Écologie : les incitations de marché contre la planification d’État

Dans un débat sur RTL chez Yves Calvi, notre directeur Christophe Seltzer condamne la proposition de Jean-Marc Jancovici de limiter le nombre de vols à 4 par vie et défend un système d’incitations par le prix et le marché.  

 

Face à la « planification écologique » et à l’interdiction proposée par Jean-Marc Jancovici sur lesquels reviennent les invités de l’émission, Christophe défend une autre voie pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, fondée sur la généralisation d’une tarification carbone. Dans la lignée de notre tribune intitulée « Les enjeux climatiques ne se réduisent pas à ceux de la justice sociale », il montre qu’en internalisant nos émissions de gaz à effet de serre dans le prix de tous nos biens et services, on inciterait d’une part les consommateurs à choisir massivement les produits les moins émetteurs et inciterait d’autre part les entreprises à réduire efficacement leurs émissions afin de maintenir des prix compétitifs.

 

https://twitter.com/seltzer_c/status/1664211757248700419?s=20

 

À cela s’ajoute en plus un effet pédagogique permettant au consommateur d’avoir connaissance de l’impact climatique, bien souvent flou, des produits qu’il achète. Afin de ne pas pénaliser les plus pauvres, et de laisser tous les consommateurs arbitrer eux-mêmes d’un point de vue monétaire et écologique entre leurs préférences, notre directeur propose un système de redistribution des recettes générées à tous les Français. Comme l’explique notre expert François-Xavier Oliveau sur Twitter, « les recettes étant rendues intégralement aux citoyens sur une base égalitaire, le mécanisme est naturellement redistributif et ne réduit pas le pouvoir d’achat ».

 

« La logique derrière est : parce que le prix est plus élevé, la consommation va se transformer et la production aussi. On va ainsi pouvoir atteindre l’objectif qu’on vise sans passer par une planification par le haut et sans imposer aux gens des choix qu’ils peuvent arbitrer par eux-mêmes » – Christophe Seltzer  

Toujours sur Twitter, dans un long thread, François-Xavier revient sur le rapport Pisani-Ferry du 22 mai 2023 qui propose un programme à ses yeux très vertical de planification écologique. Il met en évidence ce qui selon lui s’apparente à des coûts liés non à la transition écologique en elle-même, mais aux coûts supplémentaires qu’induit le choix de la planification. Pour ce faire, il se fonde sur l’analyse du coût d’abattement indiqué par le rapport, soit le prix à dépenser pour éviter l’émission d’une tonne équivalent CO2. Remarquant que ce coût d’abattement est près de 12 fois supérieur dans les estimations du Gouvernement à celui calculé par le GIEC, il souligne le caractère disproportionné de ces coûts qu’il attribue davantage au choix d’une planification qu’à la transition elle-même. Il préconise bien davantage une autonomie des secteurs pour déterminer eux-mêmes où concentrer leurs efforts en matière d’écologie plutôt que de confier à l’État la tâche de tout vouloir gérer.

 

 

De son côté, dans une tribune signée en mars 2023 pour les Échos, Guillaume Bazot, qui travaille avec d’autres sur notre rapport à paraître en faveur de la tarification carbone, revient sur la distinction entre le combat de la justice sociale et celui de la justice climatique. Il distingue ainsi entre deux luttes qui n’ont selon lui pas les mêmes objectifs. Il montre d’abord l’absurdité de vouloir redistribuer les richesses des plus aisés pour réduire les émissions carbone, car cela ne ferait que faire dépenser à d’autres le carbone qu’ils consomment déjà. Il rappelle par ailleurs que « les rejets de GES par euro de revenu sont moins élevés chez les plus aisés ».

 

« Le rapport de France Stratégie a finalement un immense mérite : il suggère qu’en matière d’écologie, ce n’est pas tant la transition qui coûte cher que la planification. » – François-Xavier Oliveau


Pour voir le débat, cliquer ICI.

Pour lire la tribune de Kevin Brookes et Jean-François Thibault « Lutter contre le réchauffement climatique ne doit pas être antisocial », cliquer ICI.

Pour lire l’argumentaire de François-Xavier Oliveau sur les coûts d’abattement, cliquer ICI.

Pour lire la chronique de Guillaume Bazot sur les objectifs climatiques et la justice sociale, cliquer ICI.

Pour découvrir notre rapport « Supprimer les subventions aux énergies fossiles », cliquer ICI.

 

Publié le 02/06/2023.

Le populisme des institutions de la Ve République contre le Parlement

Dans un entretien croisé avec Christophe Bouillaud pour Atlantico, notre directeur Christophe Seltzer dénonce la logique intrinsèquement populiste de la Ve telle qu’elle est devenue. 

 

Pour commencer, l’un et l’autre réagissent à l’amendement de suppression de l’article 1 de la proposition de loi du groupe LIOT, qui vise à abroger la retraite à 64 ans. Christophe Bouillaud dénonce « une manoeuvre parlementaire » qui fait clairement apparaître la volonté du camp macronien (et des chefs de LR) de ne pas revenir sur la retraite à 64 ans. Notre directeur rappelle que ces manoeuvres manifestent un refus d’obstacle, bien qu’elles soient légales et constitutionnelles.

 

« Il y a un passage en force politique qui abîme la démocratie et qui choque de nombreux Français. Attention, qui sème le vent récolte la tempête. »

En s’appuyant sur ce qu’ont dit les grands intellectuels libéraux Jean-François Revel et Raymond Aron, Christophe défend un de nos combats phares : la déprésidentialisation de la Ve République. Il appelle à revaloriser le Parlement dans le débat institutionnel et y ramener la radicalité afin de raviver le pluralisme politique. Pour lui, notre crise politique est avant tout institutionnelle car nos institutions sont tournées vers le monarque présidentiel et ne servent qu’à valider ses décisions. Le débat démocratique est en réalité biaisé dès le départ, car la souveraineté parlementaire est bafouée (surtout sous l’ère des présidents Sarkozy, Hollande et Macron). 

 

« Nous sommes une anomalie dans le monde des démocraties libérales. »

Notre directeur dénonce des institutions « intrinsèquement populistes ». Notre Parlement n’a jamais semblé aussi faible et la logique d’équilibre des pouvoirs n’est plus respectée. Désormais, plus rien ne peut « contrebalancer la toute-puissance et l’irresponsabilité du Président ». Christophe appelle à faire évoluer le mode de scrutin de l’élection présidentielle car le suffrage universel direct fait perdre son sens à la démocratie. Cette élection ne se résume plus qu’à un peuple qui élit un homme sur la base de sa personnalité et non de ses idées. Finalement, tous les maux du pays lui sont attribués et les Français finissent par se choisir un nouveau monarque. 

 

« Ni radical, ni révolutionnaire, Emmanuel Macron se perd peut-être dans un populisme doux, gentillet, qui ne prend pas son risque idéologique et se contente de sauver les meubles d’un système à bout de souffle. »

Depuis les années 90, aucun bouleversement politique n’a eu réellement lieu en France. Il est à noter que la lettre originelle de la Constitution s’appliquait encore relativement et le Parlement exerçait sa souveraineté lors des périodes de cohabitation. Même sans cohabitation, il y avait encore dans la pratique gaullienne du pouvoir par le président François Mitterrand, une plus grande latitude d’action laissée au Premier ministre et au Gouvernement, comme l’explique Raphaël Hadas-Lebel, dans un article intitulé « François Mitterrand et la fonction présidentielle » que notre directeur cite.

Ayant à l’esprit les tentatives d’interdiction du colloque de l’Action Française il y a quelques semaines, Christophe a beau jeu de montrer que le retour à une monarchie ne serait pas forcément un recul de la démocratie, non plus qu’une VIe République, si elle était moins jacobine que ce que Jean-Luc Mélenchon doit immanquablement avoir en tête. La monarchie britannique ne fait pas montre du même déséquilibre institutionnel que la République française : paradoxalement, elle s’avère plus démocratique et parlementaire.

« Il n’y a plus de débat idéologique ni de grandes visions de changement sur l’échiquier politique. »

 


Pour lire l’entretien croisé de Christophe, cliquer ICI.

Pour découvrir notre rapport « Déprésidentialiser la Ve République », cliquer ICI.

Pour lire l’article « François Mitterrand et la fonction présidentielle » que Christophe cite, cliquer ICI.

 

Publié le 01/06/2023.

La liberté de conscience, un rempart à la « décivilisation »

Dans sa chronique pour L’Opinion, notre présidente Monique Canto-Sperber défend la liberté de conscience et d’expression face au risque de « décivilisation » qui menacerait une société incapable d’assumer comme de tolérer une diversité de points de vue.

 

Monique commence par revenir sur le sens moderne de la liberté, définie par la délimitation d’un espace privé et totalement indépendant de pouvoirs extérieurs, qu’ils soient sociaux ou politiques, une sphère protégée où l’individu peut agir selon ses propres convictions. « Ni de droite, ni de gauche », ce principe de liberté « traverse les partages politiques » et fonde toutes les conceptions politiques.

 

« Pareille conception de la liberté [est] présente chez les libéraux de gauche et les anarchistes comme chez l’économiste Friedrich Hayek. »

Cette vision n’est pas celle d’un individu tout puissant dans ses caprices et ses désirs sans bornes, mais d’une liberté qui peut se déployer au sein de la société civile, garantie par l’État pour que chacun jouisse de cet espace d’autonomie.

 

« Le vieux rêve d’un contrôle des individus et d’une ingénierie sociale semble du reste réapparaître en version soft dans l’ambition de collecte systématique des traces laissées par les activités humaines afin de prédire nos préférences, pour nous confronter ensuite à une plausibilité statistique de nous-mêmes. »

Cette liberté peut s’exprimer de différentes manières : liberté d’expression, de conscience, d’opinion… et se dresse en rempart face aux forces sociales qui tentent de façonner et contrôler les individus à leur guise. À travers les époques et sous des manifestations différentes, de la liberté religieuse au XVIIème siècle à la Résistance, c’est donc toujours le même principe de liberté qui s’est exprimé face aux autoritarismes cherchant à créer un individu unique et uniforme.

 

« En procédant à cette forme d’euphémisation du monde, en amenant nos enfants à vivre dans une culture où toute trace de racisme est vouée à disparaître, nous créons une situation où ils ne pourront pas comprendre en quoi nos convictions morales d’aujourd’hui sont liées à une histoire et quelle en est la valeur. »

Aujourd’hui pourtant cette liberté est menacée : par la surveillance de masse indiscriminée ou encore la collecte systématique des données censées prédire nos comportements futurs. Surtout, elle est menacée lorsque certaines opinions sont jugées inadmissibles et inaudibles au sein d’une société, et qu’il est refusé par principe de les discuter. Selon Monique, le processus d’« euphémisation du monde » qui vise à lui retirer toute sa « rudesse » (comme modifier des occurrences racistes ou oppressives dans les écrits du passé) ne peut mener qu’à une homogénéisation de la pensée, et in fine à une société incapable d’interroger ses propres convictions ni d’être en mesure de les défendre, car incapable de les comprendre. Pour Monique, là résiderait vraiment une « décivilisation ».

 

« A ne tolérer que ce qui est semblable à nous, nous ne deviendrons plus qu’une société d’individus aux jugements réflexes, qui auront oublié la liberté si précieuse de délibérer en soi-même et de se faire son propre jugement. »


Pour lire la chronique de Monique, cliquer ICI.

Pour lire notre rapport « Pour rétablir la liberté d’expression », cliquer ICI.

 

Publié le 31/05/2023.

Repenser le travail au XXIe siècle

Invitée à introduire la conférence intitulée « (Re)penser le travail » organisée à l’Assemblée nationale par Aurélien Pradié (député LR du Lot), notre présidente Monique Canto-Sperber appelle à étudier la question sous un prisme plus moderne et plus libéral. 

 

Aurélien Pradié se penche sur la place du travail dans notre société avec plusieurs collègues députés et experts. Le but est de « repenser le travail dans notre société pour aujourd’hui et pour l’avenir » en évoquant divers sujets comme l’organisation du travail, la rémunération, la formation ou encore la participation.

Notre présidente rappelle sa conviction que le travail est nécessaire à l’organisation de nos sociétés. Il s’agit d’une question clé pour l’avenir de la société, tant au niveau de la liberté que de l’autonomie des êtres humains. Monique retrace l’histoire du travail et rappelle que dès la fin des années 90, des secteurs entiers du travail salarié et des services ont été condamnés, notamment à cause de la robotisation (éducation, santé, administratif…). Une nouvelle réflexion est alors née du « grand scepticisme » à l’égard du travail. Nous avons trouvé plus de fluidité, de souplesse et d’engagement dans le travail. Tout cela nous pousse aujourd’hui encore à réinventer le travail. 

 

« D’une certaine façon, cette prise de conscience collective sur l’importance du travail dans nos vies a été tout à fait salutaire. » – Monique Canto-Sperber

Monique observe une grande effervescence des thématiques évoquées ces dernières années. La crise sanitaire a permis de libérer l’expression de beaucoup d’aspirations. Elle s’est révélée être un moment clé, où les craintes et les inquiétudes des citoyens ont pu s’exprimer. Malheureusement, il y a aussi une forme de « désaffection » de la notion de travail, tant aux États-Unis qu’en France. 

 

« La crise sanitaire du Covid est apparue comme un extraordinaire dispositif d’observation sur les mutations du travail. » – Monique Canto-Sperber

 

Les débats sur la réforme des retraites se sont focalisés sur la question de l’âge de départ, mais d’autres problématiques plus importantes en ont été écartées. Il est donc nécessaire de ramener dans le débat des questions telles que le travail des jeunes, les nouvelles formes de travail, l’auto-entrepreneuriat, le rapport entre travail et temps libre… Monique propose de donner plus de sens aux pratiques, de décider de notre manière de travailler, d’obtenir plus d’autonomie… Certaines études soulignent une baisse de la productivité des salariés sur leur lieu de travail, mais Monique estime que l’efficacité devrait s’évaluer en fonction des tâches accomplies et non pas du nombre d’heures effectuées. 

 

« Les nouvelles formes de travail hybrides ont permis d’assouplir considérablement la notion de temps de travail. » – Monique Canto-Sperber

De son côté, dans sa chronique de la semaine pour l’Opinion, notre ancien directeur Maxime Sbaihi appelle à revaloriser le travail. Pour lui, les Français « sont plus que jamais au boulot » mais le travail ne permet plus vraiment de gagner sa vie.

Il dénonce lui aussi des débats biaisés lors de la réforme des retraites. Pour Maxime, les Français étaient contre le texte, mais pas contre le fait de travailler ! D’ailleurs, les chiffres de l’INSEE le prouvent : « Au-delà des chiffres exceptionnellement bas du chômage, qui frôlent leur meilleure performance sur trente ans, c’est la vigueur du taux d’activité qui frappe : sur la tranche de référence des 15-64 ans, il a grimpé à 74  % l’année dernière en France. »

 

« Ni paresseux, ni torturés, les Français sont au travail et heureux à la tâche. Ce constat doit être rétabli dans le débat public et former le point de départ de la réflexion autour du « pacte de la vie au travail » lancée par le gouvernement. » – Maxime Sbaihi

 


Pour regarder l’intervention de Monique à l’Assemblée Nationale, cliquer ICI.

Pour lire la chronique de Maxime, cliquer ICI.

Pour lire notre rapport « Travailler demain », cliquer ICI.

Pour lire notre rapport « L’auto-entrepreneur, la révolution en marche », cliquer ICI.

 

Publié le 25/05/2023.

Revenu universel : Marc de Basquiat x Nicolas Bouzou

Pour Le Crayon, dans un duel de 40′ avec Nicolas Bouzou, notre expert Marc de Basquiat défend notre proposition de revenu universel pour assurer aux citoyens les moyens de survivre et d’effectuer leurs propres choix. 

 

Un de nos combats phares est la mise en place d’un impôt négatif en France, un revenu de liberté. Le postulat de départ est simple : certains de nos concitoyens n’ont pas de quoi se nourrir. Il apparaît donc plus qu’urgent d’instaurer un socle de redistribution des richesses commun et universel leur garantissant plus d’autonomie et de liberté. Il s’agit d’une solution absolument identique pour tous les résidents légaux en France, qui leur assurerait un revenu inconditionnel de 500 euros par mois et qui serait financé par une imposition à 30% sur leurs revenus du mois précédent.

 

« Les gens qui ont faim ne cherchent pas à travailler, ils cherchent à manger. »

Ce revenu universel s’inscrit dans notre volonté de simplification. Il se substituerait aux aides sociales actuelles (RSA, prime pour l’emploi…) car Marc l’affirme, le système actuel est trop compliqué est surtout il désincite au travail. En remettant en cause notre système socio-fiscal actuel, il démontre comment il est possible de mettre en place un fonctionnement simple, cohérent, financé et universel. 

 

« Aucun être humain ne fonctionne s’il n’est pas à 37 degrés. Je dirais que 37 degrés c’est 17 euros par jour. »

Marc pense que le travail doit rester au coeur de la vie en société et qu’il s’agit d’un moyen pour chacun de nous de nous épanouir et de nous réaliser. Notre revenu universel, tout en permettant à chacun de survivre sans condition, permet aussi, contrairement au système actuel, de faire que reprendre un travail ou travailler davantage permettra systématiquement de gagner davantage.

 

« Quand je propose un revenu universel, c’est pour aider les gens à retourner vers l’activité. »

Si Nicolas Bouzou ne conteste pas les chiffres et le raisonnement économique de Marc, il précise à plusieurs reprises être oppose « par principe » à l’idée de verser une somme de façon inconditionnelle à tous les Français.

 


Pour regarder la vidéo, cliquer ICI.

Pour consulter notre rapport « Liber : un revenu de liberté pour tous », cliquer ICI.

 

Publié le 22/05/2023.

Que valent les milliards du Président ?

Notre expert Marc de Basquiat défend dans un entretien accordé à Atlantico une baisse des « impôts invisibles » et réels qui pèsent sur les contribuables, et qui devrait selon lui remplacer les baisses d’impôts floues promises par le président de la République.

 

Marc revient sur l’annonce d’Emmanuel Macron d’une baisse d’impôt de 2 milliards d’euros devant affecter les « classes moyennes », et qui fait selon lui l’objet d’un grand flou définitionnel. À l’appui des analyses de Julien Damon, Marc fustige l’usage de cette notion, alors même qu’elle recouvre des réalités économiques et sociologiques très vastes.

Notre expert reproche au président de la République une méthode totalement inversée par rapport à ce que la logique tout comme les institutions voudraient : il faudrait partir des problèmes à résoudre pour identifier les mesures à mettre en place puis seulement les quantifier. Sans exposition claire d’objectifs politiques précis, la communication de chiffres abstraits semble davantage faire office d’annonce médiatique destinée à « susciter l’intérêt ». C’est selon lui l’hyperprésidentialisme français qui nous incite à attendre du président qu’il soit à l’origine des solutions là où son rôle devrait consister en l’analyse stratégique des difficultés auxquelles fait face la société française et l’annonce des objectifs à atteindre. Il devrait ensuite faire appel aux experts sur la question et aux élus politiques pour proposer des solutions.

 

« Je rêve d’un président qui énonce quelques priorités, s’assure qu’elles forment un consensus assez large dans le pays, puis mobilise toutes les intelligences (sauf la sienne !) pour les atteindre. »

Marc revient ensuite sur l’effondrement du service public qui contraste avec la bonne santé économique de la plupart des grands groupes, et ne fait que creuser l’écart entre secteurs public et privé. Face à cette situation, l’économiste préconise que l’État entame une réflexion « make or buy » (faire ou faire faire) : déterminer ce qu’il doit continuer à faire et ce qui doit être placé sous régime concurrentiel.

 

« Alors que certains craignent un « grand remplacement », plus ou moins visible sur le territoire, tous constatent le ”grand déclassement“ d’un Etat qui ne parvient plus à assurer les services essentiels »

Selon Marc, le pouvoir d’achat est bloqué par deux problèmes majeurs : la fixation des salaires et l’explosion du coût de l’immobilier.

Les salaires français sont en effet très resserrés au niveau du Smic (« un salarié payé 2 Smic figure dans les 25% les plus aisés du pays » !) car d’une part le Smic français est particulièrement élevé, et d’autre part les cotisations à payer sur les salaires diminuent énormément l’intérêt financier d’une augmentation de salaire au-dessus du Smic. La solution viendrait selon Marc d’une part d’un « impôt négatif » engobant un « revenu universel » et d’autre part d’une réorganisation des cotisations sociales.

Concernant le coût du logement, Marc préconise une simplification drastique du fonctionnement du marché de l’immobilier et de ses taxes sous la forme d’un unique « impôt sur le capital immobilier » indexé sur la valeur du bien détenu, et de remplacer une multitude d’interventions publiques par un unique « service universel du logement ».

 

« A l’Etat la définition des objectifs de politiques publiques et le contrôle, aux agents privés la créativité, la recherche de solutions et de performance. »

 


Pour lire l’article, cliquer ICI.

Pour lire notre rapport sur le « Revenu universel », cliquer ICI.

Pour lire notre rapport sur le « Liber : une proposition réaliste », cliquer ICI.

 

Publié le 18/05/2023.

Le libéralisme, meilleur antidote à tous les extrémismes

Dans sa chronique pour l’Opinion, notre présidente Monique Canto-Sperber appelle à lutter contre la vision caricaturale du libéralisme, perpétuellement perçu comme un dogmatisme économique plutôt qu’une politique des libertés.

 

Monique étudie le sondage sur les libertés réalisé par l’Ifop pour l’Opinion et la Fondation Concorde. Ce sondage nous révèle que 64% des Français considèrent que les libertés individuelles se sont affaiblies ces dix dernières années. Toutefois, les Français gardent une relation assez complexe avec le libéralisme. Ils chérissent la liberté mais deviennent de plus en plus méfiants vis-à-vis au terme « libéralisme ». Pour Monique, les sondés ne font pas de lien entre la défense des libertés et les engagements libéraux.

 

« Le libéralisme en France est aujourd’hui réduit à une version caricaturale du libéralisme économique, à un dogmatisme des « réformes » allié à l’indifférence aux questions sociales. »

Les libertés individuelles sont ressenties en baisse, particulièrement chez les électeurs de gauche et du RN, notamment suite aux mesures restrictives de la crise Covid et aux menaces sur la liberté de manifester. Logiquement, le président de la République apparaît donc moins libéral qu’au moment de son élection. Bien que les Français ressentent nettement une perte de liberté, le libéralisme est aujourd’hui mal-aimé et n’apparaît pas comme une réponse politique logique aux crises actuelles.

 

« Le décalage est frappant entre l’impression de libertés amoindries et la labellisation comme libéraux de ceux qui furent responsables des mesures qui semblent avoir causé cette impression. »

En France, le libéralisme est réduit à une vision tronquée du libéralisme économique, alors qu’il n’est qu’une doctrine qui prend « la liberté comme boussole », toutes les libertés. Ses détracteurs n’y voient qu’un épouvantail, une suprématie du marché faisant l’impasse sur les questions sociales. 

 

« Le libéralisme, ou politique des libertés, ne se réduit pas à la liberté économique, qui en est un ingrédient toujours nécessaire, mais jamais suffisant. »

Monique revient sur l’histoire des grandes démocraties libérales et appelle au combat pour leur protection et leur réhabilitation. Il est urgent de rappeler que le libéralisme est une option politique crédible, capable de faire barrage à la pauvreté et à l’extrémisme. 

 

« En encourageant la participation politique, le pluralisme, la rationalité publique et la liberté de la critique, le libéralisme peut se révéler aussi le meilleur antidote à la tentation de l’extrémisme. »

 


Pour lire la chronique de Monique, cliquer ICI.

Pour découvrir notre « Observatoire des Libertés Confinées », cliquer ICI.

 

Publié le 16/05/2023.

La liberté d’entreprendre, ce contre-pouvoir

Interrogée pour les 10 ans du journal L’Opinion sur la liberté d’entreprendre, notre présidente Monique Canto-Sperber livre un plaidoyer en faveur de l’esprit d’entreprise.

 

« Ouvrir un chemin, voilà ce que signifie pour moi l’esprit d’entreprendre ». Au principe de l’idée d’entreprendre, il y a, pour Monique, la volonté de ne pas se satisfaire du monde tel qu’il est et de vouloir répondre à cette insatisfaction « malgré les labeurs, les tracasseries et le risque d’échec ».

 

« Avec la liberté d’entreprendre, l’homme devient responsable du monde »

Pourtant, comme le rappel notre présidente, cet esprit d’entreprendre est parfois assimilé à une quête de gains personnels : le geste créateur deviendrait alors « conquérant » et ne serait là que pour s’assurer un profit personnel au détriment d’autrui, une « prise de pouvoir » en somme.

 

« C’est bien l’acte d’entreprendre qui crée l’avenir et rend l’espoir possible »

Mais c’est mal comprendre ce qu’est véritablement la liberté d’entreprendre qui est au fond le meilleur rempart face à ces abus : car c’est précisément la multitude d’entreprises individuelles non coordonnées qui permet qu’aucune ne prenne le pas sur une autre, chacune limitant les abus des autres.

 

Par ailleurs, l’esprit d’entreprendre repose sur la confiance : celle qu’a su inspirer l’entrepreneur à ceux qui le financent et croient en sa capacité à réussir. C’est donc la croyance profonde que l’homme n’est pas voué à se contenter d’un destin figé mais en sa capacité à changer le monde.


Pour lire l’article, cliquer ICI.

Pour lire notre rapport « L’auto-entrepreneur, la révolution en marche », cliquer ICI.

Pour lire notre rapport « Libérer l’entreprise », cliquer ICI.

 

Publié le 12/05/2023.

Nazisme/communisme : même combat ?

Interrogé par Contrepoints sur l’équivalence (ou non) entre communisme et nazisme, notre chargé d’études Rafaël Anselem pose des distinctions entre ces deux totalitarismes. 

 

Pour Rafaël, si le communisme a conduit au totalitarisme, tout comme le nazisme, il refuse pour autant l’équivalence entre les deux régimes que certains peuvent être tentés de poser. On fait souvent l’erreur de ne voir le communisme et le nazisme qu’à travers le prisme unique et réducteur du totalitarisme : étant deux totalitarismes, ils seraient en quelque sorte complémentaires, deux manifestations d’un même principe. Mais pour notre chargé d’études, on oublie alors que contrairement au communisme, le nazisme se fonde sur une ontologie raciale et fondamentalement anti-libérale. Le nazisme s’oppose de ce fait à l’ « esprit des libertés » qui, pour Levinas, traverse en la guidant toute l’histoire de l’Occident depuis l’Antiquité.

 

« Les valeurs nazies et communistes ne se situent pas sur le même plan. Pour le dire simplement, je mange aisément à la table d’un communiste, pas à celle d’un nazi. »

Pour autant, Rafaël nous rappelle que le stalinisme n’est pas qu’une mise en application « ratée » des principes du communisme et qui aurait dégénéré, mais que la violence réside bien dans ses fondements mêmes. Car le communisme est bâti sur le refus de la séparation entre société civile et État, qui structure nos sociétés occidentales contemporaines. C’est cette distinction qui permet la création d’une sphère individuelle privée appartenant à chacun, et sur laquelle l’État n’a aucune prise. En refusant cette séparation, tout devient politique dans la société communiste et le champ d’action du Prince est illimité.

 

« Il y a une violence intrinsèque à la doctrine marxiste. La violence est contenue dans cette doctrine par l’effacement des individus qu’elle opère, d’autant plus marquée par une vision de la vie sociale tachée par la conflictualité (le prolétaire contre le bourgeois). »

En se fondant d’abord sur une vision finaliste de l’histoire qui doit aboutir à la libération du prolétariat, le communisme repose donc pour Rafaël nécessairement sur un effacement de l’individu et de sa vie intérieure au profit de la réalisation de l’Histoire, faisant de lui uniquement un moyen et non une fin. À une époque où l’esprit totalitaire prend des formes nouvelles et où le peuple peut céder aux chimères de l’utopie, il nous faut « en revenir à un esprit de libertés ».

 

« Face à des gens qui agitent l’utopie, qui animent une forme de spiritualité, il nous faut raviver un discours de la liberté qui soit poétique, qui aille chercher dans les passions, les émotions, afin d’éveiller une conscience de la liberté »


Pour lire l’entretien de Rafaël, cliquer ICI.

 

Publié le 09/05/2023.

Notre revenu universel contre la réforme du RSA du Gouvernement

Dans un entretien pour Atlantico, notre expert Marc de Basquiat défend notre proposition de revenu universel en réaction à la réforme du RSA portée par le ministre du Travail, Olivier Dussopt. 

 

Cette semaine, le ministre du Travail a annoncé une réforme du RSA qui prévoit de conditionner le versement de l’aide à 15 à 20 heures d’activités d’insertion ou de formation par semaine. Marc s’inquiète de l’efficacité de cette réforme. En effet, il y voit une sorte de « travail forcé » coûteux, difficile à mettre en place, et dont on voit mal comment il aidera les bénéficiaires du RSA, trop souvent installés dans la précarité, à retrouver du travail.

 

« Pouvons-nous imaginer que la magie opère en forçant les personnes les plus fragiles de notre société à venir s’asseoir 15 heures par semaine dans le bureau d’une administration, sans mission claire et sans perspective d’intégration ? »

Notre expert appelle à réformer « pour de vrai » le système social français. Il salue le travail de fond mené par Fabrice Lenglart, actuel directeur de la DRESS, sur le projet RUA (Revenu universel d’activité). Ce RUA, supposé regrouper le RSA, la prime d’activité et les aides au logement, a finalement pâti de la complexité de notre système.

 

« Il y a une déconnexion totale entre les discours simplistes des politiques et la réalité des réformes très techniques qui se trament dans l’ombre, grâce à la bonne volonté de quelques experts qui y comprennent un peu quelque chose. »

Marc défend à nouveau notre idée de revenu de liberté pour tous, qui lui, serait universel, automatique et inconditionnel. Ce revenu universel mensuel de 500 euros par adulte serait financé par une flat tax de 30%. Ainsi, cela aurait un effet redistributif quasi similaire à la combinaison de l’actuel impôt sur le revenu, du RSA et de la prime d’activité. À rebours des discours politiques simplistes, une réforme socio-fiscale un peu technique mais respectant un principe de simplification et assurant à tous un filet de sécurité contre la grande pauvreté.

 

« Comment la technostructure pourrait-elle admettre que les dizaines de milliers de règles compliquée et obscures actuelles ont une utilité très relative ? Comment se lancer dans un projet de simplification aussi massif sans une impulsion politique très déterminée ? »


Pour lire l’entretien de Marc, cliquer ICI.

Pour (re)lire notre rapport « Liber : un revenu de liberté pour tous », cliquer ICI.

 

Publié le 04/05/2023.