RSE : quand l’uniformité et la morale deviennent des outils marketing

Pour Gaspard Koenig, la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) débouche sur des campagnes de publicité hypocrites, et menace de tuer l’éclectisme des acteurs économiques privés au profit d’une uniformité bien-pensante.

 

Face à la tribune de grands PDG américains prenant parti pour la RSE, Gaspard s’étonne de voir les pontes du capitalisme ajouter à l’objet même de l’entreprise une dimension morale. Sans nier à l’entreprise le droit d’endosser un rôle sociétal, il refuse d’y voir une responsabilité et s’oppose à l’émergence d’une RSE aux allures de police morale.

Cette moralité est par essence biaisée. Elle diaboliserait les petits acteurs n’ayant pas les moyens d’agir dans ces domaines, tout en permettant aux grands de s’acheter une vertu de façade, détournant le regard du grand public de leurs activités néfastes.

En confiant la RSE à l’acteur privé, les Etats avouent l’échec de leurs politiques sociétales, et laissent des acteurs non-élus redéfinir la notion de « bien ». Gaspard clôt sa chronique en plaidant contre la soumission l’entreprise aux mœurs du plus grand nombre, qui signerait la fin des excentricités individuelles permises par le caractère libre du marché.


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Pour lire notre rapport sur « l’objet social de l’entreprise », « Ne laissons pas le juge moraliser l’entreprise », cliquer ICI.

Parlement : et si le hasard renforçait la démocratie ?

Dans sa chronique, Maxime Sbaihi soumet l’idée d’une allocation aléatoire des numéros de sièges à l’Assemblée nationale. Pour un peu moins de clivages partisans stériles, un peu plus de débat fécond, et beaucoup plus de consensus.

 

Usuellement réunis en meutes partisanes et s’adonnant à des surenchères théâtrales, les représentants auraient peut-être à gagner en se mélangeant dans l’hémicycle. Dans la volonté de modernisation des institutions, il s’agirait d’introduire un peu de loterie, non pas sur les parlementaires eux-mêmes, mais sur leur numéro de sièges.

En s’appuyant sur une étude de l’Université de Lausanne, Maxime démontre par les chiffres comment cette mesure pourrait faciliter l’échange d’idées et développer une culture du consensus politique qui fait cruellement défaut dans notre pays.

Dans une Ve République aux institutions déséquilibrées, le pouvoir législatif n’en sortirait que renforcé.


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Les gares ont perdu leur esprit vagabond

La rénovation des gares parisiennes, contre laquelle s’élève Gaspard Koenig, menace de transformer des espaces de liberté en centres commerciaux post-modernes.

 

Tandis que le réchauffement climatique appelle certains à abandonner l’avion au profit du train, Gaspard refuse que les gares se changent en espaces commerciaux au même titre que les aéroports. Sans prendre parti pour les grands magasins ou les petits commerçants, il rappelle l’idéal d’espace public que doit incarner une gare.

La profusion de vitrines commerciales s’apparente à une atteinte à la tranquillité des voyageurs, tout comme la mise en place croissante de portiques de sécurité. Gaspard regrette cette obsession du contrôle qui, en s’immisçant dans les gares, entrave à la fois le droit à l’anonymat des voyageurs et la liberté de circulation.

Gaspard conclut sa chronique en appelant à une véritable politique de concurrence ferroviaire au service des voyageurs, seule issue à la dérive mercantile entreprise par la SNCF.


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Brexit : que devient la liberté britannique ?

Le Brexit est en passe d’abîmer l’identité du Royaume-Uni, et d’attenter à sa conception si particulière de la liberté, nous explique Gaspard Koenig. Une tribune qu’il signe dans Le Figaro.

 

La liberté propre du Royaume-Uni, qu’elle soit économique, religieuse ou créative, façonne l’identité britannique. Or les partisans du Brexit, se portant en défense de cette dernière, sont pourtant en passe de la ruiner.

Cette régression tragique ne marquera pourtant pas une rupture franche rappelle Gaspard ; un « no deal » ne s’ouvrirait que sur une série de négociations ramenant à des accords plus ou moins similaires. Le seul point étant des conditions diplomatiques dégradées et un processus plus complexe.

La plus vielle démocratie parlementaire est alors atteinte dans les conventions mêmes qui la maintenaient. En avançant plusieurs exemples frappants, Gaspard met en lumière l’incohérence de ceux qui, loin de raviver l’identité britannique, choisissent un mouvement nationaliste révolutionnaire à la Viktor Orban.

Le Royaume-Uni, en avançant vers le Brexit, devient paradoxalement un pays européen comme les autres.


Pour lire la tribune de Gaspard Koenig « Le Brexit, loin de préserver l’identité du Royaume-Uni, est en passe de la ruiner », cliquer ICI.

Pour lire notre recueil « Europa, dépasser le nationalisme », cliquer ICI.

De la Chine au Royaume-Uni, la liberté menacée

Dans sa chronique de rentrée pour Les Echos, Gaspard Koenig fait un rapide état des lieux des tendances actuelles de la mondialisation.  

 

Aux quatre coins du globe, les idées libérales sont remises en cause aujourd’hui. Gaspard alerte ainsi sur le musellement des intellectuels et économistes en Chine, une dictature qui se durcit, et sur le péril de la démocratie au Royaume-Uni qui s’enlise dans la procédure du Brexit, au bord d’une crise institutionnelle.

Tout semble fonctionner à l’envers et la mondialisation nous fait redéfinir, pour le pire, nos conceptions de tyrannie et de démocratie.

Une incitation à redoubler le combat dans une mondialisation désormais hargneuse.


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Pour revoir les analyses de Maxime Sbaihi sur le Brexit dans « On refait le monde » (RTL), le mercredi 4 septembre, cliquer ICI.

Cannabis : une France trop léthargique

Dans sa chronique pour L’Opinion, Maxime Sbaihi montre pourquoi la légalisation du cannabis en France est urgente pour son usage thérapeutique et de bon sens pour son usage récréatif.

 

La France, où le cannabis est pourtant illégal, est l’un des plus gros consommateurs de cannabis en Europe. Cette substance est néanmoins particulièrement nocive pour les plus jeunes. Légaliser le cannabis permettrait une meilleure régulation sur un marché légal. C’est ce qu’indique une récente étude de la Montana State University citée par Maxime : « il est plus difficile pour les adolescents d’obtenir de la marijuana quand les dealers de drogue sont remplacés par des dispensaires demandant un justificatif d’âge ». Une plus faible probabilité constatée par l’étude dans les Etats américains qui ont légalisé.

Aujourd’hui, avec la répression, « les personnes les plus à risques de l’usage de cannabis sont les plus exposées, alors que celles qui pourraient bénéficier de ses vertus thérapeutiques n’y ont pas accès », se désole Maxime.  Mais la France retrouve timidement le chemin du bon sens : elle vient d’autoriser l’expérimentation du cannabis thérapeutique sur 24 mois.


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Pour lire notre rapport « Pourquoi et comment légaliser le cannabis », cliquer ICI.

La propriété privée des données est un enjeu européen

Dans une tribune pour Capital, Maxime Sbaihi estime que l’Europe doit inventer un modèle de régulation numérique. Elle doit réussir à rendre le pouvoir et le contrôle des données privées aux individus.

 

Pour Maxime, le rôle de l’Europe est de gérer les problèmes que les Etats-nations ne sont pas en mesure de régler seuls. Or, avec l’essor du numérique, la liste des défis qui dépassent l’échelle nationale ne fait que grandir.

Aucun État seul ne pourrait faire changer les pratiques d’un géant comme Google tandis qu’un marché de 500 millions de consommateurs, comme l’Europe, lui le peut. La souveraineté d’un pays se mesure désormais en taille de marché, donc en internautes. C’est en effet son marché unique qui rend l’Europe incontournable. 

De ce fait, Maxime souligne les bienfaits du RGPD mais souhaite pousser la logique encore plus loin avec la propriété privée des données personnelles. Entre le Big Brother chinois et le modèle américain, l’Europe doit inventer une régulation numérique préservant l’individu et ses libertés. 


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Pour lire notre rapport « Mes data sont à moi » cliquer ICI.

L’accord commercial UE-Mercosur, une chance pour l’Europe

Vingt ans après les premières négociations, l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur a enfin été signé. Face au président des LR au Sénat, Bruno Retailleau, notre expert Hervé Guyader, docteur en droit et président du comité français pour le droit du commerce international, signe une tribune pour défendre cet accord dans les pages du Figaro.

 

Ce traité de libre-échange est une chance pour les 500 millions d’européens et 270 millions de Sud-Américains, ce qui représente un quart du PIB mondial. Si les Sud-Américains attendent avec impatience la mise en place de cet accord, les européens semblent avoir peur de la concurrence.

Pourtant, « à chacun, en conscience, de consommer comme il l’entend. Le libéralisme a ceci de merveilleux qu’il propose des alternatives », nous dit Hervé. De plus, cela va permettre aux populations les plus pauvres de s’enrichir, « le libre-échange a en effet réussi à sortir près d’un milliard de gens de la pauvreté depuis l’an 2000. »

 

 

Nationalistes et écologistes s’unissent contre cet accord qu’ils jugent dangereux pour les paysans français ou pour la planète. Mais au-delà des sirènes populistes ou collapsologistes, il y a la réalité. Le respect des normes européennes est une condition sine qua non de la pérennité de l’accord. Un exemple est que 63 produits français vont bénéficier d’une IGP (Indication Géographique Protégée) comme le Camembert de Normandie ou le bleu d’Auvergne et d’autres d’une AOP (Appellation d’Origine Protégée) comme le Bordeaux ou le Champagne.

Un accord de libre-échange n’est pas un canal totalement ouvert et dérégulé.

In fine, cet accord permet l’exportation des normes européennes partout dans le monde, notamment le Canada, le Japon et aujourd’hui l’Amérique du Sud. « Postulant que le maître de la norme sera le maître des affaires, l’Europe paraît bien placée pour s’assurer un avenir radieux. »


Pour lire la tribune d’Hervé Guyader « L’accord avec le Mercosur remet l’Europe et ses normes au centre du monde » cliquer ICI.

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Pour la retraite … tout au long de la vie !

Dans Les Echos, Gaspard Koenig acte l’obsolescence de notre système de retraite face à un monde où l’indépendance devient la norme et la reconversion une nécessité.

 

Gaspard explique que comme pour beaucoup de trentenaires, la perspective de prendre sa retraite lui est très alléchante. La possibilité d’ouvrir une parenthèse hors de l’activité sociale, fidèle à l’étymologie du mot “retraite”. Il constate, hélas, que l’existence professionnelle est conçue comme une course d’endurance avec une ligne d’arrivée fixe et définitive. 

Mais Gaspard estime qu’une autre approche est possible. S’inspirant des travaux de François-Xavier Oliveau, expert de GenerationLibre et auteur de Microcapitalisme dans notre collection aux PUF, il propose de réfléchir à la création d’un compte temps universel qui fusionnerait chômage et retraite. 

A l’âge numérique, où l’indépendance devient la norme et la reconversion une nécessité, ne faut-il pas repenser la retraite ?

Avec un compte temps universel, tout actif accumulerait des points en cotisant de manière volontaire. Il pourrait dépenser ses points à tout moment, convertissant ainsi une partie de son capital temps en une rente lui permettant de s’abstraire provisoirement du monde productif, avant de recommencer à gagner des points avec une activité rémunératrice.

Un compte temps universel abolirait la distinction entre licenciement et démission, chômage et congé sabbatique.

Ce compte temps universel permettrait à l’individu de gérer sa vie de manière autonome et renforcerait le principe de mutualisation en faisant varier la valeur du point en fonction des équilibres démographiques et économiques. Comme Rousseau, l’on pourrait ainsi profiter de sa jeunesse pour sentir les charmes de la retraite.


Pour lire la chronique de Gaspard Koenig « Je suis trentenaire et je veux partir à la retraite » cliquer ICI.

Pour découvrir notre ouvrage Microcapitalisme, cliquer ICI.

Casser le libre-échange bloquerait la transition écologique

Après plus de vingt ans de négociations, un accord de libre-échange a été conclu entre les pays du Mercosur et ceux de l’Union Européenne. Dans L’Opinion, Maxime Sbaihi revient sur les bienfaits de cet accord pour l’économie et pour l’écologie.

 

Dans un contexte où plane le fantôme du protectionnisme, tout l’intérêt de cet accord commercial est de rappeler les bienfaits de la mondialisation, qui l’emporte largement sur des pertes sectorisées.

Le commerce international a permis de diviser par deux le nombre de pays pauvres depuis 2000 et de faire sortir plus d’un milliard de personnes de l’extrême pauvreté depuis 1990.

C’est d’abord une bonne nouvelle pour l’économie, puisque cet accord concerne 700 millions de personnes, soit un quart du PIB mondial. Les industriels européens et les entreprises agricoles du Mercosur auront accès à de nouveaux marchés, à de nouveaux clients privés et publics.

L’Europe a le pouvoir commercial, grâce à ses accords de libre-échange, de redessiner la mondialisation pour la rendre plus verte.

C’est une victoire pour l’écologie aussi : l’accord inclut le respect des accords de Paris sur le climat. L’Europe tire parti de son statut de premier marché mondial pour commencer à imposer une mondialisation plus verte et plus respectueuse de l’environnement.


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