitution même et surtout s’il veut la changer. » Ferdinand Mélin-Soucramanien

C’est ainsi toute l’architecture de gouvernementalité édifiée par Marine Le Pen qui serait inconstitutionnelle. En plus de rendre caduc les contre-pouvoirs que sont les assemblées parlementaires, une telle façon d’exercer le pouvoir aurait pour effet de démanteler l’État de droit. La candidate du RN compte faire appel à l’article 11 pour faire adopter le principe de priorité nationale –  pas d’octroi du RSA pour les étrangers s’ils n’ont pas travaillé durant au moins cinq ans, suppression du regroupement familial, du droit du sol, l’expulsion des étrangers au chômage depuis 1 an et l’expulsion systématique des délinquants et criminels étrangers – enterrant de jure le principe d’égalité qui est aux yeux du monde l’identité même de la France selon Frédéric Potier.

« Le programme Le Pen inquiète tout particulièrement en annonçant un climat de défiance et de suspicion à l’égard des religions. La mise en application de ce programme aboutirait à une confrontation avec les sages du Conseil constitutionnel qui ne pourraient que constater sa non-conformité à la Constitution. » Frédéric Potier 

Derrière sa volonté d’opérer une distinction entre les nationaux, les étrangers et les musulmans se retrouve une charge en règle contre la laïcité telle que définie dans la loi de 1905 et contre la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Frédéric Potier rappelle que « si l’État et les services publics sont astreints à une absolue neutralité, il n’en est rien des usagers du service public ni des citoyens. « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, mêmes religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi », affirme l’article 10 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. »


Pour lire l’article de La Tribune de Mayotte, cliquer ICI.

Pour lire le rapport de La fondation Jean Jaurès, cliquer ICI.

 

Publié le 22/04/2022.

Macron doit être élu pour que la République change – Gaspard Koenig.

Dans sa chronique pour Les Echos, Gaspard Koenig explique les raisons de son choix clair en faveur d’Emmanuel Macron. S’il faut préserver l’État de droit et les libertés fondamentales, à nous de faire en sorte que cette élection présidentielle soit la dernière.  

 

La digue flanche et les castors semblent fatigués à l’idée de solidifier à nouveau le barrage républicain. Les résultats de la consultation organisée par la France Insoumise afin de savoir que feront les militants et sympathisants du mouvement pour le second tour n’est pas de nature à rassurer. La majorité d’entre eux se sont prononcés -soit les 2/3- en faveur du vote blanc ou de l’abstention. Seul 1/3 annonce voter pour Emmanuel Macron.

Gaspard voit dans cette résignation, dans ce ni-ni, un non-choix qui condamne à la ruine démocratique. Pour illustrer son propos, il se réfère à la métaphore de l’âne de Buridan. Parabole scolastique, cette métaphore illustre la mort d’un âne incapable de choisir entre un sceau d’eau et une botte de foin placés aux deux extrémités mais à égale distance de lui. Alors que faire devant ce qui est pour certains un choix cornélien. Leibniz apporte une solution aux tourmentés de l’esprit en présupposant que si aucune chose n’est semblable à une autre, notre désir aussi infime soit-il se portera forcément sur l’une des options qui s’impose à nous.

« Cessons de braire et votons pour la République »

D’autant que Gaspard le rappelle, les deux projets soumis aux Français ne sont pas de même équivalence dans la préservation de nos libertés fondamentales, qui plus-est lorsqu’il s’agit de respect de l’État de droit. Ainsi Marine Le Pen prévoit ouvertement d’instaurer une rupture d’égalité dans le droit et de normaliser les discriminations dans le droit entre les Français, les musulmans et les autres. De surcroît, elle a d’ores et déjà annoncé sa volonté de passer outre les règles constitutionnelles pour gouverner et entend cesser l’approche multilatérale dans le conflit ukrainien.

« Une fois la démocratie sauvée, nous aurons tout le plaisir de repenser son fonctionnement. »

Gaspard entend et comprend les reproches adressés au chef de l’État mais pastichant Jean-Luc Mélenchon il assure que Marine Le Pen et Emmanuel Macron sont deux maux qui ne sont pas de même nature. Il est possible de vilipender les institutions de la Ve République, de s’époumoner contre l’élection du Président de la République au suffrage universel, d’aucuns l’ont fait par le passé – Raymond Aron et Gaston Monnerville dénonçant tour à tour « une constitution despotique » et « un pouvoir personnel omnipotent » – mais ne sacrifions pas maintenant un cadre que nous pourrons encore changer demain.

« Le candidat Emmanuel Macron s’est engagé à un processus de refonte constitutionnelle à travers la mise en place d’une commission transpartisane. À nous d’y faire entendre nos voix ! Alors finissions en avec cette présidentielle. Et promettons que cette élection sera la der des der. »

Gaspard le rappelle, contre la vision unitaire de la nation imposée par de Gaulle en 1962 via l’élection du Président au suffrage universel, les gilets jaunes et les abstentionnistes n’ont eu de cesse de clamer une souveraineté « décentralisée, difractée, combinatoire ». Gaspard plaide – dans la lignée des travaux de Pierre Rosanvalon sur la « démocratie d’exercice », de Bastien François et de Dominique Rousseau pour « reparlementariser » les institutions ou de l’approche heuristique de travaux novateurs sur l’exercice continu du pouvoir citoyen par la « démocratie délégative » – pour un renouveau démocratique. Le choix est fait pour Gaspard : il votera Macron pour que cette élection soit la « der des der ».


Pour lire la chronique de Gaspard dans Les Echos, cliquer ICI.

 

Publié le 21/04/2022.

RIC, proportionnelle : quelle démocratie sous Marine Le Pen ?

Dans Le Point, notre expert Raul Magni-Berton décrypte les propositions de Marine Le Pen en faveur de la démocratie. S’il en plébiscite les dispositifs, le professeur en science politique en conteste les modalités d’application.

 

À quelques jours du second tour, la candidate du Rassemblement National mène le tempo sur les réformes institutionnelles en posant les questions de nos modes de scrutin et de notre rapport à la démocratie. Elle esquisse les contours d’une démocratie revivifiée en proposant l’instauration d’un référendum d’initiative citoyenne et l’introduction du scrutin à la proportionnelle pour les élections législatives. Si ces propositions ont le mérite de séduire sur la forme, le diable se cache dans les détails.

« Les solutions présentées par Marine Le Pen sont à première vue raisonnables. Le référendum d’initiative citoyenne se développe partout dans le monde, sous des formes diverses et il est soutenu par des larges majorités au sein des populations en France, en Europe et ailleurs. De même, un mode de scrutin plus proportionnel permet aux perdants des élections d’être tout de même représenté de façon à peser dans les élections. Cela réduit l’insatisfaction à l’égard de la démocratie et la radicalisation dans nos sociétés. »

À l’aune des cas existants dans d’autres États comme la Suisse, l’Uruguay et la Californie, Raul dissèque la proposition de Marine Le Pen sur le référendum d’initiative citoyenne (RIC). Dans les pays susmentionnés, les initiatives citoyennes permettent aux citoyens d’agir directement sur la fabrique de la loi en participant à sa promulgation par voie référendaire. Le dispositif est tel que les citoyens peuvent impulser des initiatives contenant des révisions constitutionnelles. De fait, ils ont un contrôle effectif sur les parlementaires. Néanmoins, le RIC façon Marine Le Pen est plus à chercher du côté de la Hongrie et de l’Italie où son efficacité est sujet à caution. Les initiatives sont bornées à des thématiques précises et soumises à des « quorums exigeants ». Comme l’explicite Raul, la candidate RN prévoit des gardes fous au plein exercice du RIC comme l’instauration d’un seuil de signatures minimales, la possibilité pour le Président ou les parlementaires de bloquer des initiatives jugées trop « extrêmes ». L’expert en science politique s’interroge sur l’intérêt réel d’un RIC susceptible d’être muselé par le pouvoir politique en place alors même que sa conception originelle vise à le dépasser.

« Jusqu’ici, le diagnostic et les deux principales pistes de solution correspondent à ce qui est largement observé dans la littérature en science politique. Malheureusement, les détails des propositions faites par Marine Le Pen vont, en revanche, à l’encontre de la philosophie qu’elle a si bien dessinée. »

Concernant l’introduction du système proportionnel en France, notre expert rappelle que 7 Français sur 10 sont favorables à sa mise en place. À nouveau, les exemples d’application ne manquent pas et se déclinent différemment selon les cultures politiques nationales. Au Pays-Bas, chaque parti obtient un nombre de sièges proportionnel à son score. En Grèce ou en Arménie, le système est tout autre : 2/3 de proportionnel et une prime majoritaire pour le parti arrivé en tête. Là encore, c’est cette option discutable que Marine Le Pen privilégie aujourd’hui. De façon antinomique et comme l’assène Raul, « un système proportionnel avec une prime majoritaire n’est donc pas un système proportionnel ». Ce système aurait pour effet d’avantager le Rassemblement National capable de sortir en tête aux élections lui permettant d’obtenir une majorité dans l’hémicycle par la prime majoritaire. Exit le compromis démocratique et partisan permis par une proportionnelle intégrale.

Pour Raul, si les diagnostics posés par Marine Le Pen sont les bons, l’agencement des solutions proposées navigue à contre-courant de leurs ambitions initiales. En conséquence et comme nous le revendiquons, il est grand temps de déprésidentialiser la France et d’instaurer la culture du compromis dans nos institutions.


Pour lire l’article du Point, cliquer ICI.

 

Publié le 15/04/2022.

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