La BPI n'a toujours pas enterré le FSI...

La BPI n'a toujours pas enterré le FSI...
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Sebastien Laye

Franco-américain, Sébastien Laye est diplômé d’HEC et de Sciences Po. Entrepreneur et financier, il mène une carrière dans la banque de financement (KBC) et en fonds d'investissement (Proxima Alfa) sur New York.

Publié le 15.05.2015

Dans notre rapport initial sur la BPI, nous notions que la Banque, loin de mettre un terme à l’existence du FSI ou de notre fonds souverain à la francaise, avait décidé de faire feu de tout bois. Outre ses initiatives de prêts ou d’investissement dans les start-ups, la BPI a conservé le volumineux portefeuille de participations en Bourse de son prédécesseur.

Aujourd’hui, la BPI fait figure d’APE bis (Agence des participations de l’Etat). Elle n’a, d’une part, jamais vraiment tenté de solder ses participations – ce qui pourrait, par exemple, financer l’effort national dans l’innovation (comme nous le proposions dans notre rapport) – mais elle a, d’autre part, continué à prendre de larges participations dans des entreprises qui n’ont, a priori, pas besoin d’injection de capitaux.

Après Sermeta (échangeurs thermiques) en 2014 (180 millions d’euros), la BPI vient de racheter à Safran un large bloc d’actions d’Ingenico, le spécialiste des terminaux de paiement, pour 363 millions d’euros : il s’agit de la plus grosse opération pour la BPI telle qu’elle existe depuis sa mise en oeuvre par François Hollande. Surtout, on remarquera que l’investissement ne vient pas apporter de l’argent frais à la société, mais sert simplement à sortir Safran du capital, à un prix qui permet à l’industriel de multiplier sa mise par 5.

La BPI vient d’ailleurs de rappeler à tous qu’elle était bien – mais en plus de ses autres fonctions ? – un fonds souverain, Nicolas Dufourcq déclarant: « la BPI est heureuse d’accompagner dans la durée l’une des plus belles aventures françaises de la révolution digitale. Elle confirme son rôle de fonds souverain attaché à soutenir les grandes entreprises du pays ».

Si l’on prend en compte le tonneau des Danaïdes qu’est en train de devenir l’investissement public, on peut se demander combien de temps la BPI parviendra à courir en même temps différents lièvres (grandes entreprises, petites entreprises, prêts, exports, fonds de fonds, crédit, …).

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