Environnement

Du DPE-information au DPE-sanction : itinéraire d’un dévoiement

15 / 06 / 2026
35 MIN

La crise du logement est désormais l’une des premières préoccupations des Français. Dans les grandes métropoles, le nombre d’annonces de location a chuté de 41 % depuis 2021, et de 54 % à Paris. Cette contraction ne s’explique pas par le seul DPE, mais par l’accumulation de contraintes pesant sur les propriétaires : encadrement des loyers, hausse de la taxe foncière, remontée des taux d’intérêt et transformation du DPE en outil coercitif.

Cette note de Génération Libre, signée par Bertrand Moine et Robin Rivaton, montre comment un instrument d’information est devenu un couperet réglementaire. Derrière une lettre, de A à G, se jouent désormais la possibilité de louer un bien, la valeur d’un patrimoine immobilier et l’accès au logement. 

Les données analysées révèlent qu’un logement classé F ou G se vend aujourd’hui en moyenne 49 % moins cher qu’un logement classé A ou B. Le prix médian passe ainsi de 5 200 €/m² pour les logements les plus performants à seulement 2 600 €/m² pour les passoires thermiques.

Derrière ces chiffres se trouvent principalement des ménages de la classe moyenne ayant investi dans un appartement ou une maison pour préparer leur retraite, transmettre un patrimoine à leurs enfants ou compléter leurs revenus. Pour beaucoup, les travaux exigés sont techniquement complexes ou financièrement inaccessibles.

Cette évolution est d’autant plus problématique que le DPE ne mesure pas directement la consommation réelle d’un logement. Selon les travaux cités, 71 % des DPE seraient non fiables ou erronés, tandis que la méthode de calcul surestimerait en moyenne de 30 % la consommation énergétique des logements, et jusqu’à 248 % pour le bâti collectif ancien.

Génération Libre propose donc de faire du DPE un véritable « Nutri-Score » de l’énergie : une information lisible et utile, sans interdiction automatique de louer ou de vendre.

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