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Arcom/Cnews : les chaînes d’infos doivent pouvoir choisir leurs chroniqueurs

Arcom/Cnews : les chaînes d’infos doivent pouvoir choisir leurs chroniqueurs

Dans une tribune pour Le Figaro et dans l’émission Le Figaro Live, notre chargé d’études Rafaël Amselem dénonce la décision du Conseil d’État d’étendre l’obligation du pluralisme à l’ensemble des intervenants sur une chaîne d’information et non aux seuls invités politiques. 

 

La liberté d’expression est un droit fondamental dans notre démocratie. Rafaël montre qu’il y a néanmoins deux manières de l’aborder. En tant que liberté négative comme l’obligation pour l’État de s’abstenir de censurer une parole ou en tant que liberté positive, celle d’une capacité à s’exprimer contre toute censure privée nécessitant a contrario l’intervention de l’État. Comme le rappelle Rafaël, à ce titre, notre présidente Monique Canto-Sperber définit bien la liberté d’expression comme un « bien public ».

 

« La liberté d’expression n’est pas qu’affaire d’absence de censure, mais aussi de capacité à s’exprimer. »

Il nous faut donc questionner la nouvelle interprétation extensive qu’assume le conseil d’État en matière de pluralisme pour les chaînes d’information. En citant Benjamin Constant, Rafaël montre qu’il est nécessaire de ne pas oublier que la régulation, parce qu’elle vient des hommes, est par nature imparfaite. Il y a risque d’« arbitraire politique » à vouloir déterminer l’amplitude dans laquelle un média a le droit, ou non, de s’exprimer et de permettre à des invités de s’exprimer.

 

« Réguler, c’est confier à des hommes la tâche d’en contrôler d’autres. »

Surtout, si l’application d’un pluralisme traditionnel dans l’expression des responsables politiques invités est relativement plus facile et objective à réaliser, quels critères pour faire respecter ce nouveau pluralisme au delà des seuls invités politiques chez l’ensemble des journalistes, chroniqueurs et éditorialistes d’une même chaîne d’information ? Et quid des invités inclassables ?

 

« La liberté d’expression sert aussi aux idées qui nous sont insupportables. »

« Va-t-on sommer Le Média ou Mediapart d’employer Olivier Babeau ou Nicolas Bouzou parmi leurs chroniqueurs ? » ironise avec sérieux Rafaël. Notre chargé d’études le maintient : tout media doit rester libre de ses choix éditoriaux et d’intervenants. Ne pas être d’accord, oui, censurer, non.

Rafaël conclut avec une citation de l’immortel François Sureau : préférons l’imperfection de la liberté d’expression à celle du régulateur.

 


Pour lire la tribune dans Le Figaro, cliquer ICI.

Pour (re)voir Le Figaro Live, cliquer ICI.

Pour (re)lire notre billet “Presse : l’honnêteté plutôt que l’objectivité”, cliquer ICI.

 

Publié le 17/02/2024.

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