[Lu-ailleurs] – La mauvaise idée d’un nouveau commissariat au Plan

Dans une tribune pour Le Figaro, Bertille Bayart loue la volonté du Gouvernement de réintroduire du temps long dans l’action publique. Mais le commissariat général au Plan lui semble superflu.

 

Au tournant des années 1960, les décideurs politiques et hauts fonctionnaires voyaient dans le téléphone un objet de luxe dont pourraient se passer les Français.

Quelques années plus tard, Bernard Esambert, ancien collaborateur de Georges Pompidou, ne pouvait que regretter ce manque d’anticipation : les foyers français raccordés au réseau étaient sept fois moins important qu’en Suède.

« Un plan quinquennal qui aurait été rédigé avec 2020 pour horizon nous aurait certainement promis la généralisation de la voiture autonome avant son électrification massive. » Bertille Bayart

Pour Bertille Bayart, la prévision est donc un art difficile. Si le quatrième plan s’était trompé sur le téléphone, il n y a pas de raison que ce nouveau plan ne fasse pas fausse route.

Si l’outil était adapté à la conjoncture de l’après-guerre et de la reconstruction, il paraît anachronique au temps de l’économie et de l’innovation. Pourtant, la volonté d’Emmanuelle Macron et de Jean Castex de réintroduire le sens du temps long dans l’action publique est bonne.

« Le retour du Plan serait donc l’instrument pour réintroduire le sens du temps long dans l’action publique. L’objectif est louable, mais l’instrument, superflu. » Bertille Bayart

Pour Bertille Bayart, l’action publique a effectivement besoin d’une stratégie. Elle cite l’exemple de la politique ferroviaire, qui a besoin de cohérence et d’arbitrages pérennes. Mais plutôt qu’un haut-commissariat au Plan, il serait plus efficace que Matignon organise mieux le travail interministériel.

Enfin, le plan avait autrefois un rôle important de concertation et d’expertise. Aujourd’hui, l’exécutif ne manque pas d’institutions auprès desquelles prendre conseil (le Conseil d’analyse économique, France Stratégies, le Conseil économique et social…).

Comme le dit Bertille Bayart, si nous avons besoin d’un haut-commissariat au Plan, « confions-lui une seule mission : planifier sur un quinquennat la réforme de l’État et envisager ainsi son autodestruction au terme de cette période ».


Pour lire la tribune de Bertille Bayart, cliquer ICI.

 

Publié le 24/07/2020.

Notre revenu universel dans Mediapart

La députée Valérie Petit et notre expert Marc de Basquiat répondent dans Mediapart à Alex Laurent, qui s’est prononcé contre notre proposition de revenu universel.

 

Alex Laurent confond deux questions différentes : d’une part, la question des minimas sociaux et du RSA, et d’autre part la question de l’extension à tous d’un minima qui serait universel.

Notre objectif à court terme est de poser les bases d’un Grand Débat citoyen autour de notre proposition de LIBER. Celle-ci est chiffrée, réaliste, et applicable, et propose la mise en place d’un crédit d’impôt individuel sous forme de revenu universel, accompagné d’un impôt sur le revenu universel.

Valérie Petit précise cependant que le groupe de travail parlementaire du Socle Citoyen n’a pas arrêté, à ce jour, la définition du montant du socle et des taux d’imposition de l’impôt sur le revenu.

Concernant les critiques à l’endroit du LIBER, nous souhaitons répondre à deux affirmations. D’abord, le Socle Citoyen ne ferait pas 10% de perdants. À la page 77 du rapport, il est bien précisé que « les aides au logement devront être enrichies d’une proposition spécifique, forfaitaire, pour les quelques 8% qui seraient privés de ce forfait logement RSA ».

« La critique de l’auteur est donc infondée : le Socle Citoyen ne crée aucun perdant parmi les allocataires du RSA. » Valérie Petit, Marc de Basquiat

Enfin, la seconde objection sur la constitutionnalité du Socle Citoyen est également erronée. La proposition fiscale du Socle Citoyen est progressive et répond de ce fait à l’exigence formulée dans l’article 13 de la Déclaration des droits de l’homme et du Citoyen.

Nous invitons toutes les personnes soucieuses de connaître notre proposition en détail à lire nos deux rapports sur le sujet : Liber I & Liber II.


Pour lire notre réponse à Alex Laurent, cliquer ICI.

Pour lire l’article critique de notre revenu universel, cliquer ICI.

Pour signer la pétition en faveur du socle citoyen, cliquer ICI.

 

Publié le 24/07/2020.

Comprendre le « socle citoyen » – Un revenu universel pour 2021

La formule de « socle citoyen » a été lancée pour la première fois le 4 mai 2020 dans une tribune écrite par l’économiste Marc de Basquiat, expert du think-tank GenerationLibre et président de l’AIRE, la députée Valérie Petit et le philosophe Gaspard Koenig. Un texte soutenu par plus de 80 personnalités dont 45 parlementaires. 

Au fond, il s’agit de rendre explicite un « crédit d’impôt » individuel, forme de revenu universel, dans un impôt sur le revenu également universel. Ceci est assez facile à réaliser depuis l’instauration du « prélèvement à la source ». Explications ici avec Marc de Basquiat.

 

Comprendre le calcul de l’impôt sur le revenu

Le point de passage obligé pour qui veut comprendre comment fonctionne le socle citoyen est de visualiser l’effet redistributif de notre impôt sur le revenu. Chacun sait qu’il comporte cinq tranches, dont les taux ont été revus pour 2020 : 0%, 11%, 30%, 41% et 45%. Les deux dernières tranches ne concernent que 1,2% des contribuables, les plus riches du pays. Le socle citoyen optimise l’impôt pour 99% de la population et laisse les 1,2% traités de façon spécifique, avec un calcul annuel – nous n’y reviendrons pas.

Dans la « Brochure pratique 2020« , qui porte sur les revenus 2019, on trouve en page 329 ce tableau dans la section « calcul de l’impôt » :

 

 

 

 

 

 

Dans ce tableau, il s’agit de revenus (R) annuels, après divers retraitements. Le nombre de parts (N) est égal à 1 pour un célibataire et à 2 pour un couple (marié ou pacsé) sans enfant.

Regardons la troisième tranche, pour les foyers fiscaux dont R/N de l’année 2019 est compris entre 27.794 et 74.517 euros. L’impôt se calcule en prenant 30% du revenu puis en soustrayant 5.856 euros pour chaque part fiscale. La même logique s’applique aux autres tranches (sauf la première où l’impôt vaut zéro). On peut tracer sur un graphique la courbe représentative de l’impôt, dans le cas de personnes seules. Pour la clarté de l’explication, le graphique suivant est ramené à des valeurs mensuelles, en divisant tout par douze.

 

 

Il est intéressant de noter que la courbe en rouge, qui représente l’impôt (en négatif, vers le bas, car c’est une diminution du revenu disponible des ménages) est une ligne continue, avec des point d’inflexion. La courbe ci-dessus a été tracée avec les paramètres applicables aux revenus de l’année 2020, pour lesquels nous acquittons actuellement le « prélèvement à la source ». Évolution notable par rapport à 2019 : le taux de la deuxième tranche est passé de 14% à 11%.

 

Combiner les effets du RSA, de la Prime d’activité et de l’impôt sur le revenu

De façon peu habituelle, nous superposons au graphique précédent des surfaces colorées en vert qui montrent l’effet de deux prestations sociales complémentaires : le Revenu de solidarité active (RSA) et la Prime d’activité (PA). De façon extrêmement surprenante, l’effet de ces deux mécanismes se place dans la continuité de la ligne correspondant à la troisième tranche de l’impôt sur le revenu (suivant le pointillé rouge).

 

 

Vérifions-le dans les chiffres. Pour les revenus de l’année 2020, la troisième tranche concerne les revenus par part (R/N) compris entre 25.659 et 73.369 euros par an. L’impôt annuel se calcule en prenant toujours 30% des revenus et soustrayant 5.982,25 euros par part. Divisé par 12, ce terme fixe est exactement de 498,52 euros par mois.

De l’autre côté, pour les personnes seules sans revenu, le RSA maximal est de 564,78 euros par mois, dont sont déduits dans la grande majorité des cas un « forfait logement » de 67,77 euros. Dans plus de 90% des cas, le RSA versé à une personne seule sans aucun revenu est donc actuellement de 497,01 euros. Ce montant est quasiment identique (1,51 euros d’écart) du terme fixe correspondant à la tranche 3 d’impôt sur le revenu.

La droite pointillée du graphique précédent, tracée dans la continuité de la tranche 3 tombe quasiment sur la pointe maximale du RSA. Pour ceux qui ont des revenus modestes, aux alentours du SMIC, l’effet de la Prime d’activité est également très proche de la ligne pointillée. Alors, pourquoi ne pas simplifier tout cela ?

 

Le socle citoyen, c’est un même calcul pour tous

C’est très exactement ce que propose de faire le socle citoyen : au début de chaque mois, chaque foyer fiscal acquitte 30% de ses revenus du mois qui vient de s’écouler, et reçoit 500 euros (le double pour un couple). C’est très exactement ce que fait le calcul de la tranche 3 de l’impôt sur le revenu, même si on s’en rend pas vraiment compte.

Prenons un exemple. Un célibataire perçoit un revenu (RFR) de 60.000 euros par an. Dans la tranche 3, il paiera en 2020 : 30% de 60.000 moins 5.982,25, soit à peine plus de 12.000 euros. On peut le calculer directement sur base mensuelle : 30% de 5.000 euros par mois, auxquels on soustrait 498,52 euros. Le résultat est le même : 1.001,48 euros par mois.

C’est très exactement ce que propose de faire le socle citoyen : au début de chaque mois, chaque foyer fiscal acquitte 30% de ses revenus du mois qui vient de s’écouler, et reçoit 500 euros.

S’il s’agit d’un couple, dont les revenus (RFR) s’élèvent également à 60.000 euros, la division par le nombre de parts (2) est de 30.000, qui correspond toujours à la troisième tranche. Le calcul annuel est alors de 30% de 60.000 moins deux fois 5.982,25, soit un impôt un peu supérieur à 6.000 euros par an. Sur base mensuelle : 30% de 5.000 euros moins deux fois 498,52 euros. L’impôt mensuel est de 502,96 euros par mois.

Dernier exemple, un célibataire sans revenu reçoit actuellement un RSA de 497,01 euros. Et si on lui appliquait le calcul de la tranche 3 ? Cela donnerait 30% de zéro revenu, soit zéro, moins 498,52 euros. Le fisc lui verserait donc 498,52 euros chaque mois, ce qui ne changerait pas grand chose sachant qu’il continuerait à percevoir ses aides au logement de la CAF ou de la MSA par ailleurs.

 

Pourquoi le prélèvement à la source rend possible l’instauration du socle citoyen

Depuis janvier 2019, l’administration fiscale a instauré des échanges d’information mensuels avec les organisations qui versent des revenus réguliers aux citoyens : les entreprises, administrations et associations qui paient des salariés, les caisses de retraite et Pôle emploi qui versent des pensions. Des revenus moins réguliers sont également pistés auprès des payeurs : banques, assurances, etc.

Le dispositif moderne et efficace du prélèvement à la source permet donc au fisc – moyennant quelques adaptations du processus – de connaître chaque mois la plupart des revenus des contribuables. Il lui est donc très facile d’en calculer 30%, d’en soustraire 500 euros et de verser ou prélever la différence directement sur le compte bancaire des contribuables.

 

Combien coûterait le socle citoyen ?

Pour les célibataires, le graphique précédent montre deux légers écarts entre la surface verte de la prime d’activité et le pointillé rouge qui figure le socle citoyen : aux environs de 500 et de 1.500 euros de salaire mensuel. Ceux-ci seront donc légèrement gagnants à la mise en œuvre du socle citoyen.

Mais en réalité, les principaux gagnants sont les couples pauvres et modestes. Dans l’exemple présenté juste au-dessus, le couple avec un revenu de 5.000 euros par mois paie moins d’impôt (498,52 euros moins) qu’un célibataire ayant le même revenu. Ce n’est pas du tout le cas avec le RSA et la Prime d’activité : les couples pauvres reçoivent seulement quelques 200 euros de plus – parfois moins – que s’ils étaient seuls. Cette injustice à l’égard des couples pauvres et modestes est dénoncée depuis longtemps par des organisations telles que ATD Quart Monde ou le Secours Catholique, sans succès jusqu’ici.

Visualisons sur un graphique l’écart entre célibataires et couples pour un même niveau de revenu. Sur la droite du graphique (les couples aisés), la ligne bleue des couples est distante de 500 euros de la ligne rouge (célibataires). Mais pour les revenus inférieurs à 4.000 euros, la ligne bleue s’affaisse notablement, l’écart avec un célibataire passant même par un point bas de 130 euros par mois (4,40 euros par jour) aux alentours de 1,8 SMIC.

 

 

Ce traitement particulièrement injuste des couples pauvres et modestes s’explique par une théorie utilisée sans discernement dans la conception des politiques publiques : les échelles d’équivalence. Le socle citoyen s’y oppose frontalement en refusant de faire des différence entre les personnes riches ou pauvres, selon qu’elles sont seules ou en couples. Cette intrusion dans la vie privée n’a aucune raison d’être autre que celle de faire des économies budgétaires sur le dos des couples pauvres. C’est inique.

Le socle citoyen coûte de l’ordre de 25 milliards d’euros, essentiellement du fait qu’il comble l’écart de traitement qui pénalise actuellement les couples pauvres et modestes. C’est très exactement cet écart qu’on observe sur le graphique précédent, entre la ligne bleue pointillée (le socle citoyen des couples) et la ligne bleue pleine, qui divague sans logique.

 

Comment financer 25 milliards d’euros

La solution la plus simple et efficace consiste à augmenter légèrement le taux marginal de prélèvement de 30% à 32%. Appliqué à 1.500 milliards d’euros de revenu des personnes physiques en France (avant la crise du covid-19), ceci comble largement le besoin de financement.

Bien entendu, cette question est éminemment politique et ne peut être tranchés sur la base d’un étude technique, dont l’intérêt n’est que de mettre en évidence les incohérences actuelles, montrer une voie rationnelle envisageable et donner les ordres de grandeur des paramètres à ajuster via la délibération démocratique nationale.

Cette proposition a été étudiée depuis trois ans par l’Assemblée de Corse qui a voté à l’unanimité une résolution proposant qu’elle soit expérimentée au plus tôt sur son territoire. Il s’agit maintenant d’étudier cela au niveau des services centraux de l’État, en particulier au ministère des Finances.


Pour signer la pétition en faveur du socle citoyen, cliquer ICI.

Pour lire notre article « Pas de vacances pour le revenu universel », cliquer ICI.

 

Publié le 22/07/2020.

[Lu-ailleurs] – À la redécouverte de John Rawls

Dans sa série « Avoir raison avec » sur France Culture,  le journaliste Brice Couturier revient avec ses invités sur l’œuvre du philosophe Américain John Rawls.

 

En France, il aura fallu attendre 16 ans pour que son ouvrage majeur, Théorie de la justice, dispose enfin d’une traduction. Étiqueté de « social-démocrate », John Rawls ne s’inscrivait pas dans la logique de la lutte des classes marxiste.

« Il prétendait conjuguer, dans un système cohérent, les vertus du libéralisme politique et un audacieux objectif d’égalité sociale, à travers une reformulation de la justice distributive. » Brice Couturier

Épisode 1 : John Rawls dans son contexte

Épisode 2 : La théorie de la justice et ses révisions.

Épisode 3 : De quel « libéralisme » s’agit-il ?

Épisode 4 : Rawls face à ses critiques : libertariens et communautariens

Épisode 5 : La pensée de John Rawls est-elle dépassée ?

Pour écouter les podcasts, cliquer ICI.

 

Publié le 17/07/2020.

[Lu-ailleurs] – La Convention citoyenne pour le climat manque d’audace !

Dans L’Express, l’économiste Éric Chaney regrette que la Convention citoyenne pour le climat ait exclu la question du prix du carbone de ses travaux. 

 

Pour Éric Chaney, si l’on peut trouver quelques idées excellentes, la majorité des propositions rendues par la Convention sont décevantes et risquent de faire plus de mal à l’économie que de bien à l’environnement. La faute à l’absence de trois dimensions clés : la géographie, le concept d’externalité, et le signal prix.

Pour la première, l’économiste insiste sur le fait que la géographie naturelle à laquelle une politique climat devrait se référer est l’Union européenne, rappelant que la France est responsable de seulement 1,5 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES).

Les 150 citoyens tirés au sort ont négligé les concepts d’externalité et de coût d’opportunité. Il est pourtant primordial de chiffrer le coût social du carbone pour juger de la pertinence d’une proposition.

Les travaux de la Convention évacuent complètement l’idée selon laquelle un signal prix proportionnel au contenu de GES des biens et services consommés puisse influer sur les comportements des producteurs et des consommateurs.

« En excluant les incitations économiques, la Convention n’a eu d’autre choix que de se tourner vers les bonnes intentions et la contrainte. » Éric Chaney

Éric Chaney décortique les propositions de la Convention sur les différents thèmes : transport, consommation, production, nourriture… Il montre que l’absence de tout calcul économique a poussé la Convention à formuler des propositions qui, sous l’apparence du bon sens, cachent en réalité des impacts sociaux considérables.

Par exemple, la proposition d’augmenter le forfait « mobilité durable » (faire payer par l’employeur les frais de transport plus écologiques) aurait pour conséquence d’augmenter le coût du travail. Cette augmentation conduirait à une hausse du chômage ou à une réduction de la rémunération des employés.

« L’objectif de 50% d’exploitations en agroécologie d’ici à 2040 pourrait même augmenter les émissions nettes.  La baisse du rendement agricole obligerait à une augmentation des surfaces cultivées, au détriment des puits de carbone que sont les forêts et les friches. » Éric Chaney

Il regrette également que certaines propositions soient trop timides. Si l’idée d’une taxe sur les produits importés selon leur empreinte carbone va dans le bon sens, il faut avoir le courage de l’élargir à tous les biens produits au sein-même de l’Europe.

Pour Éric Chaney donc, la solution la plus efficace a été complètement oubliée : instaurer un prix carbone en Europe et un mécanisme d’ajustement à ses frontières.


Pour lire l’article de Éric Chaney dans l’Express, cliquer ICI.

Pour lire la tribune de Maxime Sbaihi et de Éric Chaney sur le prix carbone, cliquer ICI.

 

Publié le 10/07/2020.

[Lu-ailleurs] – La Cour des comptes tire la sonnette d’alarme

Dans son dernier rapport publié en juin 2020, la Cour des comptes pointe notre incapacité à maitriser nos finances publiques.

 

L’institution constate d’abord que la France a été incapable, depuis la crise économique de 2008, de redresser les finances publiques. Cette mauvaise gestion a certainement accentuée les conséquences économiques de la crise du Covid-19. Elle propose donc quelques grands principes pour assainir le budget de l’État.


Pour lire le rapport, cliquer ICI.

Pour lire « Et si on reprenait le contrôle de nos finances publiques ? », cliquer ICI.

 

Publié le 03/07/2020.

Gaspard Koenig sur les traces de Montaigne

Cette semaine, Gaspard Koenig écrit sa dernière chronique de la saison pour Les Echos. Il part pour un voyage de quatre mois à cheval sur les traces de Montaigne. À partir de septembre, il publiera une série d’article sur la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen. 

 

En 1580, Montaigne a entrepris un long voyage à cheval d’un an et demi à travers l’Europe. Un peu plus de quatre siècles plus tard, Gaspard emprunte le même itinéraire, de Saint-Michel-de-Montaigne à Rome. Cinq mois de cavalcade en autonomie, pour rencontrer les européens.

Nous vivons une période troublée, entre succession d’états d’urgences, crise climatique, menaces sur la liberté d’expression… C’est le moment opportun pour se replonger dans la déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen (DDHC) de 1789.

« Si elle a valeur constitutionnelle depuis 1971, la Déclaration est bien malmenée par nos dirigeants aux instincts dirigistes, ainsi que par les citoyens dans leur désir sans cesse renaissant de servitude volontaire. » Gaspard Koenig

Marx accusait la DDHC d’être la profession de foi des hommes égoïstes. Mais il confondait égoïsme et individualisme. Protéger les libertés fondamentales à l’échelle de l’individu n’empêche pas ces individus de faire preuve d’altruisme, de générosité et de bienfaisance.

L’État moderne a été inventé par les révolutionnaires pour garantir ces nouvelles libertés. L’objectif était d’émanciper le citoyen des corps intermédiaires qui l’opprimaient, tout en gardant l’interpénétration de l’intérêt particulier et de l’intérêt général.

« La vertu de la déclaration est d’avoir mis l’homme au centre de la gouvernance publique, en lui conférant les droits nécessaires pour penser, agir et vivre par lui-même. » Gaspard Koenig

Les libéraux d’aujourd’hui, qui versent souvent dans un rejet systématique de l’État, oublient un peu vite sa vocation émancipatrice originelle. Ce n’est pas un hasard si Adam Smith lui-même, dans « La Richesse des Nations », a développé une théorie du gouvernement.

Gaspard nous rappelle donc ces mots d’Émile Durkheim : « c’est l’État qui, à mesure qu’il a pris de la force, a affranchi l’individu des groupes particuliers et locaux qui tendaient à l’absorber, famille, cité, corporation, etc. L’individualisme a marché au même pas que l’étatisme. »


Pour lire la chronique, cliquer ICI.

Pour lire notre rapport « Pour rétablir la liberté d’expression », cliquer ICI.

Pour suivre le voyage de Gaspard, cliquer ICI.

 

Publié le 01/07/2020.

Une présidence pour relancer la construction européenne ?

Le 1er juillet 2020, l’Allemagne prend la présidence du Conseil de l’Union européenne. Pour Maxime Sbaihi dans l’Opinion, le leadership allemand arrive à point nommé pour amorcer une nouvelle phase de la construction européenne.

 

Grâce à sa décentralisation politique et hospitalière, l’Allemagne a réussi à juguler l’épidémie bien plus efficacement que la France.

La gestion économique de la crise par le gouvernement d’Angela Merkel est tout aussi exemplaire. Grâce à des finances publiques saines, l’Allemagne a rapidement mis en place un plan de relance cohérent et équilibré.

« Pragmatisme, coopération et sang-froid : les réflexes de l’Allemagne sont précisément ceux dont l’Europe a besoin aujourd’hui. » Maxime Sbaihi

Maxime se réjouit de voir l’Allemagne retrouver son esprit européen : elle accepte enfin la mise en place d’un outil de financement commun à l’échelle européenne.


Pour lire la chronique, cliquer ICI.

Pour  lire la chronique « L’Europe sortira plus forte de la crise », cliquer ICI.

Pour lire notre rapport « Europa : dépasser le nationalisme », cliquer ICI.

Pour lire notre rapport « Vers l’auto-entrepreneur européen ? », cliquer ICI.

 

 

Publié le 30/06/2020.

[Lu-ailleurs] – Pas de liberté d’expression sans liberté d’offenser

Pour Daniel Borrillo dans Contrepoints, la restriction des libertés à l’occasion de la crise sanitaire et la loi Avia sont autant de manifestations de la culture politique paternaliste française.

 

Pour Daniel Borrillo, la loi Avia s’inscrit dans un contexte de multiplication des initiatives gouvernementales pour limiter le droit de la presse (la loi de 2018 sur les fakes news par exemple).

La censure de la loi par le Conseil constitutionnel a évité que s’ajoute à la crise sanitaire une crise démocratique. Il nous rappelle l’importance de deux principes fondateurs de la démocratie : la liberté d’expression et la liberté de conscience.

La loi Avia remet en question le principe selon lequel l’État n’a pas d’opinion, et doit donc les tolérer toutes.

Bien sûr, la liberté d’expression, comme toutes les libertés, n’est pas absolue. Il existe donc des limites qui sont sanctionnées par la loi pénale : incitation à la haine, diffusion d’images pédopornographiques…

Malheureusement, les réseaux sociaux facilitent ces infractions. Pour Daniel Borrillo, c’est à cela que la loi aurait du s’attaquer plutôt que de délèguer dangereusement le pouvoir de censure aux plateformes en ligne.

Jusqu’alors, la loi établissait un contrôle a posteriori de l’infraction. Avec la loi Avia, les plateformes établiraient un dispositif préventif que l’on peut assimiler à une censure de la parole par des algorithmes.

« Sans outrage, sans provocation, sans subversion, il n’y a pas de liberté d’expression. Rendre celle-ci inoffensive c’est tout simplement la faire disparaître. » Daniel Borrillo

Ce contrôle préventif trouve sa source dans une incompréhension générale de la liberté d’expression. Pour Daniel Borrillo, il est compliqué de vivre avec la liberté de parole car elle implique d’accepter qu’autrui puisse nous faire du tort, nous heurter.


Pour lire l’article, cliquer ICI.

Pour lire la chronique de Gaspard Koenig « Black Lives Matter, héritier des Lumières ? », cliquer ICI.

 

Publié le 26/06/2020.

Demain, tous végans ?

Dans Les Echos, Gaspard Koenig se réjouit des perspectives qu’ouvrent le progrès des techniques de fabrications de la « viande de synthèse ». Elle permet d’éviter les souffrances animales tout en respectant l’environnement.

 

Pour le cabinet AT Kearney, la majorité de la viande que nous mangerons en 2040 ne proviendra pas de la chair animale mais des laboratoires. Cette « viande de synthèse » devrait même avoir un coût de production moins élevé que celui de la viande traditionnelle.

« La viande de synthèse ouvre la voie à un monde affranchi de la souffrance animale, réconciliant technologie, innovation et respect des êtres sensibles. » Gaspard Koenig

Le combat pour l’égalité des droits pourrait bien s’étendre à l’ensemble du vivant. Pour Peter Singer, auteur de « Animal Liberation », c’est non pas la faculté de raisonner qui devrait ouvrir des droits, mais la capacité à souffrir. Dans la logique du philosophe utilitariste, l’égalité suppose donc une égalité de considération plutôt que de traitement.

« Le droit des animaux n’implique pas de leur donner le droit de vote, mais d’éliminer la cruauté à leur égard. » Gaspard Koenig

Pour Peter Singer, il faut faire la distinction entre l’exigence de bien-être et l’interdiction de tuer : la première doit s’appliquer universellement et la deuxième doit faire l’objet d’un contrat social entre humains.

Il n’existe donc pas de raison éthique de ne pas consommer un animal ayant passé son existence dans un environnement sain et ayant été abattu sans douleur. Ainsi, le végétarisme se garde bien d’être érigé en règle morale universelle.

« Pour un goût équivalent, je préfère que les nuggets, lasagnes, hamburgers et autres sauces bolognaises viennent de laboratoires astiqués que d’abattoirs ensanglantés. » Gaspard Koenig

La viande de synthèse pourrait bien changer la donne. Elle pourrait combler la demande grandissante de consommation de viande, tandis que la viande traditionnelle deviendrait un bien rare car produit dans des conditions éthiques et écologiques.

 


Pour lire la chronique, cliquer ICI.

 

Publié le 24/06/2020.

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