Quand les libéraux contestent la propriété
Consacré par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, le droit de propriété fait toujours débat aujourd’hui. Entendre le discours socialiste qui appelle à subordonner ce droit au bien commun est plutôt attendu. Voir certains libéraux parmi les plus radicaux le remettre en question l’est beaucoup moins. Libre propos de Gaspard Koenig.
Dans l’essai intitulé « Radical Markets », Eric Posner et Glen Weyl proposent de refonder l’ordre néolibéral en crise. Partant du postulat selon lequel la propriété serait un monopole illégitime, ils proposent de le briser pour que les marchés gagnent en efficacité et en fluidité.
Dans ce système, « chaque citoyen fixerait de lui-même la valeur de ses possessions », explique Gaspard Koenig. Si un acquéreur répond favorablement au prix demandé, le propriétaire en sera automatiquement dépossédé. Le cas échéant, ce dernier devrait s’acquitter d’une taxe annuelle de 7 % sur le capital pour conserver son bien.
Ce modèle s’avère ainsi généralisable à l’ensemble des secteurs, que ce soit sur le plan politique avec la défense d’une procédure de « quadratic voting » ou encore s’agissant de l’économie numérique avec l’appel à la constitution de syndicats de travailleurs produisant de la donnée, travailleux « que nous sommes tous » comme le constate le président de GenerationLibre.
A ce projet utilitariste, Gaspard Koenig souhaiter réhabiliter la propriété « comme expression d’un pouvoir de création de soi sur soi ». « La bataille autour de notre bon vieux droit de propriété ne fait que commencer » s’enthousiasme G.K.
Les Echos, le 20 juin 2018, par Gaspard Koenig, Président de GenerationLibre.
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Le bien commun n’est pas l’intérêt général
A l’initiative du Président de GenerationLibre, une quinzaine d’intellectuels dont Luc Ferry et Michel Onfray se sont réunis autour d’une tribune au « Monde » en réaction à une tribune précédente publiée la semaine dernière dans le même journal, proposant de conditionner la propriété et la liberté d’entreprendre au respect du bien commun.
Tous dénoncent dans les colonnes du quotidien cette « violente attaque contre notre Déclaration de 1789 » qui correspond à une «vision holistique de la société » poussant à homogénéiser les différents modes de vie individuels. Cet élargissement de la notion d’intérêt général au profit de la notion floue de « bien commun » serait propice à de multiples instrumentalisations politiques.
Ce basculement signerait vraisemblablement le « retour d’une forme de censure morale », s’inquiètent les signataires de cette tribune.
Le Monde, le 15 juin 2018, par Collectif.
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Française des jeux : cassons vite ce monopole d’État !
Pour le magazine Challenges, Delphine Granier réagit au plan de privatisation de la Française des Jeux prévue dans la loi PACTE. Monopole d’Etat quasi absolu, la FDJ a toujours représenté « une manne financière stable et juteuse pour l’Etat », souligne la directrice adjointe de GenerationLibre. Cette poule aux oeufs d’or serait-elle en train de vivre ses dernières heures ? Rien n’est moins sûr… Décryptage.
Cheval de bataille des religieux, interdit de la Révolution, les jeux d’argent ont toujours été sous le feu des critiques et des contestations en dépit du mouvement historique de sécularisation. Toutefois, la puissance publique a toujours joué un double jeu. Depuis ses origines sous François Ier, « tout en vilipendant d’un côté l’immoralité du jeu, l’Etat a toujours chercher à en tirer partie » explique Delphine Granier.
Si le retrait de l’Etat dans les parts de la FDJ semble constituer une véritable rupture historique, la réforme annoncée reste en demi-teinte. Le Léviathan conservera une portion significative du capital ainsi que les taxes versés au monopole. C’est « une privatisation toujours en faveur de l’Etat » déplore la chroniqueuse.
Pourtant, loin d’être un rempart au blanchiment d’argent, ce monopole d’Etat entrave l’émergence de systèmes bien plus éthiques et la diversification des offres proposées. L’épargne-loterie pour inciter les ménages à faible revenu à épargner, les jeux « solidaires » pour financer une cause qui nous tient à coeur … les alternatives ne manquent pas. « Liberté de jouer et responsabilité pourraient être conciliées et vice et vertu viendraient s’équilibrer » conclut Delphine Granier.
Challenges, le 15 juin 2018, par Delphine Granier, Directrice adjointe de GenerationLibre.
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Le G7 meilleur ennemi du multilatéralisme
Après le retrait des Etats-Unis de la signature du communiqué final du G7, la survie de ce sommet international semble plus que compromise. Son obsolescence et son inertie auront tôt ou tard raison de cette institution. Libre propos de Gaspard Koenig.
Ebranlé par le départ de facto de son membre fondateur que sont les Etats-Unis, le club du G7 semble aujourd’hui moribond.« Il est temps que le G7 accepte de disparaître » explique le Président de GenerationLibre. Au regard des nouveaux rapports de force mondiaux et de la multipolarité croissante sur la scène internationale, la structure du G7 est aujourd’hui en incapacité de garantir une coopération internationale multilatérale. La surreprésentation des pays européens confirme cette obsolescence avec cinq chefs d’Etat européens sur huit.
Ainsi, « l’ordre international est à réinventer », constate Gaspard Koenig. Il propose une véritable rupture avec ce qu’il appelle « la hiérarchie néocoloniale des pays » pour enfin ouvrir le chapitre d’une coopération internationale pas seulement multilatéral mais aussi multipolaire, intégrant des puissances extra-occidentales.
Attaché au cosmopolitisme kantien et au libre-échange, l’auteur y voit une opportunité d’«imaginer des propositions de gouvernance alternatives ».
La France présidera le G7 l’année prochaine. Fera-t-elle un premier pas en ce sens ?
Les Echos, le 13 juin 2018, par Gaspard Koenig, Président de GenerationLibre.
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Une idée libérale pour le bien-être animal
Les Echos, le 30 mai 2018, par Gaspard Koenig, Président de GenerationLibre.
Nationaux comme mondiaux, les débats enflammés sur le droit des animaux prennent de plus en plus d’ampleur. Entre antispécisme et promotion d’une citoyenneté animale, la question de considérer ou non l’animal comme un individu, ne peut qu’interroger la doctrine libérale. Libre propos de Gaspard Koenig.
L’assimiliation de l’animal à une machine apparait aujourd’hui comme obsolète, son rattachement au statut juridique de bien meuble, dépassé. Et pour cause ! Le Code Civil reconnait désormais l’animal comme « un être doué de sensibilité » , ouvrant la porte à l’interdiction de la maltraitance et à la promotion de leur propre bien-être, nous rappelle le Président de Generation Libre. Visant à réduire la somme des souffrances éprouvées par l’être vivant, ce mouvement de fond repose sans nul doute sur la doctrine ultilitariste chère à J.Bentham. CQFD.
Si durcir la réglementation sur les conditions d’élevage, comme s’y emploie actuellement le Parlement, semble aller de soi, donner à l’animal une personnalité juridique interroge en revanche. Défendue par de nombreux végans et antispécistes, cette proposition se heurte à la notion de responsabilité morale, apanage exclusif de l’homme, remarque Gaspard Koenig. Ce dernier s’interroge : « Va-t-on mettre le chat en prison parce qu’il a attrapé une souris ?» .
Au regard de cette aporie, une autre voie peut être explorée. Irresponsable tant sur le plan juridique que moral mais possédant suffisamment d’individualité pour s’appartenir, la relation entre l’homme et l’homme pourrait être régie par le modèle du « trust ». « Plus son gardien que son propriétaire», le possesseur d’un animal serait ainsi chargé de « représenter et d’assurer ses intérêts », explique Gaspard Koenig. Inadéquat et inefficace, l’antromorphisme ne saurait être une option viable.
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Le foot en « état d’urgence » ?
Pour le magazine Challenges, Delphine Granier revient sur les mesures liberticides en vigueur dans les stades de foot français. Un éclairage consacré à la situation des « ultras », ces supporters passionnés, régulièrement assimilés à des hooligans et depuis plusieurs années, dans le collimateur des pouvoirs publics.
Ces exaltés du ballon rond sont la cible de mesures de plus en plus répressives, voire même « liberticides ! » explique Delphine Granier. Dernière en date, la loi « Larrivé » (2016) qui permet aux organisateurs d’un match de refuser la vente de billets aux spectateurs indésirables et de procéder à un fichage ciblé des contestataires.
L’utilisation de ce type de mesures ne trahirait-elle pas un signe de faiblesse des pouvoirs publics ? s’interroge la directrice adjointe de GL. Trop souvent associés à l’apparition des violences dans les stades et l’émergence de mouvements hooligans, les « ultras » sont davantage le reflet d’une véritable culture populaire, disposant de ses propres codes.
Qu’à cela ne tienne ! Entre 2011 et 2017, plus de 350 arrêtés anti-supporters ont été prononcés en France à l’encontre des « ultras ». Sur la même période, on en dénombre moins de 15 chez nos cinq voisins européens réunis… Pour l’auteur, les stades deviennent progressivement un laboratoire d’expérimentation de l’état urgence.
Challenges, le 30 mai 2018, par Delphine Granier, directrice adjointe de GenerationLibre.
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« Non à l’uniformisation autoritaire de l’UE »
Les Echos, le 16 mai 2018, par Gaspard Koenig, Président de GenerationLibre.
La volonté de notre Président de donner un nouveau souffle à l’idéal européen ne peut qu’être applaudie. Toutefois, l’option retenue, à rebours de l’histoire de la construction européenne, se présente de plus en plus sous les traits d’une centralisation autoritaire. Libre propos de Gaspard Koenig dans les Echos.
A contre-courant de la poussée actuelle des nationalismes, « Emmanuel Macron a le mérite de poser les bases de la souveraineté européenne » rappelle le Président de GenerationLibre. Des questions, dont l’ampleur dépasse le cadre de l’Etat-Nation, numériques, environnementales ou encore migratoires, pourront être résolues de manière plus adaptée.
Toutefois, il serait selon l’auteur, « dangereux d’associer trop facilement la souveraineté à la centralisation ». L’invocation d’un rêve « d’une unité voulue, d’une concorde conquise sur les différences », propre à l’esprit de l’Empire Carolingien, s’avère incompatible avec la philosophie fondatrice de l’Union Européenne. Sa devise « in varietate concordia » ne peut mieux l’expliciter.
Sous couvert de convergence normative, principalement en terme de fiscalité ou de protection sociale, l’exportation du modèle jacobin français à l’intégralité de l’Union, finirait d’effriter les fondations, de plus en plus vulnérables, du rêve européen.
Pour lire la tribune de Gaspard Koenig Non à l’uniformisation autoritaire de l’Europe, cliquer ici
G. Koenig : « Pourquoi j’ai fui l’université française »
Le Figaro , le 05 avril 2018.
OPINION – Notre système universitaire est à bout de souffle et ce ne sont pas davantage d’État et d’égalitarisme qui le sauveront, analyse dans une tribune l’essayiste libéral Gaspard Koenig, qui invite les étudiants à ne pas se tromper de combat.
J’aurais volontiers passé ma vie dans les doux pâturages de la carrière académique. Cette existence faite de lectures, d’écriture, de conférences et de contact avec des esprits en éveil me convenait parfaitement. Après avoir passé les concours nécessaires, j’ai commencé à enseigner la philosophie en tant que chargé de cours, comme de nombreux thésards. C’est là que j’ai découvert l’université française. Au bout d’un an, j’ai fui. Depuis, je suis un fervent partisan de la sélection, qui se retrouve un peu par hasard dans le débat public, quarante ans après l’échec tragique de la loi Devaquet. Voici donc un retour d’expérience, certes limité à une seule fac, mais notre jacobinisme administratif a ceci de commode qu’elles se ressemblent toutes.
Peu importent au fond …
Le « do it yourself », cauchemar du capitalisme !
Les Echos, le 04 avril 2018, par Gaspard Koenig, Président de GenerationLibre.
Semer son blé pour cuire son pain, brasser sa bière, partir en cueillette dans la forêt : les bobos craquent pour le « do it yourself ». Insupportable régression ou adaptation au nouvel âge de l’économie ? Gaspard Koenig répond.
« Les prisons ouvertes, un modèle à redécouvrir »
Les Échos, le 14 mars 2018, par Gaspard Koenig, Président de GenerationLibre.
Le gouvernement songe à s’inspirer des prisons ouvertes scandinaves. Avec elles, la réhabilitation prime sur la répression : la société ne cherche pas à se venger du passé, mais bien à se protéger pour l’avenir.
Pour Gaspard Koenig, la garde des Sceaux semble sur le point de réussir avec discrétion ce que sa prédécesseuse avait échoué à faire avec fracas : humaniser le système carcéral français.