Un cahier de doléances moderne : le Bon Coin des revendications citoyennes

Fil rouge de l’actualité, le mouvement de Gilets Jaunes est devenu le symbole de la déconnexion entre la majorité présidentielle et les Français. Le collectif « Laissez faire les Français », dont fait partie Edouard Fillias, le vice-président de GénérationLibre, s’interroge sur un moyen durable pour sortir de cette crise sociale (lire ICI).

Il faut aller au-delà des apparences et analyser le mouvement des gilets jaunes comme symptomatique du mal-être des Français. Le rôle de Jupiter que l’actuel locataire de l’Elysée a choisi d’endosser, allié aux codes des institutions françaises, fait de lui la seule cible et le responsable de la révolte.

Compte tenu du contexte actuel, les citoyens ne seront satisfaits que par de multiples adaptations – sur mesure – à leurs besoins particuliers. Impossible. Il faut donc sortir du système où l’Etat est le seul agent capable de répondre aux attentes des citoyens.

Il suffirait de lancer plusieurs plateformes qui soient en quelque sorte des « bon coin de la revendication syndicale.

Il faut créer une plateforme où les individus pourraient exprimer leurs doléances et où d’autres pourraient y répondre : adapter le fonctionnement du marché aux revendications sociales pour que la demande rencontre enfin une offre dont elle est digne.


Pour lire la tribune co-signée par Edouard Fillias « Gilet jaunes: qu’attend-on pour lancer Le Bon coin de la revendication syndicale? », cliquer ICI.

Pour retrouver les analyses de Maxime Sbaihi sur le plateau de BFM Business, cliquer ICI.

Pour lire l’analyse des politiques fiscales écologiques par notre expert François-Xavier Oliveau, cliquer ICI.

Pour découvrir l’analyse, en anglais, de Louis Sarkozy, qui cite notre expert François-Xavier Oliveau, cliquer ICI.

Europe : cherchons des solutions plutôt que des boucs émissaires

En contraste avec l’actualité monopolisée par le mouvement des Gilets Jaunes, Maxime Sbaihi revient dans une interview pour PUTSCH sur des sujets qui ne restent pas moins brûlants : l’évolution politique de l’Europe, le rôle de l’Etat et la pression fiscale.

L’Italie s’agite beaucoup face à Bruxelles, surtout face à la zone euro et à la BCE. Sanctions budgétaires, loi de finance italienne, non-sortie de la zone euro, les sujets sont nombreux mais ne sont que des écrans de fumée. Maxime souligne que l’interdépendance des économies de la zone euro est trop forte pour qu’un pays, quel qu’il soit, se permette de la menacer. Les menaces sur la zone euro ne sont que des armes de dissuasion, dans une forme de guerre froide des temps modernes.

La menace, ou du moins l’enjeu, est ailleurs : les élections européennes à venir devraient voir le renforcement des idées populistes, eurosceptiques, illibérales. Un challenge à relever pour les offres politiques alternatives. Avec au moins un cheval de bataille commun : la place de l’Etat et de la fiscalité dans la société. Il y a des choix à faire, et il ne faut pas se tromper d’ennemi.


Pour lire l’interview de Maxime Sbaihi « Salvini et Di Maio ne cherchent pas des solutions mais des boucs émissaires », cliquer ICI.

Fisc et réseaux sociaux : refusons de « partager » ce qui nous est cher ?

« La vertu même a besoin de limites », déclarait Montesquieu. Cette leçon, notre gouvernement semble pourtant l’ignorer. Invité le 11 novembre dernier sur le plateau de l’émission Capital, Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des Comptes publics, proposait ainsi de lutter contre la fraude fiscale en scrutant nos fils d’actualités Facebook. C’est par l’intermédiaire d’une interview accordée au FigaroVox que Gaspard Koenig réagit à cette annonce.

 

Gaspard Koenig pointe d’abord les dangers inévitables d’une telle mesure : conjointement à la loi renseignement et à la création d’un fichier TES, ce dispositif achèverait en effet de donner à l’État les moyens techniques et législatifs d’organiser une surveillance complète de l’ensemble de sa population. Le pouvoir ne se régule jamais par lui-même, affirme notre président, à la suite de l’auteur de l’Esprit des lois.

L’État qui d’un côté jure de protéger notre vie privée contre les GAFA ne cesse d’y pénétrer par tous les moyens.

Nous ne sommes toutefois pas les détenteurs de nos données et en acceptant machinalement d’interminables conditions d’utilisation, nous en cédons gracieusement l’exploitation. Comment alors empêcher notre gouvernement de se les approprier à son tour, de gré ou de force, et d’en faire un malheureux usage ?

Mais on pourrait retourner cette logique en encourageant tous les Français, dans un acte de résistance civile plein d’humour, à multiplier les selfies devant des voitures de luxe et des villas.

Certains diront que si nous n’avons rien à nous reprocher, nous n’aurons en conséquence rien à craindre. A ceux là et depuis ses débuts, Génération Libre objecte qu’aucune liberté n’existe vraiment sans ces zones grises, à l’abri du regard de l’autorité, où le citoyen exemplaire peut enfin redevenir un homme comme un autre.

C’est aussi à nous de retrouver le sens de notre intimité, en refusant de «partager» ce qui nous est le plus cher. Au-delà de la question du fisc, c’est une affaire de dignité personnelle.


Pour lire l’entretien « Traquer les fraudeurs grâce aux réseaux sociaux ou l’extension continue de la surveillance », cliquer ICI.

Ca bouge chez GL !

Delphine Granier, directrice adjointe de GénérationLibre, quitte le think-tank pour partir vers de nouveaux horizons. C’est Mathilde Broquet-Courboillet, jusqu’alors collaboratrice parlementaire, qui reprend son poste. Entretien croisé.

 

GénérationLibre : Delphine et Mathilde, pouvez-vous vous présenter ? 

Delphine Granier : J’ai 27 ans – dont 4 ans, 8 mois et 28 jours passés chez GenerationLibre (GL) précisément ! J’ai rejoint GL après un cursus à Sciences Po Paris, le 4 février 2014, moins d’un an après le lancement du think-tank. C’était, pour être exacte, le jour de la 1ère cérémonie des Gaspards organisée par GL et L’Opinion pour récompenser les phrases les plus anti-libérales de nos politiques. Cérémonie qui avait lieu au… Conseil économique, social et environnemental ! J’ai, le temps d’une soirée, douté des convictions libérales de GL… [rires]. De février 2014 à septembre 2018, c’est un chemin considérable que GenerationLibre a parcouru. En l’espace de quatre ans, GL est passé d’un stade embryonnaire à celui de  véritable think-tank, installé dans le débat public, produisant régulièrement des rapports et des notes, incarnant des idées radicales et nouvelles. J’ai commencé aux côtés de Gaspard [Koenig] en tant que « bras droit », mobilisée sur une grande partie des tâches, de la production de rapports aux tâches les plus élémentaires. Année après année, le think-tank s’est agrandi et l’équipe s’est étoffée. Depuis 2016, je coordonne la production de l’ensemble des notes et rapports avec nos experts, supervise la diffusion des publications auprès des médias, des décideurs et je représente occasionnellement GL lors de conférences et dans les médias.

Mathilde Broquet-Courboillet : J’ai 28 ans et à l’origine je me destinais à devenir… infirmière ! Juste après mon bac L, j’ai donc intégré l’IFSI [Institut de formation en soins infirmiers] de Rouen pour devenir infirmière psychiatrique. Mais au bout de deux années je me suis rendue compte que ce n’était vraiment pas ma vocation, et c’est une vocation ! J’ai donc décidé de me réorienter vers la communication en me basant sur mon expérience de présidente du BDE. Après une licence en relations publiques, relations presse et événementiel à l’ISCOM j’ai intégré le Master en communication politique de l’European Communication School. Alternante, j’ai passé plus de temps en immersion professionnelle qu’en cours, de la COP 21 à la Direction générale de l’armement, en passant par l’agence Image 7 et la direction de la com’ d’une campagne de législatives. Finalement, je suis plus ou moins revenue à mes premières amours : le milieu politique est le plus grand hôpital psychiatrique à ciel ouvert du monde ! [éclats de rire]

GL : Mathilde, tu quittes un emploi de collaboratrice parlementaire pour rejoindre notre think-tank. Pourquoi ?

MBC : Je viens de passer un an à l’Assemblée nationale auprès d’une députée de la majorité. Ce qui est sympa dans le boulot de collaborateur, c’est qu’on devient un vrai couteau suisse et qu’on voit vraiment la fabrique de la loi de l’intérieur. Ce qui est moins agréable, c’est qu’on ne se bat pas pour ses propres idées et que très rapidement le travail devient celui d’un exécutant dont l’opinion et l’avis ne sont pas pris en compte. C’est pour cette raison que j’ai voulu rejoindre Génération Libre. Cela faisait plusieurs années que je suivais Gaspard Koenig à la radio, dans ses tribunes ou lors de conférences et je me retrouvais systématiquement dans ses propos. Alors quand l’offre a été publiée, j’ai tenté le coup et me voilà !

GL : Delphine, tu as quasiment fondé le think-tank avec Gaspard il y a presque cinq ans. Pourquoi partir ?

DG : Le changement est sain ! A titre personnel, ces presque cinq années chez GenerationLibre auront été d’une richesse inestimable. Je pense aujourd’hui qu’il est temps pour moi de tourner une nouvelle page. Je quitte l’aventure avec un pincement au coeur… Mais je prendrai dès demain ma cotisation officielle à GL ! En ce qui concerne le think-tank, le renouvellement des équipes est tout aussi sain. Accueillir de nouvelles recrues, c’est apporter un regard neuf et des idées nouvelles. C’est essentiel pour une organisation, quelle que soit sa taille, de ne pas s’enkyster. De mon côté, je continuerai naturellement à suivre de près l’actualité du think-tank ; à en diffuser, à mon niveau, les idées ; et à encourager à rejoindre le combat d’idées. Je reste plus que jamais convaincue du rôle essentiel des think-tanks dans la vie publique.

GL : Mathilde, est-ce que les think-tanks prennent de l’importance ?

MBC : Je pense que le rôle général des think-tanks n’est pas encore assez reconnu en France. Il y a un vrai travail à mener auprès du grand public et des décideurs pour faire comprendre le besoin d’organisations indépendantes dans la décision publique. Le temps politique empêche les élus d’approfondir les sujets dont ils sont saisis. C’est donc le rôle des think-tanks d’apporter cette profondeur de pensée et de ré-apporter de l’idéologie dans le débat public.

GL : Delphine, que retiens-tu de ton expérience ?

DG : Ce fut une expérience hors du commun. Et très précieuse à de multiples points de vue. Contribuer au lancement d’une structure comme un think-tank est un apprentissage de tous les jours, tant sur le plan intellectuel, que sur le plan opérationnel. En cinq ans, notre rythme de publication s’est accéléré, notre ligne doctrinale s’est étoffée, nos idées se sont installées dans le débat et ont, aussi, posé les termes de nouveaux débats. Le think-tank s’est consolidé. Nous étions deux permanents à l’origine, nous sommes aujourd’hui une équipe de sept personnes remarquables, la plupart à plein temps. Enfin, avoir l’opportunité  de travailler aux côtés de quelqu’un comme Gaspard [Koenig] est une chance exceptionnelle.

GL : Mathilde, comment vois-tu ton rôle chez GénérationLibre ? Comment défendre le libéralisme aujourd’hui ?

MBC : Je vois aujourd’hui mon rôle chez GL comme une vulgarisatrice, une facilitatrice. Malheureusement, en France, le libéralisme n’est encore trop entendu que dans sa définition économique autour du libre-échange et l’autorégulation des marchés. La France a oublié que le libéralisme, c’est avant tout la possibilité pour chacun de se trouver, de s’autodéterminer et donc par extension de se responsabiliser. J’ai pour objectif de continuer à développer la notoriété de GénérationLibre, sa pensée, sa vision et d’expliquer sa pertinence. Je veux pouvoir permettre à tout un chacun de comprendre réellement le libéralisme et de se l’approprier.

GL : Delphine, comment vois-tu l’avenir pour GL et le libéralisme en France ?

DG : GenerationLibre est aujourd’hui une petite pépite du combat d’idées. C’est une organisation agile, rodée, efficace, devenue indispensable au débat public. Sur le fond, nos experts planchent actuellement sur plusieurs rapports d’importance et de nouvelles recrues de grande qualité rejoignent régulièrement notre cercle de contributeurs. Sur la forme, l’équipe s’est musclée depuis l’arrivée de Maxime [Sbaihi] au commande du think-tank et je me réjouis du recrutement de Mathilde pour me remplacer. Après cinq ans chez GenerationLibre, je mesure, à notre échelle, tout le chemin parcouru. Et je mesure également le chemin qu’il reste à parcourir pour redonner au libéralisme ces lettres d’or en France. Les idées libérales sont encore méconnues, trop souvent injustement associées à la droite et au capitalisme, anormalement minoritaires. C’est pourtant un courant de pensée né en France, fondé sur le respect de l’individu, opposé à la rente, qui voit dans le marché un levier d’émancipation et qui se trouve à l’origine de plusieurs conquêtes sociales. Dans un numéro récent, à l’occasion de son 175e anniversaire, « The Economist » rappelait que le libéralisme est « un engagement universel pour le respect de la dignité de l’individu, des marchés ouverts, un gouvernement limité et une foi dans le progrès humain ». Je continuerai à porter, à mon niveau, cette voix pour la liberté.

Pourquoi n’emprunter au « revenu universel » que son nom ?

Emmanuel Macron a annoncé la création d’un « revenu universel d’activité » le jeudi 13 septembre. « Un grand mot pour une simple fusion de trois minima sociaux » qui n’est pas un revenu universel, comme l’a expliqué notre directeur général, Maxime Sbaihi, sur France24.

Sur la même chaîne, Gaspard Koenig, président de GénérationLibre, a dénoncé la malhonnêteté intellectuelle autour du nom de ce nouveau dispositif présenté par le chef de l’Etat. « La mesure ressemble à la proposition de campagne de François Fillon de fusionner les prestations, et à ce que font les Britanniques sous le nom de « Universal Crédit », et qui d’ailleurs ne se passe pas très bien… Mais cela ne ressemble en rien au revenu universel ! » a encore expliqué Gaspard dans un entretien à L’Express.

Un revenu inconditionnel pour tous

La proposition développée par Marc de Basquiat et Gaspard Koenig consiste en un revenu pour tous, inconditionnel, et pour toute la vie, entièrement financé sous la forme d’un crédit d’impôt. Un modèle radicalement nouveau qui s’appuie sur la refonte de l’impôt sur le revenu ainsi que la simplification d’un certain nombre d’aides existantes.

Un modèle où le travaille paie

Dans un entretien pour Atlantico, notre expert Marc de Basquiat rappelle que c’est précisément le mécanisme inconditionnel de notre revenu universel qui peut supprimer tous les effets de seuils, trappes à inactivité et à bases salaires : « En supprimant la conditionnalité des prestations actuelles (RSA et Prime d’activité en particulier) ainsi que la complication du calcul des cotisations sociales (réduction Fillon), toute heure travaillée se traduit mécaniquement par un gain financier significatif. »

Un dispositif entièrement financé

Dans une tribune pour Challenges, Delphine Granier, directrice adjointe de GénérationLibre, précise l’intérêt de notre revenu universel « LIBER » qui restera neutre pour les finances publiques : « Versé à chacun sous la forme d’un crédit d’impôt, il justifiera une réforme fiscale pour individualiser l’impôt. Décroissant de façon linéaire avec l’augmentation des revenus, le revenu universel supprimera les « effets de seuil » et encouragera ainsi l’activité. En permettant une rationalisation du système redistributif et des économies de gestion. »


Pour revoir le passage de Gaspard Koenig sur France 24, cliquer ICI.

Pour revoir le passage de Maxime Sbaihi sur France24, cliquer ICI.

Pour lire l’entretien de Gaspard Koenig dans L’Express, « Parler du revenu universel d’activité est malhonnête », cliquer ICIUne analyse reprise par Les Inrocks ICI ou encore Libération ICI.

Pour lire l’analyse de Marc de Basquiat dans Atlantico, « Revenu universel d’activité, une volonté sympathique, le risque de rester enfermé dans ses contradictions », cliquer ICI.

Pour lire la tribune de Delphine Granier dans Challenges « Pourquoi le revenu universel d’activité de Macron porte bien mal son nom », cliquer ICI

Pour (re)découvrir notre proposition « Un revenu de liberté pour tous », cliquer ICI.

Réseaux sociaux : l’Etat ne doit pas se mêler de nos addictions !

Si Gaspard Koenig pointe du doigt le caractère addictif des réseaux sociaux, il s’insurge aussi contre l’addiction des gouvernements à la législation.

Au cours de l’été, Gaspard a pris conscience de « l’aliénation inhérente aux modèles économiques de Facebook et Twitter », plateformes qu’il a ainsi définitivement quittées. Un récit à (re)lire dans sa chronique de rentrée pour Les Echos, reprise et citée au détours de billets d’humeur sur France Culture et dans Le Point la semaine dernière.

Pour autant, Gaspard dénonce dans cet entretien pour Le Figaro la proposition du secrétaire d’Etat au numérique, Mounir Mahjoubi, qui souhaite que l’Etat légifère afin de sevrer les citoyens. Il s’agirait de ne pas mettre en place de nouvelles logiques prohibitives dont l’échec total est déjà connu à l’endroit de l’alcool ou des drogues.

« C’est à nous-mêmes de maîtriser nos addictions, y compris d’ailleurs via des techniques d’auto-contrainte », insiste le président de GénérationLibre, qui ne manque pas de souligner que s’il faut s’opposer à l’Etat-nounou, le risque d’un Réseau-nounou est aussi à prendre au sérieux.


Le Figaro Vox, le 11 septembre 2018, par Gaspard Koenig, Président de GenerationLibre.

Pour lire la tribune Les réseaux sociaux sont addictifs, mais ce n’est pas à l’Etat de s’en mêler, cliquer ICI.

 

Loi PACTE : quelle entreprise pour demain ?

Dans le dernier numéro de Socialter, Violaine de Filippis, co-auteur de notre note « Objet social » : ne laissons pas le juge moraliser l’entreprise (lire ICI), alerte sur les risques que comportent la loi PACTE actuellement discutée à l’Assemblée nationale.

L’avocate s’inquiète de ce qui devra être mis en œuvre pour remplir la nouvelle obligation faite aux sociétés de prendre en considération les enjeux sociaux et environnementaux, alors que celles-ci doivent déjà respecter les codes de l’environnement et du travail.

« Est-ce que désormais, une entreprise qui refuserait d’ouvrir une crèche pour ses salariés pourra se le voir reprocher ? » Par cette question, elle dénonce des formulations vagues qui conduiraient à une judiciarisation disproportionnée des rapports entre les sociétés et les parties prenantes.

Le magazine rappelle par ailleurs que nous voyons dans la nouvelle définition de l’entreprise, proposée dans le projet de loi, la consécration d’une impuissance de l’Etat qui délègue à l’entreprise la conception du bien commun.

Notre note propose une réécriture différente de l’article 1833 du Code civil pour retranscrire l’existence de normes sociales et environnementales sans ouvrir de risques juridiques.

Pour lire l’article, cliquer ICI.

Macron sur la voie d’un revenu universel ?

 

Dans une vidéo publiée hier soir par la conseillère en communication de l’Élysée, on y voit le président peaufiner, avec son équipe, le discours qu’il doit prononcer aujourd’hui lors du 42e congrès de la Mutualité française. A cette occasion, Emmanuel Macron a évoqué le dossier sensible des aides sociales. Sans mâcher ses mots.

 

« On met un pognon de dingue dans les minima sociaux et les gens ne s’en sortent pas » attaque bille en tête Emmanuel Macron, avant d’ajouter, « Les gens pauvres restent pauvres, ceux qui tombent pauvres restent pauvres. On doit avoir un TRUC qui permet aux gens de s’en sortir ». 

Cela tombe bien, GenerationLibre a ce «TRUC ». Il l’a théorisé, chiffré et même modélisé. Ce «TRUC»… c’est le LIBER. Un revenu universel, neutre sur les finances publiques, devant permettre à chacun de subvenir à ses besoins fondamentaux.

Retrouvez la vidéo de présentation du LIBER ci-après ainsi que nos 2 rapports sur le sujet ICI et

Ya plus qu’à Monsieur Le Président !


#Sondage : les Français et le libéralisme

 Le 4 juin 2018

 

Pour la quatrième année consécutive, l’Ifop a réalisé sa quatrième vague de sondage sur « Les Français et le libéralisme » pour le compte de GenerationLibre et l’Opinion. Retour sur les grands enseignements de cette étude.

 

  • « Libéralisme » : « quelque chose que l’on aime »

Le mot « libéralisme » suscite, comme les années précédentes, l’adhésion de 57% des Français. Un résultat d’autant plus intéressant si l’on affine en fonction de l’âge des sondés : ce sont 69% des 18-24 ans et 62 % des 65 ans et plus qui plébiscitent le « libéralisme ». 

Ce sont par ailleurs les détenteurs du CEP et/ou du BEPC et les Français en cours d’études qui disent apprécier cette notion (à 63% et 65 % respectivement), contre 52% des sondés ayant atteint le premier cycle du supérieur.

  • Une confusion persistante sur le sens doctrinal 

Malgré l’adhésion d’une partie des Français au mot « libéralisme », ces derniers peinent toujours, dans leur globalité, à définir correctement cette notion. En témoigne les personnalités politiques françaises qui sont jugées incarner le mieux cette doctrine. 

Selon les sondés, c’est Emmanuel Macron qui occupe la première position (20 %) loin devant Edouard Philippe (6%). Plus surprenant, Marion Maréchal occupe la quatrième place. Quant à Marine Le Pen et Laurent Wauquiez, ils occupent conjointement la sixième place. A l’inverse, le libéral-libertaire Daniel Cohn-Bendit, comme il se définit lui-même, se retrouve en queue de peloton, cité par seulement 4 % des sondés. 

Quant à l’action menée par le gouvernement, 35% des sondés jugent la politique d’Emmanuel Macron et du gouvernement d’Edouard Philippe trop libérale. 41 % des moins de 35 ans partagent cet avis contre 31 % pour les 35 ans et plus. Parmi les catégories socio-professionnelles inférieures (employés et ouvriers), ils sont 40 % à estimer au contraire que la politique du gouvernement n’est pas assez libérale, contre 28 % pour les catégories socio-professionnelles supérieures ( PCS +) . 

A ce titre, le niveau de diplôme semble un paramètre déterminant : les détenteurs du CAP et/ou du BEP sont 46% à juger la politique actuelle du gouvernement pas assez libérale, contre 22 % pour ceux ayant réalisé au moins un 2 ème cycle du supérieur. 

Un travail de pédagogie sur ce qu’est véritablement le libéralisme nécessite, plus que jamais, d’être poursuivi. Le combat d’idées demeure essentiel pour que les idées libérales gagnent en visibilité et en soutiens. C’est ce à quoi s’emploie GenerationLibre au quotidien.

  • Revenu universel : un « effet Hamon » ?

Alors que 60 % des sondés étaient favorables à la mise en place d’un revenu universel en 2015, ils ne sont que plus que 45 % aujourd’hui. La candidature de Benoît Hamon durant les élections présidentielles n’est probablement pas étrangère à cette diminution. En témoigne la coloration très à gauche des sondés en faveur du revenu de base : 73 % des sympathisants de la France Insoumise se déclarent en faveur de cette mesure, malgré l’opposition de Jean-Luc Mélenchon à l’idée. Parmi les sondés s’estimant proches des Républicains, seuls 26 % soutiennent le revenu universel. 

Le facteur générationnel n’est pas neutre non plus : 57 % des 18-24 ans y sont favorables contre 72 % des 65 ans et plus qui y sont opposés. Quant aux travailleurs indépendants, conscients de la nécessité de nouvelles protections appropriées aux nouvelles formes de travail, ils sont 53 % à soutenir le revenu universel. 

Ces résultats traduisent la nécessité de renforcer le travail de diffusion de la version libérale du revenu universel, que GenerationLibre propose notamment depuis 2014 avec le LIBER. Il apparaît de plus en plus urgent de « débenoîtiser » le revenu de base pour montrer que des options alternatives crédibles existent.

  • Protection des données personnelles : une opinion publique de plus en plus vigilante

Parmi les libertés considérées comme les moins garanties en France, la protection des données sur Internet occupent la deuxième place (65 %), juste derrière l’égalité devant la loi (67 %). Malgré la récente entrée en vigueur du RGPD, cette prise de conscience des menaces portant sur nos données personnelles gagne du terrain, 

Les travaux de GenerationLibre en faveur d’un droit de propriété sur les données personnelles s’inscrivent dans cette tendance. 


Retrouvez ICI l’intégralité de l’étude. 

 

Nouveau DG pour GL !

Jusqu’alors économiste chez Bloomberg, Maxime Sbaihi rejoint GenerationLibre comme directeur général. Spécialiste des politiques monétaires et fin connaisseur des institutions européennes, il nous livre ici ses ambitions pour le think tank. Entretien. 


  1. Vous quittez Bloomberg et Londres pour GenerationLibre et Paris. Pourquoi ce choix ? 

Maxime Sbaihi : Après 4 ans passés à la City, j’étais à la recherche d’un nouveau défi, de quelque chose qui m’éloigne de l’épuisante immédiateté des marchés financiers pour me rapprocher de la réflexion de fond – et pas que sur l’économie. Quand Gaspard m’a proposé de prendre la direction de Génération Libre je n’ai pas hésité longtemps. Je connais bien Génération Libre pour être membre depuis plusieurs années et avoir parfois aidé en sous-main. Le combat que mène l’équipe est admirable et j’ai envie d’en faire partie. Quitter Londres n’a pas été facile mais l’ambiance a changé depuis mon arrivée en 2014. On mange du Brexit matin, midi et soir, ça devient indigeste.

 

  1. Beaucoup perçoivent encore la pensée libérale comme une doctrine philosophique conservatrice sur les questions de société, vecteur d’inégalités, proche des milieux bancaires et disciple du grand capital. Comment l’expliquez-vous ? Sur ces sujets et dans la continuité du travail engagé depuis 5 ans, quelles seront vos priorités ?

MS : En France, le libéralisme a toujours été très mal défendu, avec peu de porte-paroles. On a oublié la doctrine philosophique, pourtant née en France, et on a gardé une image fausse et purement économique de coupes budgétaires et de la dérégulation financière. Il faut ramer à contre-courant de décennies de caricatures pour rappeler que le libéralisme c’est justement la lutte contre les rentes, contre l’esprit de tribu, contre ce qui empêche l’autonomie de l’individu. On ne choisit pas où, quand et comment on nait, mais on doit pouvoir choisir comment vivre sa vie afin de la vivre pleinement. L’un des leitmotivs de Génération Libre, vivre et laisser vivre, prend tout son sens. Ma priorité c’est de faire porter cette voix plus loin, de manière concrète et intelligente, avec de nouvelles têtes. Tous les renforts sont les bienvenus !

 

  1. Contrairement à leurs homologues anglo-saxons et européens, les think tanks français, leurs rôles, leurs travaux, demeurent méconnus du grand public. Quelles sont vos ambitions pour GenerationLibre, en France et en Europe ?

MS : La France n’a pas une tradition de think-tanks comme au Royaume-Uni où ils nourrissent les réflexions et l’action politique. Peut-être est-ce parce que là-bas ils préfèrent les idées aux idéologies et qu’ici c’est l’inverse. Les think-tanks sont pourtant indispensables au débat public, surtout à l’heure où les partis politiques semblent avoir abandonné la réflexion créative. Les travaux de Génération Libre sur le revenu universel ou sur la patrimonialité des données sont remarquables. Les sujets ne manquent pas et il faut viser plus large et communiquer mieux pour atteindre le grand public, et notamment les nouvelles générations. Il faut aussi être davantage présents à Bruxelles pour peser sur les décisions. L’échelle nationale n’est pas toujours la plus pertinente, on le voit bien avec les données personnelles.