Manger « français » : une fausse bonne idée ?

Dans Les Échos, Vincent Delhomme et Benjamin Jan expliquent que privilégier un produit français ne se justifie pas systématiquement. Ni pour la planète, ni pour notre santé, ni pour nos agriculteurs, ni pour notre économie.

.

D’après les deux doctorants à l’UCLouvain et à l’Université de Liège, la tendance actuelle au manger local s’explique davantage par un patriotisme du ventre que par des arguments indiscutables.

« Si l’on souhaite limiter son empreinte carbone, il sera toujours préférable d’acheter une tomate espagnole qu’une viande française issue d’un élevage intensif. »

Vincent et Benjamin rappellent que l’agriculture française est très largement exportatrice avec plus de 6 milliards d’excédents commerciaux en 2020. Prôner une consommation nationale encouragerait les autres pays à faire de même, affaiblissant l’agro-alimentaire français. D’ailleurs, rappellent-ils, acheter français n’améliorera pas la rémunération des agriculteurs sans effort des distributeurs. Au passage, circuit court ne veut pas dire circuit national, en particulier dans les petits pays et les régions transfrontalières. En allant en Belgique, le Lillois fait bien du circuit court !

« Privilégier un produit français peut se justifier dans certaines situations, mais devrait résulter d’une démarche objective plutôt que d’un pur réflexe cocardier. »

En matière d’émissions de gaz à effet de serre, Vincent et Benjamin soulignent que le transport de longue distance pollue moins que le type de production, de consommation, ou certaines utilisation des sols. Pour la planète, mieux vaut cesser de manger de la viande qu’arrêter d’importer des aliments. Non content de faire erreur quand il encourage aveuglément le « manger français », l’État court finalement le risque de violer la protection européenne de la concurrence, qui permet pourtant d’imposer nos standards d’hygiène et de sureté alimentaire aux produits importés.


Pour lire la tribune de Vincent et de Benjamin Jan, cliquer ICI.

.

Publié le 25/10/2021.

Le pass sanitaire doit finir aux oubliettes

Dans L’Express, Vincent Delhomme explique son opposition à la prolongation du pass sanitaire et du régime transitoire de sortie de l’état d’urgence.

 

Si d’après Vincent, le pass a été un outil efficace pour accélérer le processus de vaccination, le conseil scientifique rappelle que son efficacité dans la lutte contre la pandémie reste limitée. Dès lors, son maintien alors que la population française est largement vaccinée pose question, d’autant plus que le contexte sanitaire semble s’améliorer.

Vincent rappelle que le pass sanitaire présente un caractère dystopique et « nous fait entrer un peu plus dans une ère de surveillance généralisée ». Sa mise en place a engendré une discrimination dans l’espace sociale : si l’instauration d’un pass sanitaire dans l’urgence pouvait s’entendre, il est grand temps désormais de le faire disparaître.

« Le passe sanitaire, adopté dans l’urgence, a joué son rôle. Il est grand temps qu’il finisse aux oubliettes. »

Vincent rappelle par ailleurs que la prolongation du régime transitoire de sortie de l’état d’urgence sanitaire, également prévue par le projet de loi, octroierait des pouvoirs digne d’un état d’urgence au Premier ministre. Ces pouvoirs exceptionnels qui s’exerceraient dans le contexte très particulier de l’élection présidentielle font craindre un usage excessif par l’exécutif.

Vincent note également que notre pays s’est habitué aux états d’urgence. D’après lui, le continuum des menaces (terrorisme, urgence écologique, crise sanitaire) « ne peuvent justifier de mettre nos institutions sous cloche de manière permanente ». Vincent appelle donc le Gouvernement a tenir compte des conclusions de l’étude 2021 du Conseil d’État – pour laquelle il a été consulté – qui invitent à un usage plus modéré des états d’urgence, afin de garantir davantage « le respect de l’État de droit et l’équilibre démocratique ».

Aux yeux de Vincent, la vaccination n’en reste pas moins indispensable pour lutter contre l’épidémie. À ce titre, il voit, dans l’obligation vaccinale, « la solution la plus honnête, la plus philosophiquement satisfaisante et la moins dangereuse, même si elle n’est pas idéale, est celle de l’obligation vaccinale ».


Pour lire la tribune de Vincent, cliquer ICI.

Pour retrouver notre Observatoire des Libertés Confinées, cliquer ICI.

Pour consulter l’étude annuelle 2021 du Conseil d’État sur les états d’urgence, cliquer ICI.

 

Publié le 21/10/2021.

Revenu universel, idée universelle ?

Dans Les Échos, Gaspard Koenig rend hommage aux travaux de notre expert Marc de Basquiat qui a largement contribué à la diffusion de l’idée d’un revenu universel en France.

 

D’après Gaspard, si l’idée d’un revenu universel commence à émerger en France, c’est grâce aux efforts acharnés de Marc de Basquiat. Celui-ci s’efforce depuis de nombreuses années à diffuser son modèle auprès auprès d’un maximum d’interlocuteurs sans se préoccuper de leurs horizons idéologiques. Il a ainsi rallié à sa cause des économistes comme Lionel Stoléru et François Bourguignon, des politiques allant de la très catholique Christine Boutin dans les années 2000 jusqu’aux candidats en 2017, de gauche comme de droite, Benoit Hamon et Nathalie Kosciusko-Morizet, tout autant qu’il a créé le débat avec l’OFCE, la Fondation Jean-Jaurès ou encore le Grand Orient de France. Il se murmure même qu’il aurait l’oreille du Pape.

« Pour rationaliser le système, éradiquer la grande pauvreté et émanciper les individus, le revenu universel s’avère la solution la plus élégante, la plus efficace, la plus juste. »

Si ce combat a été et est toujours si difficile à mener, c’est en grande partie parce que « la tuyauterie socio-fiscale française » est extrêmement complexe. Il n’en reste pas moins, d’après Gaspard, que la mise en place d’un revenu universel est indispensable pour résoudre les injustices sociales causées par la bureaucratie, simplifier le système complexe et conditionné des aides existantes et émanciper les individus. D’où l’importance des travaux de Marc qui a déployé ses talents d’ingénieur afin de concevoir un modèle de revenu universel à la fois applicable et soutenable.

« Au fond, peu importe l’écume des élections : seul compte le travail des idées, lent et souterrain. »

Bien que la mise en place d’un revenu universel ait encore politiquement du chemin à faire, Marc a réussi à faire mûrir cette idée dans l’opinion publique. C’est grâce à une adhésion populaire de plus en plus forte à son modèle qu’il espère créer à terme un consensus politique et forcer la main du Parlement. Le vote récent d’une résolution portée à l’Assemblée Nationale par la députée Valérie Petit lui donne pour l’instant raison.

À l’instar de Marc, GenerationLibre se mobilise quotidiennement pour faire avancer de multiples idées et propositions dans le débat public.


Pour lire la chronique de Gaspard, cliquer ICI.

Pour retrouver notre billet « Comprendre le socle citoyen », cliquer ICI.

Pour retrouver notre rapport « Liber : un revenu de liberté pour tous », cliquer ICI.

 

Publié le 20/10/2021.

Écologie : Il faut sauver la liberté d’entreprendre !

En réponse à une tribune qui propose ni plus ni moins que sa suppression au nom de l’écologie, Cyril de Sousa Cardoso défend la liberté d’entreprendre dans Le Figaro Vox .

 

Certains défenseurs de la cause écologique proposent l’idée des tribunaux d’existence visant à évaluer et empêcher si besoin la création d’un projet entrepreneurial.

Alors que le climat devient l’enjeu prioritaire pour les courants politiques de tous bords ou presque, les militants écologistes les plus radicaux jugent tous les moyens bons pour parvenir au défi de la neutralité carbone, quitte à sacrifier les libertés les plus élémentaires. GenerationLibre a tenu à réagir.

« Un jury aurait-il laissé les frères Wright décoller de la plage de Kill Devil pour le premier vol motorisé de l’histoire ? »

Cyril se pose en défenseur du libre-entreprenariat, vecteur d’innovation à travers les âges, comme l’imprimerie de Gutenberg en 1454 ou le premier vol motorisé par les frères Wright en 1903.

Ces progrès ont été rendus possibles par la liberté qu’ont su trouver et utiliser leurs concepteurs. Plutôt que de lutter contre le dérèglement climatique, les promoteurs de ces tribunaux d’existence s’attaquent surtout aux principes libéraux, travestissant le défi environnemental à des fins idéologiques.

« À travers les mécanismes de prix carbone, de taxes pigouviennes, de droits des animaux, d’information ou encore d’éducation, une écologie de progrès est possible, associant économie de marché, liberté d’entreprendre et prise en compte des externalités. »

Il faut rappeler les bénéfices que la civilisation moderne a apporté à la vie sociale, en matière de réduction de la grande pauvreté, d’augmentation de l’espérance de vie et de la richesse matérielle.

L’urgence est plutôt d’établir des politiques publiques pour prendre en compte les externalités négatives des modes de production.


Pour lire la chronique de Cyril, cliquer ICI.

Pour lire notre rapport « Ne laissons pas le juge moraliser l’entreprise », cliquer ICI.

 

Publié le 14/10/2021.

Fermez les guichets, place au revenu universel !

Notre expert François-Xavier Oliveau développe sur le plateau d’Interdit d’interdire l’idée d’un revenu universel réaliste, porté dans le débat parlementaire par Valérie Petit.

 

Sur le thème « Les entreprises doivent-elles faire un effort sur les salaires ? », François-Xavier Oliveau défend l’économie de marché, « qui n’est pas un jeu à somme nulle », pour sa capacité à générer de grands talents et innovations.

En écho à son dernier livre, François-Xavier constate l’ère de l’abondance que l’on vit et le niveau de vie de la population qui n’a jamais été aussi haut, mais qui nécessite des ajustements en matière de protection sociale.

« Vous avez plein de différents guichets, et on pourrait complètement restructurer cela autour d’un revenu socle de 500 euros. »

Il existe de nombreuses allocations d’un montant de 500 euros (RSA, partie redistributive des allocations chômage, prise en charge d’un emploi aidé, réduction Fillon, régime moyen des intermittents, etc.) qui dépendent d’un statut et que l’on perd quand on retrouve un travail.

Pour une protection sociale beaucoup plus « englobante, stable, simple et donc moins coûteuse pour l’État », le revenu universel est une mesure sérieuse de lutte contre la pauvreté et financièrement réaliste car à budget constant.


Pour visionner l’émission, cliquer ICI.

Pour retrouver notre rapport « Liber : un revenu de liberté pour tous », cliquer ICI.

Pour retrouver notre billet « Comprendre le socle citoyen », cliquer ICI.

 

Publié le 12/10/2021.

Un big bang des finances publiques est-il possible ?

Dans Le Point, Kevin Brookes réalise une recension du livre « Les dépenses publiques en France » publié par François Facchini, universitaire qui porte un regard critique sur le niveau de nos dépenses publiques.

 

D’après l’analyse de François Facchini, 1946 est un année charnière pour comprendre le niveau des dépenses publiques en France. Après la seconde guerre mondiale, l’État a adopté une attitude paternaliste et a cherché à pérenniser les structures qu’elle créait, notamment via le statut de la fonction publique. Augmenter fortement le niveau des dépenses publiques a d’ailleurs constitué une tendance mondiale.

« La France est en tête du classement des pays de l’OCDE en ce qui concerne la dépense publique. Sur 100 euros produits en France, plus de la moitié est dépensée par les administrations publiques. Cela met notre pays sur deux podiums :  celui des dépenses publiques et celui des prélèvements obligatoires. »

Les pays qui ont connu la vague libérale des années 1980 ont suivi un autre destin. Ces derniers ont diminué leurs dépenses publiques et ont rendu leurs services publics plus efficaces. Des réformes survenues soit à la suite de défaillances économiques majeures, comme le Canada du premier ministre Jean Chrétien, soit à la suite de politiques volontaristes, comme celles menées en Allemagne par le chancelier ordo-libéral Helmut Kohl qui privatisa les chemins de fer et une partie des hôpitaux.

François Facchini se montre pourtant optimiste pour la France : un « big bang dans les finances publiques » est possible, notamment grâce à l’apport des propositions de think tanks.

« À l’issue de la lecture du livre, le lecteur aura l’impression d’avoir lu un constat, une explication de notre dépendance à la dépense et des solutions pour en sortir. Mais qui aura le courage de se saisir de telles idées ? »

Depuis un rapport publié en 2014, GenerationLibre défend la suppression totale du système de statut de la fonction publique, remplacé par un dispositif d’emploi contractuel. Au yeux de notre think tank, cela doit être regardé comme la meilleure option pour moderniser les administrations. Une réforme qui pourrait passer par la voie référendaire pour éviter les blocages des syndicats et qui a pour avantage une baisse des dépenses publiques sans diminuer la qualité du service public.

Dans le même souci d’amélioration du service publique et de baisse de la dépense, GenerationLibre propose par exemple de refonder le système d’inscription à l’enseignement supérieur public. Dans notre modèle, les universités publiques sont financées par les étudiants eux-mêmes après leurs études. Ils s’engagent à reverser une partie de leur salaire à l’établissement qui les a formés. Cette proposition permet une entrée sans frais immédiats et participe à défendre l’égalité des chances entres les étudiants. L’argent collecté vient ensuite alimenter un fonds propre à chaque établissement. Un modèle qui avantage toutes les parties : les établissement restent publics et possèdent plus de moyens et d’autonomie tout en étant encouragés à l’excellence tandis que le coût pour l’État diminue.


Pour lire la tribune de Kevin, cliquer ICI.

Pour lire notre rapport « Servir l’État demain », cliquer ICI.

Pour lire notre note « Révolutionner les frais d’inscription », cliquer ICI.

 

Publié le 20/09/2021.

Liberté, liberté chérie – Gaspard Koenig

Dans les Échos, Gaspard Koenig dénonce les libertés à la carte défendues par les candidats à l’élection présidentielle. Pour nous autres libéraux, « la liberté est insécable ».

 

Gaspard remarque que la liberté individuelle n’est plus considérée comme une question abstraite de « sujet de philo ». Au contraire, la pandémie a rendu le sujet brûlant. Chacun a pu s’interroger sur les possibilités qu’il avait d’exercer sa liberté de déplacement par exemple. D’après Gaspard, le sujet de la liberté individuelle va donc s’imposer comme la question centrale de la présidentielle, d’autant que les plans de relance conjoints de la BCE et de Bercy ont – temporairement – éloigné l’autre sujet épineux, celui des difficultés économiques et des réformes nécessaires.

« L’excellente nouvelle, c’est que la question de la liberté individuelle devrait s’imposer dans la campagne présidentielle. »

La liberté est un sujet dont il est urgent de débattre. Le numérique offre aux individus des possibilités nouvelles mais présente le risque de nous faire suivre les modèles asiatiques de contrôle et de surveillance. Les inégalités économiques soulèvent comme jamais la question de la redistribution des richesses. Les enjeux écologiques pourraient tenter les citoyens d’accepter des plans liberticides.

« Pour beaucoup de candidats, parler des libertés, c’est s’autoriser à piocher celles qui nous arrangent. Liberté d’expression pour les racistes, pas pour les salafistes. Liberté de disposer de son corps pour les antivax, pas pour les transgenres etc. (…) Or la liberté, comme ne cesse de le répéter Mario Vargas Llosa, est insécable. Les libéraux cohérents la déclinent sur le plan à la fois économique, juridique, sociétal et institutionnel. »

Aux candidats ou candidats putatifs – Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon – qui défendent certaines libertés pour certains seulement, Gaspard oppose les libéraux authentiques qui déclinent la même conception de la liberté sur tous les sujets : juridique, institutionnel, sociétal, économique. Et ce sans compromis : car c’est aussi accepter que, parfois, choisir la liberté individuelle ne va pas dans le sens du « bien-être collectif ».

Le contexte politique encourage les libéraux à proposer des solutions toujours nouvelles pour répondre aux défis contemporains, et motive depuis 2013 GenerationLibre à proposer de nouvelles politiques publiques qui responsabilisent sans contraindre davantage.


Pour lire la chronique de Gaspard, cliquer ICI.

Pour retrouver notre Observatoire des Libertés Confinées, cliquer ICI.

Pour retrouver tous nos rapports, cliquer ICI.

 

Publié le 15/09/2021.

[Lu ailleurs] : Emmanuel Macron ou le rendez-vous manqué de la France avec le libéralisme

Le philosophe Michaël Fœssel s’interroge sur l’échec de la libéralisation de la France promise en 2017 par le candidat Emmanuel Macron.

 

Malgré un programme profondément libéral, Emmanuel Macron a échoué à réconcilier la France avec le libéralisme. Un échec qui risque d’avoir de nombreuses implications au cours de la prochaine campagne présidentielle.

« Il vaut la peine de se demander pourquoi la promesse libérale du macronisme s’est abîmée dans la perpétuation indéfinie des états d’urgence et l’organisation du quotidien autour des QR codes. »

Les évènements survenus au cours du quinquennat, comme la crise des Gilets jaunes ou la pandémie, expliquent en partie cet échec. Michaël Fœssel remarque que la doctrine gouvernementale libérale s’efface dès que surviennent les conflits, pour laisser place à une forme d’autoritarisme. Entre promesses libérales et autoritarisme de crise, le président Emmanuel Macron s’est retrouvé dans un entre-deux, dans un « en même temps » perturbant autant que dangereux.

« Ce conflit (des Gilets jaunes) a amené le gouvernement à substituer à son programme réformateur une action policière répressive bien peu libérale et un grand débat dont il n’est rien sorti de tangible. »

Aux yeux de Michaël Fœssel, le rendez-vous manqué s’explique au moins autant par les crises survenues que par les institutions de la Vème République, qu’il juge profondément défavorables au libéralisme. Il pointe particulièrement le présidentialisme, souvent comparé à un régime monarchique, et par la tendance récurrente des institutions à oublier la séparation des pouvoirs et à délaisser leur rôle de gardien des libertés individuelles. Selon Michaël Fœssel, sans changement institutionnel, difficile d’imaginer une « doctrine de gouvernement » libérale.


Pour lire l’article de Michaël Fœssel, cliquer ICI.

Pour retrouver notre Observatoire des Libertés Confinées, cliquer ICI.

 

Publié le 10/09/2021.

Éducation : et si on essayait l’autonomie ? – Gaspard Koenig

Dans Les Échos, Gaspard Koenig se félicite que le chef de l’État souhaite lancer l’expérimentation d’une autonomie éducative pour certains établissement.

 

En se remémorant sa propre expérience d’enseignement, Gaspard dénonce « la froide logique des commissions d’affectation » et plaide pour une plus large autonomie des établissements scolaires. Cette autonomie, embrassant le recrutement, les choix pédagogiques et l’organisation interne, est selon lui le meilleur moyen pour rendre du sens au métier d’enseignant.

« L’autonomie des établissements mettrait sans nul doute fin à une forme d’uniformité pédagogique, où le brassage permanent et aléatoire des profs interdit de concevoir un véritable projet d’établissement. »

Comme l’ont remarqué les Insoumis, cette expérimentation remet en cause le statut de la fonction publique … mais pas le principe d’égalité républicaine ! Au contraire, c’est le statut lui-même qui est, selon Gaspard, vecteur d’inégalités de traitement – en terme de salaire et d’avancement – entre agrégés, certifiés et contractuels.

Gaspard constate que le statut de la fonction publique a déçu les attentes de son fondateur, le communiste Maurice Thorez. Aujourd’hui, ce statut ne récompense ni l’expérience, ni la prise de responsabilité, ni l’initiative. Des objectifs qui peuvent tout de même être atteints si l’on confie une vraie autonomie pédagogique aux établissements.

« Pourquoi cette proposition vient-elle si tard et de manière si timide ? Pourquoi un principe formulé dans le programme présidentiel (…) finit-il, en fin de quinquennat, par une expérimentation ? »

Le projet d’autonomie pédagogique porté depuis de nombreuses années par Gaspard Koenig et GenerationLibre ne remet pas en cause la définition des programmes et des évaluations à l’échelle nationale. Mais il permet la mise en place d’une diversité d’offres scolaires qui respecte les différences de chacun, adaptée aux situations individuelles ou locales : la règle éducative doit pouvoir s’ajuster à son public.

Mais cette autonomisation ne doit pas rester cantonnée à l’Éducation Nationale ajoute Gaspard. Les autres services publics – hôpitaux, prisons, administrations – doivent eux aussi évoluer. Faire confiance aux acteurs de terrain, voilà une vraie politique de confiance qui fera émerger les meilleurs modèles.


Pour lire la chronique de Gaspard, cliquer ICI.

Pour lire notre rapport « Révolutionner les frais d’inscription », cliquer ICI.

Nos rapports pour l’autonomie des universités et des écoles primaires arrivent !

 

Publié le 08/09/2021.

Mission accomplie

Après plus de trois années passées à la tête de GenerationLibre, notre directeur général Maxime Sbaihi a décidé de passer la main à la fin du mois. Il revient sur une période riche en émotions.

 

Quand, en 2018, Gaspard Koenig m’a tendu les clés de GenerationLibre dans un sombre pub londonien, j’ai fait semblant d’hésiter. Quitter la City, rentrer au pays, diviser mon salaire, tous ces inconvénients n’ont pas pesé lourd face à l’attachement pour ce think-tank que j’aidais déjà du fond de mes modestes poches. En prendre la direction était un défi que je ne pouvais refuser. Mes tripes ont pris la bonne décision. Je n’ai pas hésité et je n’ai jamais regretté.

Je n’avais cependant pas pris la mesure et l’urgence du chantier qui m’attendait. Il a fallu œuvrer vite pour éviter la perspective d’une fermeture qui a été, je peux maintenant le révéler, très sérieusement envisagée début 2019. Grâce à des collaborateurs surmotivés, nous sommes parvenus à inverser la tendance et relancer la machine en réorganisant de fond en comble la structure tout en coupant drastiquement dans les dépenses. Il nous aura fallu une bonne année pour opérer ce tournant existentiel. Il faut dire que le business model philanthropique de GenerationLibre est aussi fragile que noble. C’est une lutte quotidienne, enseignée dans aucune école de commerce, que de produire gratuitement du contenu intellectuel sans jamais céder aux subventions publiques ou aux commandes d’entreprises. Le prix de l’indépendance, comme celui de la liberté, ne tolère aucun rabais. Je suis éternellement reconnaissant à mon équipe d’avoir serré les dents une année durant, sans compter ses nuits blanches ni ses sacrifices, pour sauver ce petit bijou. J’ai aussi une pensée émue pour nos nombreux soutiens et donateurs, nouveaux et historiques, qui nous ont tellement fait confiance que nous avons réussi. Quand la passion et la détermination s’allient, tout est possible. Nous avons relevé la tête juste à temps pour affronter la crise sanitaire, et ne pas la perdre avec ce virus qui rend décidément fou. Par agilité, notre petite taille est devenue notre plus grande force.

« C’est une lutte quotidienne, enseignée dans aucune école de commerce, que de produire gratuitement du contenu intellectuel sans jamais céder aux subventions publiques ou aux commandes d’entreprises. »

Durant ces trois années, nous avons rétabli les finances dans le vert, constitué des réserves, recomposé l’équipe permanente, obtenu le statut d’association reconnue d’intérêt général, déménagé dans de nouveaux bureaux, monté un studio vidéo qui diffuse toutes les semaines, instauré une tradition d’afterworks mensuels, publié pas moins de 16 rapports et notes, et organisé 25 événements aux quatre coins de la France, dont des conférences publiques avec des invités aussi prestigieux que Yuval Noah Harari, Glen Weyl, Peter Greste ou encore le grand Mario Vargas Llosa. Nous avons été mentionnés quotidiennement dans les médias et sommes même parvenus à faire bouger les lignes politiques en provoquant un vote historique au Parlement sur le revenu universel. En 2021, nous dépasserons pour la première fois la barre des 100 000 visiteurs uniques sur notre site. J’ai la présomption de croire que ce bilan est honorable.

Je me suis toujours juré de laisser GenerationLibre dans un meilleur état que je l’ai trouvé. Ma mission est accomplie. Je pars en laissant derrière moi un think-tank vivant et plein d’élan, respecté et écouté comme jamais. Après m’être battu bec et ongles pour la liberté pendant plus de trois ans, j’ai décidé de reprendre la mienne. Je pars prendre l’air loin des écrans en attendant la publication de mon premier essai, sur la jeunesse, en début d’année prochaine.

GenerationLibre va continuer d’être un phare et un refuge pour tous les amoureux de la liberté, quelles que soient leurs sensibilités. La France a plus que jamais besoin de structures libres, affranchies de toute compromission, de tout conflit d’intérêts, de toute arrière-pensée politicienne, et capables de produire des idées nouvelles et concrètes. Apporter des solutions dans un débat public saturé de problèmes, n’est-ce pas la plus noble tâche citoyenne qui soit ?

Maxime Sbaihi


 

Publié le 03/09/2021

S'inscrire à la Newsletter