Tigray : « La France doit renouer avec le droit d’ingérence » Gaspard Koenig

Dans sa chronique pour Les Echos, Gaspard Koenig exprime son désarroi face au désintérêt de la France pour le monde au XXIème siècle. 

 

Gaspard relate la menace d’une guerre civile au Tigray, territoire situé un nord de l’Ethiopie. Une situation peu évoquée dans la presse française alors que la famine menace entre deux et quatre millions de personnes. Par contraste, Gaspard se rappelle de la mobilisation des Français pour aider les Somaliens en 1992. À l’époque, il était du devoir moral, pour un pays prospère, que de subvenir aux besoins d’une population en situation d’urgence sanitaire.

« Toute notre génération avait été sensibilisée à l’aide humanitaire. »

Aujourd’hui Gaspard constate une certaine indifférence de la France vis-à-vis du monde. La Chine s’est substituée à l’URSS comme puissance totalitaire mais le citoyen européen s’indigne moins des procès politiques qui s’y déroulent. La situation des Ouïghours, popularisée en Europe par le député européen Raphaël Glucksmann, n’a pas engendré de boycott du textile chinois.

« Défendre nos valeurs n’est ni un luxe pour temps calme, ni un abus néocolonial.  »

Le devoir d’ingérence est pourtant un concept forgé par le philosophe libéral Français Jean-François Revel. Pour Gaspard, il y a urgence. La France doit renouer avec la défense des Droits de l’homme et l’universalisme.


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Publié le 27/01/2021.

Et si on déconfinait les stages et le travail le dimanche ?

Dans sa chronique pour l’Opinion, Maxime Sbaihi regrette une gestion de crise qui ne rompt pas avec la tradition française de l’hyper-normalisation.   

 

Les protocoles sanitaires s’ajoutent à un cadre légal déjà opulent dans notre quotidien. Si la Covid-19 peut bel et bien empêcher le citoyen de respirer, seule l’omniprésence de la norme dans ses activités peut l’étouffer. Exemples avec le repos dominical et les stages de plus de six mois.

« La montagne de textes grossit année après année dans une fuite en avant qui veut en rajouter toujours plus sans prendre le soin d’ajuster l’existant. »

Le fait d’interdire le travail le dimanche, dans une période où le rythme est cassé quotidiennement par un couvre-feu à 18 heures, relève d’une véritable ineptie. Surtout, aucun citoyen ne devrait être empêché de travailler, d’autant plus dans ce contexte. Pour Maxime, la période est au contraire propice à généraliser le travail le dimanche dans le respect des conditions déjà établies (rémunération, volontariat…).

« Empêcher d’ouvrir et travailler le dimanche était une absurdité économique que la crise vient de transformer en paradoxe de société. »

Cette complexité administrative est tout aussi incompréhensible au regard des périodes de stages. L’étudiant, déjà confiné et délesté de ses études, n’a pas la possibilité d’effectuer un stage de plus de six mois dans un même organisme d’accueil. Préexistante à la crise sanitaire, cette disposition empêche l’étudiant de poursuivre son expérience professionnelle.

Dans cette situation exceptionnelle où le quotidien des Français est bouleversé, Maxime appelle l’État à adapter son fonctionnement : simplifier plutôt que normaliser.


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Publié le 26/01/2021.

« Il faut enfin tourner le pays vers la jeunesse » Maxime Sbaihi

Dans Le Figaro, Maxime Sbaihi explique que si le monde n’était pas meilleur avant, la jeunesse en France est aujourd’hui laissée au second plan dans une société toujours plus vieillissante. 

 

Maxime répond à la « Lettre à mon petit-fils » de Christine Clerc publiée le 14 janvier dernier dans Le Figaro. S’il partage son constat optimiste, il pointe aussi son insuffisance face aux difficultés rencontrées par la jeunesse.

« Notre monde est certes meilleur mais celui de la jeunesse est en péril. Commençons par le reconnaître et cessons de la culpabiliser, sans pour autant la victimiser. »

Au premier rang de ces difficultés se trouve le défi environnemental laissé par l’insouciance des générations précédentes. En ces temps de crise sanitaire, Maxime y ajoute la multiplication des restrictions de libertés.

« La jeunesse ne sature pas les hôpitaux, le virus ne la touche pas, et pourtant la voilà interdite de fêter, voyager, vagabonder, se mélanger. »

Maxime regrette la culpabilisation qui pèse sur la jeunesse alors que celle des années 1960 a continué de vivre quand la grippe de Hongkong saturait les hôpitaux eu 1969.

« S’il est utile de se remémorer que le monde n’était pas mieux avant, il est aussi important de rappeler que notre pays n’a jamais été aussi vieillissant. »

Selon Maxime, la France, mal préparée au choc démographique du vieillissement de la population, n’a pas su préserver l’avenir de sa jeunesse. Les plus de 60 ans sont plus nombreux que les moins de 20 ans et le niveau de vie des retraités dépasse aujourd’hui celui des actifs qui doivent supporter des dépenses de protection sociale toujours plus importantes. 

Pour Maxime, cette crise révèle l’urgence de redonner à la jeunesse sa place dans la société, « lui donner des opportunités plutôt que des subventions, et enfin tourner le pays vers elle, c’est-à-dire l’avenir ». 


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Pour lire notre article « Et s’il fallait ne confiner que les plus âgés et les plus vulnérables ? », cliquer ICI.

 

Publié le 18/01/2021.

Pour une écologie libérale

Dans Les Echos, Gaspard Koenig lit chez Attenborough et Tocqueville les clefs d’une écologie libérale alliant développement scientifique et investissement économique. 

 

Gaspard décrit le sentiment de regret que nous inspirent les documentaires du naturaliste David Attenborough. Emerveillé par ses images d’une nature complexe, le spectateur ne peut que se désoler de la destruction des écosystèmes par l’action humaine. Gaspard retrouve ce sentiment de regret chez Alexis de Tocqueville qui anticipait déjà la destruction de la nature sauvage du Michigan par la course vers le progrès. 

« Tocqueville, aussi prescient sur l’écologie que sur la politique, imagine avec deux siècles d’avance le sentiment de culpabilité qu’Attenborough nous inspire en images. »

Gaspard souligne le point commun entre Tocqueville et Attenborough : s’ils regrettent l’aliénation de l’environnement par l’action humaine, ils ne prêchent pas pour autant la décroissance, conscients que le progrès humain est inéluctable. 

« La liberté a un coût qu’aucun indice de développement ne saurait nous faire oublier. Cependant, regretter n’implique pas de régresser. »

Pour Gaspard, c’est par le progrès que l’homme peut corriger son action, comme le suggère David Attenborough en concluant sa dernière série de documentaires par un tour d’horizon des prouesses technologiques au service de l’environnement. La recette d’une écologie libérale réside donc dans notre capacité à mettre le progrès au service de la protection de l’environnement.  


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Pour lire notre article : « Écologie : une solution européenne de marché », cliquer ICI.

 

Publié le 13/01/2021.

[Lu Ailleurs] « La remise en question des libertés individuelles n’améliore en rien la sécurité collective. » Nicolas Baverez

Dans Le Figaro, Nicolas Baverez alerte sur la tentation autoritaire de l’État en temps de crise. Une dérive qui s’inscrit dans le prolongement de l’extrême centralisation du pouvoir en France. 

 

Si pour Nicolas Baverez la crise de la Covid-19 déstabilise toutes les démocraties par la nécessité de mesures attentatoires aux libertés et la difficulté de maintenir le débat public, la France demeure une exception par l’extrême concentration du pouvoir de décision entre les mains du président de la République.

« La pandémie marque un tournant en poussant à l’extrême la tentation étatique et autoritaire qui caractérise le quinquennat d’Emmanuel Macron. »

La France fait également figure d’exception en recourant systématiquement à l’état d’urgence, encore réutilisé dans le cadre de la crise sanitaire.

Ces dispositions d’urgence s’accompagnent d’une rhétorique guerrière incarnée par le recours au Conseil de Défense qui concentre encore davantage le pouvoir entre les mains de l’exécutif. Nicolas Baverez alerte sur les dangers de cette gestion ultra-sécuritaire de la crise qui s’avère moins efficace que la voie de la concertation, notamment empruntée par l’Allemagne. 

« La démonstration a été faite depuis longtemps que la pénalisation à outrance dictée par l’actualité dégradait l’État de droit sans diminuer la violence. »

Nicolas Baverez s’inquiète de la demande croissante de sécurité au détriment de la liberté. Il rappelle que notre État possède un arsenal répressif sans comparaison parmi les démocraties européennes. Un arsenal pourtant renforcé par « une avalanche de projets et de propositions de lois qui rivalisent de mesures attentatoires » sans parvenir à faire diminuer la violence et le terrorisme. 

Pour Nicolas Baverez, la concertation est la clef de la gestion des crises que nous traversons et il serait plus efficace de maîtriser nos outils répressifs plutôt que de les étendre toujours davantage, au risque de porter atteinte à l’État de droit. 


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Publié le 18/12/2020.

Rester humain dans la Smart-City – Gaspard Koenig

Dans les cahiers de l’IAE Paris Sorbonne, Gaspard Koenig appelle à une utilisation de l’intelligence artificielle plus respectueuse de nos besoins anthropologiques dans la ville de demain. 

 

Gaspard souligne la longueur d’avance de la Chine dans la mise en oeuvre des outils d’intelligence artificielle dans la ville. Une position pionnière qui s’explique par l’absence de restrictions en matière de protection de la vie privée. Par opposition, l’importance des restrictions dans nos sociétés occidentales a freiné considérablement la recherche sur l’intelligence artificielle. 

« Ce qui m’intéresse c’est de savoir si un modèle alternatif, utilisant les technologies de manière moins efficace mais plus respectueuse de nos vies privées, peut exister ou si, progressivement, le modèle chinois va s’imposer. »

L’appréhension différente de l’intelligence artificielle en Chine et en Occident revient pour Gaspard au dilemme qui oppose efficacité et liberté. Ce dilemme est notamment celui de la police prédictive qui peut parvenir à des résultats significatifs en terme de prévention des crimes mais présente une véritable atteinte à nos libertés. 

Pour Gaspard, le juste milieu consisterait à rendre chacun propriétaire de ses données et ainsi le rendre libre de les mettre à disposition de l’État ou des entreprises ou de les garder privées. Ce système créerait des passagers clandestins qui bénéficierait de la recherche nourrie par ceux qui ont accepté de céder leurs données mais présenterait l’immense avantage de rendre à chacun son autonomie. 

« Si on avait utilisé une IA pour construire Paris, il n’y aurait pas un seul touriste dans les rues. »

Les espaces rendus parfaitement autonomes par l’intelligence artificielles, à l’instar des villes « autonomous-car-centered » en Chine, risquent pour Gaspard de délaisser nos besoins anthropologiques en rendant le familier artificiel. Les villes ne doivent pour autant pas abandonner l’intelligence artificielle mais réguler ses utilisations.  


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Publié le 17/12/2020.

« L’intransigeance de l’Union finira par donner raison aux Brexiters » Gaspard Koenig

Dans Les Echos, Gaspard Koenig rappelle son aversion pour les Brexiters mais s’inquiète que l’intransigeance de l’Union européenne vienne conforter l’euroscepticisme. 

 

Le Brexit s’accompagne pour Gaspard d’un bouleversement des traditions politiques britanniques qui rompt avec la doctrine de la « Global Britain ». Le Brexit a divisé le pays qui emprunte la voie du repli nationaliste alors que l’Union européenne demeure unie et ouverte. Gaspard souligne l’ironie des ambitions déchues du Royaume-Uni face à une Union européenne qui incarne le progrès.

« Autrefois homme malade de l’Europe, le Royaume-Uni est désormais son ado fugueur. »

Si l’Union européenne apparaît vainqueure, Gaspard alerte sur son intransigeance face au Royaume-Uni. Selon lui, la protection du marché unique ne légitime pas la défense radicale de la « concurrence loyale » par l’Union. Avec l’exigence d’un alignement total sur les normes européennes des aides d’Etat, du droit social ou de l’environnement, Bruxelles prive le Royaume-Uni de se doter d’avantages comparatifs pour s’insérer dans la compétition mondiale. 

Une position en rupture avec la doctrine de droit de la concurrence de la Commission, pourtant particulièrement efficace, qui favorise la compétition entre les entreprises par une politique anti-trust sans pour autant sanctionner les avantages compartifs.

« Cette attitude intransigeante finira hélas par donner raison aux Brexiters, Polexiters et autres eurosceptiques qui dénoncent l’impérialisme croissant de l’Union. »

Gaspard craint que la posture de Bruxelles donne raison à ses détracteurs. Privée du Royaume-Uni, sa « force de rappel libérale », l’Union risque, aux yeux de Gaspard, d’entretenir une uniformisation forcée. 


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Publié le 16/12/2020.

Lutter contre la servitude en 2020 – Gaspard Koenig

Pour Gaspard Koenig, à lire dans le 1 hebdo, la liberté n’est pas seulement affaire de systèmes politique et économique mais relève de la capacité de choix. 

 

Si la France est régulièrement condamnée pour manquement au respect de certaines libertés individuelles, notre pays reste pour Gaspard une société libre grâce au poids des contre-pouvoirs, à la liberté d’expression ou encore à l’équité des procès. Mais pour lui, la liberté n’est pas seulement affaire de système politique ou de pouvoir économique, car il faut aussi se pencher « la capacité de choix individuelle ». 

« La liberté n’est pas seulement une question de pouvoir d’achat ni même de gouvernance politique, c’est avant tout  la possibilité de mener une vie singulière, sans Dieu ni maître. »

Notre société libre risque aux yeux de Gaspard de sombrer dans la « servitude réglée douce et paisible » de Tocqueville, noyée dans une série de normes, publiques ou privées, échappant au pouvoir démocratique, qui contraignent insidueusement la liberté de choix.  

« Tocqueville s’était trompé sur un point. Certes notre servitude est réglée, mais elle n’est ni douce ni paisible. Au fond de nous continue à luire l’envie de tenter le diable. C’est à la fois notre pénitence et notre espoir. »

Ces innombrables normes sont à l’oeuvre de tout temps, très bien analysées par David Graeber dans l’Empire romain comme dans le Royaume-Uni d’aujourd’hui. Gaspard observe que chaque génération doit se révolter contre « le fléau bureaucratique » : la liberté « est une conquêtre sans cesse renouvelée ».

« Chaque génération doit secouer le joug en générant ses propres barbares (les black blocs ?). La liberté n’est pas une téléologie mais une conquête sans cesse renouvelée. »


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Publié le 10/12/2020.

Sait-on distinguer l’illusion du réel ? – Gaspard Koenig

Gaspard Koenig voit dans les polémiques sur la véracité des intrigues de la série The Crown une manifestation de notre incapacité grandissante à distinguer fiction et réalité.

 

La polémique entre le ministre de la Culture britannique, qui souhaitait une mention du caractère fictif de la série avant chaque épisode, et la plateforme Netflix, qui s’y est opposée, révèle pour Gaspard notre incapacité autonome de distinguer réel et fiction. 

« De même que l’on ne sait plus trier entre informations exactes et fausses nouvelles, va-t-on avoir besoin de signer une décharge de vérité avant d’ouvrir un roman ? »

Gaspard regrette les effets de ce mouvement de confusion entre réalité et imaginaire sur l’accueil et l’interprétation de la fiction. La traque de la vérité conduit à ses yeux à oublier que la fiction peut servir l’histoire par l’esthétisme. À condition que l’auteur et le destinataire en comprennent les mêmes limites. 

« Pour éviter les confusions, il faut se donner régulièrement des coups de réel. »

Pour sortir du doute, il faut pour Gaspard se donner des expériences du réel loin du tout virtuel. 


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Publié le 09/12/2020.

[Lu Ailleurs] La technologie ne doit pas servir un renversement ultra-sécuritaire – Asma Mhalla

Dans Libération, Asma Mhalla dénonce l’utilisation ultrasécuritaire de la technologie dans la proposition de loi « sécurité globale ». 

 

Asma Mhalla revient sur la multiplication des « usages techno-sécuritaires » dans nos sociétés. La proposition de loi « sécurité globale » consacre l’utilisation de la reconnaissance faciale dans l’espace public grâce à des drones dont les images seraient utilisées en temps réel. Un outil dangereux aux yeux d’Asma Mhalla qui rappelle que la Défenseure des droits avait alerté sur les « risques considérables » de ces méthodes de surveillance intrusive. 

« L’enjeu démocratique est majeur : nous sommes en train d’industrialiser les dispositifs de surveillance. »

La paranoïa de l’État porte les germes de son bouleversement symbolique en opérant une nouvelle hiérarchisation de ses prérogatives. Le Contrat social s’en voit renversé, l’État plaçant la sécurité au sommet de l’échelle des valeurs au détriment de la liberté et de la préservation de la vie privée. 

« Sous prétexte de protéger la société, les choix sécuritaires en réalité l’exposent. »

Asma Mhalla explique que cet armement de la technologie au service de la sécurité nécessite une sous-traitance auprès d’entreprises spécialisées qui met à mal non seulement la souveraineté de l’État mais aussi la « souveraineté du citoyen de disposer de lui-même ». 

« Les nouvelles technologies constituent pourtant un formidable outil de politique publique. »

Asma Mhalla regrette que la technologie ne soit pas plutôt mise au service de politiques publiques ambitieuses dans les domaines de l’écologie, de l’urbanisme ou encore de l’industrie. Elle permettrait à ses yeux de mieux comprendre nos société et de faire avancer la connaissance.

Selon Asma Mhalla, il est urgent de renforcer le poids des contre-pouvoirs afin de protéger efficacement nos libertés publiques et de parvenir à un « contrat social renouvelé ».


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Publié le 04/12/2020.

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